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samedi 31 décembre 2011

Réponse de ReOpen911 au débunking de M. Quirant sur le documentaire "Jeudi Investigation : un Jeudi Noir de l'Information"


"Jeudi Investigation: Un Jeudi Noir de... par ReOpen911

Face aux contestataires de la thèse officielle du 11-Septembre, les médias français ont, depuis des années, eut recours, selon l’inspiration du moment, au simple silence, à l’anathème, à la moquerie ou à la calomnie. Persuadés de l’inanité de la remise en question de la thèse officielle du complot, les journalistes n’ont pour la plupart jamais pris le temps et la peine d’étudier les critiques avancées par les sceptiques.

Mais telle une mauvaise herbe, le « conspirationnisme » s’est enraciné dans la société et aucun traitement ne semble pouvoir éradiquer le « mal ». Les journalistes se devaient donc de trouver un remède à ce « fléau ». Il en va même de la sauvegarde de la démocratie selon Laurent Joffrin.

La solution retenue fut de s’en remettre à ceux qui prétendent démonter les arguments des sceptiques et, en ce siècle de progrès, qu’y a t-il de plus crédible et de plus efficace que la (bonne) parole d’experts ou de scientifiques ? [1] Ce dixième anniversaire a ainsi vu la consécration médiatique de Jérôme Quirant [2], agrégé de génie civil option structures et ouvrages, enseignant-chercheur au Laboratoire de Mécanique et Génie Civil de l'Université de Montpellier II, et par ailleurs créateur du site Bastison.net, un blog dédié à la défense de la thèse officielle des attentats du 11-Septembre.

Or, se contenter de ne donner la parole qu’aux seuls experts et scientifiques qui confortent le récit officiel ne saurait constituer une démonstration de quoi que ce soit, compte tenu du fait que la communauté scientifique est divisée sur les aspects techniques de ce récit.

Comment nous, simples citoyens, pouvons-nous juger de la pertinence des arguments des différents experts ? Comment distinguer les experts honnêtes de ceux qui le sont moins ?

L'article suivant est une version enrichie et actualisée d'un billet que l'un de nos membres avait publié sur le forum de ReOpen911 en mars 2010, suite à la publication par Jérôme Quirant d’une critique de notre documentaire Jeudi Investigation : un Jeudi Noir de l’Information. Cet article entend démontrer (et ce, sans aucune formule mathématique) que le principal défenseur en France de la thèse officielle du complot ne devrait pas mériter la confiance aveugle que lui accordent trop souvent les journalistes, non mécontents de trouver sur le blog de M. Quirant un soi-disant « démontage scientifique de la thèse du complot ».

En avril 2008, Canal+ diffusait dans le cadre de l'émission Jeudi Investigation un reportage de M. Stéphane Malterre, journaliste à l’agenceTAC Presse, sur le thème "Rumeur, intox : les nouvelles guerres de l’info". Sa cible : Internet, ce « grand bazar de toutes les rumeurs », « terrain de jeu idéal pour les manipulateurs de tout bord ».

En guise d'exemple, le journaliste de Canal+ s'attaqua à Loose Change 2, un documentaire américain qui conteste la version officielle du gouvernement Bush sur les attentats du 11 Septembre 2001. Pour dénoncer les prétendues manipulations de ce documentaire, Stéphane Malterre n'hésita pas à travestir la réalité, allant jusqu'à faire croire que les auteurs de Loose Change tireraient leurs informations de sites d'extrême-droite, antisémites et négationnistes, véhiculant ainsi leurs thèses nauséabondes.

Le travail caricatural, partisan et profondément malhonnête de Stéphane Malterre ne fut pourtant jamais remis en cause par les médias soulagés de trouver là une excuse à leur manque d’investigations sur les inconsistances du récit officiel. Le reporter de Tac Presse leur amenait sur un plateau les « preuves » de l'inanité de la remise en question de la thèse officielle : tout viendrait de jeunes gens sans diplômes, manipulant les images, tronquant les interviews, tirant leurs informations de journaux antisémites, et qui reprendraient les thèses de négationnistes patentés...

Les journalistes n'avaient donc pas fauté : leur traitement du 11-Septembre était irréprochable, les investigations superflues, et ils pouvaient continuer, l'âme sereine, à ignorer les remarques des sceptiques. Circulez, il n'y a pas lieu de douter.

Face à cette absence de critique des médias sur le reportage de Stéphane Malterre, l’association ReOpen911 avait décidé d’effectuer le travail de vérification qu’auraient dû faire les journalistes, et de répondre à Stéphane Malterre par l'intermédiaire d'un documentaire intitulé Jeudi Investigation : un Jeudi Noir de l’Information mis en ligne sur notre site en septembre 2009.

“Jeudi Investigation : Un Jeudi Noir de l'Information"

Deux jours plus tard, Richard Golay publiait un billet présentant notre documentaire sur son blog hébergé sur Médiapart. Stéphane Malterre décida alors de réagir [3]. « Dans ce reportage, j'ai fait un travail journalistique et aucunement partisan » affirme t-il [4] tout en se disant victime de la part de « certains sur la toile » d'insultes, de menaces et de calomnies depuis la diffusion de son reportage sur Canal+. Stéphane Malterre s'en prend ensuite à Richard Golay en se livrant ... à la calomnie, à l'insulte et à l'amalgame : « Il est libre - avec ses amis - de soutenir l’idée qu’Al Quaeda n’est pas l’auteur des attentats du 11-Septembre ; il est libre de croire que la CIA – ou les martiens - ont dissimulé des tonnes d’explosifs dans les tours World Trade Center ; il est libre de nier la mort des 64 passagers du vol 77 d’American Airlines qui s’est crashé sur le Pentagone le 11 septembre 2001… d’ailleurs, cette opinion aussi sidérante soit-elle n’est pas considérée par la loi comme un délit ».



Mais sur nos accusations de manipulations, M. Malterre ne dit rien, se contentant de déclarer : « En clair, Monsieur Golay et les militants de ReOpen911 via cette vidéo, m’accusent d’être un menteur, un bidonneur et un propagandiste ». C’est effectivement ce que notre documentaire entend démontrer. Et si le reporter de Tac Presse estime avoir été calomnié, alors pourquoi ne pas avoir poursuivi ReOpen911 en justice pour diffamation ?

Quant à l'agence Tac Presse, elle prit la défense de son reporter en relayant sur son site [5] un article de Jérôme Quirant, ardent défenseur de la thèse officielle, qu'elle préfaça de la manière suivante : « Pour votre information, sur le site bastison.net, un scientifique reconnu répond point par point aux accusations portées dans le film de ReOpen911 qu'ils ont mis en ligne il y a quelques jours contre le film consacré aux théories du complot sur le 11 septembre réalisé par Stéphane Malterre de TAC Presse et diffusé sur Canal+ ».



Or, l'affirmation péremptoire de Tac presse selon laquelle Jérôme Quirant aurait démonté « point par point » notre documentaire est fausse comme le reconnaît l’intéressé lui-même dans son article (sic) :

Il est croustillant de remarquer que Tac Presse reproduisait là le mensonge proféré par Emilie Raffoul, la présentatrice de Jeudi Investigation, lorsqu'elle fit la présentation du reportage de Stéphane Malterre : « Alors vous vous en doutez, [Loose Change] n’est pas le seul cas sur Internet. Nous avons décidé de nous arrêter sur deux histoires que nous avons décryptées point par point ». Précisons que dans notre documentaire (à 48'49) nous avions montré qu’au lieu d’un décryptage « point par point », Stéphane Malterre avait en réalité omis d'étudier 59 des 63 points abordés par Loose Change 2.

Tac Presse présente le défenseur de Stéphane Malterre ainsi : « Jérôme Quirant est un enseignant-chercheur, au Laboratoire de Mécanique et Génie Civil de l'Université de Montpellier II, Unité Mixte de Recherche CNRS, agrégé de génie civil option structures et ouvrages. Cela fait 15 ans qu'il fait du calcul de structures ». Dans cet article, nous allons analyser le « démontage » de cet expert et montrer que derrière ce paravent scientifique se cachent mensonges, manipulations et omissions.

Rappel des faits :

Dans son documentaire, M. Malterre tentait de discréditer l'ensemble des témoignages d'explosions au WTC montrés dans Loose Change 2en les faisant passer pour de simples rumeurs sans fondement.

Alors que cette version de Loose Change rapportait 3 témoignages indirects et 13 témoignages directs d'explosions, M. Malterre se basera sur un seul de ces témoignages : celui indirect du journaliste correspondant de la NBC Pat Dawson. Là où M. Malterre déroge aux règles déontologiques du journalisme, c’est lorsque avec la complicité de Pat Dawson, il prétendit que Loose Change avait dénaturé les propos du journaliste :

- Stéphane Malterre : « Pas vraiment content, Dawson a découvert que Loose Change présentait comme des vérités les suppositions d’un pompier qu’il avait recueilli en plein chaos ».

- Pat Dawson : « Quand j’ai fini mon plateau, j’ai dis en parlant du pompier : 'il pense', 'il suppose'. J’essayais de faire comprendre aux téléspectateurs que dans ce contexte il ne s’agissait pas d’un fait, c’est ça que je voulais leur faire comprendre. C’est très grave pour un professionnel de voir son travail pris hors contexte et utilisé pour développer une théorie que les faits ne soutiennent pas ».

Or, comme nous l'avions montré dans notre documentaire (à 3'37), ses propos n'avaient été en rien dénaturés ou tronqués par l'équipe de Loose Change.

Retranscription dans son intégralité du témoignage du journaliste Pat Dawson tel que montré dans Loose Change 2 (visible ici à 38'14) : « Il y a quelques instants j'ai parlé au chef de la sécurité des pompiers de New York, Albert Turi. On vient de lui annoncer qu'il y avait peut-être un engin explosif secondaire : une bombe. Il a essayé d'évacuer ses hommes le plus rapidement possible, mais il dit qu'il y a eu une autre explosion. Environ 1 heure après que le premier avion s'est crashé, il y aurait eu une autre explosion dans l'une des tours. D'après lui, des explosifs avaient été placés à l'intérieur du bâtiment. Il suppose que les explosifs secondaires avaient sans doute été placés à l'intérieur du bâtiment ».

Les précautions oratoires de Pat Dawson sont donc bien présentes dans l'extrait utilisé dans Loose Change 2 ("il y avait peut-être", "il y aurait eu", "d'après lui", "il suppose"). Mais dans le but de convaincre les téléspectateurs de Canal+ d'une manipulation des auteurs de Loose Change, Stéphane Malterre s'est bien gardé d'inclure dans son documentaire le passage en question de Loose Change. Au lieu de cela, il a présenté un court extrait de l'interview de Pat Dawson récupéré sur YouTube afin de montrer que celui-ci usait bien de précautions oratoires, sous-entendant ainsi que celles-ci étaient absentes de l'extrait diffusé dans Loose Change 2.

De plus, l'identité du pompier (Albert Turi, chef de la sécurité du département du feu de New York) fut écarté de l'extrait retenu par M. Malterre, une dissimulation qui lui permettra de déclarer qu'il s'agissait là d'une simple rumeur puisque de source inconnue.
Albert Turi, chef de la sécurité du département du feu
de New York

Lorsque M. Quirant prétend que le « film Loose Change n'apporte aucun élément probant, juste des témoignages imprécis ou qui ne démontrent rien, et des analyses de vidéos très orientées » :

il ne tient pas compte, à l'instar de M. Malterre, des enregistrements sonores et vidéos montrés dans LC, ni de la centaine de pompiers, secouristes ayant déclaré avoir entendu et parfois même ressenti des explosions, et il ne précise pas qu’aucun de ces témoignages ne figure dans le rapport de la Commission, ni dans celui du NIST (et ce bien que plusieurs de ces témoins furent auditionnés),
et surtout, il ne dément aucune de nos accusations (étayées) de manipulation de M. Malterre à l'égard des spectateurs de Canal +.

M. Quirant est donc bien conscient de la manipulation de M. Malterre sur la question des témoignages d'explosifs, mais n’ayant rien trouvé à répondre dessus, il préfère se rabattre sur la prétendue absence « d’élément probant » de Loose Change.

M. Quirant enchaîne :

Une assertion aussi péremptoire ne peut que forcer l’admiration. Toutefois, en 10 ans, la justice ne s’est pas non plus « emparée de l’affaire » Ben Laden sur son implication dans les attentats du 11-Septembre. Faut-il en déduire - si l’on suit la logique du scientifique M. Quirant – que ce dossier était vide, qu'il était dépourvu d’une « quelconque valeur » ?

Comme nous l’avons déclaré au début de notre réponse vidéo à M. Malterre - Tac presse - Canal+ : « L’association ReOpen911, dont le but est l'ouverture d’une enquête réellement indépendante sur les attentats du 11-Septembre, a [...] décidé d’étudier en détail ce reportage de Canal+ afin de déterminer si ce dernier lutte effectivement contre les rumeurs et intox ou au contraire les propage ».

M. Quirant y voit là un « acharnement »… Nous y voyons un décryptage.

Nous remarquons au passage que M. Quirant n'a contredit aucune de nos analyses sur les « procédés de montage et de rhétorique » utilisés par Stéphane Malterre dans son documentaire.

Rappel des faits :

Interrogé par M. Malterre, Brent Blanchard a déclaré : « En gros, c’est vrai ça ressemble à une démolition contrôlée mais pour des gens qui n’y connaissent absolument rien ». Notons que Blanchard parle de ressemblance et non d’études sur plusieurs années. Il affirme que seuls des non spécialistes sont susceptibles d'assimiler les effondrements des Tours Jumelles à des démolitions contrôlées. Pourtant, Van Romero et Ronald Hamburger, deux experts hautement qualifiés, ont bien cru en regardant les images des effondrements qu’il s’agissait là de démolitions contrôlées. Manifestement, cela ressemblait donc bien à une démolition contrôlée, même pour des personnes qui s’y connaissaient pourtant un peu :

Van Romero est un ancien directeur du Centre de Test et de Recherche sur les Matériaux Energétiques de Tech, centre qui étudie les matériaux explosifs et les effets des explosions sur les bâtiments, les avions et d'autres constructions.

Quant à M. Hamburger, il fut l'un des quatre grands ingénieurs experts chargés de pratiquer l'autopsie de l'effondrement du WTC.

M. Quirant prétend que nous insinuons « qu'un avis pris de façon informelle, sans aucun recul ni analyse approfondie, est quelque chose qui aurait autant de valeur qu'un rapport de 10000 pages, fruit de plusieurs années d'enquête... ». Il n'en est rien. Nous avions d’ailleurs précisé en conclusion de ce passage sur Brent Blanchard : « Le fait que ces deux experts se soient rétractés par la suite ne change rien au fait qu’en voyant ces images en direct, ils ont pensé que des charges avaient été placées dans les Tours ».

M. Quirant poursuit :

Puisque M. Hamburger « faisait parti de la première enquête », c’était donc à lui et à son équipe de déterminer si oui ou non il y avait eu des bombes dans les Tours. Or, on lui a « appris » qu’il n’y en avait pas eu, et ce moins d'une semaine après les attentats, avant même que l’enquête ne débute !

Quant à la soi-disant « absence de détonations caractéristiques sur les bandes-son » qui aurait permis de rejeter l’hypothèse de la démolition contrôlée, nous renvoyons M. Quirant à la 10ème minute de notre documentaire (ou bien ici) afin qu’il nous explique sur quel critère l'explosion entendue n’a pas été jugée digne d’être investiguée.

A l’instar de M. Malterre, M. Quirant passe sous silence les extraits sonores d'explosions présentés dans Loose Change 2 :

Min 41:50 : enregistrement sonore d'une explosion 9 secondes après le 1er crash.
Min 44:38 et 45:18 : extraits sonores d’une bande audio retrouvée dans les ruines du WTC et divulguée en août 2002.
Min 49:12 : images d’une caméra sur pied qui tremble 12 secondes avant l’effondrement de la Tour Nord.


L'allégation de M. Quirant selon laquelle « l'absence de détonations caractéristiques sur les bandes-son a permis aux enquêteurs de lever complètement cette hypothèse » est mensongère. Et même si aucune détonation n'avait été entendue ou enregistrée, l'hypothèse de la démolition par explosifs aurait néanmoins dû être étudiée, compte tenu du fait que :

La Tour Nord du WTC avait déjà été la cible le 26 février 1993 d’un attentat (attribué à des extrémistes islamistes) réalisé à l’aide d’un van rempli de 600 kg d’explosif.

Un mois avant les attentats, le Mémo présidentiel du 6 août 2001 faisait état de menaces d'attentats aux explosifs sur le sol américain : « La CIA et le FBI enquêtent sur un appel à notre ambassade aux Emirats Arabes Unis en mai, indiquant qu'un groupe de fidèles de Ben Laden se trouvait aux Etats-Unis à préparer des attaques aux explosifs ».

La recherche de traces d’explosifs est une procédure standard dans les investigations sur les incendies et les explosions [6].

A écouter M. Quirant, il faudrait croire que malgré la menace d’attaque aux explosifs de membres d’Al-Qaida signalée au plus haut niveau de l’exécutif américain, malgré le précédent attentat au WTC réalisé avec 600 kilos d’explosifs, malgré les innombrables témoignages d'explosions survenues avant que les Tours ne s'effondrent, malgré les enregistrements sonores et vidéo, il est tout à fait normal que les autorités américaines aient écarté l’hypothèse de la présence d’explosifs ... sans même l'étudier [7], et avant même que les enquêteurs de l’ASCE/FEMA n’accèdent au site !

Pour reprendre une expression qui lui est chère : Mais de qui M. Quirant se moque t-il ?

De nouveau, M. Quirant affabule. Rappelons que notre passage sur l’analyse de Brent Blanchard se terminait par ces mots : « Le fait que ces deux experts se soient rétractés par la suite ne change rien au fait qu’en voyant ces images en direct, ils ont pensé que des charges avaient été placées dans les tours ». Nous n’avons jamais essayé de faire croire que ces deux experts soutenaient une quelconque « thèse conspirationniste ». Nous accuser d'une telle forfaiture relève donc de la diffamation.

Il s'agit là d'un procès d'intention sans fondement de la part de M. Quirant. Nous nous sommes juste interrogés sur le fait qu'une semaine après les attentats, on vienne dire à la personne qui sera chargée de mener l'enquête sur les effondrements des Tours qu'il n'y avait pas eu d'explosifs, et ce avant que les pompiers, secouristes et autres témoins ne soient auditionnés. Nous pensons à cet égard avoir été suffisamment précis dans notre documentaire…


C'est l'argument de M. Quirant qui est fallacieux. En effet, les centaines d'architectes et d'ingénieurs ayant signé cette pétition [ils sont plus de 1600 aujourd'hui] montrent avant tout qu'il n'y a pas que « des gens qui n’y connaissent absolument rien » qui remettent en cause la thèse officielle comme se plait à le dire Brent Blanchard. Ce dernier qualifierait-il les experts suivants d'incompétents ?

Lynn Margulis, professeur émérite au Département des Géosciences de l'Université du Massachusetts, décorée par le Président Bill Clinton de la Médaille Nationale de la Science en mars 2000, lauréate de la médaille Darwin-Wallace en 2008 et du prix Léonard de Vinci en 2010 :
« [Le NIST] a nié et omis des preuves qui ne cadrent pas avec leurs idées préconçues. [...] Ils ne font pas de la science. Ils font de la propagande » (interview filmée de Lynn Margulis par l'association des Architectes et Ingénieurs pour la Vérité sur le 11-Septembre).

Nathan S. Lomba, Ingénieur civil et ingénieur en structure avec 39 ans d'expérience. Membre de la Société Américaine des Ingénieurs Civils (ASCE). Membre Fondateur de l'Institut d'Ingénierie des Structures (SEI). Professionnel Membre de l'Institut américain de la Construction en Acier (AISC) :
« J'ai commencé à avoir des doutes sur ce qu'on appelle les explications officielles de l'effondrement des Tours du WTC peu de temps après que ces explications aient été données. La question qui me ronge est : 'Comment ces structures ont-elles pu s'effondrer d'une manière quasi-symétrique, alors que les causes apparentes ayant déclenché [ces effondrements] exerçaient une charge asymétrique ?' Les effondrements défient la logique commune du point de vue de l'ingénierie des structures élémentaire » (déclaration de soutien à la pétition des Architectes & Ingénieurs).

Hugo Bachmann, Professeur émérite d'ingénierie des structures, ex-président du Département des Structures Dynamiques et Ingénierie des Tremblements de terre, Institut Fédéral Suisse des Technologies :
« D'après moi, la tour WTC-7 a très probablement fait l'objet d'une démolition exécutée par des experts" (Tages Anzeiger, 09 septembre 2006) ».

Gerald C. Romero, Ingénieur en structure, employé dans le Corps des Ingénieurs de l'armée US pendant 31 ans :
« J'ai continué à regarder pendant des jours les vidéos des effondrements des Tours Jumelles et je ne pouvais pas comprendre comment les deux tours ont pu s'effondrer comme elles l'ont fait. En tant qu'ingénieur en structure, je trouvais complètement insensé que la structure [porteuse] au dessous du niveau d'impact n'ait pas résisté » (déclaration de soutien à la pétition des Architectes & Ingénieurs).

Robert McCoy, architecte spécialiste des gratte-ciel, diplômé en Californie en 1984 ; il a dirigé la conception de nombreux gratte-ciel à structure d’acier. Il a échangé et communiqué directement avec les designers du complexe du WTC lors de sa construction, pour s’assurer que ses projets de gratte-ciel étaient à la pointe [du progrès technique] :
« Je ne veux pas être associé aux théories du complot. Il y en a tellement qu'on pourrait spéculer pour l'éternité. Ce qu'il nous faut comprendre, c'est la façon dont les tours sont tombées » (interview pour le documentaire "11-Septembre : les experts s'expriment" -- voir la bande-annonce).

Arthur Nelson, ingénieur en structure depuis 1986. Impliqué dans la conception de centaines de structures en acier :
« L'histoire officielle s'avère insuffisante dans la mesure où elle ne tient pas compte des projections horizontales de bouffées de poussières, du processus d'effondrement, de la composition chimique de l'acier détruit, et de la température » (déclaration de soutien à la pétition des Architectes & Ingénieurs).


Précisons au passage que Richard Gage, le fondateur de l'association Architectes & Ingénieurs pour la Vérité sur le 11-Septembre, est un architecte professionnel agréé depuis 20 ans, membre de l'institut des architectes américains et spécialiste dans la construction de grands édifices à structure métallique.

Enfin, nul besoin d'être spécialisé dans le calcul de structures pour ne pas s'estimer satisfait d'un rapport officiel qui s’arrête précisément au moment même où l’effondrement débute : « L'enquête s’est focalisée sur les événements qui se sont produits entre l’impact de l’avion et le début de l’effondrement de chaque tour » (NIST, rapport final, oct. 2005, p.82, note n°13).


Un tel aplomb dans le mensonge est tout simplement incroyable. Pour déterminer si l’enquête de l'ASCE/FEMA avait été entravée ou non, nous nous étions reportés dans notre documentaire aux auditions menées le 6 mars 2002 par le Comité des Sciences de la Chambre des Députés des Etats-Unis, dont l’objectif était précisément d’expertiser l’enquête alors en cours de l'ASCE/FEMA. A la page 14 du compte-rendu du Comité des Sciences, nous pouvons lire : « Dans le mois qui s'est écoulé entre les attentats et le déploiement de l'équipe du BTAP [ASCE], une quantité importante de débris d'acier - dont la plus grande partie de l'acier des étages supérieurs - fut retiré de la pile de débris, coupé en sections plus petites, et soit fondue dans l'usine de recyclage, soit expédiée hors des Etats-Unis. Des parties importantes d'acier - dont les armatures suspendues provenant du haut des tours et les colonnes internes de soutien - avaient disparu avant que le premier membre de l'équipe du BPAT [ASCE] n'arrive sur le site. Heureusement, un chercheur indépendant subventionné par la NSF (National Science Foundation), conscient de la valeur des indices qui étaient en train d'être détruits, essaya d'intervenir auprès de la ville de New York pour sauver les éléments importants, mais la ville n'a pas souhaité interrompre le contrat de recyclage ». Et à la page 185, nous pouvons prendre connaissance de la déclaration du député Crowley : « […] Je pense que tant de choses ont été perdues ces six derniers mois que nous n’arriverons jamais à les récupérer. Non seulement c’est dommage, mais c’est aussi à la limite de la criminalité ».

Tout en occultant les auditions menées le 6 mars 2002 par le Comité des Sciences de la Chambre des Députés, M. Quirant prétend :

Or, il ne s'agissait pas de retrouver quelques poutres d'acier pour caler les modèles informatiques, mais de pouvoir récupérer les aciers se trouvant aux endroits clés afin de les analyser et comprendre les causes des effondrements. Et, c'est précisément les aciers situés aux endroits clés qui ont été détruits à tout jamais, comme le rapporte le Comité des Sciences de la Chambre des Députés : « Des parties importantes d'acier - dont les armatures suspendues provenant du haut des tours et les colonnes internes de soutien - avaient disparu avant que le premier membre de l'équipe du BPAT [ASCE] n'arrive sur le site ». C'est « à la limite de la criminalité » comme le faisait remarquer le député Crowley au cours des auditions.

C'est avant tout M. Malterre que nous accusons de malhonnêteté lorsqu'il prétend dans son reportage que « les conclusions [du NIST] ne laissent place à aucun doute ».

1) Les planchers

Dans son documentaire, M. Malterre montre notamment des images des tests sur les planchers du NIST pour étayer son affirmation selon laquelle les conclusions de cet organisme ne laisseraient place à aucun doute. Nous avions alors rappelé ce que le rapport du NIST affirme à propos de ces tests : « Le NIST a chargé Underwriter Laboratories de conduire des tests sur la résistance au feu sur des treillis similaires à ceux des tours du WTC [...]. Les quatre échantillons de test ont supporté la charge maximale appropriée pendant environ 2 heures sans céder» (NIST, rapport final, oct. 2005, pp.142-143). En d'autres termes, les tests ont montré une résistance au feu des planchers bien supérieure à ce qui s'était passé le 11-Septembre : la Tour Nord s’était effondrée en 1h30 et la Tour Sud en à peine 1 heure. Nous nous étonnions donc dans notre documentaire que Stéphane Malterre soit arrivé à la conclusion que ces tests valident les conclusions du NIST. Mais pour M. Quirant, notre étonnement montrerait « surtout une grande méconnaissance des protocoles d'essais et de leurs objectifs », et il rappelle que ces tests étaient loin de refléter les conditions réelles :

Effectivement, les quatre tests du NIST sur les planchers sont bien loin de reproduire les conditions réelles des incendies du WTC. Toutefois, le NIST a estimé dans son rapport final que ces tests étaient exploitables : « L’équipe enquêtrice a hésité à utiliser ces résultats directement dans la formulation des hypothèses d’effondrement. En plus des problèmes d’échelles, les incendies dans les tours le 11 Septembre et l’exposition au feu des systèmes de planchers étaient substantiellement différents des conditions des fournaises de test. Cependant, les résultats ont montré que ce type d’assemblage était capable de supporter une charge importante sans céder, pendant une période de temps conséquente par rapport à la durée des incendies, à n’importe quel emplacement donné, le 11 Septembre » (NIST, rapport final, oct. 2005, p.143).

Mais si, à la différence du NIST, M. Quirant considère que les résultats des tests ne sont pas exploitables, alors pourquoi ne dénonce t-il pas le mensonge de M. Malterre lorsque ce dernier montre des images de ces tests en affirmant de manière péremptoire que « les conclusions ne laissent place à aucun doute » ? Curieusement, M. Quirant ne s'étend guère sur ce point crucial...

2) Analyse de l'acier

Comme précédemment, M. Quirant fait fi des auditions menées le 6 mars 2002 par le Comité des Sciences de la Chambre des Députés qui avaient révélé qu’ « une quantité importante de débris d'acier - dont la plus grande partie de l'acier des étages supérieurs - fut retiré de la pile de débris, coupé en sections plus petites, et soit fondue dans l'usine de recyclage, soit expédiée hors des Etats-Unis ». M. Quirant feint de ne pas y voir là de problème. Sans espoir de le voir changer d'attitude, voici ce qu’écrivait la revue professionnelle des pompiers Fire Engineering en janvier 2002 : « Fire Engineering a de bonnes raisons de croire que l' 'enquête officielle' bénie par la FEMA et menée par la Société américaine de génie civil [l'ASCE] est une mascarade, sur laquelle le pouvoir politique, dont le moins que l'on puisse dire est qu'il est loin d'être enclin à la divulgation complète, a bien pu déjà faire main basse. En-dehors du bénéfice marginal tiré de la visite de trois jours, purement visuelle, organisée par les membres du comité d'enquête de l'ASCE, des sites où les indices étaient entreposés -- visite décrite par une source proche comme un 'voyage touristique', personne n'a vérifié quelque indice que ce soit. [...] La destruction et la suppression des indices doit cesser immédiatement ».

Bien évidemment, avec moins de 1 % de l’acier des Tours disponible pour être étudié, il n’est guère étonnant que les chercheurs fussent dans l’incapacité de déterminer la température maximum atteinte par les aciers et c’est précisément là le scandale !

Au passage, relevons les incohérences dans les propos du scientifique Quirant. Celui-ci soutient que trop peu d'éléments ont été étudiés pour révéler les températures extrêmes que l'acier aurait atteint, tout en affirmant plus haut que les « experts chargés de mener les études sur les effondrements [avaient] eu suffisamment accès aux différents éléments de structure » car, poursuit-il, « il ne sert a rien d'avoir 50 poutres identiques pour caler les modèles ». Mais comment caler les modèles si on ne connait pas les conditions réelles ? Sur quelles données se baser ? M. Quirant ne nous éclaire pas sur ces questions.

3) Les simulations informatiques

En reprenant dans notre documentaire un passage d’une interview du physicien Steven Jones, nous avons indéniablement commis une erreur. En effet, comme le fait justement remarquer M. Quirant, le professeur Jones se trompe en affirmant que les tests sur les planchers ont donné une déformation maximale de 8 cm (3 pouces) :

Sur ce point précis (et uniquement celui-ci), nous reconnaissons pleinement notre erreur... erreur d’autant plus regrettable qu'elle aura permis à M. Quirant d’esquiver le réel problème des simulations informatiques qui est celui de leur validité.

Si on ne dispose pas des données réelles, alors les paramètres peuvent être définis de manière arbitraire ou bien ajustés jusqu’à obtenir le résultat souhaité. Ce point qui ne semble guère gêner M. Quirant a néanmoins troublé de nombreux autres scientifiques. Voici ce qu'affirmait en octobre 2005 un éminent ingénieur en génie civil interrogé par la revue professionnelle New Civil Engineer : « Les limites du logiciel utilisé [par le NIST] ont été repoussées, et il y a eu beaucoup de simplifications, d’extrapolations, et de subjectivité. Cela ne signifie pas que le NIST a tort sur le principe, mais cela signifie qu'il sera difficile d'ici là de produire une visualisation définitive à partir des analyses ». Dans le même article, New Civil Engineer observe que le NIST s'était gardé de montrer les simulations informatiques des mécanismes d’effondrement des Tours : « Nous [New Civil Engineer] avons appris que les enquêteurs [du NIST] de la catastrophe du World Trade Center refusent de montrer les visualisations informatiques de l'effondrement des Tours Jumelles, malgré les appels d'éminents ingénieurs en génie civil et en protection incendie. [...] Colin Bailey, professeur de génie civil à l'Université de Manchester, a dit qu'il y aurait beaucoup à gagner à pouvoir visualiser la réponse structurelle. Il déclara que "le NIST devrait vraiment montrer les visualisations. Sans cela, il n'y aura aucun moyen de les mettre en corrélation avec les documents vidéos, ni d'identifier les éventuelles erreurs de modélisation" ».

Sur ces critiques émises par la revue professionnelle New Civil Engineer que nous évoquions dans notre documentaire à la 25ème minute,Quirant ne s'étend guère et conclut son chapitre en accusant ReOpen911 de citer « de manière trompeuse les propos du professeur Quintiere pour accréditer leur thèse » :


Ce qui est choquant, c'est l'incroyable faculté à mentir dont fait preuve M. Quirant ! A aucun moment nous ne disons ou sous-entendons que M. Quintiere soutient la thèse de la démolition contrôlée : nous disons simplement qu'à l'instar de centaines d'architectes et d'ingénieurs, James Quintiere conteste les conclusions du NIST.

Voici le passage en question de notre documentaire :

À l’heure actuelle, les conclusions du NIST sont remises en question par plus de 700 architectes et ingénieurs [aujourd'hui plus de 1600] et comble des combles, par l'expert du NIST James Quintiere qui a travaillé 19 ans au sein de cet organisme, qu'il a quitté en temps que chef pour la division scientifique du feu : « La conclusion officielle a laquelle est arrivé le NIST est contestable » [8]


Plus encore, ce n’est pas un mensonge mais deux mensonges que parvient à commettre M. Quirant dans cette phrase. En plus de détourner les propos de James Quintiere, nous aurions agit ainsi pour « accréditer [notre] thèse ». Mais de quoi parle M. Quirant ? Ses préjugés sont-ils si forts qu’ils en viennent à altérer son sens du discernement voire son sens de la vision ? A aucun moment nous ne soutenons de thèse dans notre documentaire. Nous ne faisons rien d'autre que de rapporter les informations omises par M. Malterre, de façon à ce que le spectateur puisse juger en connaissance de cause si oui ou non « les conclusions [du NIST] ne laissent place à aucun doute ».

Nous mettons au défi M. Quirant de nous dire à quel moment de Jeudi noir : un Jeudi Noir pour l’Information, nous soutiendrions la thèse de la démolition contrôlée. Il serait d’ailleurs temps pour M. Quirant d'accepter l’idée que la remise en question de l'enquête du NIST n'implique pas pour autant l'adhésion à la thèse de la démolition contrôlée. C’était là tout le but de ce passage sur Quintiere : montrer que la remise en question de l'enquête du NIST n’était pas l'apanage de « conspirationnistes » adeptes de la thèse de la démolition contrôlée. Or, en toute vraisemblance, une telle idée reste et restera hors d’atteinte du maître de conférence Quirant.

Pour clore ce chapitre sur le NIST, rappelons qu’il découle de la déclaration mensongère de M. Malterre : « Les conclusions [du NIST] ne laissent place à aucun doute », et nous aurions pu tout aussi bien ignorer les attaques de M. Quirant en rappelant simplement, comme nous le fîmes dans notre documentaire, que le NIST lui-même explique être « dans l’incapacité de fournir une explication complète de l’effondrement total » (NIST, courrier du 27 septembre 2007). Comment alors peut-on affirmer que les conclusions du NIST ne laissent place à aucun doute ?

Nous invitons les lecteurs qui souhaiteraient approfondir ces questions à se reporter au pdf de Frédéric Henry-Couannier, maître de conférences et chercheur en physique fondamentale au Centre de Physique des Particules de Marseille.

Félicitations à M. Quirant qui parvient une nouvelle fois à repousser les limites de la mauvaise foi !

Quelle compétence faut-il avoir pour juger si M. Malterre trompe les téléspectateurs lorsqu'il affirme que les auteurs de Loose Change se basent « sur un journal clairement antisémite » ? Rappelons que pour sa « démonstration », M. Malterre cite un extrait d'un journal qui n'est pas American Free Press, mais The Barnes Review, une revue ouvertement négationniste (Voir le démontage complet à 30’25 de notre documentaire).

Quel diplôme doit-on avoir pour juger si M. Malterre manipule les téléspectateurs lorsqu'il « oublie » de préciser que si Griffin a remercié Eric Hufschmid en 2004, c’est pour son livre Painful Questions publié en août 2002 (dans lequel il n’y a aucune trace d’antisémitisme) et non pour ses écrits négationnistes qui n’apparaîtront qu’en 2006 sur son blog ? (Voir notre démontage à 35’40).

Quel cursus doit-on suivre pour être à même de décider si oui ou non M. Malterre se moque du monde lorsqu’il prétend qu’une grande partie des fournisseurs d'info de Loose Change sont liés à des mouvements antisémites et d'extrême droite ? (Voir notre démontage à 32’45).


Certes, tout est affaire de point de vue.

Le fait qu’Oussama Ben Laden, recherché par les Etats-Unis depuis 1998 fut soigné en juillet 2001 (soit 2 mois avant les attentats) à l'hôpital américain de Dubaï et qu’il y reçut la visite de Larry Mitchell, chef d'antenne local de la CIA n’a certainement aucun intérêt.

Pas plus que n’a le moindre intérêt le fait qu'American Airlines et United Airlines, les deux compagnies dont les avions furent détournés, firent l’objet de vives spéculations à la baisse sur la valeur de leurs titres dans les jours qui précédèrent les attentats :

Entre le 6 et le 7 septembre 2001, 4744 options de vente d’actions United Airlines sont achetées à la Bourse de Chicago, la principale bourse d'options en Amérique du Nord, contre seulement 396 options d’achat, ce qui représente 25 fois la moyenne des transactions habituellement opérées sur cette compagnie aérienne.
La veille des attentats, ce sont 4516 options de vente qui sont souscrites sur American Airlines contre 748 options d’achat (soit près de 11 fois le volume quotidien moyen).

Dylan Ratigan, directeur de rédaction de Bloomberg News, à propos des mouvements sur ces deux compagnies aériennes ainsi que sur Morgan Stanley et d’autres compagnies qui occupaient des bureaux dans -- ou à proximité -- des Tours Jumelles, déclara le 20 septembre 2001 sur ABC news : « Il pourrait bien s’agir là du plus horrible et diabolique délit d’initié que tout ce qu’on a pu voir au cours d’une vie […]. Ce serait l’une des coïncidences les plus extraordinaires dans l’histoire de l’humanité si c’était une coïncidence » [9].





Quant à l’effondrement en 6,5 s des façades externes du WTC7, une tour de 47 étages qui ne fut percutée par aucun avion, victime de feux épars [10] et qui tomba sur elle-même de manière symétrique avec une phase de chute libre de 2,25s, comment cela pourrait-il présenter le moindre intérêt ? Si tel était le cas, le rapport de la Commission d’enquête sur les attentats du 11-Septembre – dont le but était de « fournir le récit le plus complet possible des événements liés au 11 septembre » - en aurait parlé. Or, il n’y est même pas fait mention de l'effondrement de ce building. C’est bien là la preuve de la vacuité des interrogations des sceptiques à ce sujet...

Nous arrêterons là l'énumération des omissions de M. Malterre dans son démontage « point par point » (dixit la présentatrice Emilie Raffoul de Jeudi Investigation) des arguments de Loose Change, puisque, selon M. Quirant, nous ne ferions que remuer des poncifs éculés…

Comme nous l’avons écrit plus haut, nous reconnaissons avoir commis une erreur en mettant un extrait d’une interview de Steven Jones dans laquelle ce dernier se trompe en affirmant que les tests sur les planchers ont donné une déformation maximale de 8 cm. Excepté ce point, nous ne reconnaissons aucune autre erreur ou contre-vérité alléguée par M. Quirant, et nous laissons nos lecteurs juger qui de M. Quirant ou de ReOpen911 essaie de manipuler les citoyens.
Nous notons une nouvelle fois que M. Quirant, se contentant d’une accusation en miroir, ne conteste pas le manque d’objectivité de Stéphane Malterre. Dont acte.

Pour déterminer s'il est « spécieux » ou non de parler d'effondrement « quasiment à la vitesse de la chute libre », il suffit de se rendre sur ... le site de M. Quirant à la page consacrée au mécanisme de ruine. M. Quirant y rapporte les estimations faisant autorité sur les durées d'effondrement, celles du Dr Greening : 11,5 secondes pour la Tour Sud et 12,6 secondes pour la Tour Nord. Des effondrements à la vitesse de la chute libre auraient été de 9,22 secondes. Il est donc tout à fait légitime de parler d'effondrement « quasiment à la vitesse de la chute libre ».

Si M. Quirant ne parvient pas à accepter cette formulation, alors nous lui conseillons d'aller se plaindre auprès du NIST qui dans son rapport sur l'effondrement des Tours Jumelles constate que « la partie supérieure de l'immeuble est tombée en quasi-chute libre, comme le montrent les vidéos » (page 146). Ce constat du NIST sur la vitesse des effondrements explique probablement pourquoi M. Quirant préfère se baser sur une étude « conspirationniste » (sans toutefois en donner le lien et sans en mentionner les auteurs : Szamboti et McQueen) plutôt que sur les rapports officiels pour établir sa réponse. De même, l'estimation du temps de chute de la Tour Sud donnée à la page 305 du rapport de la Commission d’enquête sur les attentats du 11-Septembre ne pouvait guère lui convenir : « à 9:58:59, la Tour Sud s'est effondrée en 10 secondes » [11].

Le recours à l'étude « conspirationniste » de MM. Szamboti et McQueen, une étude qui portait non pas sur la vitesse des effondrements mais sur le calcul de l’accélération moyenne subie par le bloc supérieur sur les 3 premières secondes de chute, a permis à M. Quirant de brouiller les cartes et d'empêcher le lecteur de juger par lui-même s'il était légitime ou non de parler d'effondrements « quasiment à la vitesse de la chute libre ».

Quirant conclut son billet par ces mots :

De notre côté, nous serions curieux de connaître la réaction de l’employeur de M. Quirant s'il venait à apprendre que, selon M. Quirant, moins de 0,50% de l’acier est amplement suffisant pour ajuster les modèles informatiques à la réalité, en dépit du fait aggravant que les éléments cruciaux furent malencontreusement détruits avant même d'être examinés. Par ailleurs, nous souhaitons à M. Quirant que son employeur n'apprenne pas que ce dernier confond vitesse et accélération...

Pourquoi cette longue réponse aux arguments de MM. Malterre et Quirant ?

Etudier les points troublants, les coïncidences, les omissions ou mensonges de la thèse officielle est un travail long, ardu et semé d’embûches qui devrait être celui de tout journaliste convaincu que ce métier est bien plus qu’un gagne pain ordinaire, que de son travail, de ses enquêtes, les citoyens lambdas que nous sommes pourrons se forger du mieux possible une opinion libre et éclairée. Or, force est de constater que les grands médias ne remplissent pas ce rôle au sujet du 11-Septembre, se contentant de relayer la version établie par le gouvernement Bush et de pratiquer une véritable chasse aux sorcières aux impudents qui oseraient ne serait-ce que proclamer le droit au doute.

Convaincus par préjugés, par suivisme, par idéologie ou par conformisme de l’inanité de la remise en question de la thèse officielle, les journalistes n’ont pour la plupart jamais pris le temps d’étudier en profondeur les arguments des sceptiques, se contentant de suivre aveuglément ceux qui prétendent démonter ces arguments. M. Quirant sert ainsi de caution scientifique aux médias [12] qui veulent donner l'illusion d'impartialité oubliant au passage (ou ignorant) que les analyses et arguments de cet expert sont régulièrement démontées sur Internet [13].

Dans un tel contexte, l'intoxication des journalistes par M. Malterre fut chose facile. Dans sa critique du documentaire de Stéphane Malterre, Vincent Hugeux de l'Express s'en prenait aux « malades de la théorie du complot » en écrivant : « Citons le jeune Dylan Avery, "cerveau" de la nébuleuse Loose Change, qui a diffusé sur la Toile et via le câble - y compris sur Planète, chaîne du groupe Canal+ (?!) - un film, paré d'un ersatz de vernis scientifique, fleuron de la thèse faisandée selon laquelle la tragédie du Nine-Eleven serait le fruit des calculs morbides de l'administration Bush et d'Israël ». M. Hugeux est persuadé que Loose Change accuse Israël d'avoir joué un rôle dans les attentats, alors qu'à aucun moment les auteurs de Loose Change n'accusent ou ne sous-entendent qu'Israël est lié de près ou de loin aux attentats, AUCUN ! Et M. Hugeux de déclarer que le documentaire de M. Malterre est « d'utilité publique ». Sur un sujet aussi important, on pourrait espérer un minimum de vérification, de recoupement avant de féliciter l’auteur pour ces « démontages », mais les contraintes de temps, la force des préjugés, la crainte d'ouvrir une boîte de Pandore concourent à ce que les journalistes délaissent ce sujet.

Le travail spécieux de M. Malterre sur ce sujet n'est malheureusement pas une exception, et d'autres documentaires de citoyens ont pointé les graves manquements (amalgames, stigmatisations, manipulations, mensonges, omissions...) de nos médias sur le traitement du 11-Septembre :

Le documentaire Epouvantails, autruches et perroquets -- 10 ans de journalisme sur le 11-Septembre, une enquête du journaliste Olivier Taymans sur le naufrage médiatique du 11-Septembre.
Ben Laden, storytelling et démocratie, un documentaire signé ReOpen911 qui propose une réflexion sur le fonctionnement de nos médias et l'évolution de nos démocraties au travers du prisme Ben Laden.
5 Objets du Scandale également signé ReOpen911 révèle le caractère totalement manipulateur du traitement du 11-Septembre par l'émission « L’objet du scandale » animée par Guillaume Durand et diffusée sur France 2 le 30 septembre 2009.
Propagande néo-con sur Arte qui décrypte le documentaire « Le Grand Complot » d'Antoine Vitkine et Barbara Necek diffusé sur Arte le 13 avril 2004.


Pour conclure, rappelons que selon la déclaration des devoirs et des droits des journalistes rédigée à Munich les 24 et 25 novembre 1971, les devoirs essentiels du journaliste, dans la recherche, la rédaction et le commentaire des évènements, sont :

3) …ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et les documents
8) s’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondement...
9) ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste…
6) rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte


A plusieurs reprises, nous avions fait la demande à l’équipe de Jeudi Investigation de se mettre en conformité avec la charte de Munich et de corriger dans les meilleurs délais les erreurs, mensonges, manipulations, omissions, amalgames et contres vérités présents dans le documentaire « Rumeurs, Intox, Les Nouvelles Guerres de l’Info ». Mais cette demande est restée vaine.

Nous invitons les journalistes à juger de la vraisemblance de la thèse officielle en visionnant cette courte vidéo, puis à répondre aux 12 questions posées dans ce court-métrage, et ce sans utiliser les armes de la calomnie, du dénigrement ou de l'amalgame.

Nous attendons simplement des journalistes qu’ils étudient enfin les incohérences, coïncidences et autres points troublants de la thèse officielle, sans parti pris, ni préjugé.

— La rédaction de ReOpen911 —

(mise à jour d'un article de Zorg, membre de ReOpen911, publié sur le forum de ReOpen911 en mars 2010)

[1] Evidemment, il convient dans ce cas de cacher aux lecteurs les centaines d’experts à travers le monde qui remettent en question les conclusions des différents rapports de la thèse officielle.

[2] Jérôme Quirant fut choisi pour coordonner un numéro hors-série sur le 11-Septembre édité par l' Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS). Son titre suffit à lui seul à révéler toute l’objectivité de l’opuscule : « Dix ans après les attentats du 11-Septembre. La rumeur confrontée à la science ». Bien que ce numéro hors-série censé débunker les « théories conspirationnistes » ait en fait été démonté par des sceptiques (ici, ici ou là), il aura néanmoins servi de base de « travail » à la revue de vulgarisation scientifiques Science & Vie (n°1128 de septembre 2011).

[3] L'article de Malterre a été retiré du blog de Nicolas Valode - ancien producteur et directeur associé chez TAC Presse - où il fut initialement publié. On peut néanmoins le retrouver ici.

[4] Un avis que n'a visiblement pas partagé le tribunal correctionnel de Nanterre, lequel condamna en juin 2010 Canal+ et la société de production Tac Presse pour diffamation après la diffusion du reportage de Stéphane Malterre. La condamnation ne visait non pas la première partie du reportage de Jeudi Investigation consacrée aux "thèses conspirationnistes" du 11-Septembre mais la seconde partie portant sur la controverse concernant un reportage du journaliste Charles Enderlin sur la mort d'un enfant palestinien (affaire Mohammed al-Durah). Le site d'information 20minutes.fr précise : « La juxtaposition avait été jugée diffamatoire par l'un des auteurs de cette controverse, Philippe Karsenty, directeur de l'agence de notation des médias Media-ratings, qui avait saisi la justice après la diffusion du reportage. Il s’estimait atteint dans sa réputation ». Les magistrats de la 1ère chambre du tribunal correctionnel de Nanterre ont donné raison à Philippe Karsenty, estimant que « les pièces versées aux débats démontrent un manque d’objectivité exclusif de la bonne foi alléguée » par l'auteur du documentaire, Stéphane Malterre. Les magistrats ont par ailleurs estimé que Stéphane Malterre était parvenu à montrer le "caractère fantaisiste" de la thèse du complot interne défendue par les auteurs de Loose Change. Précisons à toutes fins utiles que notre documentaire Jeudi Investigation : un Jeudi Noir de l’Information ne fut pas diffusé lors des audiences...

[5] Tac Presse a depuis retiré l'article de Quirant de son site.
L'article de Quirant avait également été repris par Nicolas Valode - alors producteur et directeur associé chez TAC - sur son blog hébergé sur Médiapart. M. Valode avait alors défendu en introduction son employé Stéphane Malterre : « Mais il me paraît plus urgent, notamment quand je remarque l'incroyable popularité de ce film de pseudo-enquête [notre documentaire un Jeudi Noir de l'Information], de vous faire partager l'analyse qu'en a fait Jérôme Quirant. Histoire de remettre les pendules à l'heure. Ce scientifique est un enseignant-chercheur, au Laboratoire de Mécanique et Génie Civil de l'Université de Montpellier II, Unité Mixte de Recherche CNRS, agrégé de génie civil option structures et ouvrages. Cela fait 15 ans qu'il fait du calcul de structures. Il est probable que ses arguments ne toucheront pas les irréductibles, qui n'hésitent pas à nier l'irréfutable ».
Et dans un de ses commentaires suite aux réactions des internautes, Nicolas Valode écrivait : « Son travail qu'il a fait avec une véritable honnêteté intellectuelle en ne restant pas comme d'autres derrière son clavier d'ordinateur (contrairement par exemple à un certain Thierry Meyssan qui a fait fortune avec sa théorie qui se base sur des photos et qui n'a pas mis un pied aux Etats-Unis ou encore Re-Open dont le film est vraiment pas sérieux). Un travail d'archéologue, de fourmi qui a nécessité plus de 7 mois d'enquête à plein temps pour nous raconter en s'appuyant sur des faits et des témoignages les origines de cette théorie et de son succès. Un excellent travail en toute indépendance dont je n'ai toujours pas vu ou entendu la moindre réfutation étayée et démontrée qui tienne debout (je ne parle pas des insinuations, des raccourcis et des contre-vérités concernant Stéphane Malterre que l'on peut trouver dans le film jeudi noir de l'information car vraiment rien ne tient la route...) ».
Nicolas Valode a depuis retiré cet article de Quirant de son blog.

[6] Les standards américains pour les investigations d'incendie et d'explosion sont fixés par le code NFPA 921 édité par l'organisation américaine National Fire Protection Association (l’Association nationale de protection contre les incendies).

[7] La recherche de traces d'explosifs fut écartée comme nous le rappelions dans notre documentaire en rapportant un échange ayant eu lieu entre la journaliste d'investigation Jennifer Abel et le porte parole du NIST Michael Newman en janvier 2008 :
Abel : "Pourquoi le NIST n'a t-il pas recherché des indices d'explosifs ?"
Newman : "Parce qu'il n'y avait aucun indice de cela".
Abel : "Mais comment le savez-vous puisque vous n'avez pas effectué de recherches ?"
Newman : "Si vous recherchez quelque chose qui n'est pas là, vous perdez votre temps... et l'argent du contribuable".

[8] Déclaration de James Quintiere à l’occasion de sa présentation « Questions on the WTC Investigations » à la World Fire Safety Conference de juin 2007.

[9] Pour plus d'information sur le sujet des délits d'initiés, nous vous invitons à lire l'article point-clé "Mystérieux délits d'initiés boursiers à la veille des attentats", rédigé par ReOpen911. Voir également l’intervention d’Eric Laurent en octobre 2004 chez Ardisson ou écouter l'interview de Marc Chesney, professeur de finance à l'Université de Zürich, par le journaliste Jean-Jacques Bourdin sur RMC en septembre 2007.

[10] Ces feux épars ont été provoqués suite à l'effondrement de la Tour Nord du WTC qui infligea des dégâts structurels au WTC7, des dégâts asymétriques qui d'après le NIST n'ont pas causé l'effondrement de la tour : « Même sans les dégâts structurels, le WTC 7 se serait effondré suite aux feux déclenchés par les débris» (FAQ du NIST du 21 août 2008).

[11] Le rapport de la Commission a visiblement sous-estimé le temps d'effondrement de la Tour Sud. Les estimations du Dr. Frank

vendredi 30 décembre 2011

Un partage ruineux entre capital et travail

En réplique à une tribune du banquier Jean Peyrelevade publiée dans le Monde du 28 avril, voici la tribune de Jean-Luc Mélenchon publiée dans le Monde du 11 mai 2010.

Déficit des retraites ou crise de l’euro : tout revient à la question de la prédation croissante que la finance opère au détriment du travail sur la richesse produite. L’appauvrissement des Etats, comme des particuliers, et les dettes qui en résultent n’ont pas d’autre origine ! C’est cette réalité que Jean Peyrelevade couvre d’opprobre : «Démagogie», «mensonge», «réalité travestie» (Le Monde du 28 avril).

Le constat est pourtant établi avant même le déclenchement de la crise. Dans un entretien au Financial Times (septembre 2007), Alan Greenspan, l’ex-président Réserve fédérale américaine, observait lui aussi cette « caractéristique très étrange » du capitalisme contemporain : « La part des salaires dans le revenu national aux Etats-Unis et dans d’autres pays développés atteint un niveau exceptionnellement bas selon les normes historiques.»De son côté, la Banque des règlements internationaux qui regroupe les banquiers centraux de la planète notait en juillet 2007 : « La part des profits est inhabituellement élevée et la part des salaires inhabituellement basse. L’amplitude de cette évolution et l’éventail des pays concernés n’ont pas de précédent dans les 45 dernières années.» La Commission européenne, elle, a calculé, dans un rapport de 2007, que la part des salaires dans l’ensemble de l’économie française est passée de 66,5 % en 1982 à 57,2 % en 2006, soit une baisse de 9,3 points de la richesse totale du pays. Alors ? Tous menteurs et démagogues ?

Ce partage injuste de la richesse est stable depuis vingt ans, comme le note M. Peyrelevade. C’est précisément parce que la révolution néolibérale a permis pendant tout ce temps au capital d’accroître sa ponction sur les salariés à mesure qu’ils produisaient davantage et moins cher ! Car le décrochage est bien plus fort : en 1982, salariés et chômeurs représentaient 84% de la population active et se partageaient 66,5% de la richesse, selon les chiffres de la Commission européenne ; ils constituent aujourd’hui 92% des actifs mais ne perçoivent plus que 57% des richesses. Non seulement la part des travailleurs s’est réduite, mais elle est divisée entre davantage de salariés!

Cet appauvrissement du travail est odieux car depuis 1982 la richesse créée par actif a augmenté de 30%. Ces fabuleux gains de productivité réalisés par les travailleurs ont été largement accaparés par le capital: dans les années 1980, 2 points de PIB par an étaient redistribués aux salariés ; depuis les années 1990, le ratio est tombé à 0,7 point de PIB par an !

Enfin, M. Peyrelevade nous accuse de nous référer à la meilleure année de partage pour les travailleurs, en 1982. Hélas pour lui, notre constat est toujours vérifié quand on fait des moyennes par décennie : la part du travail est passée de 74,08 % pour 1974-1984 à 67,54 % pour 1997-2007. Soit 6,5 points de richesse perdus par les salariés. Selon que l’on calcule par rapport au pic de 1982 ou en moyenne par décennie, la part perdue par le travail représente aujourd’hui entre 80 et 170 milliards d’euros par an. Cela donne une idée des marges de manœuvres qu’un gouvernement de Front de gauche pourrait mobiliser !

Retour de balancier


M. Peyrelevade objecte encore que le retour de balancier au profit du travail réduirait la part du capital au point de compromettre tout investissement des entreprises. Voyons les faits. En 1990, 75 % de la part du capital étaient destinés aux investissements contre à peine 57 % en 2007. La part captée par les actionnaires est passée de 22 % à 36 %. C’est donc bien la domination des actionnaires et leur avidité qui brise l’investissement.
M. Peyrelevade nous accuse de mentir. Un expert parle ! Ancien président du Crédit lyonnais, il fut condamné dans l’affaire Executive Life par la justice américaine pour « fausses déclarations », qu’il reconnut ; il en coûta plus de 700 millions de dollars à la France ! Aujourd’hui, il signe pudiquement sa tribune comme économiste ; il est pourtant dirigeant de la banque d’affaires Leonardo et vice-président du Modem chargé des questions économiques. Malgré le drame qui s’avance en Europe, M. Peyrelevade rabâche les formules qui nous y ont conduits.

Jean-luc Mélenchon

jeudi 29 décembre 2011

Jean-Luc Mélenchon : Invité de « BFM-TV 2012 » face à Christian Estrosi

Dimanche 18 décembre 2011, Jean-Luc Mélenchon était l'invité de l'émission "BFM-TV 2012" animée par Olivier Mazerolle. Il a notamment présenté les propositions du Front de Gauche pour résister au coup d'Etat des financiers et des agences de notation. Et il a débattu avec Christian Estrosi ancien ministre de l'Industrie de Nicolas Sarkozy.
Jean-Luc Mélenchon sur "BFM-TV 2012" par lepartidegauche

mercredi 28 décembre 2011

Villepin, la fortune sourit aux audacieux

Le lien que voici vous dirigera vers une sympathique explication de texte de la candidature de M. Dominique de Villepin, par Stephane Blakowski ! Savoureux !

http://fr.news.yahoo.com/blogs/blako-blog/blakowski-villepin-la-fortune-sourit-aux-audacieux.html

mardi 27 décembre 2011

La Grèce dans la pire récession, plus de 5,5% de recul du PIB en 2011

La contraction de l'économie en Grèce va dépasser 5,5% du PIB en 2011 et le pays est plongé dans "la récession la plus profonde" de son histoire, a déclaré mercredi le Premier ministre grec Lucas Papademos en appelant les milieux d'affaires à investir dans le pays. ( © AFP Louisa Gouliamaki)

ATHENES (AFP) -

"L'an 2011 sera la pire récession que ce pays a jamais traversée, la contraction du PIB est prévue à plus de 5,5%", a dit M. Papademos au cours d'une conférence organisée par la chambre de commerce américano-grecque, "nous avons un dur chemin à faire".

La Grèce tablait jusqu'ici sur 5,5% de récession en 2011, quatrième année consécutive de baisse du PIB. L'OCDE s'est récemment montré plus pessimiste, avec une prévision de -6%.

Intervenant pour la première fois publiquement en Grèce depuis sa nomination à la tête d'un gouvernement de coalition le 11 novembre, le Premier ministre a salué les dernières décisions du sommet européen du 9 décembre sur la discipline financière des pays membres.

"La Grèce y a un intérêt" pour la consolidation de son économie et la "stabilisation" de son système bancaire, a-t-il dit.

Cette discipline "nous permettra d'éviter la reprise des déficits budgétaires qui nous ont menés à cette crise", et devrait déboucher en 2012 pour la Grèce sur "un excédent primaire budgétaire" qui donnera le "signal de la reprise de la confiance en 2013", a dit M. Papademos.

La priorité des réformes structurelles du gouvernement de coalition sera la "réforme de l'administration publique" a-t-il dit devant un parterre d'entrepreneurs en énumérant les chantiers à mener à bien pour favoriser les investissements: "réforme radicale du mécanisme de collecte d'impôts", "bataille contre l'évasion fiscale" et "accélération des privatisations".

"En 2012 les investissements privés vont atteindre au moins 9 milliards d'euros", a-t-il dit.

Le plan d'assainissement de l'économie grecque dictée par l'UE et le FMI prévoit des privatisations de 50 milliards d'euros d'ici 2015.

"Je vous appelle à saisir l'occasion et investir dans le pays (...), à participer à cet effort surhumain, il n'y a pas de temps à perdre, c'est le moment de responsabilité", a conclu M. Papademos en appelant chaque homme d'affaires présent à réfléchir à la phrase de Joseph Kennedy "que pouvez vous faire pour votre pays?"

© 2011 AFP

lundi 26 décembre 2011

Inscrire son nouveau-né à la Sécu par Internet

Le gouvernement a décidé que de nouvelles démarches administratives pourront s'effectuer en ligne.

La réforme de l'État, ce n'est pas seulement le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. C'est aussi le passage de l'administration à l'heure d'Internet. Le conseil de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), le nom savant pour la réforme de l'État, vient de décider toute une série de mesures qui seront lancées au premier trimestre 2012.

Ainsi, les parents pourront bientôt inscrire en ligne leur nouveau-né à la Sécurité sociale. Autre exemple: les étudiants pourront effectuer, via Internet, leur demande de bourse et de logement universitaire. Le site vae.gouv.fr permettra de se renseigner sur la validation des acquis de l'expérience. Coté entreprises, la demande de formation professionnelle sera par exemple dématérialisée.

Ces décisions viennent compléter un éventail déjà large de démarches accessibles par Internet. Aujourd'hui, 12 millions de contribuables télédéclarent leur revenu sur impot.gouv.fr. Et 3 millions de Français ont ouvert un compte sur mon.service-public.fr, pour y stocker des documents administratifs et y effectuer des démarches en ligne. Ce site permet, par exemple, d'informer douze administrations en même temps d'un changement d'adresse, de s'inscrire sur les listes électorales, de déclarer une perte de papier d'identité et d'en demander le renouvellement et même de déposer une réclamation. Selon le gouvernement, 80% des démarches administratives les plus courantes sont désormais accessibles en ligne.

Des économies pour l'État

Par ailleurs, le gouvernement vient de mettre en place le site data.gouv.fr, qui permet d'avoir accès à 352.000 bases de données publiques, des recettes des impôts par tranches de revenus dans les départements à la qualité de l'air par région. Ces données seront réutilisables par des entreprises, qui pourront développer des offres de service autour.

L'administration en ligne, c'est un peu la martingale en ces temps de rigueur budgétaire. Les services en ligne sont accessible pour le citoyen 24 heures sur 24… tout en étant moins chers pour l'État. Une inscription en ligne, ce sont des agents et des locaux en moins. Une télédéclaration, ce sont des heures de saisie économisées, du stockage de papier en moins, une recherche d'information plus facile. Les déclarations via Internet pour l'ensemble des impôts (IR mais aussi TVA…) feraient économiser à l'État 300 millions d'euros par an, d'après Bercy.

Par Cécile Crouzel

jeudi 22 décembre 2011

Moncef Marzouki, un président à poigne pour la Tunisie

Élu lundi à la tête du pays, ce médecin formé en France tient sa revanche après de longues années d'opposition et d'exil.

D'abord, c'est un visage. Basané, taillé à la serpe. Puis une mécanique intellectuelle. Épatante. En résumé, un orgueilleux Bédouin de 66 ans qui parle un français châtié débité à la vitesse d'un TGV. Il faut dire que Moncef Marzouki, chef du Congrès pour la République (gauche nationaliste), investi hier président de la République tunisienne, a vécu plus du tiers de sa vie en France. Comme étudiant et médecin dans un premier temps. Quinze années à Strasbourg, où il décroche son diplôme de neurologie. «Je suis probablement le seul Tunisien de la planète à parler alsacien. Il fallait bien communiquer quand je faisais des remplacements au fin fond des vallées vosgiennes! »

En 1979, il rentre en Tunisie. Professeur de santé publique et président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, c'est-à-dire ennemi public de Ben Ali. En 2001, privé d'emploi et de ressources, il se résout à l'exil. La France de nouveau. Professeur de médecine à ­Bobigny pendant quatre ans, puis «médecin aux pieds nus« à Créteil, auprès des communautés défavorisées.

Marzouki a regagné la Tunisie le 18 janvier dernier, quatre jours après la fuite de Ben Ali. Sous les ors du palais du Bardo, siège du Parlement, il avoue être «sur un nuage ». «Moi, je suis plutôt habitué aux geôles, aux bureaux des juges d'instruction, aux bistrots de Créteil et au RER… Je ne vais pas vous dire que cela me manque, mais bon, j'ai encore du mal à me positionner…«

Même s'il ne porte pas de cravate et ignore tout de la langue de bois, on a un peu de mal à le croire. «À peine débarqué à Tunis, il a fait savoir qu'il était candidat à la présidence », rappelle un journaliste. Moncef Marzouki a du tempérament. L'homme séduit tout autant qu'il inquiète. Ses détracteurs, mais aussi certains de ses compagnons de lutte, déplorent son autoritarisme, son intransigeance et des talents d'agitateur qui ne sont plus de saison. «C'est un brillant tribun. Son combat contre la dictature a été exem­plaire. Mais il est imprévisible et dépourvu des qualités requises pour sa nouvelle fonction: la patience, le doigté, la souplesse…« Soupçonné de vouloir engager une chasse aux sorcières, il dément être un coupeur de têtes. « Je n'ai pas l'intention de dresser des potences. Mais je veillerai à ce qu'on mette en œuvre des réformes profondes.«

Dans un an, l'Assemblée élue le 23 octobre dernier devrait accoucher d'une nouvelle Constitution. Moncef Marzouki, lui, veut se donner du temps. À la consternation générale, il n'a pas exclu de prolonger d'un an ou deux la durée de vie de la Constituante. Une fois rédigée, la future loi fondamentale fera l'objet d'un débat public, avant d'être soumise à référendum, assure-t-il. Marzouki a déjà fait son choix. Il rêve d'un «régime semi-présidentiel » parce que «l'expérience montre qu'un régime parlementaire chavire presque toujours vers la dictature ».
Des démocrates-musulmans

Ce n'est pas un secret, Marzouki est obsédé par le pouvoir, qu'il exècre et adore à la fois. «J'espère, dit-il, qu'il n'exercera pas sur moi ses maléfices. » Bon nombre d'observateurs doutent cependant de sa capacité à résister à ses propres démons. «Moncef se pose en homme providentiel, en fils spirituel de Bourguiba, estime un représentant de la société civile. Bien que ses prérogatives soient limitées, je ne doute pas qu'il fera tout pour exister et démontrer qu'il a toujours raison. »

Moncef Marzouki a pactisé très tôt avec les islamistes du mouvement ­Ennahda, grands vainqueurs des élections. « J'ai toujours été étonné par cette vision simpliste des Occidentaux sur l'islamisme. Nous ne sommes pas dans une guerre idéologique qui ne sert que les extrémistes de tous bords. Entre Erdogan et les talibans, le spectre est très large. Et puis les islamistes ont évolué. Ennahda aujourd'hui, c'est un parti démocrate-musulman comme il y a en Europe des partis démocrates-chrétiens. Les islamistes se sont convertis à la démocratie et moi à l'identité arabo-musulmane.« Une alchimie qui s'est révélée électoralement payante, mais qui ne suffira pas, reconnaît Marzouki, à surmonter «le tsunami de casse-tête« qu'affronte la Tunisie. «Nous sommes à la fois dans l'urgence et le long terme. Nous devons plancher sur une Constitution qui déterminera le sort des générations futures. Mais, dans le même temps, nous devons répondre aux attentes immédiates. L'économie de ce pays est quasiment à l'arrêt et le chômage a pris des proportions dramatiques. »

Le nouveau président tunisien compte sur l'aide de l'Europe, mais ne dissimule pas une certaine rancœur à l'égard de la France qui, «reste dans des schémas obsolètes ». «Nous sommes condamnés à nous entendre. Nos amis français doivent s'adapter à la nouvelle donne. Ils n'ont plus affaire à des malfrats et doivent comprendre que nous ne sommes plus des clients, mais des partenaires. La Françafrique ne passera plus par la Tunisie. »

Moncef Marzouki ce lundi à l'assemblée tunisienne. Crédits photo : AFP.

Par Arielle Thedrel

mercredi 21 décembre 2011

Dix ans à l'OMC : la Chine triomphe sans contreparties

Un policier passe à vélo devant un panneau marquant l'adhésion de la Chine à l'OMC, à Pékin, le 10 décembre 2002 (Wilson Chu/Reuters)

La politique de réforme et d'ouverture lancée par Deng Xiaoping au milieu des années 1970 avait atteint son apogée le 11 décembre 2001, quand, après quinze ans d'une négociation particulièrement difficile, la Chine devenait le 143e membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Cette capacité remarquable à l'internationalisation reposant sur une intégration progressive des normes et pratiques d'un commerce mondialisé s'est encore renforcée au cours des dix dernières années faisant de Pékin le grand bénéficiaire d'une accession qui ne semble pas autant profiter aux autres membres de l'Organisation.

Les échanges entre la Chine et le reste du monde décollent après 2001 (New York Times)

Si la Chine a en effet participé au développement des relations commerciales entre les Etats de l'OMC, sa contribution au système multilatéral tout comme l'application des dispositions les plus contraignantes de son protocole d'accession restent des plus limitées.
Le grand bénéficiaire

Alors qu'en 2001, le volume total du commerce chinois s'élevait déjà à 509,6 milliards de dollars, ce chiffre atteignait 2,97 milliards de dollars en 2010.

Premier exportateur mondial de marchandises et désormais présente sur tous les continents, la Chine accumule des bénéfices commerciaux records avec la totalité des grands pays développés et en développement.

Avec 193 milliards d'euros, le déficit commercial européen en matière de biens est 26 fois plus important que l'excédent commercial en matière de services.

Même conclusion en matière d'investissements directs étrangers (IDE) : avec 68,8 milliards de dollars d'IDE reçus en 2010 et un taux de croissance annuel moyen de 49,9% ces neuf dernières années, la Chine attire toujours autant les investisseurs internationaux.

Bien que bénéficiaires eux aussi de la croissance chinoise (78% des entreprises interrogées dans un récent rapport de la Chambre de commerce européenne font état d'une augmentation de leur chiffre d'affaires, tandis que 71% rapportaient une augmentation de leur bénéfice net), les partenaires économiques de Pékin n'ont cessé de dénoncer de la complexité et l'opacité de son paysage réglementaire tout en se plaignant de l'ouverture partielle et conditionnée de certains marchés.

Largement commentée, cette tension économique est pourtant rarement mise en perspective à la lumière du protocole d'accession chinois et des engagements pris en 2001.

Ce protocole d'accession reste en effet tout à fait unique dans la mesure où il englobait un certain nombre d'engagements particulièrement contraignants pour Pékin – ou OMC+ – ainsi que des obligations minorées – ou OMC- – pour les partenaires de la Chine.

L'insatisfaction formulée aujourd'hui par l'Europe et les Etats-Unis est donc à relativiser à l'aune des incohérences et limites même du régime négocié avec Pékin tout au long des années 1990.
L'incomplète réforme par le droit

Au-delà de la simple harmonisation, l'accession de la Chine à l'OMC avait par ailleurs été conçue par les Etats-Unis et l'Union européenne pour contribuer à une réforme plus ambitieuse et fondée sur le respect par la Chine de trois principes fondamentaux :

l'application uniforme de ses engagements ;
la transparence de son système juridique ;
et l'examen judiciaire indépendant et impartial des mesures administratives prises en relation avec les domaines couverts par l'OMC.

Tout cela visait à l'établissement d'une sorte « d'Etat de droit économique » – pour autant que l'on puisse utiliser cette expression sans altérer le sens même de l'Etat de droit – appuyant le cheminement de la Chine vers une autre forme de régime politique.

Les résultats en la matière ne sont malheureusement pas à la hauteur des ambitions des négociateurs américains et européens : l'opacité et le morcellement du droit prévalent encore largement à l'échelle locale alors que la Chine reste prisonnière de son impératif de croissance, seul garant d'une désormais relative stabilité sociale.
Absence de leadership

Sur le plan international, la Chine a montré une adhésion progressive aux règles du commerce international en ne remettant jamais en question le rôle de l'OMC et en jouant, bien au contraire, la carte de l'élève appliqué.

Cette attitude bienveillante ne témoigne pourtant pas d'une volonté d'engagement comme le souligne la participation de la Chine à l'OMC.

Observatrice des mécanismes de règlement des différends pendant la majeure partie de ses premières années dans l'Organisation, la Chine évolue aujourd'hui vers une position plus offensive.

Depuis 2008 en effet, Pékin semble désormais désireuse et bien armée pour porter ses différends commerciaux avec l'Europe ou les Etats-Unis devant l'Organe de règlement des différends de l'OMC.

Mais la Chine se fait beaucoup plus discrète quand il s'agit de prendre au part aux négociations commerciales multilatérales et de soutenir des propositions de réforme. Ne souhaitant perturber en rien l'ordre établi – dont elle bénéficie – Pékin préfère exercer son influence à l'échelle régionale en développant un vaste réseau d'accords commerciaux bilatéraux.

Après dix ans de participation à l'OMC, cette adhésion sélective aux règles du commerce international profite donc bien plus à la Chine qu'elle ne contribue à l'équilibre des relations internationales.

Pékin devrait pourtant assumer le rôle de leader auquel elle prétend. Mais le récent ralentissement de la croissance chinoise et les immenses attentes sociales de sa population laissent néanmoins penser que Pékin se concentrera en premier lieux sur ses défis internes.

Tout ceci relativise donc très largement le rôle de « sauveur » de l'économie mondiale que certain veulent bien naïvement faire jouer à la Chine.

Leïla Choukroune

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