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lundi 31 octobre 2011

Les jeunes oubliés d'Israël

Le Portfolio – Ils ont 18 ans. Ils sont musulmans, chrétiens, bédouins... et font partie de la minorité arabe d'Israël.










A l'heure où l'ONU examine la demande de reconnaissance d'un Etat palestinien, eux espèrent simplement être considérés comme des citoyens à part entière dans leur propre pays.

Ils sont les grands absents de la bagarre en cours à l'ONU. A force d'entendre parler d'Etat palestinien, en «pour» ou en «contre», on en viendrait presque à oublier que l'Etat d'à côté, Israël, abrite lui aussi des Palestiniens. Vingt pour cent de sa population sont en effet constitués d'Arabes, de musulmans en grande majorité, qui sont les rescapés de la Nakba, le naufrage de la Palestine en 1948.


Cette année-là, dans le fracas de la première guerre israélo-arabe, environ 700 000 des 900 000 Arabes ,qui habitaient le territoire en passe de devenir Israël, prirent la route de l'exode. Un départ volontaire pour une minorité qui pensait attendre la fin des combats dans le Liban voisin. Un départ forcé pour la plupart, chassés de leur terre par les troupes sionistes. Les quelque 150 000 Palestiniens qui échappèrent à ce gigantesque coup de balai sont aujourd'hui 1,5 million. Ce sont les Arabes israéliens, également appelés Palestiniens d'Israël.


Jusqu'en 1966, cette population vit sous régime militaire. Astreinte au couvre-feu, aux permis de déplacement et aux assignations à résidence. Cette période est marquée par le drame de Kfar Kassem, en 1956, quand des soldats israéliens abattent 48 paysans, qui rentraient des champs et ignoraient qu'un couvre-feu venait d'être imposé dans leur village. Il faudra attendre cinquante et une années pour que le président de l'Etat d'Israël, Shimon Peres, présente ses excuses pour ce massacre.


Dans les années 1970, devenus citoyens à part entière mais en butte à d'innombrables discriminations de fait, les Arabes israéliens se lancent dans la conquête de leurs droits. Ils manifestent en masse pour défendre leurs terres, régulièrement confisquées par l'Etat sous divers prétextes juridiques. Le 30 mars 1976, la répression fait six morts et de nombreux blessés. Décrétée Journée de la terre, cette date accompagne dans les années qui suivent la montée en puissance des revendications nationales au sein de la minorité arabe d'Israël.


Ses membres, initialement électeurs du Mapaï, l'ancêtre du parti travailliste, au pouvoir jusqu'en 1977, s'émancipent progressivement des partis sionistes, par l'entremise notamment du Parti communiste. Les années 1980 voient aussi l'émergence d'un mouvement islamiste, qui s'empare d'Oum Al-Fahm, la deuxième plus grosse ville arabe de l'Etat juif après Nazareth. En octobre 2000, douze citoyens arabes d'Israël sont tués par la police dans la répression d'une manifestation de soutien à la seconde Intifada, déclenchée quelques jours plus tôt.


Cette « palestinisation » croissante, dans le positionnement politique, s'accompagne d'une « israélisation » non moins flagrante dans les moeurs. Quoique dispensés de service militaire, le principal creuset social israélien, et maintenus à l'écart du développement économique, beaucoup d'Arabes jouent la carte de l'intégration, comme le montrent leurs participations aux reality shows, qui pullulent sur le petit écran israélien dans les années 2000. Quelques parcours à succès, comme celui du footballeur Walid Badir, membre de l'équipe nationale, ou celui de Salim Joubran, juge à la Cour suprême, entretiennent l'espoir de l'assimilation.


Mais cette quête d'égalité se heurte ces dernières années à la droitisation du paysage politique israélien. Aux yeux d'une large partie de la population juive, les Arabes, citoyens de seconde zone, demeurent une menace démographique, voire une cinquième colonne. Sous l'actuel gouvernement de Benyamin Netanyahou, une série de lois ouvertement discriminatoires a été votée. La dernière en date, adoptée en mars de cette année, autorise à priver de financement public toute organisation qui célèbre la Nakba. Otages de l'histoire, incarnations vivantes d'un conflit inextricable, les Arabes israéliens ne trouveront pas la paix aussi longtemps que celle-ci ne sera pas signée.

Par Benjamin Barthe / Photos Natan Dvir

samedi 29 octobre 2011

Dette : Pékin presse l'Europe de trouver une solution

La Chine prévient que si les dirigeants européens continuent de «tergiverser», la situation ne peut qu'empirer, poussant vers la sortie de la zone euro les membres les plus en difficulté.

Pékin met la pression sur la zone euro. Ce samedi, Le Quotidien du peuple, l'organe officiel du Parti communiste au pouvoir en Chine, appelle les pays européens à agir de manière décisive pour résoudre la crise de la dette qui frappe le Vieux continent. «L'Europe se trouve à un moment critique de son histoire. Elle doit faire preuve d'une grande sagesse, d'une grande audace et d'une grande détermination et passer à l'action. Si la décision survient trop tard, certains membres de la zone euro devront la quitter» prévient le quotidien.

Pékin, qui s'est dit prêt au début du mois à investir davantage en Europe pour diversifier ses 3000 milliards de dollars de réserves de change, pourrait faire machine arrière si la situation ne s'améliore pas rapidement. «Si l'Europe continue de tergiverser, la situation ne peux qu'empirer. Les étrangers qui souhaiteront aider n'oseront pas et la zone euro pourra se désintégrer. Cela serait un désastre pour l'Europe et le monde entier», explique le quotidien.
Nicolas Sarkozy va débattre avec Angela Merkel

Lors du l'ouverture du Forum d'été de Davos, le premier ministre chinois Wen Jiabao avait toutefois fait part de sa confiance aux dirigeants de la zone euro. «La Chine pense que l'économie européenne peut rebondir», expliquait-il. Un soutien a d'ailleurs déjà été apporté à la Grèce, au Portugal, à l'Espagne, et à la Hongrie.

Vendredi, Nicolas Sarkozy, qui rencontrait le premier ministre grec Georges Papandréou, a de nouveau réaffirmé la détermination de Paris et Berlin à soutenir le pays dont le probable défaut de paiement préoccupe le plus les investisseurs mondiaux. Ce dernier débattra «dans les prochains jours» avec Angela Merkel de la mise en oeuvre rapide des mesures décidées le 21 juillet pour stabiliser la zone euro. De son côté, la Grèce a convoqué un conseil des ministres extraordinaire de son gouvernement ce dimanche.

Crédits photo : © John Kolesidis / Reuters/REUTERS

Par Hayat Gazzane

vendredi 28 octobre 2011

Analyse du discours présidentiel du 27 Octobre 2011

Voici en septs points le décryptage du discours d'hier soir :

1. "Accepter la Grèce dans l'euro a été une erreur"

Voila un des principes majeurs de l'inutilité de CETTE politique européenne. Lorsqu'on décide de construire un ensemble cohérent de peuple et donc un destin commun , il ne faut pas seulement le faire à l'aune du profit et de la dés-harmonisation fiscale. Les européens ont voté oui à Maastricht en 1991 , mais non à Rome en 2005 ! Il fallait s'en souvenir.

2. Les 35 heures et les retraites, "erreurs" socialistes

"Quand en 1983, on a expliqué aux Français qu'on pouvait passer à la retraite à 60 ans, les Allemands, eux, faisaient l'inverse (...) et quand en France, on a fait les 35 heures, M. Schroeder, pourtant socialiste, faisait l'inverse…",

Ce n'est pas parce que les autres font des conneries qu'ont est obligés de les suivre ! C'est ce qu'il aurait fallut lui répondre. L'Allemagne possède un des taux de chômage (6%) et de pauvreté (15%) les plus élevé d'Europe ! Pour une nation leader et modèle. Alors franchement , on garde nos 35 heures et nos retraites , merci.

3. Il faut "de nouveau encadrer les banques et bonus des traders"

"les bonus et les rémunérations des traders rentrent enfin dans des pratiques normales" d'ici à l'été 2012. Nous avons demandé aux banques que la "quasi-totalité de leurs fonds propres servent à l'augmentation de leurs fonds propres, plutôt qu'à la rémunération de leurs actionnaires"

M.Sarkozy découvre comme un enfant gâté , qu'il existe d'autres enfant plus gâté que lui : et oui les banques se fichent éperdument de soutenir un modèle économique viable et oui les banques continueront , tant qu'elles ne seront pas nationaliser , à faire ce qui leur plait au profit de leurs actionnaires. Pourtant , l'idée est simple : chaque dividende versé à un actionnaire est fractionnée en deux et l'autre part est empoché par le salarié. Pour arrêter l’hémorragie l'on peut commencer comme ça. Et terminer par l'obligation d'avoir des entreprises en coopérative , dont chaque salarié est actionnaire par défaut et suit avec bonheur les profits de son outil de travail.

4. Il faut de la "gestion rigoureuse" mais pas de "rigueur"

Il y a une "différence" entre ces deux concepts, en référence aux plans de rigueur avec réduction des dépenses publiques dans d'autres pays. "La preuve, c'est que nous n'avons pas connu les manifestations de nos voisins...", a-t-il dit, en référence aux "indignés". "Il ne faut pas passer de l'insouciance à la déprime totale".

Oui , bien sûr , à moins d'un an de la présidentielle , après avoir MENTI SUR LES RETRAITES , et sur bien d'autre choses , le président explique que puisqu'il n'y a pas de manifestation , tout va bien. La rentrée a été le lieu de mouvements d'enseignants , récemment encore les inspecteurs du permis de conduire était en grève. Sa fameuse victoire sur les neufs manifestations contre la réforme des retraites aura surement sonné sa fin.

5. Il faut refuser la "démondialisation", mais chercher "la réciprocité"


La réciprocité n'a aucun sens. Quelle réciprocité auront nous avec les peuples défavorisés , à qui l'ont imposent notre loi par la force comme en côte d'Ivoire ou en Libye ? Non , la réciprocité est une idée tiroir où l'on fourre tout pour oublier de parler des sujets qui fâche : quelle place accorder à l'Afrique dans nos futurs échanges , quelle place accordée aux pays d'Amérique du Sud qui refusent le diktat des USA ? Et surtout quelle place voulons nous tenir dans ce concert des nations : celle des réformateur ou celle des suiveurs ?

6 Il faudra "6 à 8 milliards d'économies" supplémentaires en 2012

L'une des principales annonces de la soirée aura été la révision de la croissance et d'un nouveau plan d'économies : elle est révisée à 1 %, ce qui implique "6 à 8 milliards d'euros" de moins dans le budget 2012.

"Le premier budget gouvernemental prévu à la baisse" A t il martelé , quelle blague ! 140 % d'augmentation en 2007 , les pires dépenses depuis Napoléon II , un gouffre abyssale dans lequel il s'est lui même jeté , entrainant de fait ses compatriotes vers le fond. Il n'a cessé de faire des cadeaux fiscaux à tout ses amis qui ont contribué à le faire élire , à s'amuser sur un Yacht , à allé diner au Fouquets , à piquer des stylos Mont-Blanc... non mais franchement , si économie il veut faire , qu'il commence par réfléchir au 20000 euros de maquillage pour sa campagne de 2007.

7. L'affaire Karachi, c'est de la "calomnie"

L'affaire Karachi , voici La conscience tranquille ne dort qu'avec qu'un oeil... ces temps ci M. Sarkozy...

Voilà pour l'analyse , en tout cas j'espère que les Français se rendront compte de ses mensonges et du peu de cas qu'il fait de leur bien-être , de leur pouvoir d'achat , de leur emploi... Tous ces sujets secondaires au regards de l'échéance qui s'approche ... Alors vite un tour de magie Internationale (Palestine,Europe,USA) ou Nationale (bébé Giulia) pour les endormir !

Révolutionnairement Vôtre,

Boris Rannou.


Observatoires des inégalités

jeudi 27 octobre 2011

Crise de la dette : les dix questions que vous vous posez

En France, le revenue brut annuel moyen par ménage s'élève à 48 604 €.(Soit à peu près 1800 euros net pour chacun des deux individus du couple par mois)
Infographie : Ouest-France
L'impact des plans d'austérité sur les ménages [grand format]
Les discussions reprennent, ce mercredi soir à Bruxelles, dans le cadre d'un sommet européen crucial. La situation grecque et la crainte d'une contagion inquiètent.

La crise est-elle d'une extrême gravité ?

Oui, parce que les politiques européens, au fil de plans de sauvetage répétés et insuffisants, ne trouvent pas la porte de sortie. Et parce que la crise financière des dettes souveraines ouvre trois autres fronts de crise potentiellement ravageurs : politique (implosion européenne), économique (récession), social (explosion).

La zone euro peut-elle éclater, l'euro disparaître ?

Rien n'est impossible, malgré les traités qui lient les pays de l'Union. L'hypothèse de la sortie de la Grèce en tout cas n'est plus taboue, mais elle est peu réaliste, vu son coût réel. La disparition de l'euro signifierait le retour à des monnaies nationales (franc, drachme, etc.) auquel aucun esprit sérieux et responsable ne croit vraiment.

La France peut-elle subir un défaut de paiement ?

Non, car elle a un État (et des contribuables), à la différence de la Grèce. Mais si elle n'allège pas sa dette publique (88 % du PIB), la fameuse notation triple AAA qui lui donne accès à des conditions d'emprunts acceptables sera dégradée. Et les emprunts réels passeraient donc à l'enseigne des taux prohibitifs, largement au-delà de 10 %.

Les banques françaises peuvent-elles faire faillite ?

Non. Leur implication dans la dette de l'État grec est relativement limitée (10 milliards pour les quatre principales) vu leurs bénéfices. Pour la dette italienne (41 milliards), c'est une autre histoire. Les banques sont cependant en mesure de renforcer leurs fonds propres (de 10 milliards, annonce le gouvernement) sans faire appel à l'État. Lequel a montré, en 2008, sa capacité à leur prêter massivement.

Les Français vont-ils payer pour la Grèce ?

Pas forcément. Le plan d'aide ne coûte rien aux Français directement. Les 15 milliards qui incombent à la France sont prêtés par le Fonds de stabilité à qui Paris apporte sa garantie. Les Français ne paieraient qu'en cas de défaut de la Grèce sur ces nouveaux prêts. Dans l'immédiat, les garanties aggravent tout de même le déficit public.

En France, peut-on déposer sans crainte son argent à la banque ?


Oui. Les banques françaises ont une marge de solvabilité trois fois supérieure à celle requise par la norme internationale. Les particuliers peuvent déposer sans crainte leur argent. De plus, il existe un fonds de garantie qui protège les dépôts à hauteur de 100 000 €.

Emprunter à sa banque sera-t-il plus difficile demain ?


La capacité de prêt d'une banque dépend de l'importance de ses fonds propres. Si la crise touche aussi l'Italie, les banques peuvent souffrir. Comme son offre de crédit aux différents agents économiques. « Toutefois, cela n'affecterait pas encore les comptes des particuliers », pense Jean-Paul Rollin, économiste, cité dans Le Particulier.

Faut-il craindre un vaste plan supplémentaire d'austérité en France ?


Oui. Le plan de rigueur apparaissait déjà limité au vu de la croissance attendue. Alors que le budget a été bâti sur une croissance de 1,75 %, on parle de 1 % à présent. En outre, si la note AAA de la France est dégradée, les marchés augmenteront le loyer de l'argent. Cela alourdirait le remboursement de la dette et nécessiterait autant d'économies.

La France peut-elle rentrer en récession ?


Une récession survient lorsque le taux de croissance du PIB diminue sur deux trimestres consécutifs. Pas le cas en France actuellement. Sauf que l'indice PIM du cabinet Markit, qui suit l'activité du secteur privé français, a chuté à son plus bas niveau depuis mai 2009. Et certains y voient les signes d'une récession possible au quatrième trimestre 2011.

Nos impôts sont-ils condamnés à augmenter ?


Puisque les objectifs de déficit public sont « intangibles » (4,5 % du Produit intérieur brut en 2012, 3 % en 2013...), il n'y a plus de choix qu'entre faire des économies et augmenter les impôts. Difficile de pronostiquer un alourdissement fiscal dans une année électorale. Mais par la suite...

Élisabeth BUREAU, Paul BUREL et Even VALLERIE.

mercredi 26 octobre 2011

Violents heurts entre jeunes et gendarmes à Mayotte

Des heurts violents ont opposé durant toute la matinée de mardi des jeunes aux gendarmes mobiles à Dzoumogné, au nord de l’île de Mayotte, en proie à une crise sociale.

Dès 7 heures du matin, des dizaines de jeunes de cette localité ont bloqué la circulation par des barrages érigés avec des troncs d’arbres, participant à leur manière à la grève générale contre la vie chère en cours à Mayotte depuis près d’un mois.

Ils ont ensuite attaqué à coup de galets, de barres de fer et de cocktails molotov les gendarmes mobiles venus lever ces barrages. Ces derniers, au nombre d’environ 150, ont riposté à plusieurs reprises avec des gaz lacrymogènes pour se dégager.
Médiateur

Dzoumogné a vécu pendant près de six heures un véritable état de siège. A leur départ de Dzoumogné vers 13 heures (soit 12 heures à Paris) pour Mamoudzou, la capitale, en passant par la localité portuaire de Longoni, les colonnes de véhicules des gendarmes mobiles ont dû effectuer plusieurs arrêts en attendant qu’un bulldozer dégage les troncs d’arbres parsemés le long des axes routiers.

Par ailleurs, la rencontre entre le médiateur, Stanislas Martin, et les leaders syndicaux s’est bien ouverte mardi matin, après le départ de l’intersyndicale la veille lors de la première réunion avec l’émissaire tout juste arrivé de métropole.

Rien n’avait filtré à 15 heures locales de cette entrevue, les syndicalistes devant rendre compte d’abord à leur base au cours d’une assemblée générale en fin d’après-midi.
Le médiateur poursuivait tout le long de la journée des discussions avec des chefs d’entreprises de la grande distribution et du bâtiment, ainsi qu’avec le président du conseil général, Daniel Zaidani.

(AFP / Richard Bouhet)

mardi 25 octobre 2011

Comment la Fed assèche les banques européennes

La banque centrale américaine assèche-t-elle le financement des banques européennes en dollars ? Très inquiète de l'évolution de la crise de la dette souveraine sur le Vieux Continent et de ses conséquences sur les établissements financiers, la Réserve fédérale (Fed) a pris, il y a plusieurs semaines, des mesures restrictives à l'égard du système financier européen.

"Elle a exigé que des banques non américaines déposent des actifs en garantie à l'avance, même pour celles qui ne lui empruntent pas d'argent, confie une source proche de la Fed. C'est surtout pour la Fed une façon de se protéger au cas où les banques viendraient chercher un prêt d'urgence", d'aller plus vite en cas de tension.

Répercussion

En temps normal, les établissements déposent des actifs en dollars à la Fed (bons du Trésor américain, prêts hypothécaires...), lorsqu'ils lui demandent de l'argent, en garantie du prêt accordé par la banque centrale américaine.

La mesure prise par la Fed a bloqué des titres que les banques utilisent habituellement comme caution pour obtenir des dollars auprès d'autres établissements financiers (banques, fonds d'investissements). Accentuant le mouvement, les fonds monétaires américains, pourvoyeurs de dollars, ont durci leurs conditions de prêts aux banques européennes.

Certains parlent même de complot, arguant que les Etats-Unis, qui ont perdu leur triple A en août, ont intérêt à peser sur le cours de l'euro pour garder la suprématie du dollar. Ainsi Laurence Parisot, la présidente du Medef, a récemmlent évoqué récemment "un tam-tam très organisé" Outre-Atlantique.

>> Lire notre chat avec Pierre Lellouche "La crise de l'euro n'est pas un complot américain"

Face aux signes de renchérissement du financement en dollars, la Banque centrale européenne (BCE) a ouvert les vannes. Elle a annoncé le 15 septembre qu'avec l'aide d'autres banques centrales - Fed, Banque d'Angleterre, Banque du Japon et Banque nationale suisse qui lui prêteront des dollars -, elle accorderait, à partir du mois d'octobre, des prêts à trois mois en billet vert, en contrepartie d'actifs en euros, non pas en dollars.

Cette mesure vient compléter un financement hebdomadaire en devise américaine accordé par la BCE, auquel les banques ont accès depuis mai 2010. Celui-ci n'a jusqu'à présent servi que trois fois depuis mi-août. Les banques hésitent en effet à solliciter les instituts d'émission, de peur d'être stigmatisées comme traversant une crise de liquidités.

Il s'était passé la même chose en en 2007 lors de la crise des "subprimes" et en 2008, au moment de la faillite de Lehman Brothers. Les établissements n'osaient pas se présenter au guichet d'urgence de la Fed, celle-ci assimilant cette démarche à de la mauvaise gestion. Pour contourner le problème, "les banques françaises pourraient faire une démarche collective", confie une source bancaire.

Le changement des conditions de prêts - plus chers et plus courts - a touché certaines de leurs activités, par ailleurs déjà pénalisées par la future réglementation dite de Bâle 3. La Société générale et BNP Paribas ont prévu de réduire leur dépendance au dollar, essentiellement dans leurs départements de financement et d'investissement.

Dans ce contexte, elles comptent en priorité s'attaquer aux activités de prêts qu'elles doivent financer en dollar, alors que leurs dépôts en billet vert étant insuffisants : les exportations d'avions, les flottes de bateaux, les projets d'infrastructure, le commerce international ou encore l'immobilier commercial aux Etats-Unis.

Les répercussions se font déjà sentir dans l'industrie aéronautique dont les banques françaises sont d'importants pourvoyeurs de fonds. Les marchés redoutent que les compagnies aériennes, en mal de crédits, annulent des commandes. ce qui a fait chuter en Bourse EADS, la maison mère d'Airbus, de 7,91 % jeudi 22 septembre.

"Les compagnies aériennes vont aller chercher les dollars là où ils se trouvent : aux Etats-Unis ou en Chine" relativise un expert du secteur Le directeur financier d'EADS, Hans -Peter Ring, précisait jeudi que bon nombre de nouvelles banques, notamment asiatiques, étaient arrivées sur le marché du financement d'avions.

"C'est finalement plus une mauvaise nouvelle pour les banques françaises que pour le secteur aéronautique", expliquait un analyste financier "car elles se voient exclues d'un marché juteux dont elles se sont faits une spécialité".
Cécile de Corbière, Dominique Gallois et Cécile Prudhomme

lundi 24 octobre 2011

Travail : recrutement douteux

(voici le site d'origine pour cette image)

On observe avec étonnement que le principe lié à la relation travail a évolué.
En effet , il s'agit aujourd'hui d'expier ses fautes lors d'un entretien d'embauche , de dire tout le mal qu'on est et d'avaliser les décisions et méthodes de ses juges. Pour ce faire , le principe du management est un système importer des Etats-Unis , où le pire le dispute à l'ineffable...En voici les arcanes :

A. LA METHODE DOUCE

Cette méthode , simple et apaisante en apparence , recèle des subtilités grotesques , qui font la lie de ces agences d'exploitation du travailleur : les fameuses boites ex-ANPE qui s'arrogent le droit de vous indiquez comment exister face à l'employeur.
Et non pas à des fins altruistes , mais bien au contraire dans le souci permanent d'exploiter vos faiblesses.

On vous définira d'abord une "Cible" d'emploi , qui malgré vous prendra des allures de cratère , dans le sens où vos domaines de compétences s'élargiront infiniment , jusqu'à vous rendre corvéable à merci , enfin je veux dire de vous adaptez au marché du travail.

Ces agences ne servent à rien et sont peuplés d'opportunistes , prônant les valeurs abjects de la réussite sociale par le seul travail salarié.

Solution : Il faut que toutes ces personnes s'en retournent au banc de l'ANPE , soutenir leur collègues dans un réel effort d'insertion , et non plus de capitaliser sur les échecs des travailleurs.

B. METHODE DURE :

Celle ci est quand à elle , beaucoup plus concrète et ciblée. En quelques mots , il s'agit de regrouper des chercheurs d'emploi postulant pour quelques rares postes (disons 5) en grand nombre (disons 20).

Chacun se voit alors comme son propre concurrent , induisant de ce fait un état de sélection naturelle , cher à certain fascistes du siècle dernier.
En conséquence , le rapport humain s'en trouve grandement changé et dénaturé. L'autre est un ennemi à abattre et les laborantins regardent leurs créatures se débattre afin de les utiliser ensuite au maximum de leur capacités.

Concrètement : réuni dans une salle , face à un jury façon nouvelle star , vous vous levez , vous présentez , et -véridict- essayez de trouver une ANECDOTE , afin que les présents juges vérifient votre propension à provoquer un réaction chez les autres.
Vous passez alors en entretien individuel , face à deux personnes en face à face et trois autres qui vous observent sur le côté.

Et vous vous vendez.

Enfin , à nouveau réuni dans la même pièce , ils énumèrent les noms des vainqueurs. Les autres comprennent qu'ils ne font pas parti des winners et sont remercié. Edifiant.

Solution : Interdire ces castings sauvages qui s'apparentent à de la prostitution , en plus d'être dévalorisant et insultant.

CONCLUSION :

A l'aune de cette démonstration vous constaterez que votre statut social est réduit à apte ou inapte , volontaire ou réfractaire.
Je dis STOP. Le marché de l'emploi a besoin d'une restructuration en profondeur.

Etape 1 :

Revalorisation massive des bas salaires . Aucun salarié ne pourra travailler moins de 30 H semaine. Si il le souhaite et seulement si , il pourra convenir avec son employeur de fractionner ou diviser son temps de travail. Salaire minimum de 1500 Euros net pour le smic , financé par une taxe supplémentaire sur les très hauts revenus (plus de 1 millions d'euros annuel).

Etape 2 :

Embauche massive dans les secteurs qui en ont le plus besoin , grâce à une revalorisation franche des métiers manuel. Exemple : un ouvrier de chantier touchera 2000 euros net pour 35 heures, fiancé par une taxe supplémentaire sur les hauts revenus (plus de 100 000 euros annuel).

Etape 3 :

Mettre en oeuvre des " Stages d'adaptation en milieu du travail" pour les nantis( plus de 5 millions par an). Qu'ils effectuent au minimum 10 heures de travaux d'intérêts général par semaine. On y inclue à ma demande expresse : Wauquiez , Coppé , Sarkozy , Bertrand , Morano , Pécresse.

C'est à ce prix , et grâce à des réformes radicales que le société évoluera .

Pas autrement.

Nous sommes presque sorti de 5 ans d'ultra libéralisme , où la fonction présidentielle a été utilisé comme faire-valoir , où l'absurde le disputait au pathétique. Changeons cela le plus vite possible !

Révolutionnairement Vôtre ,

Boris Rannou

vendredi 21 octobre 2011

La mort de Kadhafi ... épilogue

Et voilà , c'est fini , l'abominable dictateur , qui assassinait son peuple depuis 30 ans est mort. Il avait d'ailleurs créés plusieurs camps de déportation et d'internement , où il torturait et violait allègrement... Comment ? C'est faux ? Ah oui , bien sûr , vous vous êtes laissé berner par la propagande occidentale ...

En réalité , l'attaque du bastion de Khadafi , la Libye , relève d'une stratégie étrange et à la fois tellement simple: soudainement , un homme à la tête de son Etat depuis 30 ans , décide de réprimer une violente manifestation à son endroit. Indigné par l'attitude revêche du colonel , la France envoie immédiatement ses chars et ses hélicoptères défendre la veuve et l'orphelin...

Ne soyons pas naif de ce manège ! Maintenant que le dictateur est mort , les puissances occidentales vont pouvoir dépecer la Libye , qui au passage , va rétablir un régime Monarchiste , puisque ce drapeau des rebelles si fièrement arborés n'était autre que celui que le dirigeant Libyen avait renversé , quelque décennies plus tôt...

UN MONDE A L'OCCIDENTAL

C'est en effet ce qui se profil , les régions de l'Est , la Cyrénaique vont être misent sous tutelle française et étrangère ,afin que ce précieux pétrole pour lesquels nos merveilleuses démocraties ont fait la guerre , puisse être partager. Comment ? Et bien le gel des avoirs de l'Etat Libyen pendant la guerre , en lieu et place des avoirs du colonel (dispersés un peu partout) , vont servir de levier pour négocier avec les rebelles. On vous remets les pleins pouvoirs , mais nous nous arrogeons une part de profit dans les sociétés pétrolières autrement plus conséquent que celui d'autrefois. En d'autre termes , la part de bénéfices que les compagnies pétrolières étrangères retireront de l'exploitation du pétrole en Libye , lui rapporteront beaucoup plus qu'auparavant.

ET LA POPULATION LOCALE ?

Ces hommes et ces femmes qui ont fait la guerre pour leur pays , qui ont vus la Libye changer comme jamais en moins d'un an , qui appartiennent pour la plupart au mouvement royalistes , décidés à reprendre le pouvoir sous couvert des aides étrangères , cela seront les grands gagnants de l'Histoire . Mais les autres , les tout-venant , le commun des mortels ? Car en vérité , comment vont se passer les choses maintenant ? Est-ce que le changement de régime va soudainement profiter aux Libyens libérés du joug de l'oppresseur ? C'est à dire que ce fameux apports en pétrole se répercutera au quotidien sur leur train de vie ? Chacun à le droit de bénéficier de cet énergie là , et si la société de pétrole Libyenne n'est pas nationalisée à 100% quelle sera sa légitimité ?

Non , ce qui se passera , c'est ce qui se passe en Afghanistan depuis 20 ans : guerre et oppression étrangère pour aider les cartels locaux à contrôler le marché de la drogue , et ici , le marché de l'or noir. Après tout , savez vous ce qu'il est advenue de l'Irak ? Les compagnies pétrolières américaines se sont régalées , nationalisant presque à leur nom les apports du précieux liquide.

EPILOGUE...

Le monde est ainsi fait qu'il ne faille rien en attendre si on ne se donne pas les moyens de le changer. En fait , tant que nous , Européens et Occidentaux déciderons de laisser en place l'apathie de nos démocratie , sous leurs formes actuelles , parce qu'elles nous profitent tant ; le retour de bâton sera féroce. Il ne sert à rien de crier au loup quand le bois est vide , mais dès qu'il se peuple de ces bêtes aux longs crocs , inutile de retourner dans notre bergerie pour ne point les voir : il faut les affronter et les chasser.
Les puissances capitalistes de ce monde ne s'arrêteront jamais , il faudra justement leur supprimer ces zones d'influence où elles prolifèrent , pour mener notre navire à bonne destination.
Khadafi , Sadam Hussein , Kim-Jong Il , Amadinejhad ... autant d'hommes ayant sans doute versés dans le côté obscure des forces anti-humanistes à un moment de leur existence , mais n'oublions pas qu'ils sont aussi de commodes marionnettes pour nous faire oublier ce théâtre d'ombres où nous déambulons , mise en scène tragique d'une farce démocratique qu'il faut changer.

Révolutionnairement Vôtre

Boris Rannou.

jeudi 20 octobre 2011

La colère gronde de plus en plus fort en Grèce

Le premier ministre appelle les Grecs à faire un effort supplémentaire pour justifier les nouvelles mesures d'austérité du gouvernement, mais la fronde sociale s'amplifie dans le pays.

Le premier ministre Georges Papandréou a, jeudi, une nouvelle fois, appelé les Grecs à «faire encore un effort». Au Parlement où il rencontrait les députés de la région des îles ioniennes et de la Crête, il a reconnu que «dans un climat international très dur et défavorable» il était inévitable de donner un nouveau tour de vis pour «garantir les décisions importantes du 21 juillet qui accordent à la Grèce un nouveau paquet de sauvetage et allègent la dette».

Mais deux jours après l'annonce des nouvelles mesures d'austérité, les Grecs accusent difficilement le coup. Pour pouvoir obtenir le sixième versement du prêt des 110 milliards d'euros, soit 8 milliards d'euros, le gouvernement a du s'en prendre cette fois-ci directement aux foyers : réduction de 20 % sur les retraites supérieures à 1200 euros par mois, 30.000 fonctionnaires placés en chômage technique et abaissement du seuil de non-imposition à 5000 euros par an.

Pour Thanassis, enseignant au collège, la situation est devenue intenable. «Depuis dix-huit mois, on se réveille tous les matins, avec une boule au ventre en attendant le prochain couperet», déplore-t-il. Jusqu'à présent, Thanassis ne participait pas aux mouvements de grève, mais, cette fois, il est à bout : «Mon épouse ne gagne que 400 euros par mois et devra à présent être imposée. Quant à moi, en plus de la diminution de mes revenus, on m'impose une nouvelle taxe de solidarité… Je ne pourrai pas la payer, qu'ils m'envoient en prison, ce sera toujours mieux que de se retrouver à la rue.»
Grèves en cascade

Jeudi, les rues d'Athènes étaient paralysées par la grève des transports en commun et des taxis, tandis que les enseignants et les employés municipaux leur emboîtaient le pas. Du coup, les Grecs avaient pris leur voiture, contribuant à la constitution d'embouteillages monstres. De leur côté, les contrôleurs aériens ont cessé le travail quatre heures, forçant les compagnies aériennes à annuler ou à reporter des vols. Et ce n'est que le prélude à une fin de mois de septembre et un mois d'octobre qui s'annoncent particulièrement chauds sur le plan ­social.

Aujourd'hui encore, le pays tout entier sera à nouveau largement privé de transports. Dès mardi prochain, les chauffeurs de taxi ont prévu une deuxième grève de quarante-huit heures, renouvelable. Avant la grève générale nationale prévue le 19 octobre prochain, la Grèce va donc vivre sur un rythme chaotique.

Pour Pavlos Tzimas, analyste politique, le malaise est profond. Il risque même, estime-t-il, de se retourner contre le gouvernement : «Cela ne peut plus durer. Tous les trois mois, on annonce aux Grecs un nouveau paquet de mesures d'austérité. Le gouvernement a surestimé son programme de ­rigueur et il a sous-estimé le poids de la récession.»

Les milieux d'affaires s'inquiètent tout autant. «Il n'y a pas de boussole, ce gouvernement ne sachant pas où il va», s'insurge Constantinos Michalos qui dirige la Chambre de commerce et d'industrie d'Athènes.

Crédits photo : LOUISA GOULIAMAKI/AFP

Par Alexia Kefalas

mercredi 19 octobre 2011

Philips annonce la suppression de 4500 emplois

Philips Electronics a vu son bénéfice chuter de 85% net au troisième trimestre.

En cause, la hausse du prix des matières premières et des charges de restructuration. Sur le court terme, le géant mondial de l'éclairage s'est montré pessimiste et a confié que les négociations visant à vendre son activité de téléviseurs au groupe TPV trainent en longueur.

L'action Philips a chuté de près de 40% en l'espace d'un an, conséquence notamment de l'âpre concurrence livrée par des entreprises asiatiques. Les suppressions d'emplois s'inscrivent dans un programme de réduction des coûts de 800 millions d'euros et les économies attendues se répercuteront sur les résultats pour l'essentiel en 2013, a précisé le directeur général, Frans van Houten.

Au troisième trimestre, le bénéfice net du groupe a chuté à 76 millions d'euros contre 524 millions un an auparavant. Et le chiffre d'affaires a stagné à 5,394 milliards d'euros contre 5,46 milliards.

Tout en confirmant les objectifs fixés pour 2013 d'une hausse de 4% à 6% du chiffre d'affaires et d'une marge opérationnelle (Ebita) de 10 à 12%, Frans van Houten a souligné qu'il restait encore beaucoup à faire. "Nous ne sommes pas encore satisfaits de notre performance financière compte tenu des défis économiques du moment, surtout en Europe, et des risques et problèmes opérationnels. Nous ne pensons pas parvenir à une amélioration importante de la performance à court terme", a-t-il déclaré.

Le numéro un européen de l'électronique grand public, qui figure aussi dans le trio de tête mondial des équipements hospitaliers, a ajouté qu'il envisageait diverses solutions pour sa filiale télévision, précisant que les négociations avec TPV pour lui céder l'essentiel de cette activité étaient intenses et constructives mais duraient plus longtemps que prévu. Or, la transaction était censée être conclue avant la fin 2011.

Par FTV avec agences

lundi 17 octobre 2011

Le dico de la crise : petit précis

Dette souveraine, obligations, Banque centrale européenne, agences de notation... Difficile, parfois, de s’y retrouver dans le jargon des spécialistes ! Mais comme la crise est là, autant l’affronter avec un langage affûté. Voici notre petit précis en 12 fondamentaux.

Qu'est-ce qu'une crise de la dette ?


D’une manière générale, la dette souveraine d’un État est constituée de l’ensemble des emprunts réalisés (crédits bancaires, emprunts à d’autres États, titres émis par le Trésor public). « La crise de la dette intervient lorsqu’un débiteur n’arrive plus à honorer ses engagements explique Agnès Bénassy-Quéré, directrice du Cepii (Centre d’études prospectives et d’informations internationales). En Europe, certains pays – l’Italie, par exemple – font face à une crise de liquidités, « c’est-à-dire qu’ils ne peuvent temporairement pas rembourser », poursuit l’économiste. Pour ce faire, il leur faut vendre des entreprises nationalisées ou se séparer de biens, un peu comme un ménage qui se verrait dans l’obligation de vendre un bien immobilier pour rembourser un crédit. Cela prendrait plus de temps, mais il pourrait le faire. Plus grave, une crise de solvabilité correspond, elle, à la situation où « un État ne peut plus rien rembourser ». C’est le cas de la Grèce, quasi officiellement en défaut de paiement.

« Aux États-Unis, je dirais que c’est avant tout une crise politique entre républicains et démocrates autour du plafond de la dette qui a conduit à une dégradation de la note souveraine », estime Agnès Bénassy-Quéré. Cela n’était jamais arrivé outre-Atlantique et a suffi pour semer la panique sur les marchés.

Qui sont les agences de notation ?


Le rôle des trois grandes agences – Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch – est d’évaluer la capacité des États ou des entreprises à rembourser leur dette. Composées d’équipes de chercheurs, d’analystes, d’économistes, elles attribuent la note d’un pays – qui court de AAA pour une excellente santé à... D – en fonction de ses fondamentaux économiques. Plus la note est haute, plus les taux d’emprunt sont bas.

Quel est leur pouvoir réel ?

Elles sont réputées fiables, parce que seules à croiser autant de données (autour de quatre grands critères qui sont la richesse d’un pays, l’historique de ses vingt-cinq dernières années, sa stabilité politique et le poids de sa dette par rapport aux recettes fiscales). Elles offrent un cliché dynamique de la situation d’un pays, et notent aussi beaucoup d’entreprises privées. Notamment les banques... dont elles tirent pourtant une partie de leurs revenus. D’où de possibles conflits d’intérêts. En période de troubles, dès lors que ces agences dégradent la note d’un pays, mécaniquement les taux d’intérêt de ses emprunts augmentent. Or plus les taux sont hauts, plus rembourser la dette devient difficile et... la note sujette de nouveau à la baisse. Une spirale infernale qui conduit certains à comparer les agences à des « pompiers-pyromanes ».

"La conjonction de deux crises dans un contexte mondial agité"


La crise financière de 2008 est-elle la grande responsable de la conjoncture actuelle ?

En 2007, le monde occidental a traversé une crise de l’endettement privé : en Espagne notamment, où les gens se sont endettés dangereusement pour acheter des appartements ; aux États-Unis avec les subprimes, ces prêts hypothécaires à risque largement répandus par les banques. Le système s’est lézardé jusqu’à la chute emblématique de la banque Lehman Brothers en 2008, ouvrant la voie à la déroute sur les marchés. Pour sauver les banques, les États ont décidé de les nationaliser dans certains cas, de les recapitaliser dans d’autres, à travers de vastes plans de sauvetage, comme le plan Paulson outre-Atlantique, qui aura coûté 700 milliards de dollars. « S’en est suivie une grande récession. Cette crise financière a coûté 30 points de PIB supplémentaires. La crise de la dette souveraine aujourd’hui est l’acte 3 de cet enchaînement », explique Élie Cohen, directeur de recherche au CNRS et membre du Conseil d’analyse économique.

La dette américaine est-elle à l'origine des déboires européens ?

Non. « C’est plutôt la conjonction de deux crises dans un contexte mondial agité », précise Élie Cohen. Il y a l’Europe d’un côté, où ce qui était une crise limitée à un seul pays en a touché d’autres et mis en cause la solvabilité de certains États. Et les États-Unis de l’autre, avec une reprise avortée et une dette qui n’en finit pas de se creuser. Le tout sur fond de ralentissement mondial. « Il est donc plus approprié d’évoquer un cercle vicieux de l’affaiblissement des États et des banques », poursuit l’économiste.

La BCE est-elle intervenue trop tard ?


La Banque centrale européenne doit veiller à l’équilibre financier de l’Europe, sorte d’édredon pour éviter les effets de contagion et tenter d’amortir les coups, avec un rôle préétabli de « prêteur en dernier recours ». En mai 2010, pour la Grèce, l’Irlande et le Portugal, elle avait activé un programme de rachat d’obligations pour 70 milliards d’euros. Rebelote avec l’Espagne et l’Italie cet été. En achetant ces obligations sur les marchés, la BCE espère faire remonter leur prix, provoquer mécaniquement une baisse des taux d’intérêt et du coup rassurer les investisseurs, qui étaient plutôt prêts à se carapater. Pour Élie Cohen, « la BCE s’est remarquablement comportée dans cette crise » ; d’autres reprochent à l’instance européenne d’avoir comme unique souci la lutte contre l’inflation, au détriment de la croissance économique et donc du chômage.

"Beaucoup appellent de leurs voeux les Euro Bonds, autrement dit la mutualisation de la dette au niveau européen"


La zone euro peut-elle imploser ?


Ce serait une catastrophe, mais hélas, oui. « Elle est en permanence sur la ligne de crête, explique Élie Cohen. Aujourd'hui, beaucoup appellent de leurs voeux les Euro Bonds, autrement dit la mutualisation de la dette au niveau européen. » Mais l'Allemagne, par exemple, qui s’est serré la ceinture pour restaurer ses finances publiques, rechigne à l’idée d’aider ces voisins plus laxistes. De plus, « l’Europe n’a pas l’organisation politique pour le faire », complète Agnès Bénassy-Quéré.

La Chine joue-t-elle un rôle dans tout cela ?


Un rôle direct non, mais en tant que premier investisseur de la planète elle est concernée au premier chef. Pékin détient 7 % de la dette européenne et 10 % de la dette américaine. Principal créancier des États-Unis, donc, avec 1 160 milliards en bons du Trésor américain, elle n'hésite plus à tancer Washington comme un enfant en culote courte l'exhortant à « cesser de vivre au-dessus de ses moyens. » Les méthodes de la Chine font grincer des dents. Mais plus personne n'oserait lui tenir tête trop frontalement.

Quelles sont les conséquences sur l'économie réelle ?

Le bilan des banques se trouvant comprimé, elles ne pourront plus prêter autant. Le risque est donc d’assister à un ralentissement marqué de l’économie. Concrètement, les entreprises investiront et embaucheront moins. « Cela engendrera probablement aussi une perte de pouvoir d’achat pour les particuliers, ajoute Agnès Bénassy-Quéré. « Tout comme il faut s’attendre à des répercussions telles que des hausses d’impôts, des coupes dans les programmes sociaux ou encore l’allongement des retraites. »

Les banques et, partant, les dépôts de garantie sont-ils menacés ?

Les banques françaises ont bien absorbé la crise grecque, ce qui prouve d'une certaine façon leur solidité. En revanche, disent unanimement les économistes, si l’Italie et l'Espagne en venaient à être en défaut de paiement, ce serait plus délicat pour le système bancaire. Pour les particuliers, « les dépôts bancaires étant garantis, il n'y a pas de craintes à avoir ». Seuls les produits d’épargne pourraient être impactés.

Quels sont les scénarios envisageables ?
« Nous sommes dans une tempête sans avoir de météo », explique un financier, résumant l'état d'esprit qui règne sur les marchés. Pour Patrick Artus, économiste chez Natixis, la situation évolue dangeuresement : « On est partis d'une situation où la plupart des dettes publiques étaient perçues comme des actifs sans risques pour aller vers un scénario dans lequel très peu sont désormais considérées sans risques. » Pour Élie Cohen, « si l’on ne parvient pas à se mettre d’accord sur une mutualisation des risques, on risque un scénario d’implosion, avec l’effondrement de tout le système européen ». Un script pire qu’Armageddon.

Y a-t-il des raisons d'éspérer ?


« La situation globale de la zone euro est cependant bien meilleure que celle des États-Unis », insiste Élie Cohen. Le déficit est à 5% du PIB, contre 10% outre-Atlantique, et la dette publique à 80 % du PIB, contre 100 %.

À lire pour aller plus loin
● La Banque et Le Capitalisme hors la loi, de Marc Roche (éd. Albin Michel). Ce correspondant du Monde à Londres infiltre le système et le déroule comme un polar. Formidable.
● Les Incendiaires. Les banques centrales dépassées par la globalisation, de Patrick Artus (éd. Perrin). Plus spécialiste mais brillant.
● Penser la crise, et mieux la comprendre, avec Élie Cohen (éd. Fayard).

Par Sixtine Léon-Dufour

Photo Gamma

vendredi 14 octobre 2011

Israël et la Palestine, une histoire de frontières

Voici un excellent résumé des relations tendues de ces dernières décades. Sous forme de carte et en voix off , ce sujet est très bien documenté et neutre. Un objet rare. A voir !

INFOGRAPHIE - De la première guerre mondiale à nos jours, suivez l'évolution des frontières israélo-palestiniennes avec les explications de Jean-Paul Chagnollaud, professeur de sciences politiques à l'université de Cergy-Pontoise, rédacteur en chef de la revue Confluences Méditerranée et directeur de la collection «Comprendre le Moyen-Orient» chez l'Harmattan.

Cliquez ici pour découvrir ce sujet en image animées.

jeudi 13 octobre 2011

La politique sociale qu’annonçait Nicolas Sarkozy

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs,

Le rôle que la presse d’information sociale joue dans notre vie publique est important. Vous êtes des médiateurs indispensables de nos relations sociales. Vous intervenez dans un champ où les paroles prononcées pèsent lourd. Vous êtes aussi, il faut bien le dire, les décrypteurs d’un dialogue social très codé, qui confine parfois au jeu de rôle. C’est de votre professionnalisme et de votre capacité d’analyse que dépend la qualité de l’information de nos concitoyens. Votre mission est difficile, vous l’accomplissez avec rigueur, je tenais à vous le dire.

Au risque de casser certains codes, j’ai décidé de vous parler sans détour. Cette rentrée comporte un agenda très chargé de réformes sociales. On me dit que je prends tous les risques parce que je veux trouver des solutions à tous les problèmes à la fois dans un champ où, paraît-il, tout est « miné », tout est compliqué. Je crois que c’est justement tout le contraire, que c’est la réforme par petits bouts, sans cohérence d’ensemble, qui serait vouée à l’échec. Il n’y a pas d’un côté une politique de l’emploi, de l’autre une politique du pouvoir d’achat, par ailleurs une politique de la protection sociale ou une politique de compétitivité. Comment parler de pouvoir d’achat sans parler d’emploi ? Comment ne pas lier solidarité et efficacité économique ? Comment imaginer qu’on puisse fonder une protection sociale généreuse sur autre chose que le travail ?

On me dit aussi que j’en fais trop, qu’il serait insensé de réformer à un moment où la croissance est un peu hésitante et qu’il faudrait attendre que la conjoncture soit au zénith pour avancer. Comme si, par le passé, on avait profité des périodes de forte croissance pour réformer ! D’ailleurs, avant les vacances, on me disait au contraire qu’il fallait tout faire tout de suite, à la hussarde, sans prendre le temps du dialogue social. Comme si les partenaires sociaux, cela n’existait pas, comme si l’Etat, lui seul, savait ce qui est bon pour les salariés et les entreprises !

La vérité, c’est que les réformes doivent conjuguer les nécessités de l’action et la pratique du dialogue social. Le dialogue social ne doit pas être un alibi à l’inaction ; mais l’urgence de l’action ne saurait justifier qu’on méprise le dialogue social.

Pour ma part, ce que je veux fondamentalement vous dire, et dire aux Français par votre intermédiaire, c’est que l’ampleur des réformes que nous sommes en train d’engager trouvent leur justification dans la ferme conviction que notre organisation sociale produit aujourd’hui plus d’injustice que de justice, qu’il faut en changer et que c’est un nouveau contrat social, profondément renouvelé, profondément différent, que nous devons élaborer ensemble.

Ce contrat est fondé sur le travail, le mérite et l’égalité des chances, qui sont des valeurs sociales, des valeurs généreuses, dont nous ne devons pas rougir mais que nous devons au contraire assumer. Ce contrat suppose que notre système social renoue avec les principes de justice et d’efficacité. Il exige des changements profonds.

Il y a aujourd’hui trois certitudes :

- le système n’est pas tenable financièrement ;

- il décourage le travail : il décourage d’embaucher, il décourage de faire confiance à un jeune, il décourage de reprendre un emploi, il décourage de travailler plus longtemps, il décourage de travailler au-delà de 55-60 ans ;

- enfin, il n’assure pas l’égalité des chances. C’est vrai qu’il redistribue beaucoup d’argent – un tiers du PIB, c’est-à-dire autant qu’en Suède ! Mais, il n’aide pas assez, et surtout pas assez efficacement, ceux qui en auraient le plus besoin et qui veulent s’en sortir.

Le résultat le plus visible, c’est le chômage, son ampleur et sa persistance. Au-delà du chômage, il y a ce que j’appellerais la « crise de l’emploi » : faiblesse de l’emploi des seniors, difficultés d’insertion professionnelle des jeunes, précarité et pauvreté au travail… Ce constat est connu, je ne vais pas y revenir. Vous le savez, je ne suis pas un idéologue. Je ne fais pas de grandes théories sur la justice sociale, je pars des réalités telles qu’elles sont et des aspirations des Français telles qu’elles se sont exprimées avec force. Mon projet, c’est de trouver les équilibres sociaux cohérents avec ces aspirations, même si elles sont parfois contradictoires.

Au fond, que veulent les Français en matière sociale ? Ils veulent tout d’abord être rassurés sur la préservation des éléments essentiels de notre protection sociale, pour eux comme pour leurs enfants. C’est-à-dire par exemple que les retraites soient financées, que l’accès de tous à des soins de qualité soit garanti. Dans le même temps, ils veulent plus de protection, des droits nouveaux, mais aussi plus de mobilité sociale et professionnelle. Ils veulent prendre davantage leur destin en main et qu’on leur fasse confiance, c’est-à-dire qu’on leur donne plus de responsabilités. Et en même temps, ils veulent aussi plus de solidarité. Nos politiques doivent être en mesure de répondre à toutes ces aspirations à la fois.

Partant de là, la stratégie que j’ai choisie en matière sociale et que je demande au Premier ministre, François Fillon, de mettre en œuvre, est guidée par trois principes. Le premier principe consiste à remettre le travail et l’emploi au cœur de nos politiques sociales. Aucun modèle social ne peut tenir si on oublie que c’est le travail qui en fin de compte est le seul moteur de la création de richesses. S’ils ne sont pas gagés par un accroissement du travail et de la productivité, les droits sociaux sont de faux droits. C’est pour cela que toutes nos actions doivent tendre à la promotion, la revalorisation et la juste rémunération du travail.

C’est dans cette optique que j’aborde la question du temps de travail et l’assouplissement des 35 heures. L’Etat a fait un premier pas dans cette direction par la suppression de charges sociales et fiscales sur les heures supplémentaires qui interviendra au 1er octobre. Il va falloir aller plus loin et simplifier certains aspects de la réglementation du temps de travail, qui est l’une des plus complexes du monde. Nous devons donner une place plus importante à la négociation d’entreprise et de branche dans la détermination de la durée collective du travail, comme cela se pratique dans tous les autres pays. Par ailleurs, pourquoi ne pas permettre aux salariés de préférer, s’ils le souhaitent, la rémunération au temps libre? Je pense en particulier à la possibilité de convertir des repos compensateurs et les journées stockées sur les comptes épargne temps en argent plutôt qu’en congés. Je pense aussi aux heures choisies, qui pourraient être acceptées directement par le salarié. Tout cela, il faut le faire sereinement, avec pragmatisme, sans perdre de vue la nécessité de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle. Nous allons y travailler avec les partenaires sociaux.

Promouvoir le travail, c’est aussi mettre fin au gâchis insensé que représente la mise à l’écart des travailleurs dès 50 – 55 ans. On a trop souvent pensé que ce problème se réglerait de lui-même avec la réforme des retraites. C’était une erreur. Aujourd’hui, près de 6 salariés sur 10 sont chômeurs ou inactifs au moment où ils liquident leurs droits à la retraite.

Cette situation, tout le monde le sait, est le résultat d’un raisonnement fallacieux – celui du partage du travail. Maintenir un salarié de 55 ans dans l’emploi, ce n’est pas diminuer les perspectives d’un jeune, c’est au contraire accroître la richesse produite, créer de l’emploi et du pouvoir d’achat. Si les politiques malthusiennes étaient un succès, la France serait un pays de cocagne pour les jeunes à la recherche d’un emploi et les comptes de la sécurité sociale seraient largement en excédents ! Ce n’est pas le cas, au contraire. Si la proportion des 55-64 ans en emploi était la même que dans les pays européens qui ont réussi en la matière, nous aurions 800.000 emplois de plus !

C’est pourquoi je demande au gouvernement de supprimer les verrous fiscaux, sociaux et réglementaires qui pénalisent ceux qui voudraient continuer à travailler et qui incitent les entreprises et les administrations à négliger les seniors dans leur gestion des ressources humaines. En particulier, je souhaite la suppression des mises à la retraite d’office avant 65 ans. Les préretraites seront plus lourdement taxées. Ce sera un volet important du projet de loi de financement de la sécurité sociale qui sera présenté à la fin du mois. Quant aux dispenses de recherche d’emploi, elles seront progressivement supprimées pour ceux que cela concernera à l’avenir.

Pour compléter cette action, je demande aussi aux partenaires sociaux de traiter, comme ils en ont vraisemblablement l’intention, la question de l’emploi des seniors dans le cadre de leurs négociations sur l’assurance chômage. Il n’est plus admissible que notre système d’indemnisation du chômage encourage cette culture du retrait précoce de la vie active.

Mais cette relance par le travail ne suffit pas si elle ne se traduit pas sur la fiche de paie. Une conférence sur l’emploi et le pouvoir d’achat se tiendra dans la seconde quinzaine d’octobre sous la présidence de Christine Lagarde. L’idée, c’est de nous sortir de la contradiction insupportable que connaissent les salariés et les entreprises de notre pays : d’un côté un SMIC qui progresse fortement, sans lien avec les fondamentaux économiques, ce qui fragilise les entreprises à forte intensité en main d’œuvre ; de l’autre un nivellement des salaires par le bas, avec une négociation salariale anémiée et des minima de branches parfois inférieurs au SMIC.

Ce qu’il faut faire, c’est jouer sur toutes les dimensions du problème. Sur la fixation du SMIC, nous avons besoin de dépassionner le débat. Une commission indépendante fera chaque année des recommandations aux partenaires sociaux et au gouvernement. Cette recommandation, le gouvernement sera libre de la suivre ou non. L’important c’est qu’elle soit fondée sur des éléments d’analyse objectifs, en particulier l’emploi et la situation économique générale. Elle ne sera pas fonction du calendrier électoral ! Dans le même temps, je crois qu’il faut poser clairement la question des bas salaires. Est-il normal que les allègements de charges restent inchangés pour des entreprises et des branches qui refuseraient de négocier ou maintiendraient trop longtemps leurs minima en-dessous du SMIC? Je ne le pense pas. La conférence devra être l’occasion d’avancer sur cette question.

Dans cette même conférence, Luc Chatel évoquera la question des prix et de la protection des consommateurs. C’est aussi là, dans l’accroissement de la concurrence, dans la libéralisation de certains secteurs, dans la suppression des marges arrières, qu’il faut aller chercher le pouvoir d’achat.

Mettre le travail au centre, c’est se préoccuper des conditions de travail et traiter les questions de l’égalité salariale et professionnelle entre les hommes et les femmes. Dans ces deux domaines, nous devons nous hisser au niveau des pays européens les plus performants. Il se trouve, et ce n’est peut-être pas un hasard, que ce sont aussi les pays qui ont les meilleurs résultats en matière d’emploi des seniors et des femmes. Comme vous le savez, deux conférences tripartites seront réunies en octobre par Xavier Bertrand pour avancer sur ces sujets. Je souhaite que ces deux conférences aboutissent à des propositions précises, suivies d’un cycle de négociation assorti d’un calendrier contraignant.

Enfin, mettre le travail au centre, c’est faire en sorte que notre système social incite à travailler plutôt qu’à rester inactif. C’est dans cette perspective qu’un certain nombre de minima et de prestations sociales, ainsi que la prime pour l’emploi, doivent être réexaminés. Il faut en finir avec cette situation inadmissible, où reprendre un emploi ne permet pas toujours de gagner plus, d’être prioritaire pour obtenir un logement ou pour faire garder ses enfants. De même, il ne faut plus que des avantages en nature (cantine, transports, etc.) soient liés à un » statut » de titulaire d’un minimum social et disparaissent au moment de la reprise d’emploi. C’est la mission que j’ai confiée à Martin Hirsch. Je souhaite que ce chantier aboutisse en 2008. Une première étape est déjà engagée avec l’expérimentation du revenu de solidarité active. Ces initiatives doivent nous permettre d’être au rendez-vous de notre objectif ambitieux de réduction de la pauvreté d’un tiers en cinq ans.

Le deuxième principe, c’est la conciliation de la mobilité et de la sécurité, pour les salariés comme pour les entreprises. C’est dans cet équilibre entre plus de mobilité et plus de sécurité, que réside la solution à notre crise de l’emploi dans un contexte de transformation profonde de la vie économique. Plus de mobilité, parce que les entreprises doivent s’adapter en permanence pour rester compétitives et que cette compétitivité est le seul gage de création d’emplois et de richesses. Plus de mobilité aussi, parce que pour les salariés, c’est un moyen de promotion sociale, un moyen de mieux maîtriser leurs destins. Plus de sécurité, les entreprises en ont besoin pour mieux prévoir et anticiper, et je pense en particulier à la sécurité des relations de travail.

Plus de sécurité, pour le salarié, c’est l’assurance que la perte de son emploi ne sera plus un drame et que les épisodes de chômage, quand ils surviennent, seront brefs et sans conséquences négatives sur la suite de son parcours professionnel. C’est aussi l’assurance qu’il pourra plus facilement changer d’entreprise ou de secteur d’activité tout en bénéficiant de droits sociaux transférables. Aujourd’hui, la vraie sécurité du salarié tout au long de sa vie passe par la mobilité, pour peu que cette mobilité soit organisée et facilitée.

Cela implique tout d’abord une réforme du contrat de travail. Tout le monde sait que nous ne pouvons plus tenir sur cette ligne Maginot juridique. Tout le monde sait que l’accumulation de protections qui entourent le contrat de travail ne garantit pas la sécurité professionnelle des travailleurs. Tout le monde a compris qu’un pays où les ruptures de contrat du travail sont soumises à des procédures longues et incertaines est un pays qui encourage les délocalisations, qui crée peu d’emplois et peu de richesses. Le résultat de ce trop-plein de droit, ce n’est pas la protection, c’est le contournement du droit, l’explosion du travail précaire, c’est une économie atrophiée.

La solution passe par différentes pistes, que les uns et les autres proposent aujourd’hui. La promotion de modes de rupture négociée en fait partie, de même que des procédures simplifiées devant les prud’hommes, pour ne citer que ces deux exemples. Nous ne pouvons faire l’économie d’une réflexion sur la période d’essai, sur les indemnités de licenciement, sur le champ d’intervention du juge, sur la manière d’assurer une plus grande fluidité dans le passage d’un CDD à un CDI, sur la transférabilité des droits à la formation ou à la prévoyance collective.

C’est pourquoi je suis heureux que les partenaires sociaux se soient emparés de ce thème difficile. Je suis confiant dans leur capacité à dégager des compromis innovants. Le gouvernement tirera toutes les conséquences de ces négociations à la fin de l’année. Quand il y aura eu accord, la loi le reprendra. Là où il n’y aurait pas eu accord, l’Etat prendra les mesures appropriées. Il s’appuiera alors, en concertation avec les partenaires sociaux, sur le bilan des discussions.

La condition de la mobilité et de la sécurité des hommes et des femmes, c’est aussi un service public de l’emploi performant, capable de réorienter rapidement les chômeurs, de valoriser leurs compétences, capable de leur donner les compléments de formation nécessaires. C’est un service public capable de les suivre de manière intensive et plus personnalisée dans leur recherche d’emploi. C’est pour cela que je demande à Christine Lagarde de me faire dans les 15 jours des propositions sur le processus de fusion de l’ANPE et de l’Unédic. Sur cette base, des discussions pourront s’engager avec les partenaires sociaux. On me dit parfois qu’il y a déjà quelques guichets uniques, que les réseaux travaillent bien ensemble. Soyons sérieux. Cela fait 20 ans qu’on en parle et à de rares exceptions près, le chômeur doit toujours faire un parcours du combattant. Alors que faut-il faire ? Attendre 20 ans de plus ? Ce que je veux, c’est mettre le demandeur d’emploi au cœur du système, non les structures administratives. Ce que je veux, c’est un opérateur qui offre un service public universel et intégré pour tous les demandeurs d’emploi, qu’ils soient indemnisés ou non. Tout cela n’est pas révolutionnaire. C’est une question de bon sens. Il s’agit tout simplement de mettre notre service public de l’emploi au niveau des meilleurs standards européens.

La fusion, c’est aussi l’occasion de faire une plus grande place aux partenaires sociaux. Aujourd’hui, c’est bien simple, ils ne sont pas associés aux politiques de l’emploi, à l’exception de l’assurance chômage. C’est pourtant dans le domaine de l’emploi que leur légitimité est la plus forte ! Je souhaite donc qu’ils soient davantage associés. Bien entendu, ils conserveront leurs prérogatives en ce qui concerne la détermination des règles d’indemnisation. Mais il faut aller au-delà et voir avec eux comment ils pourraient participer aux grandes orientations de la politique de l’emploi, au niveau national comme au niveau régional. De tout cela, nous allons discuter avec eux. J’espère sincèrement que nous allons aboutir à un accord. Mais soyons très clairs : la fusion aura lieu parce que c’est l’intérêt des demandeurs d’emploi.

Concilier mobilité et sécurité, c’est aussi pouvoir compter sur une indemnisation du chômage plus juste et plus efficace. C’est une indemnisation qui doit dans certains cas être plus généreuse qu’aujourd’hui et qui couvrira une plus grande proportion de chômeurs, notamment les jeunes et les plus précaires. C’est aussi une indemnisation qui est parfois de plus courte durée pour éviter la perte des repères et le délitement du lien social. C’est enfin une indemnisation qui s’interrompt quand le bénéficiaire refuse les offres valables d’emploi ou de formations qui lui sont proposées. Nous sommes, je crois, le seul pays à ne pas avoir trouvé un juste équilibre entre droits et devoirs. En 2006, les sanctions ont concerné 2% des chômeurs indemnisés, c’est quatre fois moins que chez nos voisins belges et espagnols. Et nous sommes, sans doute, le seul pays où le suivi de la recherche effective de l’emploi est assuré par trois institutions : l’Etat, l’assurance chômage et l’ANPE. Autant dire qu’elle n’est suivie par personne.

Les partenaires sociaux sont saisis de la remise à plat du système. Mais je tiens à leur dire que l’assurance chômage ne peut pas être isolée des autres politiques de l’emploi et que le gouvernement veillera, avec eux, à assurer la cohérence de l’ensemble. Ce sera tout particulièrement le cas des sanctions à appliquer lorsqu’un demandeur d’emploi refuse deux offres valables d’emploi ou une formation. Nous devrons avant la fin de l’année définir des procédures et des sanctions, à la fois plus efficaces, plus fermes et plus justes. Je suis prêt à discuter de ce qui constitue « une offre valable d’emploi » et de ce que doit être la sanction. Je crois également, que pour des raisons d’efficacité, ce doit être au nouvel organisme issu de la fusion ANPE/UNEDIC de prononcer ces sanctions.

Enfin, concilier mobilité et sécurité passe par un système de formation professionnelle efficace. Le nôtre est à bout de souffle, dans son organisation comme dans son financement. Il n’est pas du tout en mesure d’assurer la reconversion des hommes et des territoires. Il n’est pas assez centré sur ceux qui en ont le plus besoin, en particulier les chômeurs et les salariés les moins qualifiés. Il est éclaté entre de trop nombreux commanditaires et financeurs. Et il n’a pas de cohérence territoriale, alors que c’est au niveau de la région que se bâtissent les stratégies de développement économique et de l’emploi. Je souhaite qu’à l’occasion de leurs négociations sur la sécurisation des parcours professionnels les partenaires sociaux s’emparent de ce sujet et qu’avec eux et les régions, le gouvernement mène à bien cette réforme, qui devra être engagée au cours des prochaines semaines.

En la matière, nous ne pouvons avoir qu’un seul objectif : être le plus ambitieux possible. La formation professionnelle, ce n’est pas seulement une nécessité économique. C’est le droit à la seconde chance, c’est le droit à l’espoir, c’est un modèle de société où, à tout moment, on peut remonter dans l’ascenseur social.

Je sais bien que le débat sur la formation professionnelle pourrait achopper sur la question du financement du paritarisme. C’est une vraie question, mais je ne veux plus que ce soit un frein à la réforme. Aux partenaires sociaux, je veux dire que je suis prêt à discuter aussi, et sans tabou, du financement du paritarisme en même temps que nous discuterons de la formation professionnelle.

Le troisième principe, c’est de trouver le juste équilibre entre la responsabilité, qu’elle soit collective ou individuelle, et la solidarité. On oppose trop souvent la responsabilité, qui serait de nature individualiste et potentiellement dangereuse pour la cohésion sociale, et la solidarité, qui serait chargée de toutes les valeurs positives. C’est une erreur. Pour ma part, je pense que la solidarité est le fondement de notre protection sociale, que ce soit la solidarité entre jeunes et moins jeunes, entre chômeurs et salariés, entre malades et bien portants.

Le premier point d’application de ce principe, c’est qu’on ne peut demander aux Français d’être solidaires que s’ils sont assurés que chacun est responsable, je dirai même irréprochable, dans son respect des règles. Je le sais, dès que je prononce le mot fraude, on m’accuse de vouloir stigmatiser telle ou telle catégorie de personnes. Mais moi, je ne veux plus que les Français payent pour les excès de quelques uns, particuliers ou entreprises, qui jettent le discrédit sur l’ensemble du système. Je ne veux plus que des sommes considérables soient volées à la collectivité, alors qu’elles pourraient si utiles ailleurs. Il faut bien l’avouer, la lutte contre la fraude n’a jamais été une politique vraiment assumée dans notre pays. Cela explique nos difficultés à la détecter et à la sanctionner.

Qu’on me comprenne bien, le sujet n’est pas d’accumuler des procédures longues, complexes et tatillonnes mais de les simplifier et d’avoir des sanctions rapides, exemplaires et dissuasives. Alors je propose deux mesures simples. La première, c’est que les fraudeurs aux prestations sociales perdent leur droit à prestations pendant une ou plusieurs années, selon la gravité de leur fraude. La seconde concerne les entreprises. Comme il est difficile de prouver à quel moment a commencé la fraude, qui concerne souvent le travail illégal, nous mettrons en place des peines planchers forfaitaires.

Concilier responsabilité et solidarité, c’est aussi prendre en charge nos nouveaux besoins de santé (maladie d’Alzheimer, plan cancer, soins palliatifs) sans grever les comptes de l’assurance maladie ni peser sur les générations futures. C’est tout l’objet de la franchise qui sera présentée au Parlement dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2008.

Etre collectivement responsable, c’est également redresser les comptes de l’assurance maladie. Le gouvernement s’y emploie déjà : dès que le comité d’alerte a constaté un dérapage sur les dépenses de santé, le gouvernement a pris ses responsabilités en adoptant les mesures qui s’imposaient. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale prolongera cet effort en adoptant de premières réformes structurelles. Je citerai par exemple, le financement intégral des hôpitaux à l’activité ou encore la révision de tous les dispositifs sociaux qui favorisent le retrait du marché du travail.

Mais, je veux être clair, pour moi, ce n’est que l’amorce d’autres mesures fortes et structurantes. Par exemple, en ce qui concerne les soins de ville, je souhaite en appeler à la responsabilité individuelle de manière beaucoup plus forte. Les libertés d’installation, de prescription et de choix pour les patients de leur médecin, auxquelles nous tenons profondément, ne sont compatibles avec le caractère collectif de l’assurance maladie que si les acteurs du système de santé font preuve de responsabilité. Il n’est pas normal que 90% des consultations donnent lieu à une prescription de médicaments, là où cette proportion n’est que de 40% aux Pays-Bas. Il n’est pas normal que les urgences hospitalières soient encombrées pour pallier l’insuffisance des permanences en médecine de ville. Il n’est pas normal, à la fois pour des raisons d’équité et d’efficacité, que la répartition des médecins sur le territoire soit aussi inégale. Enfin, il n’est pas normal que les dépenses consacrées aux affections de longue durée dérapent chaque année de manière incontrôlée. J’ai donc demandé à Roselyne Bachelot de rendre dès maintenant beaucoup plus efficace la démarche dite de « maîtrise médicalisée », en concertation avec les tous les acteurs de la santé.

Je vais vous en donner deux illustrations. En matière de démographie médicale, il faut s’inspirer des négociations entre l’assurance-maladie et les infirmières, ces dernières ayant accepté de ne pas s’installer dans les zones où elles sont trop nombreuses. Concernant les affections de longue durée, je souhaite que nous concentrions nos efforts sur la prise en charge de ce qui est essentiel, à partir des travaux de la Haute autorité de santé.

Mais cela ne suffira peut-être pas. L’assurance maladie n’a pas vocation a tout prendre en charge, sans rien contrôler et sans rien réguler. C’est pourquoi j’ouvre également un grand débat sur le financement de la santé. Qu’est-ce qui doit être financé par la solidarité nationale, qu’est-ce qui doit relever de la responsabilité individuelle à travers une couverture complémentaire ? Ce débat, qui a déjà eu lieu chez tous nos voisins, je demande au gouvernement de l’organiser. Nous en tirerons les conclusions au premier semestre de l’année prochaine.

Bien sûr, la solidarité doit rester le fondement de l’assurance maladie. Naturellement, le développement de la prise en charge par les régimes complémentaires ne doit pas se faire au détriment des plus fragiles. Il n’est pas question d’aller vers un système de soins à deux vitesses. Je veux donc offrir une aide à l’acquisition de la couverture complémentaire beaucoup plus généreuse et étendue qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Aux confins de la maladie et de la vieillesse, notre système de protection sociale doit relever un nouveau défi majeur : celui de la dépendance. C’est un défi financier autant que médical et organisationnel. C’est surtout un défi humain : celui d’une société qui a le choix entre la détresse, la solitude, l’abandon et pour certains sans doute le désir d’en finir, ou bien la solidarité, l’accompagnement, la dignité, la garantie pour chacun d’être entouré de soin et d’affection jusqu’à son dernier jour. L’honneur d’une société, c’est de protéger les plus fragiles.

Aujourd’hui, le traitement du risque de dépendance n’est clair ni dans ses principes, ni dans son organisation, ni dans son financement. J’ai donc demandé au gouvernement de mettre en œuvre une réponse adaptée et structurée à ce « cinquième risque » social. De quoi s’agit-il ?

Concrètement, il s’agit de définir un nouveau droit à la protection sociale, commun à l’ensemble des personnes en situation de perte d’autonomie, handicapés et personnes âgées dépendantes. Ce droit devra être mieux adapté à la diversité des situations individuelles et prendre en compte de manière plus juste les capacités contributives des personnes, ainsi que leur patrimoine.

Il s’agit ensuite de développer l’assurance individuelle contre le risque de dépendance. Les investisseurs privés doivent investir davantage dans ce secteur, non pas en substitution de la solidarité nationale mais en complément. La dépendance des personnes âgées est le plus souvent un risque assurable qui peut être couvert en partie par des produits financiers innovants. Ces produits d’épargne longue pourront être fiscalement avantagés. Je souhaite qu’ils puissent comporter une sortie en rente en cas de réalisation du risque, mais aussi en nature, sous la forme d’un panier de prestations de services. Ce chantier doit aussi aboutir au premier semestre 2008.

Enfin, notre protection sociale doit relever le défi de l’allongement de la durée de la vie. La priorité, c’est de traiter la question des régimes spéciaux de retraites. Je demande au gouvernement de les réformer sans tarder. Les différences de situations qui justifiaient tel ou tel avantage particulier créé avant la seconde, voire la première guerre mondiale, ont largement disparu. La pénibilité de ces métiers a fortement diminué et l’espérance de vie des ressortissants de ces régimes est la même -voire meilleure- que celle des autres régimes, à l’exception des marins et des mineurs. La réforme des régimes spéciaux a néanmoins été écartée à chaque fois qu’on a réformé les autres régimes, en 1993 puis en 2003. Cela ne peut plus être le cas. C’est une question d’équité. On n’entreprendra pas une troisième réforme des retraites sans les y inclure. Si un métallo ou un enseignant voit sa durée de cotisation passer de 37 ans et demi à 40 ans et demain à 41 ans, comment lui expliquer que celle d’un agent d’une grande entreprise publique devrait rester bloquée à 37 ans et demi, voire moins ?

Qu’on me comprenne bien. Je ne cherche à stigmatiser personne. Je connais l’attachement au service public de ces salariés. Par exemple, comme tous les Français, je n’ai pas oublié le dévouement extraordinaire des électriciens et gaziers pendant les tempêtes de décembre 1999. Je comprends leur attachement, comme celui des cheminots ou des agents de la RATP, à leur statut. Chaque statut gardera des éléments spécifiques forts mais la convergence avec les autres régimes de retraite est inéluctable.

Qu’avons-nous l’intention de faire?

L’objectif doit consister, à tout le moins, à harmoniser les régimes spéciaux avec celui de la fonction publique qui, lui, a été réformé en 2003. Dès demain, Xavier Bertrand, à qui j’ai demandé de conduire cette réforme, va entamer des discussions avec tous les acteurs concernés : confédérations et fédérations syndicales, présidents des groupes et commissions parlementaires, dirigeants d’entreprise. A l’issue de ces entretiens, qui ne devront pas excéder deux semaines, Xavier Bertrand précisera les principes communs de l’harmonisation. Puis ceux-ci seront déclinés par la négociation, entreprise par entreprise, pour tenir compte des spécificités de chaque régime.

Dans ce processus, tous les sujets, je dis bien tous, seront sur la table : l’allongement de la durée de cotisation, les décotes/surcotes, l’indexation des pensions, les bonifications et la pénibilité mais aussi le calendrier, le rythme d’application de la réforme pour les agents ou encore la prise en compte des primes dans le calcul des droits à pension, pour ne citer que ces exemples. La réforme devra être prête avant la fin de l’année.

On me demande : « voulez-vous passer en force? » Si, par « passer en force », on entend l’absence de concertation, notamment au niveau des entreprises, je réponds « non ». On me demande aussi : « ne craignez-vous pas que tout cela n’aboutisse qu’à une apparence de réforme? ». A cette question, je réponds encore « non ». Dans quelques mois, une étape décisive dans l’harmonisation des régimes de retraites aura été franchie.

Au-delà de la réforme des régimes spéciaux, il y aura le » rendez-vous » 2008 sur les retraites. Aux termes de la loi de 2003, ce rendez-vous, comme vous le savez, comporte plusieurs étapes, qui devront se dérouler au second semestre 2007. Le conseil d’orientation des retraites doit faire le point sur les perspectives financières des différents régimes avant la fin novembre. Une conférence tripartite sur la revalorisation des pensions interviendra dans la foulée. Enfin, le gouvernement remettra au Parlement avant la fin de l’année un rapport dressant un état de la situation. Ces différents événements seront autant d’occasions de débattre publiquement de ces sujets et de se concerter avec les partenaires sociaux. Cela prendra donc un peu de temps, mais je souhaite aller vite et conclure cette réforme au cours du premier semestre 2008.

Faire preuve de responsabilité, c’est pour chacun d’entre nous, avoir plus de choix en ce qui concerne la décision de partir à la retraite, en assumant toutes les conséquences de ses choix. Il devra y avoir plus de gain à travailler plus longtemps, en particulier grâce à la libération du cumul emploi – retraite. D’un autre côté, partir plus tôt devra être davantage pénalisé.

Dans le même temps, je pense que la solidarité, qui est l’un des éléments fondateurs de notre système de retraite, doit être réaffirmée. Je pense tout d’abord au niveau des petites pensions. Elles devront être revalorisées pour les salariés ayant eu une carrière complète. Il en va de même des pensions de réversion pour les plus modestes. Ces revalorisations seront rendues possibles par le rendez-vous de 2008. Il est évident que nous aurons d’autant plus de marges de manœuvre pour assurer ces revalorisations que nous aurons été plus responsables sur l’approfondissement de la réforme de 2003. C’est dans ces termes-là qu’il faut poser le débat.

Je voudrais conclure cette intervention sur la méthode. Je crois à la réforme par le dialogue social, je l’ai déjà prouvé et je vais continuer.

Je veux vous dire que les partenaires sociaux, et plus généralement les corps intermédiaires, seront écoutés, respectés, peut-être plus que cela a jamais été le cas. Ma porte leur est toujours ouverte et elle le restera. Je saisis cette occasion pour dire toute mon estime à ces grands acteurs sociaux : je les connais bien, ce sont des gens de ma génération, c’est-à-dire qu’ils sont assez expérimentés pour avoir constaté les failles de notre système actuel et assez jeunes pour avoir envie de bouger les choses et oser l’innovation sociale.

Je joue cartes sur table : depuis le tout début, avant même mon entrée en fonctions, je les ai reçus pour leur indiquer l’ensemble des réformes que j’entendais conduire pour remplir le mandat que les Français m’ont confié. Depuis, je les ai revus à plusieurs reprises. A chaque fois, je leur ai proposé de se saisir eux-mêmes des questions pour parvenir à un accord par la voie de la négociation. Quand syndicats et patronat ont voulu travailler ensemble sur le contrat de travail, l’assurance chômage et la sécurisation des parcours professionnels, ils en ont eu la possibilité. Les négociations en cours sont les plus importantes que la France ait connues depuis bien longtemps. Je souhaite de tout cœur leur réussite.

Toutefois, chacun doit prendre ses responsabilités. Cela a deux conséquences, pour les prochains mois et aussi au-delà.

Pour les prochains mois, il n’est pas question de laisser les discussions s’enliser. Je n’y reviens pas. Pour la suite, afin que le dialogue soit constructif et permanent, il faudra que nous soyons capables de faire évoluer les règles du jeu social.

Ma conviction, c’est que nous avons besoin d’organisations fortes. Aujourd’hui, la représentation sociale est éclatée, fondée sur des critères obsolètes et un mode de financement inadapté. Je veux donc que soient examinés les critères de la représentativité et la question du financement.

Ma conviction, c’est aussi que la loi et le règlement ne doivent pas limiter indûment le champ du contrat. Notre droit du travail est tellement complexe et étoffé, qu’il bride le libre jeu de la négociation. Je souhaite qu’on se donne de l’espace pour respirer, pour que chacun s’approprie les règles et les adapte aux situations concrètes, sur la base de compromis constructifs plutôt que de poursuivre dans l’affrontement stérile et déconnecté du réel. A côté de la norme législative et réglementaire, qui fixe les principes généraux, il faut une vraie place pour des conventions, qui engagent les partenaires sociaux à tous les niveaux, interprofessionnel, branche, territorial ou entreprise.

Mais si on veut donner plus de place au dialogue social, il faut là encore que chacun prenne ses responsabilités. Nous avons besoin d’accords qui aient une plus grande légitimité qu’aujourd’hui, surtout s’ils aboutissent à des règles profondément innovantes. Il me paraît donc essentiel qu’on réfléchisse aux conditions de validité des accords, ou du moins de certains d’entre eux.

Les partenaires sociaux m’ont dit qu’ils se concertaient pour savoir s’ils étaient prêts à avancer ensemble sur ces questions. J’attends leur réponse. J’espère que nous serons tous d’accord pour engager la réforme de notre système de relations sociales dès 2008.

Sur ce sujet comme sur tous les autres, je serai ouvert sur les moyens et la méthode, mais je ne transigerai ni sur les objectifs, ni sur les principes.

Les Français m’ont confié la mission la plus exigeante qui soit : apporter des solutions concrètes à leurs préoccupations quotidiennes et à leurs aspirations pour eux et leurs enfants. Ils m’ont donné ce qu’ils avaient de plus cher : leur confiance.

Je n’aurai qu’une seule ligne de conduite, trouver ces solutions, innover, agir, car nous n’avons qu’un seul droit : réussir.

Le blog d'Elsa Fayner

mardi 11 octobre 2011

«Les Français remboursent les banques prêtant à la Grèce»

ANALYSE VIDÉO - Le Trésor français a décaissé 4,5 milliards depuis janvier dans le cadre du plan d'aide européen à la Grèce. Une opération, si elle se passe bien, qui devrait profiter à nos finances, explique Cyrille Lachèvre, du Figaro Économie. À moins que la Grèce ne fasse défaut.

vendredi 7 octobre 2011

Grèce : Une nouvelle grève contre l'austérité

Les syndicats des secteurs public et privé ont appelé à la grève mercredi. Les Grecs sont au rendez-vous.
Les manifestations ont repris en Grèce, après l'appel lancé par les syndicats. La protestation contre les mesures d'austérité du gouvernement provoque des perturbations dans les transports en commun ainsi que dans les administrations.
Selon les deux principales centrales syndicales du pays, Adedy pour le service public et GSEE pour le secteur privé, le mouvement serait suivi par plusieurs centaines de milliers d'employés qui devraient défiler dans les rues dans la journée.


Le ministre grec des Finances, Evangelos Venizelos, a expliqué mardi que la situation des finances publiques grecques risquait de s'aggraver encore cette année si le pays ne parvenait pars à mettre en place les réformes.
Sans "cohésion nationale et solidarité" le pays n'y arrivera pas.


Etudiants, retraités et fonctionnaires doivent commencer à se rassembler dans le centre d'Athènes à partir de 08h00 GMT avant de se rendre en cortège à la place Syntagma et manifester devant le parlement.
"Si nous ne prenons pas notre destin en main et que nous ne faisons pas grève, comment allons-nous survivre ?" s'est interrogée Maria Bargiadaki, habitante d'Athènes et fonctionnaire.

Le syndicat communiste PAME a prévu d'organiser une manifestation distincte. Les syndicats de policiers, de pompiers et de gardes-côtes ont indiqué qu'ils se joindraient aux cortèges de manifestants dans le centre la capitale.

Mercredi, mes perceptions et les écoles publiques étaient fermées alors que les hôpitaux assuraient un service minimum pour les urgences à l'occasion de la première grève d'ampleur depuis l'été contre le plan de sauvetage mis au point par l'Union européenne et le Fonds monétaire international.

Image d'archive d'une des nombreuses manifestations en Grèce.
AFP/Angelos TZORTZINIS

jeudi 6 octobre 2011

Dexia. Les clients ont retiré 300 millions d’euros de la banque en Belgique

Les clients de Dexia Banque Belgique, qui appartient au groupe bancaire franco-belge Dexia, ont retiré mardi 300 millions d’euros de leurs comptes, affirme mercredi le quotidien économique belge néerlandophone De Tijd.

Dexia tente de rassurer les clients

Selon De Tijd, ces 300 millions d’euros ne sont qu’une fraction du total de l’épargne déposée chez Dexia et représentent moins que ce qui avait été retiré lors de la crise en 2008. La Banque Nationale de Belgique (BNB) avait tenu à rassurer mardi les clients de Dexia sur le fait que leur épargne était « parfaitement sécurisée » et qu’il n’y avait « aucune raison pour les clients d’effectuer des retraits ».

Jos Clijsters, patron de la banque, avait aussi indiqué que les épargnants ne risquaient rien. « L’argent des clients de Dexia est en sécurité », avait-il dit.

Dexia avait indiqué mardi que « certains clients retirent de l’argent » mais « pas beaucoup ».

Déséquilibre financier

Le groupe bancaire franco-belge va être démantelé entre d’une part une « bad bank » hébergeant ses actifs toxiques et d’autre part plusieurs entités séparées, a indiqué mardi le syndicat belge CSC sur la base d’informations fournies par la direction.

En Belgique, le groupe Dexia est depuis longtemps considéré comme déséquilibré, puisqu’il s’appuie sur la collecte de l’épargne (essentiellement réalisée en Belgique et en Turquie) pour financer notamment les collectivités locales françaises, où la banque ne dispose pas de réseau d’agences de détail.

Photo : EPA

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