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jeudi 30 juin 2011

Le prix du pain va augmenter

Selon les meuniers français, la baguette devrait voir augmenter son prix de 4 à 5 centimes. Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro
Des hausses de 4 à 5 centimes pour la baguette de pain sont à attendre en raison des tensions sur les stocks de blé en France.

Le ministre de l'Agriculture lui-même s'en mélange les pinceaux. Après avoir évoqué, le matin sur Canal+, l'hypothèse d'une limitation des exportations françaises de blé, Bruno Le Maire a été contraint de préciser ses intentions dans la journée: «il n'est pas question de limiter nos exportations». Ce «cafouillage» reflète pourtant combien la situation est tendue. Les stocks en France sont en effet moins importants que l'an dernier. Toutes céréales confondues, ils s'élèvent à 23,32 millions de tonnes, soit 5% de moins qu'en 2010. «Nous sommes dans une situation de marché tendue mais en aucun cas dans une situation de pénurie», tempère Xavier Rousselin, responsable du marché des céréales chez France­AgriMer. Mais l'inquiétude demeure sur la fin de la campagne, en juin.

La France avait vendu fin décembre plus de 7 millions de tonnes de blé vers les pays tiers sur les 11,5 millions de son objectif initial. Au rythme effréné où vont les achats actuels, cet objectif pourrait être atteint beaucoup plus tôt que prévu, courant avril. L'Algérie a déjà, acheté la semaine dernière, 350.000 tonnes de blé au prix de 353 dollars la tonne et va réitérer un achat cette semaine. La Tunisie n'est pas en reste et a passé une commande de 100.000 tonnes, toujours pour livraison début mars (364 dollars la tonne).


«La période d'avril à juin risque d'être cruciale»



Ainsi, le stock de fin de campagne en France, 2e exportateur mondial, devrait se situer en dessous des 2 millions de tonnes. Cela correspond à un peu moins de vingt-cinq jours de consommation. «Il restera encore deux mois avant l'arrivée de la récolte prochaine. La période d'avril à juin risque d'être cruciale. Il faudra donc faire des arbitrages entre l'exportation et la demande intérieure», a toutefois prévenu FranceAgriMer. «Nous nous attendons à une fin de campagne très tendue et sommes préoccupés pour l'approvisionnement de notre industrie», a ajouté Bernard Valluis, président-délégué de l'Association nationale de la meunerie française (ANMF). Pour les consommateurs, outre une augmentation du prix de la viande, la hausse du blé devrait se traduire par un relèvement du prix de la baguette. Déjà, selon Familles rurales, elle a augmenté de 18,6% en cinq ans, passant de 43 à 51 centimes, alors qu'en boulangerie, la hausse est de seulement 6,3% (de 79 à 84 centimes). Avec les cours actuels du blé, 250 euros la tonne mardi à Rouen, la baquette devrait prendre à très court terme, selon les meuniers français, 4 à 5 centimes.

Par Eric De La Chesnais

mercredi 29 juin 2011

Comment le monde basculera d'ici 2050

INFOGRAPHIE - La crise a accéléré la tendance de fond : la Chine et six pays émergents dépasseront les économies développées avant même 2020, selon PricewaterhouseCooper. La production mondiale devrait tripler d'ici 2050, ajoute HSBC.

«L'économie mondiale est en train de connaître un véritable séisme». Les économistes de la banque HSBC ne parlent pas de la crise, mais du profond bouleversement qui devrait prendre place d'ici 2050. A savoir l'irrésistible montée en puissance des grands pays émergents, Chine et Inde en tête.

Deux rapports ont été publiés ces derniers jours sur le sujet. HSBC et, d'autre part, la société de conseil et d'audit PricewaterhouseCooper (PwC). Cette dernière prédit qu'ensemble, les sept principaux pays émergents, (Chine, Russie, Inde, Brésil, Mexique, Indonésie, Turquie) dépasseront avant 2020 le groupe des économies du G7 (États-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Canada). Et ce, en mesurant la richesse produite en parité de pouvoir d'achat, c'est-à-dire si les taux de change des monnaies reflétaient parfaitement les niveaux de vie. En comparant simplement les produits intérieurs bruts (PIB), les pays en voie de développement dépasseront les pays développés d'ici 2032, selon PwC.

Richesse multipliée par trois

Les économistes de la banque britannique HSBC, dans une note publiée début janvier, arrivent aux mêmes conclusions, à quelques décennies près : en 2050, 19 des 30 plus grandes économies mondiales seront émergentes. Les deux études s'accordent parfaitement sur un point : les Etats-Unis perdront leur première place au profit de la Chine. L'Inde, ajoute HSBC, les talonnera de près. Au total, la richesse produite dans le monde sera multipliée par trois.

La France, pour sa part, devrait reculer de la 8ème à la 11ème place, derrière le Mexique et le Brésil, selon PwC. «La domination notamment de la Chine implique un retour à la situation historique existant avant la Révolution industrielle de la fin des 18e et 19e siècles», observe Bernard Gainnier, responsable du développement chez PwC. «Cette révolution avait été à l'origine d'un transfert du pouvoir économique de l'Asie vers l'Europe et les Etats-Unis.»

A la source des mutations à venir ces quarante prochaines années: une démographie bouillonnante, alliée à une meilleure éducation et à une démocratisation des principaux pays émergents, énumèrent les économistes de HSBC. D'ailleurs, «les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, grâce à des meilleures perspectives démographiques, réussiront avec un certain succès à maintenir leur rang», relèvent-ils. «En revanche, les petits pays d'Europe riches mais vieillissants, comme la Suisse, les Pays-Bas ou la Suède, chuteront dans le classement mondial.»

«L'économie du climat»

Guerres militaires ou commerciales, retour du protectionnisme, épidémies…Les auteurs des études, chez HSBC et chez PwC, reconnaissent que leurs prédictions sont entourées d'incertitudes. Le plus grand défi ? L'équilibre écologique et l'exploitation de ressources de plus en plus rares. Dans ce contexte, «l'économie du climat devrait jouer un rôle aussi important que celle du savoir durant le siècle passé», estiment les analystes de HSBC.

«En 2050, le séisme économique n'en sera qu'à son commencement», avertissent également ces derniers. «Bien qu'ayant été multiplié par sept en 40 ans, le niveau de vie d'un Chinois ne représentera que 32% de celui d'un Américain.» Le potentiel de croissance restera encore substantiel.

Par Guillaume Guichard

mardi 28 juin 2011

L'inquiétante volatilité des prix des matières premières agricoles

Le rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation de l'ONU tire le signal d'alarme sur la hausse des prix des denrées alimentaires. "Les stocks ont été regarnis en 2008 et en 2009, mais l'écart entre la réalité de ces stocks et l'évolution des prix sur les marchés est parfois considérable. En ce sens, nous vivons aujourd'hui le début d'une crise alimentaire similaire à celle de 2008", s'inquiète, mardi 11 janvier, Olivier de Schutter, dans Les Echos, en référence à l'explosion des prix alimentaires de 2008, qui avait provoqué des émeutes de la faim dans une trentaine de pays dans le monde.

Selon lui, "quatre-vingts pays environ sont en situation de déficit alimentaire. Une hausse très dangereuse pour ces pays. C'est pourquoi il ne faut pas répéter les erreurs commises il y a trois ans", avertit-il.

L'indice mesurant les évolutions de prix d'un panier de céréales, oléagineux, produits laitiers, viande et sucre est au plus haut depuis sa création, en 1990, annoncé la semaine dernière la FAO, l'Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture.

RECONSTITUER DES STOCKS ALIMENTAIRES

"Aujourd'hui comme en 2008, il n'y a pas de problème de pénurie. Mais, lorsque des informations sur des incendies en Russie, une canicule en Ukraine, des pluies trop fortes au Canada ou autres s'accumulent, certains opérateurs de marché préfèrent ne pas vendre tout de suite, tandis que les acheteurs cherchent à acheter autant que possible. Si tout le monde fait ça, les prix augmentent", résume M. de Schutter.

Il propose d'encourager les pays à reconstituer des stocks alimentaires pour "lisser les prix". "Si les réserves sont gérées avec les organisations paysannes, cela protégera producteurs et consommateurs contre des prix très volatils", avance Olivier de Schutter. Il appelle également à imposer davantage de transparence sur les opérations de gré à gré sur les marchés des dérivés où, selon lui, "92 % des opérations se déroulent dans l'opacité.

PAS DE LIMITATION DES EXPORTATIONS FRANÇAISES DE BLÉ

Mardi, le ministre français de l'agriculture, Bruno Le Maire, a plaidé pour un "encadrement et une limitation de la spéculation" sur les matières premières agricoles, ainsi que pour une meilleure coordination entre Etats. "La question de la volatilité des prix agricoles n'est pas accessoire, c'est un sujet qui nous concerne tous", a-t-il déclaré.

Il a par ailleurs assuré qu'il n'était "pas question de limiter les exportations françaises de blé", après avoir évoqué une telle possibilité en cas de nouvelle dégradation des stocks nationaux. Le ministre a souligné que pour l'heure les réserves françaises de céréales étaient suffisantes.

La Russie ayant cessé toutes ses exportations en juillet pour cause de sécheresse, les prix du blé ont doublé en trois semaines, indique le ministre. Le prix de la tonne de blé tourne autour de 220 euros aujourd'hui, contre 100 euros début juillet 2009, et il "sera peut-être à 300 euros" bientôt.
Une trentaine de pays menacés

Les zones les plus menacées par une crise alimentaire sont les pays du Sahel "parce qu'ils sont en situation de déficit alimentaire", assure le rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation de l'ONU. L'augmentation du prix des matières premières agricoles fragilise aussi des pays pauvres comme le Mozambique, "qui ont peu de réserves de devises", ajoute Olivier de Schutter. Des pays d'Asie centrale, comme l'Afghanistan et la Mongolie, sont aussi dans une situation "très fragile". La Corée du Nord n'est pas non plus épargnée, assure le responsable onusien.

LEMONDE.FR avec AFP

lundi 27 juin 2011

Ecouter la jeunesse de Tunisie

Par Sam,

Je fais partie de la nouvelle génération qui a vécu en Tunisie sous le règne absolu de Ben Ali.

Au lycée, et au collège, on a toujours peur de parler politique : “Il y a des rapporteurs partout” qu’on nous dit. Personne n’ose en discuter en public. Tout le monde se méfie. Votre voisin, votre ami, votre épicier, est un rapporteur de Ben Ali, voulez-vous être emmené de force vous ou votre père vers un lieu indéfini, un soir à 4h du mat ?

On grandit avec cette peur de s’engager, et on poursuit nos études, nos sorties, nos soirées, sans se soucier de la politique.

Aux années lycées, on commence à connaître les méandres de la famille royale, et on entends des histoires ici et là, sur tel proche de Leila qui a pris le contrôle d’un industrie, qui s’est approprié le terrain d’une autre personne, ou qui traitait avec la mafia italienne.

On en parle, on en discute entre nous, tout le monde est au courant, mais on n’agit pas. On poursuit nos études, on apprends vite que la télévision tunisienne est la pire télévision qui existe, toutes les informations relayés sont des effigies à la gloire du président, Ben Ali est toujours montré sous son meilleur jour, on sait tous qu’il se teint les cheuveux en noir. Personne n’aime sa femme au sourire de bois. Elle n’a jamais eu l’air sincère sa femme.

On vit. On ne vit pas, on pense vivre. On a envie de croire que tout va bien puisqu’on fait partie de la classe moyenne, mais on sait que si les cafés sont pleins à craquer en journée, c’est que les chômeurs y discutent foot.

Les premières boîtes de nuits ouvrent leurs portes, on commence à sortir, à boire, à avoir une vie nocturne du côté de Sousse et de Hammamet, d’autres histoires circulent sur un tel Trabelsi qui a explosé la gueule à une personne parce qu’il en a eu envie, d’un autre qui a provoqué un accident de route puis est retourné dormir chez lui, encore un Trabelsi. On s’échange ces histoires, discrètement, rapidement. On se venge à notre manière, en racontant, on a l’impression de comploter.

Les policiers ont peur, si on leur dit qu’on est un proche de Ben Ali, toutes les portes s’ouvrent, les hôtels privés donnent leurs meilleurs chambres, les parkings deviennent gratuits, le code de la route n’existe plus. La Tunisie devient un terrain de jeu virtuel, ils ne risquent rien, ils peuvent tout faire, les lois sont leurs marionettes.

L’internet est bloqué, les pages censurées sont assimilées à des pages non trouvées, à croire que ces pages n’ont jamais existé. Les écoliers s’échangent les proxy, le mot devient légion : ‘T’as un proxy qui marche ?’.

On en a marre, on en discute entre nous, on sait tous que Leila Ben Ali a tenté de vendre une île tunisienne, qu’elle veut fermer l’école Américaine de Tunis pour promouvoir son école, ces histoires circulent. On s’échange sur Internet et dans les sacs “La régente de Carthage”. On aime notre pays, et on a envie que ça change, mais il n’y a pas de mouvement organisé, la tribu est prête, mais le chef manque à l’appel.

La Tunisie, la corruption, les pots de vin, on a simplement envie de partir d’ici, on commence à candidater pour aller étudier en France, au Canada…On veut tout quitter. On est lâche et on l’assume. On leur laisse le pays.

On part en France, on oublie un peu la Tunisie, on y revient pour les vacances. La Tunisie ? C’est les plages de Sousse et de Hammamet, les boîtes de nuits, et les restaurants. C’est ça la Tunisie, un club med géant.

Et là, Wikileaks révèle au jour ce que tout le monde se murmurait.

Et là, un jeune s’immole par le feu.

Et là, 20 Tunisiens sont tués en un jour.

Et pour la première fois, on y voit l’occasion de se rebeller, de se venger de cette famille royale qui s’est tout approprié, de renverser l’ordre établi qui a accompagné toute notre jeunesse.

Une jeunesse éduquée, qui en a marre, et qui s’apprête à immoler tous les symboles de cette ancienne Tunisie autocratique, par une nouvelle révolution, la révolution du Jasmin, la vraie.

http://nawaat.org/portail/2011/01/1...

et une vidéo d’un rappeur Tunisien : El General "Rayes Lebled" ("Président, ton peuple est mort")

Les paroles de ce morceau sont adressées au Président de la République tunisienne. El General, conscient des maux de sa génération, informe le Président de ce qui se passe en Tunisie, en son nom et au nom du peuple tunisien, dans une démarche de dialogue direct et transparent. El General - Hamada Ben Amor (né le 20 mars 1986) est un jeune rappeur de Sfax en Tunisie au paroles très engagées et cela ne plait pas du tout aux adorateurs du régime.

Le jeudi 6 janvier 2011 il est arrêté à Sfax, .

A cause des paroles du titre Rayes Lebled qui est adressé au Président de la République tunisienne.

jeudi 23 juin 2011

Smic: 3,6 M€ d'amendes pour Carrefour

Le tribunal de police d'Evry a condamné mardi l'enseigne de grande distribution Carrefour à 3,66 millions d'euros d'amendes pour non-respect du Smic auprès d'environ 1.200 salariés en France, a-t-on appris de source judiciaire.

Carrefour Hypermarchés a été déclaré coupable de "paiement par un employeur de salaire inférieur au minimum mensuel garanti", ce qui constitue une infraction. Douze magasins sont concernés dans l'Essonne, la Seine-et-Marne, le Gard, les Bouches-du-Rhône, les Alpes-Maritimes et le Rhône.

La direction de Carrefour n'aurait pas pris en compte le forfait pause pour atteindre le niveau du smic. Une étude de l'inspection du travail avait évalué le manque à gagner de 4,53 euros à 45,148 euros par mois, selon les catégories de salariés. Le tribunal de police d'Evry a condamné Carrefour à verser des amendes de 2.000 euros. Le nombre d'amendes a été calculé magasin par magasin, en fonction du nombre de salariés lésés.

Carrefour écope de 1830 amendes

Carrefour a ainsi écopé de 319 amendes pour le magasin de Villabé (Essonne), 302 et 235 pour deux magasins à Nîmes, 233 pour celui d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), 157 pour Etampes (Essonne), 149 pour Evry, 134 pour Givors (Rhône), 122 à Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne), 121 à Nice, 39 pour le magasin de Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne) et 19 pour celui de Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône).

La relaxe a toutefois été prononcée pour le cas du magasin d'Uzès (Gard).
Carrefour a également été condamné à verser entre 10.000 et 15.000 euros d'amende à chacune des fédérations syndicales qui ont porté plainte, ainsi qu'entre 300 et 1.000 euros pour chacun des dix salariés qui ont porté plainte indépendamment.

La direction du groupe a réagi à sa condamnation en disant à l'AFP que "l'ensemble de ses salariés perçoit une rémunération mensuelle annuelle supérieure au smic". Elle a cité l'exemple d'une hôtesse de caisse qui gagne "1.612 euros sur douze mois", soit "18% de plus que le smic".

Avec AFP

mercredi 22 juin 2011

En Chine, la révolte violente des travailleurs migrants du sud

(De Pékin) Depuis vendredi dernier, la province du Guangdong, dans le sud de la Chine, est le théâtre de violentes émeutes qui rassemblent des milliers de travailleurs migrants. C'est la dernière manifestation de la violence qui couve dans ce bassin industriel où les conditions de travail sont souvent déplorables.

Pour déclencher un incendie, il suffit parfois d'une étincelle, et c'est ce qui semble s'être passé vendredi dans cette province méridionale où de violentes émeutes se sont prolongées tout le week-end.

C'est un incident banal qui a entrainé des manifestations de plusieurs milliers de personnes. Tout à commencé dans la ville de Xintang par une altercation entre un couple de vendeurs de rue originaires du Sichuan, et des « chengguan » (sorte de policiers municipaux détestés par beaucoup de Chinois, ndlr).

Désireux de déloger le couple, car la vente à la sauvette (bien que très répandue) est illégale, ils auraient violemment bousculé la femme, qui est enceinte, provoquant la colère de la foule alentour, et d'immenses manifestations qui se sont répétées chaque jour jusqu'à dimanche.

Selon le quotidien hongkongais South China Morning Post, des voitures de police auraient été détruites et des bureaux du gouvernement local saccagés vendredi et samedi soir. Et hier, malgré une présence policière renforcée, plus de 1000 personnes sont ressorties dans la rue et ont laissé libre cours à leur rage, et derrière eux, de nombreux véhicules retournés.

Selon le site de Radio Free Asia, une radio financée par les Etats-Unis, 25 personnes seraient encore détenues par la police.
Un contexte violent

Cette irruption de violence n'est pas isolée, et dans les usines, les nombreux conflits du travail dégénèrent souvent. Rien que la semaine dernière, toujours dans le Guangdong, plusieurs centaines de migrants avaient manifesté devant le gouvernement central de la ville de Chaozhou.

Ils s'étaient rassemblés pour exprimer leur indignation après qu'un ouvrier qui réclamait des salaires impayés ait été grièvement blessé au couteau par les dirigeants de l'entreprise.

Des centaines de policiers avaient été mobilisés pour calmer les manifestants, qui avaient également dans leur colère détruit plusieurs véhicules. Neufs personnes avaient été arrêtées.

Ces derniers jours à Xintang, des internautes ont affirmé que les autorités avaient déployé des véhicules militaires, bien que cette information n'ait pas pu être confirmée.
Dans les usines, rien de nouveau

Les autorités doivent sortir les grands moyens pour calmer un malaise social profond chez les travailleurs migrants, qui s'était déjà exprimé il y a un an par une série de grèves et de manifestations.

Jeffrey Crothall, porte-parole de l'ONG China Labor Bulletin, basée à Hong Kong, explique :

« Le cas des deux vendeurs n'a été qu'une étincelle. Cela a servi à ces gens de prétexte pour exprimer leur frustration ».

Venus de campagnes pauvres pour travailler dans les bassins industriels du pays comme le Guangdong, les travailleurs migrants (les mingongs, « paysans-ouvriers ») sont les laissés pour compte par excellence du « miracle chinois ».

Et même si l'année dernière, ils avaient réussi à obtenir des augmentations de salaire et, dans certains cas, une relative amélioration de leurs conditions de travail, leur situation reste peu enviable.

Jeffrey Crothall précise :

« Ils ont des horaires de travail très lourds et souffrent de discriminations. Certes, grâce au manque de main d'oeuvre, les travailleurs ont gagné du pouvoir de négociation dans certains secteurs. Mais dans beaucoup d'endroits, ils sont encore très mal traités par leurs patrons, qui refusent souvent de les payer. Quant aux augmentations de salaires, de toutes façons leur effet a été largement amoindri par l'inflation ».

Rien de bien neuf, donc, dans l'usine du monde, mais il semble bien que le gouvernement ait de plus en plus de mal à contenir la colère de son peuple, malgré le fait que le budget alloué à la sécurité intérieure soit désormais supérieur à celui de la défense.

Illustration : émeute des travailleurs migrants, dans le sud de la Chine (Shanghai TV).

En partenariat avec Aujourd'hui la Chine

Par Benjamin Gauducheau

mardi 21 juin 2011

Manifestation, grève et violences à Athènes

Des heurts ont éclaté mercredi à Athènes en marge de la manifestation contre le nouveau plan de rigueur

Selon les sources, 20.000 à 40.000 manifestants, composés de citoyens de tous bords, ont répondu à l'appel des indignés grecs, mouvement lancé le 25 mai à Athènes.

La police a tenté de reprendre le contrôle de la place Syntagma en tirant des gaz lacrymogène qui ont éparpillé la foule sans la faire partir. Une douzaine de personnes ont été blessées.

Cette manifestation atypique regroupait des syndicats traditionnels et des milliers de membres du groupe de résistance populaire des "Indignés" qui, prenant exemple sur les indignés madrilènes, campent depuis le 25 mai au coeur d'Athènes, juste devant le Parlement.

Les protestataires n'ont pas atteint leur objectif qui était de former une chaîne humaine pour encercler symboliquement le Parlement, où un plan budgétaire contenant hausses d'impôts et privatisations massives devait être débattu, pour un vote attendu fin juin.

Les forces antiémeutes ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser un groupe de 100 à 200 jeunes, qui ont jeté des cocktails Molotov, des pierres et autres projectiles sur un cordon de policiers qui se trouvait devant le Parlement.

La grève générale a surtout affecté le secteur public
Brandissant trompettes, casseroles et sifflets, la foule s'était massée dès le matin devant le parlement, sur la place centrale de Syntagma, entourée d'un impressionnant dispositif policier, au moment où le fonctionnement des administrations, transports et commerces du pays était ralenti par une grève générale décidée par les syndicats.


La grève a surtout affecté le secteur public et les transports maritimes et urbains.

D'après les médias, le nombre des manifestants était de 40.000 à Athènes. Dans la ville de Salonique (nord), une autre manifestation similaire a rassemblé près de 20.000 personnes, a annoncé la police.

Un programme d'austérité en débat au Parlement
La manifestation a eu lieu alors que le Parlement grec débattait d'un nouveau programme d'austérité sur cinq ans.

Le programme d'austérité prévoit un nouvel alourdissement de la fiscalité et des réductions supplémentaires des dépenses. Un premier plan d'austérité adopté en 2010 n'a pas permis à la Grèce d'atteindre ses objectifs budgétaires. Cette politique a contribué à une contraction de 5,5% du PIB de la Grèce au premier trimestre 2011 et à une hausse du taux de chômage jusqu'au-delà de 16% de la population active, ce qui alimente la colère de la population.

Le vote de ce plan est une des conditions imposées à la Grèce pour obtenir le versement de la cinquième tranche du prêt de 110 milliards d'euros accordé en 2010 par l'UE et le FMI - dont 53 milliards au total ont déjà été versés - et une probable deuxième aide financière. Le pays se trouve au bord d'un défaut de paiement, selon les agences de notation financière.

Le gouvernement "assume ses responsabilités"
Le gouvernement socialiste va "assumer ses responsabilités, continuer d'avancer et prendre les mesures nécessaires pour sortir le pays de la crise" a pour sa part déclaré le Premier ministre Georges Papandreou qui a rencontré le chef de l'Etat.

Il a souligné qu'il poursuivait la recherche d'un consensus avec l'opposition, réclamé par les bailleurs de fonds du pays, qui peinent de leur côté à s'entendre sur la façon de sauver le pays, menacé de défaut de paiement selon les agences de notation financière.

L'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) font pression pour que toutes les formations politiques grecques apportent leur soutien au programme d'austérité avant la réunion le 20 juin des ministres des Finances de l'UE et le sommet européen des 23 et 24 juin.

Par FTV (avec agences)

lundi 20 juin 2011

Manifestation des "indignés" à Barcelone

Des manifestants devant une des entrées du Parc de la Cuidadela, où se trouve le parlement catalan à Barcelone
AFP/JOSEP LAGO

Des centaines de manifestants ont bloqué mercredi l'entrée du parlement catalan à Barcelone

Les forces de l'ordre sont intervenues pour permettre aux députés de se réunir afin d'adopter un budget d'austérité.

Environ 2.000 manifestants du mouvement des "indignés" étaient rassemblés depuis mardi soir devant les différentes entrées du Parc de la Cuidadela, où se trouve le parlement.


Les autorités locales avaient fermé mardi les grilles afin d'empêcher les manifestants de s'installer pour la nuit dans le parc et un important dispositif policier était déployé à l'intérieur.

Le président de la région, le nationaliste Artur Mas, a été déposé mercredi matin en hélicoptère devant le parlement, tandis que des fourgons de police étaient positionnés en couloir devant l'une des entrées principales du parc pour permettre le passage des députés.

De brèves bousculades ont éclaté lorsque les manifestants, criant "ils ne nous représentent pas", huant les députés, ont été repoussés par les policiers.

Les députés régionaux doivent débattre mercredi et jeudi du budget de la Catalogne (nord-est de l'Espagne) pour 2011, qui prévoit une réduction de 10% des dépenses publiques, des prestations sociales et du secteur de la santé.

jeudi 16 juin 2011

Les Chroniques Politiques du Je(u)di : L'avènement du tout-sécuritaire


Des caméras de surveillance qui parlent par helmutcall

Nous assistons aujourd'hui à une montée en puissance de la généralisation des surveillances. Chaque individu est dès lors suspect , et le citoyen lambda se retrouve en position de suspicion vis à vis de son entourage.
L'aventure de la vidéo-surveillance , qui s'est ensuite étendu au net , à commencer en Grande-Bretagne. Un programme de télé-réalité , Loft Story en France et Big Brother outre-manche , à eu pour effet de banaliser et légitimer l'espionnage légalisé.
Où sont nos droits et quels sont les limites de la loi ? Pouvons nous exiger une autre société , non-basée sur la délation et la peur ? C'est ce que nous verrons en trois chapitres usuel : L'histoire de la vidéo-surveillance , La généralisation de la vidéo-surveillance , Les moyens d'en sortir.

CHAPITRE 1 : HISTOIRE DE LA VIDEO SURVEILLANCE

D'un point de vue historique , l'observation fut toujours un élément déterminant lors d'une guerre . L'apparition des première lunettes date de 1590 , écoutons Descartes à ce sujet :

« Mais, à la honte de nos sciences, cette invention, si utile et si admirable, n'a premièrement été trouvée que par l'expérience et la fortune. Il y a environ trente ans, qu'un nommé Jacques Metius, de la ville d'Alkmaar en Hollande, homme qui n'avait jamais étudié, bien qu'il eût un père et un frère qui ont fait profession des mathématiques, mais qui prenait particulièrement plaisir à faire des miroirs et verres brûlants, en composant même l'hiver avec de la glace, ainsi que l'expérience a montré qu'on en peut faire, ayant à cette occasion plusieurs verres de diverses formes, s'avisa par bonheur de regarder au travers de deux, dont l'un était un peu plus épais au milieu qu'aux extrémités, et l'autre au contraire beaucoup plus épais aux extrémités qu'au milieu, et il les appliqua si heureusement aux deux bouts d'un tuyau, que la première des lunettes dont nous parlons, en fut composée. »

L'on commença donc par observer et la terre et le ciel en même temps , puis vint le perfectionnement de galilée concernant la lunette astronomique.

Enfin , lors des guerres successives , elles se révéla d'un soutien fort intéressant , notamment couplée à une observation en altitude , qui permit de voir les troupes ennemis bien plus loin.

L'invention de la jumelle , en 1608 par Johann Lipperhey, un opticien hollandais , marque un tournant dans la pratique de l'observation . L'on peut utiliser cette objet de façon beaucoup plus systématique et ainsi , à la main et à la dérobée , observer autrui. Ce n'est cependant pas encore le fruit principal des efforts de l'époque , y voyant plutôt l'aspect pratique sur le champ de bataille.

Chemin faisant , et les technologies augmentant les possibilités dans ce domaine , le premier système de vidéosurveillance fut installé par Siemens AG en 1942 en Allemagne pour observer le lancement des fusées V-2. Ce système permettait simplement de savoir si les lancements étaient conforme aux prévisions au non. Ce n'était pas dirigé vers l'individu.

CHAPITRE 2 : GENERALISATION DE LA VIDEO-SURVEILLANCE

Dès lors , après l'apparition de cette première caméra , il sembla évident que son utilisation à des fins de surveillance fussent toutes indiquées.

En septembre 1968, Olean, Etat de New York, était la première ville aux Etats-Unis à installer une surveillance vidéo le long de la principale rue d’affaires afin de combattre le crime.
L’utilisation de la surveillance vidéo est ensuite devenue très commune dans les banques et les magasins pour décourager le vol, en enregistrant la preuve de l’activité criminelle.

En Angleterre dans les années 1970 l'installation des caméras a pour but de prévenir les attaques terroristes de l'IRA*. Elles ont développé un grand succès auprès de la population. Le gouvernement installe donc d'autres séries de caméras dans pratiquement tous les centres villes.

Après la chute du mur de 89, les berlinois, découvrent la salle de contrôle et le système de vidéosurveillance de la Stasi (police soviétique allemande) qui quadrillent la ville. Ils obtiennent la mise hors service du système (source : arte)

On compte environ 4 millions de caméras au Royaume-Unis dans les années 1990. La vidéosurveillance s'utilise de plus en plus pour les services publics (police, transports, administrations...)

Aux Etats-Unis, c'est les attentats du 11 septembre 2001 qui ont renforcé la mise en place de la vidéosurveillance. Ils sont très strictes au niveau des entrées et des sorties du territoire. Le nombre de caméras a aussi considérablement augmenté dans leur pays.

Avec les résultats positifs qu'obtient l'Angleterre, la France décide d'installer à son tour des systèmes de vidéosurveillance. Le nombre de caméras en France ne s'élève qu'à 1 million à ses débuts (1990). Mais actuellement, M. Sarkozy compte placer la France sous vidéosurveillance en augmentant considérablement le nombre de caméras. Il s'inspire du modèle Britannique.

Je vous invite à consulter ce lien fort instructif , qui fait état de la situation en France , édifiant !

CHAPITRE 3 : LES MOYENS D'EN SORTIR

Voici ce que dit la loi

Et ici la question se pose dès lors : une loi liberticide , non établie par voie réferundaire et qui touche au bien commun (l'espace publique - payé et entretenu par les impôts ) doit elle être le lieu de toutes les injustices ?

Si chaque citoyen décide de passer outre ces considérations portant atteinte à la liberté de chacun , on se retrouvera vite dans ce genre d'excès :


George Orwell's 1984 trailer par Mouss2007

Le citoyen délinquant par nature est une vielle théorie des années 50 , recyclée de décennies en décennies , et balayés par des révoltes idéologiques , comme dans les années 70. Il est nécessaire et fondamentale de s'opposer à cette volonté de se suspecter les uns les autres et surtout que l'on décide à notre place de ce qui est bien ou mal.

Car au fond l'enjeu est bien là : en généralisant les systèmes de vidéo-surveillance , on généralise l'idée que le bien et le mal sont déjà acquis . N'est pas Nietzchéen qui veut et l'ordre moral prédéfini est au Saint-Père ce qu'est Lucifer : un ange déchu qui lui voudra éternellement du mal.

Boris Rannou.

mercredi 15 juin 2011

Les salaires de la fonction publique gelés en 2011

Georges Tron, ex secrétaire d'État à la Fonction publique et Éric Woerth, ex ministre du travail ont rencontré les syndicats de la fonction publique ce mercredi. Crédits photo : AFP
Le point d'indice, base de calcul des salaires, est relevé de 0,5% à partir de ce jeudi mais il ne progressera pas en 2011. Aucune décision n'est prise pour 2012 et 2013.


La promesse, faite il y a deux ans par le gouvernement, est tenue: le point d'indice, base de calcul des salaires de tous les fonctionnaires, est relevé de 0,5% à partir de ce jeudi. Et ce, «malgré la situation budgétaire difficile», a souligné le ministre du Travail et de la Fonction publique, Éric Woerth, ce mercredi à l'issue de sa rencontre avec les syndicats de la fonction publique. Brève rencontre (à peine une heure) car les huit organisations ont jugé qu'il n'y avait pas lieu de discuter, compte tenu du reste des annonces: le point sera gelé en 2011, et aucune décision n'est prise pour 2012 et 2013, contrairement à ce qui était prévu. Le plus probable est que le gel sera prolongé ces deux années-là, en ont déduit d'eux- mêmes les syndicats. Ils ont exprimé, dans un communiqué pour une fois unanime, leur «colère», et ont appelé à la mobilisation -sans en préciser la forme.

Une hausse de 1% du point d'indice représente approximativement 800 millions d'euros en année pleine pour l'État; le double en incluant les autres employeurs de fonctionnaires (hôpitaux et collectivités). La revalorisation du point est toujours la première revendication des syndicats, car elle bénéficie à tous les agents -et aussi parce qu'elle constitue le slogan sur lequel il est le plus facile de s'entendre pour les huit organisations rivales.

Le gouvernement, lui, ne cesse de rappeler que d'autres éléments participent au pouvoir d'achat, comme l'ancienneté, les promotions, les revalorisations de telle ou telle catégorie de personnel.

Sursis pour les mères de trois enfants

Selon Éric Woerth, ce pouvoir d'achat progressera de 3,4% par agent en 2010, en incluant d'autres mesures, moins générales, annoncées ce mercredi. Instauré au début du quinquennat, le rattrapage individuel, pour les agents dont le salaire aura progressé moins vite que l'inflation, aura par exemple désormais lieu tous les ans. Et la redistribution, dans les ministères concernés, de la moitié des économies réalisées grâce au non-remplacement d'un départ en retraite sur deux est également confirmée: elle a représenté 644 millions l'an dernier et s'élèvera à environ 500 millions par an à l'avenir, selon le gouvernement.

Les ministres ont aussi fait savoir, avant le début de la réunion, qu'une mesure du projet de loi «retraites» serait assouplie. Le départ à n'importe quel âge, pour les fonctionnaires mères de trois enfants ayant cumulé quinze ans de service avant 2011, restera possible dans des conditions inchangées pour les dossiers déposés avant le 31 décembre prochain. Des conditions financières nettement moins avantageuses devaient initialement être appliquées à toute demande déposée à partir du 13 juillet, pour une retraite effective six mois plus tard. Ce qui avait provoqué un tollé parmi les syndicats et un vent de panique parmi les femmes concernées.

Par Olivier Auguste

mardi 14 juin 2011

Syrie : des militaires désertent pour ne plus « tuer les civils »

Des gradés et des soldats s'opposent à la répression menée par Damas, dont les chars, hélicos ou snipers tuent au nord-ouest.

Dans une interview à la chaîne arabophone Al-Arabiya le 10 juin, Hussein Armouch, lieutenant-colonel de la division 11 de l'armée syrienne, affirme qu'il a demandé plusieurs fois aux forces de sécurité présentes à Jisr el-Choghour le 5 juin d'arrêter de tirer sur les civils. Comme celles-ci persistaient, il affirme avoir retourné ses armes contre elles.

Depuis le début de la semaine, les événements de Jisr el-Choghour restaient empreints de mystère : le régime évoquait le 6 juin la mort de 120 personnes dont 80 soldats, tués la veille par des « bandes armées ». Seule une vidéo, où il est possible de voir quatre cadavres, avait été diffusée à la télévision syrienne.

Hussein Armouch vient donc contredire la version officielle, affirmant également que le nombre de morts est bien inférieur à 120.
Des fosses communes sont découvertes, il déserte

C'est dans une vidéo postée sur YouTube que l'homme avait auparavant annoncé sa désertion. Sur cette bande – dont il est difficile d'assurer l'authenticité même si elle est relayée par des supporters de la révolte très fiables –, Hussein Armoush énonce les raisons pour lesquelles il rejoint le camp des manifestants. Il s'oppose :

au massacre de civils non-armés perpétrés, depuis le début de la révolte ;

à l'implication d'officiels de haut-rang et de rang secondaire dans l'attaque de villes et villages pacifiques ;

au massacre d'enfants, de femmes et de vieillards, la découverte de fosses communes l'a aussi poussé à ne plus répondre aux ordres de son armée. (Voir la vidéo, en arabe)


Aux côtés d'Hussein Armouch, d'autres soldats déserteurs

Des motivations et une manière de procéder qui rejoignent celles de Walid Abd al-Karim al-Qashami. Ce soldat de 21 ans, en contact avec Amnesty International, avait lui aussi enregistré son témoignage sur YouTube après avoir déserté. Il avait refusé de tirer sur des manifestants non-armés à Harasta, près de Damas, en avril.

Relater les faits devant une caméra était un moyen de laisser un témoignage derrière lui en cas d'arrestation. (Voir la vidéo, en arabe avec des indications en anglais)


Dans sa vidéo, Hussein Armouch rappelle lui le rôle que les militaires doivent nomalement endosser :

« Notre mission est de protéger les civils, non de les tuer. »

Selon Al-Arabiya, l'homme a l'intention de se battre contre les forces armées.

Une source syrienne souhaitant garder l'anonymat, que l'on appellera Rami, nous affirme que Hussein Armouch aurait à ses côtés des soldats qui ont aussi fait défection. Il est cependant difficile de savoir combien ils sont.
En représailles, la ville de Jisr el-Choghour est assiégée

Suite à l'annonce du régime syrien le 6 juin, les habitants redoutaient des représailles. Leurs craintes ont été confirmées quatre jours plus tard. La télévision nationale a annoncé que le régime lançait « une grande opération militaire pour arrêter les groupes armés » dans le nord-ouest de la Syrie.

Depuis ce 10 juin, à 6 heures du matin, la ville de Jisr el-Choghour, d'environ 75 000 habitants, est assiégée. Rami précise :

« La ville est très proche de la frontière avec la Turquie. Tout autour se trouvent des villages qui sont occupés par l'armée. Les habitants de Jisr el-Choghour sont coincés. »

« Les personnes âgées et les enfants, des boucliers humains »

Les chars qui roulent vers Jisr el-Choghour ne laissent personne indemne sur leur passage. Ahmad – le prénom a été changé – habite un petit village situé à quelques dizaines de kilomètres de la ville. Joint par Rue89, il raconte :

« Dans les environs, le régime syrien a coupé tout contact avec l'extérieur. Nous n'avons pas d'électricité, pas d'eau, le réseau téléphonique est souvent brouillé.

Les forces armées ont brûlé les moissons, sachant que c'est la saison de la récolte de blé, et que c'est le seul moyen de vivre d'une grande majorité de la population. Elles ont brûlé beaucoup de maisons dans la région, sous prétexte que s'y trouvent des manifestants. »

Ces opérations de « ratissage » ont poussé les Syriens de la région à se réfugier en Turquie. Ahmad jure :

« Depuis quatre jours, les maisons sont presque vides maintenant : il n'y ni manifestant, ni insurgé, ni résistance et ni terroriste comme le régime veut le faire croire au monde.

Les personnes âgées et les enfants qui n'ont pas pu fuir vers le nord et la Turquie sont arrêtés, humiliés, traînés dans les rues et obligés de marcher devant les chars, comme boucliers humains. »

Une version des faits qui est confirmée par l'interview de Hussein Armoush à Al-Arabiya : lui aussi affirme que les habitants de Jisr el-Choghour qui n'ont pas pu fuir sont malmenés.

Beaucoup de Syriens de la région ont fui. Selon le ministre des Affaires étrangères turc Ahmet Davutoglu, ils seraient plus de 2 500 à être arrivés en Turquie.
Des hélicoptères qui tirent sur la foule

Si les habitants redoutaient les représailles féroces du régime, Rami affirme que même sans la mort des soldats en début de semaine, l'armée serait venue dans le nord-ouest du pays :

« Les forces armées vont partout où la contestation enfle. Après Deraa, Banias, Homs et d'autres, c'est au tour de Jisr el-Choghour. »

Le 4 juin, la tension avait été très forte dans la ville. Durant les funérailles de manifestants auxquelles plusieurs milliers de personnes participaient, un sniper a commencé à tirer sur la foule. Selon Rami, la foule, excédée, n'est pas restée passive, contrairement à d'habitude : le sniper a été roué de coups et tué.

Le régime aurait répliqué rapidement. Ahmad affirme lui avoir été blessé au bras après que deux hélicoptères ont tiré sur la foule le 5 juin.
Des manifestants 100% pacifiques, et sans arme

Rami insiste sur le caractère exceptionnel des violences perpétrées par les manifestants :

« La foule est pacifique, elle a tué l'un des quatre snipers présents lors des funérailles car elle était excédée : en moins de trente minutes, il avait déjà tué neuf personnes.

Nous essayons au maximum que tout se passe dans le calme car nous savons pertinemment que le régime n'attend qu'une seule chose : des actes violents pour discréditer les manifestants. »

Un constat que confirme Bassel Hadnan, habitant de Damas :

« Je n'ai pas remarqué un usage plus important des armes, même si cela est possible. C'est sûr à 100% que les manifestants ne sont pas armés et sont pacifiques. »

Sentant la répression venir, le comité de Jisr el-Choghour s'est réunit dans la nuit du 5 au 6 juin. Dans une vidéo, les hommes clament leur innocence :

« Nous refusons l'entrée des forces armées dans la ville. On confirme qu'il n'y a pas de bande armée. »

Brandissant des rameaux d'olivier, symbole de paix, les hommes scandent à l'unissons « Silmieh Silmieh », ce qui signifie « pacifique ». (Voir la vidéo, en arabe)


Malgré le danger qui guette les habitants de Jisr el-Choghour, Rami affirme que les hommes ne quitteront pas la ville :

« Ils sont prêts à résister et ils ne veulent pas laisser la ville aux “chabihat” qui vont tout détruire. »

Les « chabihat » – qui vient du mot fantôme, « chabih », en arabe – sont les supérieurs des « moukhabarat », les services secrets syriens. Crânes rasés et affubés d'une longue barbe, ils participent à la répression brutale des manifestants aux côtés des forces armées et de la police secrète.

Créés dans les années 80, ils sont connus pour être à la tête de trafics en tout genre et pouvoir agir en toute impunité dans la société. Une position confortable qui assure leur allégeance au président Bachar al-Assad, comme en atteste leur devise :

« Bachar ne t'en fais pas, on boit du sang, ya Bachar. » (Voir la vidéo, en arabe, à partir de 1'02'')


Le terme « chabihat » est par extention aussi utilisé par la population pour désigner la police secrète, qui réprime également férocement le peuple syrien.

Par Marie Kostrz

lundi 13 juin 2011

Veolia veut censurer un docu sur le business de l'eau

Le groupe poursuit pour diffamation « Water Makes Money », docu dénonçant les méthodes des multinationales de l'eau.

Le choix de Veolia de porter plainte contre X sans dire clairement les passages qui les gênent dans le film est une procédure un peu « hypocrite », pour William Bourdon, l'avocat des auteurs du film :

« On se victimise, on n'agit pas de façon frontale, c'est une stratégie. Ça relève plus de la communication que de la véritable action judiciaire. »

La branche eau de Veolia Environnement, numero 1 mondial du secteur, s'estime diffamée mais n'a pas voulu répondre aux auteurs du film, qui ont sollicité des interviews. Bizarrement, elle ne cherche pas pour l'instant à empêcher la diffusion sur Arte de « Water Makes Money », prévue le 22 mars. (Voir la bande-annonce)


Water makes Money par mansan

La production de ce film est très originale :

des réalisateurs allemands pour un récit essentiellement centré sur la France

un financement à moitié participatif : 120 000 euros ont été réunis grâce à une souscription lancée sur Internet

une projection d'abord dans les cinémas alternatifs (1800 copies déjà distribuées) et par DVD, puis une diffusion à la télé, sur Arte en français et allemand

Pourquoi cela ? « Parce qu'un tel film n'aurait pas pu se faire en France. Au moins cinq télés ont commencé des enquêtes sur ce sujet avant de renoncer à le diffuser, sur pression de la direction des chaînes », estime Jean-Luc Touly.
Touly, de Veolia à Europe Ecologie en passant par la CGT

Embauché tout petit à la Générale des Eaux (devenue Vivendi, puis Veolia), encarté puis dégagé de la CGT, licencié puis réintégré par son employeur, engagé dans l'associatif (il a fondé l'Association pour un contrat mondial de l'eau, ACME) et en politique (il est conseiller régional Europe Ecologie), et auteur de plusieurs livres, cet homme a guidé les réalisateurs de ce plaidoyer pour une gestion municipale de l'eau.

Fin 2009, il avait raconté la genèse du projet à Rue89. A ce moment, Arte n'avait pas encore décidé de le programmer. (Voir la vidéo)


Jean-Luc Touly, projet Water makes money (1) par Eco89

Jean-Luc Touly n'en est pas à son premier procès en diffamation. Cette fois il est « serein » :

« Bien sûr que c'est un film à charge, mais on ne met pas en cause Veolia en particulier. Contrairement à Suez qui s'exprime par la voix de sa responsable du développement durable, Veolia a refusé de répondre aux interviews. »

Les réalisateurs allemands n'en sont pas non plus à leur premières pressions. Herdolor Lorenz s'intéresse à la privatisation des services publics depuis un film sur les chemins de fer allemands et surtout depuis « Eau, service public à vendre » (2005).
« La censure va nous donner une plus grande audience »

Ce dernier documentaire était déjà consacré à la privatisation du service public de l'eau en France, Allemagne, Angleterre, et déjà en partie censuré par Veolia (qui a obtenu une seule diffusion à la télé). Herdolor Lorenz n'en a été que plus motivé pour revenir sur le sujet :

« Comme pour notre précédent film, la censure va sans doute nous donner une encore plus grande audience. Nous avons déjà des versions en anglais, en italien… et nous nous battrons pour qu'Arte maintienne sa programmation. »

Dans « Water Makes Money », il explique comment les multinationales gestionnaires de ces services
publics ont partout monté les prix et diminué l'entretien des réseaux
pour accroitre leurs profits. Il revient sur les trafics d'influence qui ont permis depuis longtemps de décrocher des marchés publics.

Aujourd'hui, la tendance est à un retour en régies municipales, comme à Paris, et les multinationales paniquent.

Cette poursuite fait suite à celle engagée par Suez contre « Flow, For Love of Water », documentaire canadien sur les déboires de la privatisation de l'eau en Amérique latine, diffusé par Arte en 2008. Débouté par le tribunal de grande instance de Paris, la compagnie vient de déposer un recours. Jean-Luc Touly remarque :

« Suez et Veolia sont toutes deux concernées par les deux films mais elles semblent s'être partagé les rôles pour les poursuites en diffamation, selon une entente qui rappelle la même manière dont elles se partagent les marchés publics. »

Par Sophie Verney-Caillat

dimanche 12 juin 2011

RSA JEUNE pipeau mensonge - démonstration

le RSA jeune c’est + du pipeau qu’autre chose.


c’est impossible d’y avoir droit quasimment.

car ils exigent 3214 heures de travail, ou 2 ans de travail (au cours des 3 dernieres années ou 3,5 dernières années si des périodes d’assedic, de chômage) alors que 2 ans de travail ouvrent donc droit à 2 ans d’assedic.

il suffit d’avoir quelques bases en mathématiques, pour se rendre compte du foutage de gueule, de ce gouvernement envers les jeunes.
démonstration :

comment voulez vous qu’Amandine par exemple, 22 ans, imaginons, aujourd’hui. puisse totaliser de 2 ans de travail + 2 ans d’assedics, au cours des 36, ou 42 derniers mois ?

qu’on m’explique, car moi je ne pige pas par quelle magie on peut y arriver.

imaginons, Amandine, a travaillé dés l’age de 18 ans, non stop, pendant 2 ans. donc à 20 ans, fin de son CDD ou CDI. ouverture 2 ans d’assedic, .. à 22 ans arrivée en fin de droits assedic.

il faut avoir travaillé 2 ans, au cours des 42 derniers mois, pour prétendre à du RSA jeune.

dans mon exemple, si on remonte 42 mois en arrière, comme l’explique la loi, on arrive pas à trouver 2 ans de travail, mais seulement 18 mois. donc pas de RSA jeune possible.

si un jeune, içi, donc moins de 25 ans, sans enfant, perçoit du RSA jeune, qu’il m’explique un peu, SVP, la situation, par quelle méthode de calculs, on a pu lui ouvrir des droits, quel a été son parcours.

de + j’aimerai connaitre, si c’est donc possible, le montant de ce RSA JEUNE, si pas un montant "fictif", du fait que le RSA activité, par exemple, n’est, rappelons le, pour tout ou partie, le + souvant, qu’une simple avance de la PPE (prime pour l’emploi) versée d’ordinaire par les impots.
regardez les témoignages bidons qu’on peut trouver sur un site officiel du gouvernement, à propos du RSA jeune :

« Je suis en contrat d’apprentissage, c’est important pour mon avenir. Jusque-là, pour vivre, ça ne suffisait pas. Maintenant, j’ai droit au rSa, ça me permet de me former en alternance plus sereinement. Ca fait une différence. » Yann, 21 ans

« Je travaille à mi-temps, c’est déjà ça, mais pour vivre c’est pas assez. Aujourd’hui, même à mon âge, je peux toucher le ras en plus de mon salaire. C’est sûr, ça aide bien. » Nicolas, 20 ans

« Je viens de perdre mon travail. Comme j’ai déjà travaillé plus de deux ans, j’ai droit au rSa. Ca me permet de m’organiser, le temps de retrouver un travail. Pour moi, ça change tout. » Elsa, 23 ans

sources : http://www.rsa.gouv.fr/Le-rSa-pour-les-jeunes-qu-est-ce.html

d’après moi on est dans la pure PROPAGANDE MENSONGERE. tout comme dailleur, pour le RSA tout court pour les + de 25 ans etc, on est dans la pure propagande également.

car les sites officiels, ne mettent surtout pas en avant, tout les effets pervers du RSA, et RSA activité tout ce qui est à déduire de leurs chiffres de propagande concernant les montants etc ...

rappelons nous même les clips télévisés, etc mensongers, avec un faux magasinier cariste etc qui ventait le RSA ... campagnes de pub, qui ont couté des millions d’euros ... il c’est pas évaporé l’argent, ne vous inquiétez pas ... mais c’est pas tombé dans la poche des pauvres qui survivent sous le seuil de pauvreté ..

De : Patdu49

samedi 11 juin 2011

Le pouvoir d'achat individuel a quasiment stagné en 2010

Le pouvoir d'achat individuel des Français est resté pratiquement inchangé l'an dernier et a même diminué une fois exclues les dépenses contraintes, ce qui a incité les consommateurs à réduire leur épargne, montre jeudi une étude de l'Insee.

Les dépenses de consommation globale des ménages ont augmenté de 1,3% en volume en 2010 à 1.435,2 milliards d'euros précisément: un rebond marqué après deux années de vaches maigres (+0,3% en 2008 et +0,1% en 2009) mais qui reste loin des niveaux de croissance observés avant la crise (+2,3% en 2007).

La consommation a néanmoins apporté un soutien de poids à la reprise de l'économie française puisqu'elle a représenté à elle seule les deux tiers de la progression de 1,5% du produit intérieur brut (PIB).

Ainsi, comme s'en félicitait encore la semaine dernière la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, devant l'Assemblée nationale, "le pouvoir d'achat en France a augmenté en chiffres macroéconomiques".

Mais l'évolution n'a pas été la même pour le pouvoir d'achat individuel: car, comme l'explique l'Insee, si la progression du revenu disponible brut des ménages s'est bien accélérée - atteignant 2,0% après +0,6% en 2009 - l'inflation l'a en grande partie grignotée, ramenant la hausse du pouvoir d'achat global à 0,8%.

Et une fois mesuré à l'échelon individuel, la hausse du pouvoir d'achat en 2010 n'est plus que de... 0,1%, soit six fois moins qu'en 2009.

MAUVAIS CRU POUR L'AUTOMOBILE

Plus problématique encore: le pouvoir d'achat baisse de 0,1% d'une année sur l'autre une fois déduites les dépenses "pré-engagées", c'est à dire celles que les ménages peuvent difficilement arbitrer comme les loyers, les dépenses de chauffage, les assurances ou les télécommunications.

Des dépenses qui représentent un tiers de la consommation globale, un poids en hausse régulière depuis plus de 30 ans.

Ces évolutions, qui alimentent régulièrement le débat politique sur un thème qui devrait être l'un des principaux enjeux électoraux de 2012, ont conduit ces derniers mois le gouvernement à multiplier les initiatives, du gel des prix du gaz au projet de loi sur la prime aux salariés.

En attendant, pour compenser la quasi-stagnation de leur revenu disponible, les ménages ont mis moins d'argent de côté l'an dernier: le taux d'épargne, qui avait bondi d'un point en 2009 sur fond de récession, a reflué d'un demi-point pour revenir à 16,0%.

Un recul qui ne remet tout pas en cause la place de la France parmi les champions de l'épargne au sein de l'OCDE.

Cette année 2010 en demi-teinte pour la consommation française a, sans surprise, pénalisé le secteur automobile (-4,9%) en raison du moindre attrait de la prime à la casse, disparue depuis, tandis que les achats de carburants reculaient de 0,9% malgré la hausse des prix (+12,8%).

Parmi les produits et services gagnants de l'année écoulée figurent pêle-mêle les récepteurs satellites (+84,2% en volume), dopés par le passage à la télévision numérique, les jeux électroniques (+25,5%). Mais aussi les hôtels, cafés et restaurants (+1,1% en volume après -3,5% en 2009), l'Insee évoquant l'impact favorable de la baisse de la TVA sur la restauration.

Marc Angrand, édité par Gilles Trequesser

vendredi 10 juin 2011

"Le Monde Magazine" : Le Guatemala sous la coupe de l'agrobusiness


(Cliquez ici pour la vidéo)

Un reportage édifiant sur la cupidité et la bêtise humaine. C'est une éternelle suite des "Raisins de la Colère" de Steinbeck , mis en scène et filmé par John Ford joué par Henry Fonda. Ici , c'est aujourd'hui , au Guatemala , où l'on spolie un peuple qui a toujours habité sur ses terres ; à des fin mercantiles.
Ce monde abject , fort d'un droit écrit par ses dirigeants , organise la pauvreté et la misère sous couvert de justice . Quand les hommes qui font la loi deviennent illégaux par la nature même de leurs actes en méprisant le bien commun , le peuple est en droit de réclamer sa propre justice et de les foutre dehors.
C'est ce que j'encourage à faire chaque citoyen de bon sens , d'exiger dans un premier temps un référendum national afin d'examiner ce qui est respecté et ce qui ne l'est pas dans notre propre constitution.

Art. 71-1. - [Entrée en vigueur dans les conditions fixées par les lois et lois organiques nécessaires à leur application (article 46-I de la loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008)] Le Défenseur des droits veille au respect des droits et libertés par les administrations de l'État, les collectivités territoriales, les établissements publics, ainsi que par tout organisme investi d'une mission de service public, ou à l'égard duquel la loi organique lui attribue des compétences.

Il peut être saisi, dans les conditions prévues par la loi organique, par toute personne s'estimant lésée par le fonctionnement d'un service public ou d'un organisme visé au premier alinéa. Il peut se saisir d'office.


Art. 2. - La langue de la République est le français

L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.

L'hymne national est la Marseillaise.

La devise de la République est "Liberté, Égalité, Fraternité".

Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

jeudi 9 juin 2011

RSA : les systèmes en vigueur en Europe

(Voici un article extrait du figaro en ligne , où l'auteur énumère les politiques sociales solidaires misent en oeuvre en Europe. Vous noterez qu'il part d'un constat simple :"pour remettre les chômeurs au travail" , ce qui implique que le chômeur chôme et qu'il ne travaille pas , au moins à sa recherche d'emploi (cv ,lettre, etc...) Pour éclaircir sa pensée , il aurait dû écrire : "Pour permettre aux assistés de produire gratuitement des biens et services" , à bon entendeur , bonne lecture , et tentez de ne pas vous arrachez les cheveux !)

Pour remettre les chômeurs au travail, la plupart de nos voisins européens ont récemment durci leurs politiques de solidarité et mis en place une série de mesures ciblées.

Au Portugal, le prochain premier ministre de centre droit, Pedro Passos Coelho, vainqueur des élections dimanche, propose de créer un «tribut solidaire», qui imposerait aux bénéficiaires d'allocations chômage ou de minima sociaux de travailler pour la communauté afin de «faciliter» leur réinsertion sur le marché du travail.

En Espagne, les chômeurs doivent signer un «engagement d'activité» lors du dépôt de leur dossier. La durée d'indemnisation varie de quatre mois à deux ans. Depuis février, les chômeurs en fin de droit ne touchent plus rien. Le gouvernement prépare un plan pour lutter contre le travail au noir, qui concernerait quatre millions de personnes… le nombre de demandeurs d'emploi que compte le pays.

En Allemagne, ce sont les sociaux-démocrates du chancelier Gerhard Schröder, qui, entre 2003 et 2005, ont procédé à une refonte en profondeur du marché de l'emploi. Sous le mot d'ordre Fordern und Fördern («exiger et encourager»), le volet Hartz IV en constitue l'élément principal. D'un montant égal à 60% du salaire (67% en cas de charge familiale), les allocations de chômage sont désormais versées non plus pendant trente-deux mois, mais durant douze mois maximum. Le demandeur d'emploi a ensuite accès à une indemnité baptisée «prestation chômage bis». Son montant pour un adulte sans enfant est de 364 euros par mois.

Mais le chômeur peut surtout se voir contraint d'accepter un «emploi à 1 euro». Non soumis aux cotisations sociales, ces «petits boulots», payés entre 1 et 2,50 euros de l'heure, sont proposés par les communes et les associations pour une durée maximum de 30 heures par semaine.

En Grande-Bretagne, où 5 millions de personnes vivent des seules aides sociales, le gouvernement conservateur de David Cameron veut «casser le cycle de la dépendance». Il existe actuellement une trentaine d'allocations différentes (chômage, logement, etc.). Pour s'assurer que les gens gagnent davantage en travaillant qu'en cumulant diverses aides, une allocation unique, le «crédit universel», sera mise en place. Afin de conserver leur allocation hebdomadaire de quelque 75 euros, les chômeurs de longue durée devront effectuer, pendant un mois, au moins 30 heures de travail bénévole par semaine. À partir de 2013, ceux qui refuseraient une offre d'emploi ou de travail d'intérêt général verraient leurs allocations suspendues pendant trois mois, puis six, et enfin trois ans après un troisième refus.

Dans les pays du Nord, modèles d'État-providence, un tour de vis a également été opéré. Au Danemark, les allocations chômage ne sont plus versées que pendant deux ans maximum. Et, dans le cadre du programme d'«activation», les chômeurs doivent accepter les offres de leur commune. Il peut s'agir d'un véritable emploi, mais aussi, faute de mieux, d'un travail d'intérêt général, d'une formation ou d'un stage. Même démarche en Suède, où le montant de l'indemnité chômage est dégressif: 80% du salaire pendant 200 jours, puis 70% pendant 100 jours. Le refus d'un emploi «convenable» entraîne la diminution, puis la suppression des indemnités.

Par Stéphane Kovacs

mercredi 8 juin 2011

Le chef de la police new-yorkaise est-il un ami de Sarkozy?

Nicolas Sarkozy, accompagné ici de Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères de l'époque.

AFP
Un journaliste américain, spécialiste de la police, décrit sur son blog les nombreux liens, qui existent entre le chef de l'Etat français et l'un des principaux protagonistes de l'affaire DSK.

Dans l'affaire DSK, les premiers rôles sont joués par l'accusé, la victime, les avocats, le procureur, mais aussi les policiers new-yorkais, et particulièrement leur chef, Ray Kelly.

Or, un journaliste, spécialiste du milieu policier new-yorkais, Leonard Levitt raconte sur son blog, que le même Ray Kelly est proche de Nicolas Sarkozy. De quoi alimenter la théorie, selon laquelle des fuites préjudiciables à DSK seraient organisées en haut lieu.

Leonard Levitt écrit qu'en 2006, le Président français, alors ministre de l'Intérieur, a décoré l'Américain de la légion d'honneur pour sa lutte contre le terrorisme.

Cet ancien responsable des douanes américaines sous Bill Clinton, francophile, a été également invité l'été dernier par le Président à la remise de la légion d'honneur à Alain Bauer, criminologue et expert français des questions de sécurité. Ce qui fait dire à Leonard Levitt que les relations du chef d'Etat et du commissaire ont "prospéré" depuis 2006, soulignant la tendance de Ray Kelly à accorder des faveurs aux "personnes puissantes et influentes qui sont susceptibles de lui rendre des services".

Il pointe ensuite le manque d'entrain de Ray Kelly à identifier l'origine des fuites concernant l'ancien directeur du FMI, aux conséquences pourtant dévastatrices pour l'accusé, alors qu'il avait déployé des moyens considérables lors de fuites similaires dans l'affaire Imette St. Guillen.

Sur la base de cet article de Leonard Levitt, Bruno Roger-Petit, chroniqueur politique du Nouvel Observateur, s'interrogeait ce matin sur le silence de la presse française à propose de cette amitié. Une connivence décrite comme "éclairante" dans la lecture du traitement de l'affaire DSK.

Une proximité entre procureurs également

A ces informations sur le lien entre la police new-yorkaise et l'Elysée, est venue s'ajouter la révélation, le 3 juin par le site du Point, d'une rencontre le 16 mai (deux jours après l'arrestation de DSK), à New York, entre le procureur en charge de l'affaire, Cyrus Vance Jr. et le procureur de Paris Jean-Claude Marin. Le magistrat français a eu beau rappeler qu'il était invité de longue date pour une réunion sur la coopération anti-terroriste et assurer n'avoir pas abordé le sujet DSK, l'information est venue relancer les soupçons de manipulation par l'Elysée.

Contacté par LEXPRESS.fr, Alain Bauer se montre "très surpris" qu'on s'émeuve aujourd'hui des relations d'un ancien ministre de l'Intérieur et d'une pointure de la police américaine spécialiste des questions de terrorisme. Il connaît d'ailleurs Ray Kelly depuis "très longtemps, depuis l'époque où il était aux douanes sous Reagan". Concernant les cérémonies des légions d'honneur, il rappelle qu'elles "se déroulent devant 800 personnes", et qu'elles n'ont donc "rien de secret".

Des relations, qui seraient donc banales dans le cadre d'une coopération internationale. Mais le silence de l'Elysée, contacté par LEXPRESS.fr, à ce propos ne calmera certainement pas les rumeurs d'instrumentalisation des fuites pour affaiblir le principal rival de Nicolas Sarkozy en 2012.

Par Gino Delmas

mardi 7 juin 2011

Nouveau pas vers le retour des farines animales

Interdites au niveau européen après l'apparition de la maladie de la vache folle, elles pourraient être de nouveau acceptées pour certains types d'élevages. Le Conseil national de l'alimentation s'y est dit favorable.

En ces temps d'inquiétude autour de la mystérieuse bactérie Eceh, le retour des farines animales, à l'origine de la maladie de la vache folle, pourrait sembler inopportun. La mesure, proposée par la Commission européenne, a toutefois reçu l'aval du Conseil national de l'alimentation (CNA), le 31 mai dernier.

Cette instance consultative, qui réunit des représentants des autorités de santé, des agriculteurs, des industriels et des consommateurs, sous la tutelle du ministère de l'Agriculture, s'est dite favorable à la levée de l'interdiction de 2001 pour le secteur de l'aquaculture dans un premier temps. Dans un second temps, une «extension éventuelle à l'alimentation des porcs et des volailles» pourrait être envisagée «après un bilan bénéfices/risques». En revanche, l'interdiction continuerait de s'appliquer aux élevages bovins.

La maladie de la vache folle, ou encéphalopathie spongiforme bovine, est apparue dès 1986 chez les bovins au Royaume-Uni, avant de s'étendre en Europe dans les années 1990, décimant des cheptels entiers. En cause : les farines animales de carcasses de vaches et autres animaux, que l'on faisait manger aux vaches elles-mêmes. Cette maladie se serait ensuite transmise à l'homme, sous la forme d'une nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Environ 200 personnes auraient été infectées, et il n'existe aucun traitement à l'heure actuelle.
Les bovins pas concernés

Les membres du CNA, qui travaillent sur le sujet depuis le mois d'octobre, estiment la situation sanitaire «désormais maîtrisée». Si la filière aquacole est privilégiée pour la réintroduction des farines animales, c'est qu'elle «minimise les risques de contamination croisée». En d'autres termes, il y a peu de risques que les poissons mangent à travers elles …du poisson. Dans son projet, la Commission européenne prévoit de maintenir l'interdiction de donner des protéines animales à des ruminants censés se nourrir d'herbe, ou de nourrir un animal avec des protéines issues de sa propre espèce.

Les farines animales ont pour principal intérêt de réduire le coût de l'alimentation des bêtes. Néanmoins, le CNA relève «un avantage économique variable, voire incertain, selon les secteurs».

Le CNA rendra son avis le 15 septembre au gouvernement. L'Agence nationale de sécurité nationale a également été saisie pour avis par les autorités. Si Paris, et ses voisins européens, vont dans le sens de la levée partielle de l'interdiction, la proposition de la Commission devra encore recevoir l'aval du Parlement européen. D'ici là, l'interdiction absolue continuera de s'appliquer.

Par Pauline Fréour

lundi 6 juin 2011

COMPRENDRE LA CRISE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE

On raconte qu’un battement d’aile de papillon aurait des effets sur l’ensemble de la planète. Si c’est vrai, chacun d’entre nous devrait percevoir les effets de la confrontation titanesque à laquelle se livrent le nouvel impérialisme chinois et l’empire américain déclinant. Où en est cette confrontation ? Quel avenir pour les peuples du monde ? Comment comprendre la crise économique à travers ce conflit ? C’est l’objet de cet essai en trois parties intitulées : La grogne populaire, La crise économique et financière et La guerre contre l’Iran.

PREMIÈRE PARTIE : LA GROGNE POPULAIRE

1. La grogne populaire

1.1 La résistance montante

On assiste à une montée inexorable du mouvement de résistance populaire, résistance plus ou moins organisée pour l’instant, sans orientation consciente, mais résistance sur le front économique tout de même, d’autant plus dangereuse pour ceux qui tiennent les rênes du pouvoir qu’ils ne savent jamais à l’avance la direction que prendra ce mouvement en gestation. Plutôt que de signer des pétitions sur Internet, les protestataires pourraient bien occuper les rues et les espaces publics, pire encore, les lieux de travail, de commerce et de communication !

Ces sautes « d’humeur » populaires, comme les appellent les hommes d’affaires, se sont manifestées auparavant, et la gente journalistique à la solde, oeuvrant dans les grands médias à décrire et à analyser la conjoncture pour mieux l’embrouiller, les avait pressenties (1). En Argentine par exemple, il y a quelques années, la petite bourgeoisie, touchée dans son mode de vie, dépouillée de ses BMW et de ses studios dans la Cité, était descendue dans la rue armée de casseroles pour chahuter les riches. Les ouvriers avaient bien tenté d’occuper quelques usines mais un pantin de « gauche » était venu les calmer et les reprendre en main pour le bénéfice des capitalistes argentins qui eux avaient planqué leur argent avant la débâcle monétaire suite à l’imposition du dollar américain dans le pays.

Qui sait demain si, dans quelques pays éloignés (Tunisie, Algérie, Maroc), ce ne seront pas les ouvriers exaspérés qui prendront la rue, armés de madriers à l’exemple des étudiants britanniques en décembre dernier ?

Alignons quelques lieux communs qui font consensus. De nombreux politiciens sont véreux et se vendent à qui paie le mieux. Ils sont au service de qui finance et organise leur élection et assure leur réélection. Moult politiciens mentent pour être élus et font le contraire de ce qu’ils ont dit une fois reçus. Ils utilisent la langue de bois afin de ne pas déplaire à la mafia journalistique et à leurs bailleurs de fonds. Certains encaissent n’importe quelle enveloppe qui leur passe sous le nez ou achètent à vil prix et revendent avec profit des propriétés sur le marché immobilier. Après une carrière politique réussie, les plus débrouillards sont embauchés par les multinationales qu’ils servaient déjà au gouvernement.

Le peuple ne sait que faire. Il a beau réaffirmer son opposition à la présence de troupes dans des conflits comme l’Irak et l’Afghanistan ; leurs chefs d’État maintiennent la présence des forces d’occupation et l’opposition parlementaire s’en dit satisfaite, ou alors réclame un débat à propos de questions déjà tranchées parmi la population excédée qui dans des proportions élevées s’oppose à ces billevesées. Si les citoyens de nombreux pays attestent qu’Israël est un pays raciste et militariste dirigé par des criminels de guerre, les politiciens accusent le peuple d’antisémitisme. Si la population désire affirmer son soutien au Boycott Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre l’État d’apartheid israélien, le gouvernement s’empresse de rendre illégal le boycott d’Israël. On observe de tels dénis de démocratie dans plusieurs pays.

Il en va ainsi pour tant d’autres causes sensibles. Prenons les gaz de schiste au Québec, au Canada et aux États-Unis. Le peuple ne dit pas : « Nous aimerions poser quelques questions aux entreprises d’exploration et être rassurés par les entrepreneurs privés ». Pas du tout. Les gens affirment simplement : « Nous ne voulons pas d’exploitation de ces gaz dangereux, nous ne voulons pas de fragmentation des couches du sous-sol, nous refusons la pollution de nos eaux souterraines, nous demandons que l’on cesse l’exploitation criminelle de cette fausse ressource naturelle ». L’opinion publique est claire à ce sujet et il faut bien des contorsions aux partis d’opposition pour laisser croire que le peuple demande des « explications », le temps d’apaiser la grogne pour mieux reprendre l’exploitation quand les flagorneurs auront peaufiné leurs mensonges.

Les partis au pouvoir au Canada et dans les États américains concernés s’empressent de poursuivre leur politique de soutien aux exploiteurs des gaz de schiste avant que le vote populaire ait retourné leurs députés sur les bancs opposés et que l’opposition, remise en selle, empoche à son tour la manne des ristournes et des plantureux contrats.

1.2 Une passe à droite, un flirt à gauche

Le peuple se tourne à gauche, c’est-à-dire vers ceux que les médias lui présentent comme « La gauche », puis il se tourne à droite, où l’on s’agite beaucoup ces temps-ci ; il ne voit rien venir qu’une bande de menteurs qui cherchent à remplacer une autre bande de menteurs. Chacun n’en fait qu’à sa tête au service des grandes corporations, des prospecteurs, des constructeurs, des pollueurs, des entrepreneurs en construction en collusion pour empocher le maximum de pognon. Alors, découragé, le peuple boude le processus de mystification démocratique. De moins en moins de gens vont voter parce qu’ils ont compris que cela ne servait à rien.

Cette réaction de révolte passive de larges couches de la population qui ne participent plus au processus électoral bidon inquiète le nouveau clergé séculier des éditorialistes, journalistes et analystes qui y détectent une première phase de résistance pouvant, s’ils n’y prennent garde, se métamorphoser en quelque chose de plus actif et de plus dangereux pour le système.

Alors ces intellectuels, qui vivent de la vente de leur clavier et de leurs idées pour produire du consentement comme l’écrit Noam Chomsky, ont récemment accentué leurs activités. Ils offrent la couverture de leurs médias à tous les groupes de droite qui s’excitent en périphérie des mouvements populaires, proposant leurs « solutions » racistes, islamophobes, anti-immigrants, anti-chômeurs, anti-assistés sociaux, anti-ouvriers, ouvrant les pages de leurs journaux à tous ces agitateurs qui voudraient nous faire croire que, si l’économie est en crise, c’est la faute aux têtes grises, aux travailleurs et aux travailleuses qui n’ont pourtant aucun pouvoir, aucune prise sur les décisions en matière de spéculation boursière frauduleuse, aucun moyen d’empêcher que l’on distribue des milliards aux banquiers et aux entreprises pour les sortir de la crise, retraités et travailleurs que les politiciens n’écoutent même pas une fois au pouvoir.

Les think tanks néo-conservateurs réclament moins d’État et, du même souffle, plus de soutien étatique aux entreprises et aux banques, et plus de dépenses de la part de l’État dans le militaire et le sécuritaire… En 2009, 1 531 milliards de dollars ont été dépensés à l’échelle mondiale pour les activités militaires, en hausse de 5,9% par rapport à 2008. De ce montant, les États-Unis ont dépensé 661 milliards de dollars (43 % du total mondial). Les dépenses militaires canadiennes ont augmenté de 30 % entre 2006 et 2009. Il en va de même pour tous les pays du G20.

Pourquoi ces somptueuses dépenses militaires ? Pour deux raisons. La première pour contrer les luttes populaires, au cas où celles-ci sortiraient de l’ornière des revendications traditionnelles pour des hausses de salaires, pour la défense des régimes de retraite, le gel des frais de scolarité, la défense du pouvoir d’achat, etc. et déboucheraient sur des revendications politiques contestant le pouvoir des riches et faisant la lumière sur la vraie mission des services sécuritaires. La seconde raison, c’est qu’une grande confrontation militaire se prépare en vue du repartage des ressources naturelles et des marchés mondiaux. Une grande puissance (États-Unis) ne se laissera pas facilement déloger de son podium par ce qui n’était encore, en 1949, qu’un pays sous-développé (Chine).

S’il ne parvient pas à dissiper l’ire populaire, l’État devra abattre le plein poids de la loi sur le dos du peuple et des activistes comme on en a eu un avant-goût au sommet du G20 en juin dernier à Toronto : 20 000 hommes armés, et un milliard de dollars de dépenses pour réprimer les manifestants. Des manifestations-promenades dans la bonhomie, oui certainement ! Des manifestations violentes et des cris de colères, non merci, s’indignent les thuriféraires de l’État autoritaire!

Et les scribouilleurs d’admonester ceux qu’ils prénomment « La gauche » de manquer à leur devoir, de désorienter et d’illusionner le peuple, ce en quoi ils ont raison. Leur « gauche » ne livre plus la marchandise, elle parvient difficilement à canaliser les mouvements de résistance vers les voies d’évitement et les culs-de-sac électoraux. Ce n’est pourtant pas faute d’essayer. Les leaders des organisations de la « société civile » haussent le ton, tentent de donner le change et se proposent comme courroies de transmission vers des solutions de rechange capables de rassembler le troupeau égaré et de le mener vers les urnes de la gauche plurielle.

1.3 Résistance économique – résistance politique

Les étudiants doivent être « raisonnables » et accepter de payer plus pour s’instruire moins ; les ouvriers doivent être « raisonnables » et accepter de réduire leur appétit « corporatiste », car il y a moins d’argent disponible après les achats d’armements, les frais de sécurité, le remboursement de la dette et les subventions aux banques et aux entreprises privées. Les conventions collectives dans les services et ministères publics sont vite bâclées sur fond de concessions syndicales substantielles. Quelques jours de protestation contre la réforme des retraites et le mot d’ordre est de retourner au travail la conscience en paix! Si ce sont là des luttes nécessaires sur le front économique, elles ne sont pas suffisantes et toujours à reprendre. On les menait déjà dans les années soixante tout comme le Front Populaire dans les années trente.

Quand des proportions importantes (70 %, dit-on, en France) de l’opinion déclare qu’elle n’a plus confiance dans les politiciens et qu’elle considère le capitalisme comme inhumain et néfaste pour le genre humain, il y a péril en la demeure car ces données indiquent un rehaussement du niveau de conscience politique.

Que faire? Nous pourrions commencer par comprendre les mécanismes de la présente crise économique et financière qui jette tant de travailleurs et de travailleuses au chômage et dans la misère. Quelques données à ce propos. En 2009, aux USA, chaque jour 12 866 procédures de saisies immobilières (majoritairement des résidences familiales) ont été enclenchées, soit des millions de ménages qui ont été jetés sur le pavé au cours de cette année (2). En 2009, au moins 30 millions d’emplois ont été détruits à travers le monde du fait de la crise financière. Le taux réel de chômage est présentement de 10 % aux États-Unis, au Canada et en Europe. Le commerce mondial a plongé de 12,2% en 2009, une chute sans précédent depuis la Seconde guerre mondiale.



(1) « Les grands journalistes sont souvent issus des mêmes écoles élitistes que de nombreux chefs de gouvernement. Ces journalistes considèrent que leur premier devoir n’est pas nécessairement de surveiller le pouvoir en place. Nombre d’entre eux se considèrent plutôt comme des intellectuels préférant analyser les événements et influencer les lecteurs plutôt que rapporter des faits", souligne l’ambassade américaine à Paris dans le document confidentiel, daté de janvier 2007. (…) " Tous les médias français sont plus régulés et soumis à des pressions politiques et économiques que leurs homologues américains ». Source Wikileaks.

(2) Gilles Bonafi. Crise systémique : l’heure de vérité approche. 10.12.2010. http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4851

de : Robert Bibeau

samedi 4 juin 2011

Elle plaisante sur Morano et est licenciée pour faute grave

Le 9 avril, Nadine Morano, ministre de l'Apprentissage et de la Formation professionnelle, fait des emplettes au Printemps de Nancy (Meurthe-et-Moselle), en compagnie de sa fille et… d'un garde du corps. La présence du cerbère suscite quelques plaisanteries des employées. Plaisanteries qui se soldent par un licenciement pour faute grave, pour l'une d'entre elles.

Albane, 36 ans, responsable du stand Kookaï, raconte :

« En plaisantant, un de mes collègues a affirmé qu'il pourrait le mettre en deux temps, trois mouvements par terre.

On arrivait alors devant la porte de service qui mène aux coursives du Printemps. J'ai répondu que pour se mesurer à lui, il fallait d'abord casser la gueule à Mme Morano. »

La ministre se trouvait juste derrière à ce moment-là. Albane et ses collègues restent interdits :

« On ne l'avait pas vue, elle n'a entendu que la fin de la discussion. Elle s'est énervée et a rétorqué : “Allez-y si vous voulez me casser la gueule, je vous en prie, je suis là.” »

Nadine Morano : « Je n'en ai rien à foutre mademoiselle ! »

Albane s'est alors vivement excusée. Une version que confirment deux témoins :

« Elle s'est très largement confondue en excuses. Elle a reconnu que, même en plaisantant, c'était une bêtise. Elle n'a pas du tout fait exprès pour entrer en conflit avec elle. »

Albane, déconcertée :

« Je m'attendais à ce que Mme Morano prenne un peu de hauteur et me dise : “Faites attention à votre langage.” C'est pourquoi j'ai réitéré mes excuses en disant que je ne voudrais vraiment pas perdre mon travail. »

Selon Albane, la ministre lui a alors répondu, hautaine et avec dédain :

« Je n'en ai rien à foutre mademoiselle ! Vous n'aviez qu'à mesurer vos propos. Si j'avais été votre employeur vous auriez été licenciée sur-le-champ ! »

« Elle a donné sa carte du ministère »

Nadine Morano a alors demandé un responsable, puis les coordonnées du directeur du Printemps, absent ce jour-là. « Elle a également donné sa carte du ministère en disant : “Je vous préviens, je veux des suites à ce dossier” », indique Albane.

Cette dernière a été priée de quitter le magasin afin que la ministre et sa fille terminent leurs achats sans être en contact avec l'employée.

Jointe par Rue89, la direction du Printemps de Nancy refuse de commenter.
Albane : « Ils n'ont tenu compte que de la version de la ministre »

Inquiète pour son travail, Albane a immédiatement contacté la responsable régionale de Kookaï pour lui faire part de sa version des faits.

« Le lundi [11 avril, ndlr], ils me contactent pour me dire qu'ils vont essayer de me recaser dans un magasin Kookaï.

Et puis dans la foulée, ils me rappellent pour me dire que je suis mise à pied à titre conservatoire. »

Trois jours après, la jeune femme reçoit un courrier. Elle est convoquée au siège de Kookaï à Paris le 21 avril. Arrivée à l'entretien :

« Je n'ai même pas pu m'expliquer. D'emblée, la direction m'a dit que mon comportement avait été inadmissible et que j'avais jeté l'opprobre sur le Printemps et la société Kookaï.

Ils ont seulement tenu compte de la version de Mme Morano et ont précisé que ça n'avait rien à voir avec l'importance de la cliente, ce dont je doute fortement. »

Joint par Rue89, Kookaï aussi refuse de commenter.
Un témoin : « Il n'y a eu aucune attaque personnelle »

Le 27 avril, Albane est licenciée pour faute grave. Le courrier mentionne des « insultes et des injures » envers la ministre et stipule que l'employée a invectivé personnellement Nadine Morano depuis son stand Kookaï.

Télécharger la lettre de licenciement d'Albane.Faux, selon un des témoin :

« La version rapportée dans la lettre de licenciement est complétement erronée. En aucun cas, il n'y a eu aucune attaque personnelle d'Albane envers Mme Morano. » (Télécharger la lettre)

Par ailleurs, Albane constate qu'aucun des faits rapportés par sa version n'est présent dans le courrier. « Ils ont seulement repris la version de Mme Morano », regrette t-elle.

« Je ne pensais vraiment pas que ça en arriverait là. Lorsque je suis allé à l'entretien, la déléguée syndicale m'a dit qu'il y avait déjà eu des cas comme ça avec des blâmes ou des avertissements, mais jamais de licenciement. Pour elle, c'était une décision démesurée. »

« Avec ce dossier, comment je vais retrouver du travail ? »

Albane a un enfant, et des traites à payer. Elle est aujourd'hui au chômage et craint de ne pas pouvoir retrouver un emploi :

« Quand on est responsable de boutique, le nouvel employeur appelle toujours l'ancien pour une recommandation. Imaginez avec ce dossier, comment je vais retrouver du travail ? »

Un sentiment que doit comprendre Nadine Morano qui déclarait encore, le 5 mai, sur BFM-TV, en apostrophant Jean-Jacques Bourdin :

« Quand vous êtes victime du chômage, M. Bourdin, vous croyez que c'est pas une source d'angoisse.. » (Voir la vidéo, à la sixième minute)






Avec une lettre d'attestation des deux témoins, Albane a décidé d'attaquer la société Kookaï devant les prudhommes pour licenciement abusif.
« Profondément choquée par cette interpellation menaçante »

Le cabinet de Nadine Morano a d'abord indiqué qu'elle ne souhaitait faire « aucun commentaire sur cet événement ».

Puis dans la soirée la ministre a publié un communiqué où elle raconte qu'au moment de prendre sa pause, la vendeuse aurait crié :

« Il y a Nadine Morano dans le magasin, si quelqu'un veut aller lui casser la gueule. »

« Profondément choquée par cette interpellation menaçante, insultante et blessante“la ministre précise avoir ‘demandé des excuses à cette vendeuse en rappelant le droit au respect pour tout client, quel que soit son statut’.

Selon elle, l'employée a ‘reconnu la gravité de ses propos déplacés en présence de la directrice adjointe du Printemps et a fait part de ses excuses’.

‘Les faits en sont restés là’,insiste Nadine Morano, en précisant que le licenciement de la vendeuse ‘relève de la seule appréciation et de la seule responsabilité de son employeur’, avec lequel elle n'a eu ‘aucun contact’.
Une visite privée au Louvre, pour sa fille

La ministre s'était illustrée au début du mois de mai en exigeant, dans l'heure, une visite privée et accompagnée du Louvre pour sa fille et une amie.

Une demande pour une visite VIP à 500 euros qui s'était retrouvée dans Le Canard enchaîné (édition du 18 mai), conformément à la prédiction de l'administrateur général du Musée.

►Mis à jour le 30 mai à 22h30. Ajout du communiqué de Nadine Morano

Dessin de Baudry

Photo : Nadine Morano au campus UMP d'été à Seignosse (Landes), le 6 septembre 2009 (Audrey Cerdan/Rue89). Dessin : Baudry.

Par Anthony Cerveaux

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