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samedi 30 avril 2011

La France des 35 heures, championne des créations d’emplois.

Les 35 heures auraient freiné l’emploi et les salaires. Pis, elles auraient handicapé la compétitivité française. Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé et Manuel Valls se relaient au micro pour le prétendre. Ne consultent-ils jamais les statistiques avant de propager une idée toute faite ?


Si les 35 heures eurent un effet sur l’emploi, il fut sans aucun doute bénéfique. Au classement européen, la France figure même parmi les pays ayant créé le plus d’emplois depuis le début du processus.

Entre 1998, lorsque les 35 heures furent mises en œuvre, et 2009, le nombre total d’emplois s’est accru de 15 % en France.

Seules l’Espagne et l’Irlande ont fait mieux, au cours d’une expansion aussi frénétique que fragile.

Mais que dire de l’Allemagne (moins de 9 %), du Royaume Uni (à peine 6 %) ?

Et ne parlons pas du Danemark, dont la – coûteuse - politique de l’emploi servit un temps de modèle au Premier ministre : le nombre des emplois s’y est accru de… 3,8 % seulement en onze ans selon Eurostat !

Ces chiffres sont éloquents. Ils montrent que le taux de chômage peut régresser, même si l’emploi stagne. Dans de nombreux pays, les gouvernements se sont contentés de dissimuler le chômage en favorisant le travail partiel, voire l’invalidité. Ils ont en somme partagé le chômage, pendant qu’en France, les 35 heures partageaient l’emploi.

Le pouvoir d’achat des salaires ne fait malheureusement pas l’objet de statistiques comparées gratuites. "Déchiffrages" n’ayant pas les moyens d’en offrir de payantes à ses lecteurs, il lui faut contourner l’obstacle, et se référer au coût salarial unitaire réel, c’est-à-dire ce que coûte en salaires et charges sociales un euro de production nationale, inflation défalquée.

A cette aune, la France n’a pas particulièrement brillé depuis 2000. Le coût unitaire y a cependant progressé plus que la moyenne européenne ; et beaucoup plus qu’en Allemagne, où ce coût a régressé à mesure que la protection sociale reculait. Et ne parlons pas de la Pologne, qui inaugura le XXIème siècle avec une très sévère régression.

Quant à la compétitivité française, si chère à Manuel Valls, celui-ci se rassurera en lisant le supplément statistique du bulletin de la Banque de France (mars 2010). Son indicateur (la courbe en bleu turquoise) illustre l’amélioration quasi incessante de la compétitivité française par rapport aux autres pays de la zone euro, depuis la mise en œuvre des 35 heures.

Ainsi, la réduction du temps de travail a accéléré les créations d’emploi, sans nuire ni aux salaires, ni à la compétitivité des entreprises françaises.

S’ils cherchent bien, Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé et même Manuel Valls devraient trouver des questions plus urgentes, pour anime le débat politique d’ici à la présidentielle de 2012.

POST SCRIPTUM :

Fâcheux oubli ici réparé : la comparaison internationale de la durée annuelle moyenne du travail fournie par l’OCDE.

Ce nombre d’heures tient compte de tout : durée hebdomadaire, congés payés, jours fériés, temps partiel, réduction du temps de travail, etc.

La France, tout compte fait, n’est donc pas le pays où l’on travaille le moins, loin s’en faut.

Belgique, Irlande, Norvège, Allemagne et Pays-Bas la devancent à ce classement, pur des raisons diverses.

En Allemagne, un salarié à temps complet travaille moins d’heures qu’un Français dans la semaine.

Aux Pays-Bas, l’expansion exceptionnelle du travail à temps partiel explique ce classement.

De : Jean-François Couvrat, sur son blog

vendredi 29 avril 2011

L'EGYPTE UN PEUPLE EN COLERE : 2ème PARTIE

Bonjour , seconde partie aujourd'hui (avec deux jours de décalage pascale) de l'analyse du mouvement en Egypte : l'aspect économique.


UNE ECONOMIE AGRAIRE INSUFFISANTE


Faisant partie des pays très endetté (31 milliards de dollars) , l'économie égyptienne est tributaire de l'aide internationale et surtout américaine. On comprend mieux pourquoi est ce que ce pays revêts ainsi une si grande importance aux yeux de l'administration Obama.

Il est bien connu , comme par l'Antiquité , que toute son activité économique se déroule dans la vallée du Nil , joyaux historique et source de revenus essentiels . L'agriculture revêt 36% de ces échanges et la réforme agraire , dont l'état a tenté de mettre en application les principes entre 1952 et 1961 , fut un échec. Héritée de la tradition dynastique la nouvelle répartition des terres ne donna aucun succès , enclavée dans les circonvolutions des petits propriétaires terriens , mal à même d'exploiter les nouvelles technologies productivistes , faute de moyens.

L'atout majeur du commerce de l'agriculture Egyptienne reste le coton , dont elle est le 8 ème exportateur mondiale. Mais face aux autres denrées , il commence à décliner lui aussi . Autre produit de grande consommation : la canne à sucre , qui fournit la région en sucre raffiné et est aussi destiné à l'export (12 millions de tonnes).
Le blé et le mais sont quand à eux cultivés dans la vallée du Nil pour un tonnage d'environ 4,5 millions chacun.

Malgré cela l'Egypte ne peut subvenir qu'à la moitié de ses besoins alimentaires.


DES INFRASTRUCTURES EN DEVELOPPEMENT


Pendant ces vingt dernières années , l'Etat a entreprit de vigoureux efforts pour accroitre les surfaces irriguées et permettre ainsi une plus grande autonomie.
Les barrages de Souan et Sadd el-Ali en sont le parfait exemple , mais reste en deça des résultats escomptés.

Le pétrole , principale ressource minière du pays (estimé à 4,6 milliards de barils) est situé au mont Sinai et dans le golfe de Suez.

Grâce à la construction du barrage d'Assouan , le pays a tout de même connu une forte indépendance énergétique , essentiel à une bonne gestion des affaires internes et externes. Concentré dans les villes du Caire et d'Alexandrie , les activités liées à l'énergie hydraulique représentent 13% des emplois dans la population active et 12 % du PNB.

Même si le gouvernement encourage une volonté de privatisation de certains secteurs de l'économie , il reste majoritaire dans la plupart de ceux ci , et reste investi pour moitié dans la totalité du PNB. Les industries chimiques (savons , phosphates )et les ciments sont quand à elles en plein essors .

Les transferts des revenus des travailleurs Egyptien à l'étranger , le tourisme et les droits de passage dans le canal de Suez constituent avec les exportations pétrolières les principales ressources du pays.


CONCLUSION

Comment est ce que cette contestation virulente à pu voir le jour , on ne saurait que trop le deviner à l'aune de cette description économique du pays.
Tournée vers une économie agraire et minière et encore trop peu vers l’innovation technologique et le développement de ses infrastructures industrielles , le pays souffre ainsi d'un manque flagrant d'autonomie vitale (les céréales) et ne peut donc pas se projeter vers l'avenir technologique. Ces deux facteurs combinés , reste aux dirigeants à trouver un équilibre faute de solution . Mais comme on l'a vus dans le précédent article , au pouvoir depuis 20 ans , Hosni Mubarak a certainement perdu les sens de ces réalités , trop soucieux de préserver la "Pax Americana" instauré par ses prédécesseurs afin de garantir la stabilité politique dans la région , notamment vis à vis d’Israël.

Comment dès lors le pays peut il exister autrement , s'émanciper de ce cercle vicieux , c'est ce que nous analyserons dans le prochain article : la situation actuelle après le départ de Mubarak.

Bonne semaine et portez vous bien !

Boris Rannou.

http://eveilpolitique.blogspot.com/

jeudi 28 avril 2011

Les chroniques politiques du je(u)di : la honte de Vintimille

Des migrants tunisiens et un groupe de militants français et italiens manifestent sur les voies ferrées le 17 avril 2011 à Vintimille. (c) Afp

"Les autorités françaises ont suspendu unilatéralement les liaisons ferroviaires entre l’Italie et la France via Vintimille pendant une bonne partie de la journée de dimanche au mépris des règles communautaires."

Voilà comment se dessine cette France et cette Italie contre lesquels tant de gens ont votés . Le traité européen de 2005 , rejeté par 55% des français , aurait obligé les gouvernements à penser autre chose. Faute de quoi , ils ont piétiné la DEMOCRATIE par leur arrogance et leur mépris. Nous vous imposons le traité de Lisbonne(¤1)par la force puisque vous n'êtes pas capable de comprendre les enjeux de l' Europe.

Mais si si si , on avait très bien compris. Vient maintenant l'espace Shengen : Le principe de la liberté de circulation des personnes (art. 3 TUE)implique que tout individu (ressortissant de l’UE ou d’un pays tiers), une fois entré sur le territoire de l’un des pays membres, peut franchir les frontières des autres pays sans subir de contrôles. Pour se déplacer, il n’a plus besoin de passeport et, par exemple, les vols entre destinations de l’espace Schengen sont considérés comme des vols intérieurs.

Un État ne peut rétablir les contrôles qu’en cas d’atteinte à l’ordre public ou à la sécurité nationale et après consultation des autres États du groupe Schengen.


Nous en sommes donc au bord de l’insurrection populaire voir de la guerre civile ... Mais quel farce ! Voilà ce pour quoi les électeurs ont voté en 2007 , un petit nazillon qui ferme les frontières , un duo franco-italien de la pire espèce , foulant au pied les accords votés par les autres membres de l'union européenne. Alors pourquoi continuer avec cet individu jusqu'en 2012 ?

AU NOM DE QUELLE DEMOCRATIE , n'aurions nous pas le droit de le virer et d'exiger comme en Tunisie , au Yémen , en Syrie en Egypte , de nouvelles élections anticipées ?
En épousant les thèses du front national , en se lovant dans l'alcôve doucereuse de la peur et du rejet , ce gouvernement montre aux français qu'on peut agir aussi mal avec des migrants venus de pays en guerre qu'avec des roms , des gens du voyage , qu'avec des jeunes de cités , qu'avec des manifestants pour leur retraite ... etc ... etc...

Il nous faut un printemps Français , comme il y a un printemps Arabe ! Comment attribué du crédit à ceci : les insultes de l'ex ministre de l'intérieur , Hortefeux , à un jeune militant UMP , les insultes d'un président à un simple quidam refusant de lui serrer la main , les menaces de Morano quand à un commentaire sur une de ses vidéos ... Non vraiment , le pouvoir bouffi d'arrogance ne peut plus être légale à partir du moment où il devient oppression. Et nous avons franchi cette limite !

Que deux présidents de supposés démocratie , renient le droit des individus cela en devient insupportable au plus haut point , et laisse augurer d'un repli identitaire qu'il faut abolir au prochaine présidentielle de 2012.

C'est plus qu'une nécessité , c'est un besoin vital que nos vies respirent l'avenir et non suintent la haine , le rejet ,la peur et l'opression.

Courage citoyens , et proposons un referendum national à la seule question suivante : "EST CE QUE L'ESPACE SHENGEN DOIT CONTINUER A EXISTER" et si oui , que l'affreux jojo en tire les conséquences et se retire définitivement de la vie politique.

A la semaine prochaine.

Boris Rannou.

(¤1)Le traité de Lisbonne est entré en vigueur le 1er décembre 2009. Il permet à l'Union européenne de disposer d'institutions modernes et de meilleures méthodes de travail en vue de relever efficacement les défis du monde d'aujourd'hui. Dans un monde qui évolue rapidement, les Européens comptent sur l'Union pour répondre aux questions qu'ils se posent sur la mondialisation, les changements climatiques et démographiques, la sécurité ou l'énergie. Le traité de Lisbonne renforce la démocratie dans l'Union européenne et la capacité de celle-ci à défendre jour après jour les intérêts de ses citoyens.

mercredi 27 avril 2011

La violence contre la vie chère monte en Algérie

Hier, plusieurs villes de province étaient déjà touchées par les troubles. Ici, à Oran, dans l'ouest du pays.
AFP

La hausse des prix de produits de base est à l'origine des émeutes qui risquent de secouer tout le pays. La jeunesse, privée de perspectives, est descendue dans la rue.
Alger. De notre correspondant

Depuis mercredi soir, Alger est secouée par des émeutes. Cette nuit, elles s'étendaient et se faisaient plus violentes encore.

Dans plusieurs quartiers, de jeunes chômeurs ont dressé des barricades avec des pneus enflammés. Ils ont affronté les forces de l'ordre, qui ont tenté de les disperser à coup de grenades lacrymogènes et, parfois, de tirs de sommation. Partie de Bab El Oued, mythique quartier de la capitale, où un concessionnaire Renault a été incendié, la révolte s'est propagée dans la banlieue populaire, avant de toucher, hier, plusieurs villes de province.

Sur fond d'impasse politique et de malaise social, la révolte a été déclenchée par la brutale hausse des prix de produits de grande consommation, notamment l'huile et le sucre. Malgré la manne pétrolière qui a généré un confortable matelas de 155 milliards de dollars (119 milliards d'euros) de réserves de change, la redistribution déséquilibrée de la rente a engendré de légitimes frustrations. Alors que les barons du régime et leurs clientèles ne cessent de défrayer la chronique de la corruption en affichant un train de vie agressif, les couches populaires continuent de tirer le diable par la queue.

Succession dynastique

À défaut de canaux de médiation pacifiques laminés par une politique autoritaire, le mécontentement se manifeste depuis quelques années par des émeutes sporadiques. Mercredi, la grogne est devenue révolte et menace de se propager à l'ensemble du pays. Hier, plusieurs villes de province étaient déjà touchées par les troubles.

À Alger, les ménagères ont stocké des provisions et les magasins ont baissé les rideaux dès 17 h. En prévision, aujourd'hui, de la grande prière du vendredi qui pourrait marquer l'irruption des islamistes pour récupérer la contestation, tout le monde retient son souffle. Dans un climat de fin de règne marqué par les luttes d'influence dans le sérail qui s'installe dans l'après Bouteflika, la grogne d'une jeunesse sans perspectives pourrait servir de levier à des règlements de comptes claniques. Selon le FMI, 75 % des Algériens ont moins de 30 ans, et 20 % des jeunes sont au chômage.

Fin décembre, le chef d'un parti politique en voie de constitution avait annoncé la candidature de Saïd Bouteflika, le frère du président, à une succession dynastique. Une révélation sans doute prématurée, qui a amené « l'apprenti courtisan » à se déjuger dès le lendemain.

Arezki AÏT-LARBI.

mardi 26 avril 2011

Google soupçonné de manipuler ses services

La hiérarchie des résultats affichés par le moteur de recherche est au cœur de l'enquête. (Crédits photo: Virginia Mayo/AP)
INFO LE FIGARO - Bruxelles a commencé à envoyer les questionnaires de son enquête antitrust visant le groupe américain. Ils révèlent de fortes suspicions concernant le fonctionnement du moteur de recherche et de son offre publicitaire.

Une lourde présomption de manipulation pèse sur Google.

C'est ce qui ressort des premiers questionnaires envoyés aux acteurs du Web européen par la Commission européenne dans le cadre de son enquête antitrust sur le groupe Internet américain. Les documents, dont Le Figaro s'est procuré une copie, ont été expédiés un peu avant Noël. C'est la première manifestation de l'enquête ouverte fin novembre pour déterminer si Google a «abusé d'une position dominante dans le domaine de la recherche en ligne».

Les questionnaires comptent au total près d'une centaine de questions, auxquelles devront répondre éditeurs de sites Web, moteurs de recherche et annuaires en ligne, annonceurs et régies publicitaires, avant le 11 février. Au-delà de considérations sur un éventuel abus de position dominante (substituabilité des marchés, fixation des prix…), les questions de Bruxelles sous-tendent une autre accusation: Google manipulerait les résultats de ses recherches et de sa plate-forme d'achat de publicités. Or, le groupe a toujours revendiqué l'impartialité parfaite et mathématique de son algorithme.

«Votre société a-t-elle remarqué des changements soudains et significatifs dans son classement sur les moteurs de recherche comme Bing, Google ou Yahoo? Avez-vous constaté des baisses soudaines du nombre d'utilisateurs renvoyés vers vos services par Google et qui ne peuvent pas être expliquées par des changements sur votre site Web?», demande Bruxelles.

Plus précisément, la Commission s'interroge sur un favoritisme exercé dans ses résultats par Google et demande aux répondants s'ils «ont connaissance de modules dans l'algorithme de référencement naturel de Google qui pourraient pénaliser le classement ou l'affichage de pages de votre site Web (…) par rapport à des services concurrents appartenant à Google». Autrement dit: l'algorithme de Google est-il programmé pour référencer d'abord les vidéos de YouTube au détriment de celles de Dailymotion, les cartes de Google Maps plutôt que celles de Mappy, les photos de Google Images avant celles de Flickr (Yahoo)? Sur Google Actualités par exemple, l'algorithme ne retient que les vidéos hébergées par YouTube, la plate-forme maison.

Des soupçons similaires pèsent sur son activité publicitaire. Bruxelles explore ainsi des cas de «soudaines hausses des tarifs publicitaires sur les moteurs de recherche au cours des six dernières années» et une dégradation brutale de l'indice de qualité AdWords des annonceurs sans qu'ils aient pour autant changé la page sur laquelle les utilisateurs sont envoyés par leur publicité. «Quel impact cet incident a eu sur votre site Web en termes de dépenses publicitaires (y compris des changements sur le montant minimum d'enchère) et de trafic dérivé de vos publicités? Avez-vous, en parallèle à cet incident, subi une baisse comparable de votre classement dans les résultats de recherche naturels de Google?», demande la Commission. Et, plus directe encore: «Google vous a-t-il jamais indiqué qu'une hausse des dépenses publicitaires pourrait améliorer votre référencement naturel?»

«La transparence suffit-elle?»

Nul doute que les réponses apportées à ces questions seront du plus haut intérêt pour les acteurs du Web. Elles rejoignent des préoccupations formulées déjà en juillet dernier par Joaquin Almunia, vice-président de la Commission européenne en charge de la Concurrence, à l'occasion d'un colloque sur les médias numériques organisé par le University College London. «Sur Internet, l'information circule vite et les utilisateurs peuvent être très réactifs. Si les résultats sur un moteur de recherche par exemple sont manipulés, cela peut tout à fait faire la différence sur le marché si les consommateurs le savent. Mais la transparence suffit-elle?», avait-il alors déclaré.

Par Marie-Catherine Beuth

dimanche 24 avril 2011

Le régulateur américain se penche sur l'accord entre Goldman Sachs et Facebook

D'après les informations du Wall Street Journal, la Securities and Exchanges Commission (SEC), le gendarme de la Bourse américaine, envisage de modifier ses règles pour empêcher de futurs investissements semblables à celui effectué par Goldman Sachs dans Facebook. La banque américaine a annoncé un investissement de 2 milliars de dollars (1,5 milliard d'euros) dans le réseau social, mais Goldman Sachs n'en financera pas l'intégralité : la banque ne versera que 500 millions d'euros, conjointement avec la société russe Digital Sky Technologies, le reste étant fourni par des clients de la banque souhaitant investir au moins 2 millions de dollars chacun.

Or, aux Etats-Unis, toute entreprise ayant plus de 500 actionnaires est soumise à un régime de transparence strict, quasiment équivalent à celui qui prévaut pour les sociétés cotées en Bourse, avec obligation de publier ses résultats. En ouvrant son investissement à ses clients, Goldman Sachs fera de facto dépasser ce seuil de 500 actionnaires à Facebook ; mais selon les règles actuellement en vigueur, seule la banque sera comptabilisée dans le décompte des actionnaires. Facebook, qui a annoncé son intention d'entrer en Bourse à l'avenir mais n'a que peu d'intérêt à le faire aujourd'hui, pourra donc rester une société non cotée.

La SEC considère que l'investissement de Goldman Sachs contourne l'esprit des règles en vigueur, et envisage donc de les rendre plus strictes. En 2004, c'est parce qu'il allait franchir cette limite des 500 actionnaires que Google a accéléré son entrée en Bourse. Facebook a pris, depuis 2007, plusieurs mesures drastiques pour éviter de dépasser ce seuil : ainsi, les employés du réseau social n'ont pas le droit de vendre les stock-options qui leur sont distribuées.

Le Monde.fr

jeudi 21 avril 2011

Les critiques politiques du Je(u)di : Nicolas Hulot

Bonjour chers amis ,
Aujourd'hui dans les critiques politiques , notre cher montgolfière , le prince des acrobates de l'audimat , M.Mulot, heu Hulot. Mais en réalité , il me fait penser à une sorte de mulot , vous savez , ce petit animal qui vient boulotter le grain une fois que le sac est ouvert... comme il vient récupérer les déçus de la politique grâce à ces milliers d'euros accumulés.

Alors qui est M. Hulot ?
Qui est ce type qui arrive sur le devant de la scène politique et qu'on n'avait plutôt vus dans le champ médiatique avant ?

Chacun a bien sûr en souvenir cette fameuse émission : Ushuaia. Un magnifique voyage au coeur des endroits les plus beaux de la planète et surtout ceux en danger. Alors comment y allait il pour les préserver déjà ... ah oui , en hélicoptère. Il survolait la forêt amazonienne et les autres régions du globe qu'il visitait en hélico... Et puis pour s'y rendre je crois qu'il y allait en bateau , pour ne pas trop polluer...

Ah non me dit-on , en avion. Il prenait un gros porteur type Boeing 747 ou Airbus A 310 pour sillonner la planète et nous délivrer son message de paix et d'amour écologique. Ca c'était couillu déjà , non ?

D'ailleurs pourquoi est ce que TF1 (grande chaine ecolo devant l'éternel) avait acceptée son concept ? Etait ce pour promouvoir la bio-diversité en Prime-Time qu'il lui a été confié l'animation de cette émission ? Ou pour faire de l'audimat ? Les deux mon capitaine ? Certes oui , il devait donc bénéficier d'un salaire de scientifique et reverser les restes de ses émoluments à WWF ?

<<"L'animateur d'Ushuaia Nature, Nicolas Hulot percevrait un salaire s'élevant à 33 000 euros par mois, selon les dires du Canard Enchaîné. Le présentateur anime son émission quatre fois par saison sur la première chaîne. Mais l'écologiste reste très humble et a déclaré : "J'ai bien conscience que ce n'est pas le Smic, mais je n'ai pas honte de gagner ce que je gagne ."

Selon l'Est Républicain, le plus gros de la fortune de Nicolas Hulot viendrait des royalties provenant des produits dérivés de l'émission soit un bénéfice de 700 000 euros en 2006 (derniers chiffres en date).

Nicolas Hulot va devoir tirer un trait sur son salaire de TF1 car il vient d'annoncer officiellement sa candidature pour les primaires d'Europe Ecologie de 2012.>>


Voilà ce monsieur Hulot dans toute sa splendeur....

Mais on fait quoi avec tout ce pognon quand on se prétend écologiste ? Des paniers en osier ? Non et à la vérité , grâce aux dividendes de sa subtile marque Ushuaia (qui au passage a été condamné pour problème phytosanitaire http://www.liberation.fr/vous/010167559-ushuaia-un-gel-douche-pas-lave-de-tout-danger) il fait de l'écologie un profit et va à l'encontre même des préceptes de l'idéologie qu'il défend.

Dans ces conditions , quel crédit lui apporter ? Quel est l'intérêt de sa candidature , sinon de diviser un peu plus une gauche déjà mal en point et d'être un possible épouvantail pour le ministère de l'écologie du futur président ?

Car voilà bien ce qu'il représente : un calcul politique . Nicolas Hulot se fiche pas mal du sort de la planète et de ses possibles électeurs , ce qu'il souhaite par dessus tout est d'entrer dans un gouvernement et de laisser à l'Histoire une loi portant son nom.

Dans ce cas qu'il s'inspire de ceux qui s'intéressait vraiment aux autres et à leur problème , à l'image de la loi Colucci.

Alors , je vous en conjure , M.Hulot , optez pour l'une de ces deux options :

-Retirez vous définitivement de la vie politique française tant que vous n'aurez aucun objectif sérieux à proposer aux Français

-Restez , mais faites des dons substantiels de votre fortune à la WWF ou Greenpeace pour les aider à lutter contre les inégalités humaines , animales et écologiques.

Sinon , ne venez pas nous servir votre soupe de mirliton , aux vers kohlantesque un peu trop amère à avaler...

Sur ce , bon vent et à la semaine prochaine pour une autre critique !

Boris Rannou.

mercredi 20 avril 2011

L'EGYPTE UN PEUPLE EN COLERE : 1ère PARTIE.

Suite de ce panégyrique des révoltes Arabes : l'Egypte. Je vous propose une triple approche : un condensé socio-historique , un zoom économique et l'actualité de la région.

HISTOIRE DE L'EGYPTE (CONTEMPORAINE)
Nous connaissons chacun la longue tradition égyptienne des pharaons du Nil et de la reine Cléopâtre. L'Egypte fut ensuite dominée par les musulmans , qui en firent un empire riche et prospère durant près de quatre siècles.
Mais la découverte du cap de bonne-espérance (1498) fit perdre au pays sa position privilégié de frontière entre l'Asie et l'Europe. La conquête bonapartiste puis le départ des français (1801) laissa le pays dans un chaos proche de l'anarchie.

La prise de pouvoir par Méhémet Ali , mit fin à ce règne de la peur , lorsqu'il fut nommé vice-roi (1805-1849).
Animé par un sentiment expansionniste , il fit plusieurs guerres : en Arabie centrale contre les Wahhabite , au Soudan ,et enfin à Constantinople où il fut stoppé par les armées occidentales , craignant de voir leur influence diminuer dans la région.

Le règne de 45 ans de Méhémet Ali (dit le pacha , "le grand") permit la modernisation de l'économie du pays et le développement d'une conscience nationale.Ses successeurs poursuivirent son œuvre , notamment avec le Canal de Suez , un projet qu'il n'approuvait pourtant pas. Mais la dette extérieur de l'Egypte grimpa en flèche et elle fut tributaire des aides franco-britannique .

Les Britanniques notamment bombardèrent Alexandrie après une insurrection (1882) . Ils devinrent ainsi les seuls véritables maitres à bord. Grâce à Lord Cromer , sa majesté établit un pouvoir sans égal. En 1899 pourtant , Muhammad Abduh , fonda le Parti National Egyptien et donna aux nationalistes une forme à leur contestation. Dès cette date l'Egypte connue un renouveau culturel grâce à la fondation d'écoles de bibliothèques et de journaux.

Mustapha Khemal , quand à lui , réorganisa le parti en 1907 , et s’acquitta de ses nouvelles fonctions avec déférence. La 1ère guerre mondiale approchant , le gouvernement britannique "déposa" Abbas 1er (alors roi d'Egypte) et mis le pays sous protectorat.
A la fin de la guerre et durant trois ans , le pays connu trouble et heurt , secouant la région ayant soif de liberté et d'indépendance.
Pour y mettre fin , la Grande-Bretagne reconnue l'indépendance en 1922 et Fouad 1er en fut le premier représentant.

Cependant , l'armée de sa majesté se réserva la défense , l'entretient des troupes , les affaires étrangères et garda sur l'économie , une main bien opportune. Manœuvrant ainsi selon ses intérêts politiques lors de la seconde guerre mondiale , elle offrit son soutien au candidat qui lui garantirait un rejet des troupes de l'axe , alors aux portes d'Alexandrie (1942).

Les Frères Musulmans virent le jour au lendemain de l'armistice , en 1945. L'année suivante , l'Egypte entra à l'ONU et demeura le siège permanent de la Ligue Arabe. A la faveur de troubles ultérieurs , un jeune officier du nom de Nasser proclama la République , après l'échec d'une guerre contre Israël , où l'armée mal équipée et mal préparée ne fit pas le poids. En 1952 , Nasser prit donc le pouvoir .


L'EGYPTE DE NASSER :
Nasser , c'est d'abord l'homme de la modernité. Il engage le pays dans un vaste programme de modernisation. Idéologiquement hostile aux idées venus des USA , il refusa l'aide de ces derniers pour se concentrer sur l'économie de son pays et ses réels atouts. La nationalisation du canal de Suez déclencha l'offensive française et britannique , y voyant une perte de contrôle total de leurs influences régionales , évidement sur le flux maritime entre l'Asie et l'Europe.

Aider par les Américains , souhaitant prendre la main sur les ex-puissances coloniales et par Moscou , voulant briser son isolement géo-stratégique , la victoire fut grande et belle pour Nasser. Chantre de la rébellion contre l'Occident colonisateur , son aura s'en vit illuminé à travers les pays du golfe Arabo-persique.
Fort de cet ascendant , il décida d'unir l'Egypte et la Syrie dans un grand pays la République Arabe Unie , montra son hostilité quand à la souveraineté en Irak , soutint l'opposition au Shah d'Iran et acquiesça l'autorité de mouvements tel que le FLN en Algérie ou l'envoi de troupe pour soutenir la jeune République Yéménite.

La guerre contre Israel tournant à son désavantage , il accepta des bases Soviétiques sur son territoires afin de sursoir à d'éventuelles menaces ultérieur. Mais inquiets de cette évolution , les USA proposèrent à Nasser le plan Rogers qu'il accepta. Sa mort en 1970 en vit cependant le terme.



DE SADATE A MOUBARAK :
Première mesure du nouveau président Sadate , renoué avec les pays pétroliers Arabes. En 1972 , il expulsa les conseillers de l'Union Soviétique et déclencha , un an plus tard avec la Syrie une guerre éclair contre Israel. Les accords signés laissèrent la place à une nouvelle ère. Il stoppa ses relations avec l'Empire Soviétique (1976) et se concentra sur l'Occident , ce qui provoqua des révoltes écrasées dans le sang.

Sadate entreprit ensuite un rapprochement avec Israel , (les accords de Camp David 1979 ) ce qui lui valut l'hostilité des pays Arabes , boycottant sine-die les produits manufacturés égyptien. Il fut assassiné le 6 octobre 1981 , par un commando islamiste.

C'est ainsi qu'Hosni Moubarak entre sur la scène internationale. Sa priorité fut de renouer avec le monde Arabe , et son soutien à l'Irak lors de la guerre contre l'Iran lui valut les faveurs de ses anciens partenaires. Le pays fut réintroduit dans la Ligue Arabe en 1989 et en 1990 il redevint le siège de la Ligue Arabe. En 1995 cependant un attentat perpétré par des intégristes faillit lui coûter la vie.

Depuis , le gouvernement doit faire face à une radicalisation des extrémistes musulmans , lui reprochant un alignement sur la politique Américaine. La crise économique sévissant dans le pays n'arrangeant rien à l'affaire , tout les germes d'un conflit majeur sont en place et ce ce que nous verront dans le prochain article !

Je vous proposerais donc une analyse économique des forces et des faiblesses du pays et je terminerais par ces événements extraordinaires qui se sont récemment produit.

Portez vous bien et à la semaine prochaine !

Boris Rannou.

mardi 19 avril 2011

Les produits de consommation courante : comment ont évolué leurs prix ces dernières années ?

Voici un tableau de l'évolution des prix. On comprend mieux le ras le bol de la population française , et certainement même , européenne.
Foutons ces clowns dehors , ceux qui jouent au yoyo avec notre porte-monnaie , les patrons des grandes surfaces , les traders qui s'amusent avec le coût des matières premières ... Le système financier qui nous bouffe et nous prend pour des imbéciles !

Boris Rannou.

lundi 18 avril 2011

Non, le peuple n’est pas une masse brutale et ignorante

Le mot «populisme» a beaucoup servi ces derniers mois. Il a été prononcé à propos des attaques contre l’islam de Marine Le Pen, de la dénonciation des élites de Jean-Luc Mélenchon, de la transformation des Roms en boucs émissaires par Nicolas Sarkozy… De quoi est donc fait ce populisme qui frappe les démocraties occidentales ? Libération a sollicité trois philosophes: Jacques Rancière (lire ci-dessous) qui critique la notion même de populisme. Enzo Traverso qui s’inquiète de la montée de l’islamophobie et Bernard Stiegler qui analyse le «populisme industriel» né du passage de la démocratie de l’écrit à la société de l’image analogique.

«Il ne se passe pas de jour où l’on n’entende dénoncer les risques du populisme. Il n’est pas pour autant facile de saisir ce que le mot désigne. Qu’est-ce qu’un populiste ? A travers tous les flottements du mot, le discours dominant semble le caractériser par trois traits essentiels : un style d’interlocution qui s’adresse directement au peuple par-delà ses représentants et ses notables ; l’affirmation que gouvernements et élites dirigeantes se soucient de leurs propres intérêts plus que de la chose publique ; une rhétorique identitaire qui exprime la crainte et le rejet des étrangers.

Il est clair pourtant qu’aucune nécessité ne lie ces trois traits. Qu’il existe une entité appelée peuple qui est la source du pouvoir et l’interlocuteur prioritaire du discours politique, c’est la conviction qui animait les orateurs républicains et socialistes d’antan. Il ne s’y lie aucune forme de sentiment raciste ou xénophobe. Que nos politiciens pensent à leur carrière plus qu’à l’avenir de leurs concitoyens et que nos gouvernants vivent en symbiose avec les représentants des grands intérêts financiers, il n’est besoin d’aucun démagogue pour le proclamer. La même presse qui dénonce les dérives «populistes» nous en fournit jour après jour les témoignages les plus détaillés. De leur côté, les chefs d’Etat et de gouvernement dits «populistes», comme Silvio Berlusconi ou Nicolas Sarkozy, se gardent bien de propager l’idée «populiste» que les élites sont corrompues. Le terme «populisme» ne sert pas à caractériser une force politique définie. Il ne désigne pas une idéologie ni même un style politique cohérent. Il sert simplement à dessiner l’image d’un certain peuple.

Car «le peuple» n’existe pas. Ce qui existe ce sont des figures diverses, voire antagoniques du peuple, des figures construites en privilégiant certains modes de rassemblement, certains traits distinctifs, certaines capacités ou incapacités. La notion de populisme construit un peuple caractérisé par l’alliage redoutable d’une capacité - la puissance brute du grand nombre - et d’une incapacité - l’ignorance attribuée à ce même grand nombre. Pour cela, le troisième trait, le racisme, est essentiel. Il s’agit de montrer à des démocrates toujours suspects d’«angélisme», ce qu’est en vérité le peuple profond : une meute habitée par une pulsion primaire de rejet qui vise en même temps les gouvernants qu’elle déclare traîtres, faute de comprendre la complexité des mécanismes politiques, et les étrangers qu’elle redoute par attachement atavique à un cadre de vie menacé par l’évolution démographique, économique et sociale. La notion de populisme remet en scène une image du peuple élaborée à la fin du XIXe siècle par des penseurs comme Hippolyte Taine et Gustave Le Bon, effrayés par la Commune de Paris et la montée du mouvement ouvrier : celle des foules ignorantes impressionnées par les mots sonores des «meneurs» et menées aux violences extrêmes par la circulation de rumeurs incontrôlées et de frayeurs contagieuses.

Ces déchaînements épidémiques de foules aveugles entraînées par des leaders charismatiques sont-ils vraiment à l’ordre du jour chez nous ? Quels que soient les griefs exprimés tous les jours à l’égard des immigrés et notamment des «jeunes des banlieues», ils ne se traduisent pas en manifestations populaires de masse. Ce qu’on appelle racisme aujourd’hui dans notre pays est essentiellement la conjonction de deux choses. Ce sont d’abord des formes de discrimination à l’embauche ou au logement qui s’exercent parfaitement dans des bureaux aseptisés. Ce sont ensuite des mesures d’Etat dont aucune n’a été la conséquence de mouvements de masse : restrictions à l’entrée du territoire, refus de donner des papiers à des gens qui travaillent, cotisent et paient des impôts en France depuis des années, restriction du droit du sol, double peine, lois contre le foulard et la burqa, taux imposés de reconduites à la frontière ou de démantèlements de campements de nomades. Ces mesures ont pour but essentiel de précariser une partie de la population quant à ses droits de travailleurs ou de citoyens, de constituer une population de travailleurs qui peuvent toujours être renvoyés chez eux et de Français qui ne sont pas assurés de le rester.

Ces mesures sont appuyées par une campagne idéologique, justifiant cette diminution de droits par l’évidence d’une non-appartenance aux traits caractérisant l’identité nationale. Mais ce ne sont pas les «populistes» du Front national qui ont déclenché cette campagne. Ce sont des intellectuels, de gauche dit-on, qui ont trouvé l’argument imparable : ces gens-là ne sont pas vraiment français puisqu’ils ne sont pas laïques.

Le récent «dérapage» de Marine Le Pen est à cet égard instructif. Il ne fait en effet que condenser en une image concrète une séquence discursive (musulman = islamiste = nazi) qui traîne un peu partout dans la prose dite républicaine. L’extrême droite «populiste» n’exprime pas une passion xénophobe spécifique émanant des profondeurs du corps populaire ; elle est un satellite qui monnaye à son profit les stratégies d’Etat et les campagnes intellectuelles distinguées. L’Etat entretient le sentiment permanent d’une insécurité qui mêle les risques de la crise et du chômage à ceux du verglas ou du formamide pour faire culminer le tout dans la menace suprême de l’islamiste terroriste. L’extrême droite met les couleurs de la chair et du sang sur le portrait standard dessiné par les mesures ministérielles et la prose des idéologues.

Ainsi ni les «populistes» ni le peuple mis en scène par les dénonciations rituelles du populisme ne répondent-ils vraiment à leur définition. Mais peu importe à ceux qui en agitent le fantôme. L’essentiel, pour eux, est d’amalgamer l’idée même du peuple démocratique à l’image de la foule dangereuse. Et d’en tirer la conclusion que nous devons nous en remettre à ceux qui nous gouvernent et que toute contestation de leur légitimité et de leur intégrité est la porte ouverte aux totalitarismes. «Mieux vaut une république bananière qu’une France fasciste», disait un des plus sinistres slogans antilepénistes d’avril 2002. Le battage actuel sur les dangers mortels du populisme vise à fonder en théorie l’idée que nous n’avons pas d’autre choix.»

Par JACQUES RANCIÈRE Philosophe

vendredi 15 avril 2011

Contre la loi Loppsi II

Nous, nomades, citoyens en mouvement, victimes d’exclusion par le logement, par notre mode de vie, par notre ethnie, par nos convictions humanistes de liberté et nos convictions écologiques, nous avons fait le choix de créer le collectif éphémère « nomades et citoyens en mouvement » afin de dénoncer la loi « Loppsi2 » qui méprise, bafoue nos libertés individuelles et publiques et instaure un contrôle généralisé de l’ensemble de la population avec ce nouvel Etat policier ; surveillance d’internet, mouchard dans nos ordinateurs, plus de pouvoir aux policiers municipaux, triplement des caméras de surveillance, couvre-feu pour les mineurs de 13 ans, fermeture facilitée des épiceries de nuit, création du délit de « vendeur à la sauvette », interdiction de mode d’habitat « choisi »… La chasse à « l’étranger » voulue par Nicolas SARKOZY s’accélère…

Par l’article 32Ter de la loi LOPPSI2 (Loi d’Orientation pour la Programmation et la Performance de la Sécurité Intérieure) le gouvernement met en œuvre l’extermination sociale des plus pauvres, des précaires, des plus démunis, de ceux qui cherchent une alternative à ce système d’oppression capitaliste par leur choix d’habiter, d’éduquer, de se soigner, de manger, de penser, de vivre « différemment » tout simplement !

Cet article criminalise tout abri « hors norme » en créant une catégorie de « logements illicites ». Il sera désormais hors la loi de se loger en France dans une cabane ou tout local auto-construit non inclus dans le code normatif de l’urbanisme, et même sous une tente, qu’il s’agisse d’un abri de fortune ou d’une yourte écologique.

La loi autorisera l’expulsion des personnes et des familles vivant dans ces habitations sous 48h (se moquant de la trêve hivernale et sans obligation de proposer une solution de relogement ou d’hébergement) et autorisera la destruction de leurs biens s’ils ne se soumettent pas à cette décision arbitraire (car cette loi viole le droit de tout citoyen à une procédure équitable et contradictoire, où chacun peut expliquer sa situation et ses choix devant un juge).

La destruction des habitats « précaires » inaugure une violation de domicile « légale » sous des prétextes répressifs.

Alors que le bilan de la loi DALO (Droit au Logement Opposable) est catastrophique,

Alors que le gouvernement augmente les taxes sur les HLM,

Alors qu’il détourne le 1% logement vers les plus aisés,

Alors que la loi SRU est bafouée,

Alors que les quartiers « difficiles » sont piégés en ghettos de violence.

Cette nouvelle loi étend les discriminations ethniques, ordonnées par les circulaires Hortefeux contre les camps de Roms et des gens du voyage, à toute personne sur le territoire français qui se loge par ses propres moyens et selon ses convictions.

Le gouvernement profite de la xénophobie à l’égard des Roms pour amplifier sa chasse aux différences, englobant toute expression de la contre-culture. Car cette loi vise et stigmatise clairement l’avant-garde d’une transformation de société, engagée dans des modes de vie sobres et éthiques (transformation pourtant appelée par tous les experts de la préservation du climat, des ressources et de la bio-diversité !). L’éradication autoritaire de toute forme de solutions spontanées, de toute alternative au mode conformiste d’habiter constitue une mesure radicale extrêmement grave qui, en éliminant toute forme d’inventivité populaire ainsi que toute visibilité des catégories sociales les plus exposées, enraye le processus de résolution des conflits environnementaux et sociaux et d’élaboration de « solutions locales pour un désordre global ».

Nous appelons toutes les forces citoyennes, militantes et les organisations qui se reconnaissent dans ce combat pour le droit, l’égalité, la justice et la liberté à se joindre à nous, à se rassembler et à se mobiliser contre la loi LOPPSI2 jusqu’à la victoire ! CETTE LOI NE DOIT PAS PASSER !!!

Le Collectif éphémère « nomades et citoyens en mouvement ».

Rassemblement à Montpellier, samedi 8 janvier à 14h, devant la préfecture.

Illustration : http://www.maelable.fr/loppsi/loppsi2.jpg

De : Rosa

jeudi 14 avril 2011

Les Chroniques Politiques du Je(u)di : Claude Guéant

Aujourd'hui dans les chroniques politiques : Claude Guéant .

Notre nouveau ministre de la propagande , heu pardon de l'intérieur.
fier poitrine au vent , arpente les trottoirs autour de l'assemblée nationale avec l'envie farouche d'en découdre.
Arborant un beau sourire conquérant , il est là et bien là. Les choses vont changer , suffit les manières , il veut l'empire . La gloire de cet empire colonial , heu cette main tendue , forte et affirmée.
Et d'un coup d'un seul , il lance des débats cruciaux sur des sujets cruciaux :

Est-ce que les Arabes ont le droit de séjourner en France ? (ce qui donne en politiquement correct : "le débat sur la laïcité) ...
Question essentielle ! Farouchement intéressante quand il s'agit de marquer des points à un an de la présidentielle .

Alors ça y est ! Le parangon pangermaniste du président est arrivé ! Nous nous devons de mettre cette France de faignant au travail , et de remplir de cadeaux fiscaux les poches de nos gentils pourvoyeurs de fonds de campagne électorale...

Vous verrez se multiplier les bêtises et les inepties durant ces longs mois qui nous séparent de l'élection suprême , des délires d'un autre siècle pour lesquels certain français aiment à faire le dos rond : immigration , sécurité , ordre moral , justice intransigeante...

Et c'est contre ça qu'il faut lutter et surtout PROPOSER autre chose ! Un programme de gauche clair précis et concis est à définir au plus vite , signé par le Front de Gauche , le PCF , la LCR et LO qui doivent se regrouper en une seule et même association pour sortir de l'ombre de ce parti socialiste abêtissant et lourd.

Qui à voix au chapitre pour dire a M.Guéant : "Vous êtes un idiot qui ne comprenez rien à la politique , sinon de servir les intérêts de votre maitre Sarkorky ,et d'essaimer le trouble social . Face à votre nullité , résignez vous et présentez votre démission !"?

Non , personne ne lui dit cela , encore moins ses collègues d'(extrême) droite qui le soutienne en pleine séance de l'assemblée nationale , à grand renfort de haussement de ton et de formule alambiquée , censée nous faire croire qu'il existe un clivage politique entre ces énarques corrompus. Parce qu'il s'agit bien de corruption ! Ce n'est pas du populisme que de constater qu'ils sont accrochés à leur pouvoir et leur statut comme des chiens à leurs os . Seulement les os , c'est nous et nous sommes à nus , et ils commencent à attaquer la moelle...

Cette fonction politique est viciée , tant de privilèges octroyés pour si peu de travail réalisé ; car que font ils ? Que font ils dans leur ministère et voiture de fonction , sinon sillonner le pays et le monde à la recherche de contrats à signer avec l'élite bourgeoise ? Et de temps en temps à amuser la galerie face aux caméras ? Nous sommes les dindons d'une farce médiatique irrésolue , triste spectacle de clowns pitoyables , sans buts , avides de privilèges et de jouissance.

Il faut que tout cela cesse , pour que nous n'ayons plus ces stupides figures d'une République moribonde , à l'image de ce Guéant , crachant sur "l'autre" , ces étrangers qu'ils n' a certainement jamais fréquentés dans ses beaux quartiers.

La politique doit être un métier , dont la rémunération doit s'opérer sur le revenu médian des citoyens qui élisent leur représentant.
Commencer au moins par cela.

Pour les lustres de la République , on verra ensuite , mais de grâce , épargnez nous ce soldat Guéant , montant au front d'un intégrisme politique sordide et dérangeant.

Si vous ne la faites pas pour nous , faites le pour vous , avant que les loups , les vrais , ne viennent sonner à votre péron.

Allez , courage citoyens et à la semaine prochaine , pour une autre chronique !

Boris Rannou.

mercredi 13 avril 2011

La Révolte en Tunisie

Bonjour à tous !
Aujourd'hui je vous propose un éclairage sur la Révolte Tunisienne , point de départ d'un embrasement libertaire (?) du monde Arabe .

HISTOIRE DE LA TUNISIE.


Résumé historique rapide


Peuple initialement composés de nomades berbères , son métissage intervint très top dans la genèse du pays.
Fondant la puissante Carthage en 813 avJC cette ville devait devenir le symbole du commerce florissant de l'époque.
La conquête Arabe , en 698 de la ville , lui donna un nouveau nom : Tunis.
En 1830 , la conquête d'Alger par la France , mis en avant ce joyau de la méditerranée pour les colons français .
Et en 1836 , pour empêcher un débarquement Ottoman , les français envoyèrent la troupe , première étape d'une longue colonisation.
En effet , face à la crise financière provoquée par la chute des ressources tunisiennes (fin de la piraterie , baisse du cours de l'huile , et concurrence des produits européens) les dirigeants de l'époque , les beys s'employèrent à moderniser le pays tout en restant sous la houlette financière des européens.
La crise financière de 1869 finit par ruiner l'état tunisien et il accepta de fait une triple domination franco-italo-britannique et présidée par la France.
Prétextant une invasion imaginaire , les français envoyèrent 30 000 hommes pour damer le pions aux Italiens et ainsi mettre la Tunisie sous protectorat français.

Le protectorat français ( 1881-1955)


Les villes du Sud de la Tunisie se révoltèrent mais la prise de Sfax (juillet 1881) fut durement réprimé.
A la convention de la Marsa , le bey en place dut reconnaitre la légitimité du pouvoir français et il ne fut dès lors que relégué à un rôle symbolique.
La reconstruction fut lancée : développement des communications , de l'agriculture , de l'extraction minière , création de nombreuses industries .
Mais cela profita essentiellement aux colons et dans une moindre mesure à la bourgeoisie locale.
La naissance du parti des Jeunes-Tunisiens , en 1907 , augura d'une volonté de disposer de son territoire en toute puissance.
Dans ces temps troubles (1911-1937) , les émeutes durement réprimés attisèrent encore plus la nécessité de renverser le protectorat français.
Mais la 2nd guerre mondiale arrivant , la jeunesse tunisienne fut mobilisée pour aller se battre aux cotés des forces résistantes à l'Axe.
La fondation du parti Destour , permis de mettre en avant un jeune militant d'alors , Bourguiba qui en 1952 , opposé à la France fut arrêté.
L'agitation populaire s'intensifia et la résistance armée vit le jour.
LE 20 mai 1956 , le gouvernement de Pierre Mendès-France , reconnut l'indépendance totale.

Après l'indépendance de 1956

Les difficultés économiques auxquelles fait face la Tunisie sont importantes : une terre agricole moins productives que ses voisins , une faible infrastructure portuaire , et un équipement industrielle resté à l'état quasi nul.
Le pays adopte donc des mesures collectivistes sous l'égide du président Bourgiba , et en 1970 le développement du secteur privé et des produits manufacturés relèvent la barre de la croissance.
En 1986 , première année de croissance négative , l'UGTT organise des grèves pour protester contre la politique économique du pays , et face à la montée des tensions , le président Bourguiba fait appel à l'aide du FMI qui organise un plan de restructuration financier et économique.
Les dépenses publiques se concentrent sur les secteurs de la santé, de l’éducation, du logement et des services. Le gouvernement ne lance cependant pas de véritables programmes avant 1987.
Depuis le l'avènement de ce nouveau programme de privatisation en 1987, le gouvernement a totalement ou partiellement privatisé 203 entreprises, dont de grands établissements publics tel Tunisie Télécom, pour une recette globale de 5 557 millions de dinars.
Mais le pays n'est pas préparé a entrée dans cette nouvelle ère et le taux de chômage , même des plus diplômés , atteint 20 % contre une moyenne nationale de 14 %, voire près de 60 % dans certaines filières selon une enquête de la Banque mondiale alors qu’il était de 4 % en 1997 et de 0,7 % en 1984.

Le président de la République Tunisienne peut se présenter jusqu'à l'âge de 75 ans et autant de fois qu'il le veut. La Tunisie n’a connu que quatre présidents au cours de son histoire moderne : Habib Bourguiba (du 25 juillet 1957 au 7 novembre 1987), Zine el-Abidine Ben Ali (du 7 novembre 1987 au 14 janvier 2011), Mohamed Ghannouchi (à titre intérimaire du 14 au 15 janvier 2011) et enfin Fouad Mebazaa‎ à titre intérimaire depuis le 15 janvier 2011.

Le RCD a été le seul parti au pouvoir durant 25 ans ! on comprend mieux dès lors la lassitude de l'opinion publique !

Les clivages politiques non respectés et une faible opposition , une liberté de la presse quasi absente ont contribué a donner l'image d'un pays difficilement "cernable" sur le plan politique.. Beaucoup d'organisations non gouvernementales ont mis en avant la faible participation démocratique des citoyens à la vie du pays , fautes de partis ,et à la répression dur et féroce des opposants..


LES REVOLTES DE 2010-2011.

L'embrasement

Le 17 décembre 2010 , l'immolation par le feu d'un jeune vendeur de fruits et légumes Mohamed Bouazizi déclencha l'ire du peuple tunisien. Révulsé par la gouvernance à tendance mafieuse du président Ben-Ali et du clan de son épouse , les Trabelsi , le peuple tunisien réclame sa démission.
Face à cette montée en puissance d'indépendance médiatique et financière , le président Ben-Ali le 13 janvier 2011 , proclame lors d'une intervention télévisée , une totale indépendance de la presse et la liberté d'expression politique , mais rien n'y fait , il doit partir ; ainsi en a décider le peuple qui l'a élu.
Le président de la Chambres des députés, Fouad Mebazaa‎ est chargé d’organiser des élections présidentielles dans les soixante jours .Le 17 janvier, un « gouvernement d’union nationale » de 24 membres incluant des opposants au régime est constitué.
Mais la présence de membres du RCD , entraine de nouvelles manifestations et face à la pression de la rue exigeant leurs départ, un remaniement ministériel a lieu le 27 janvier, écartant définitivement (hormis Mohamed Ghannouchi) les anciens membres du RCD de toutes responsabilités gouvernementales.
Ghannouchi est cependant contraint de démissionner à son tour le 27 février à la suite de plusieurs jours de manifestations marquées par des violences ; il est remplacé le jour même à son poste par l’avocat Béji Caïd Essebsi.

Et maintenant , deux mois après la Révolution de Jasmin ?


Les soldats et les chars circulent toujours en centre ville mais les Tunisiens savourent leur victoire.

Le témoignage d'une vieille dame madame M'Barka est éloquent :

« Pour moi, ça n’a rien changé, répond-elle. À mon âge (80 ans), je suis obligée de travailler, car je n’ai pas de retraite. Ici, je gagne 400 dinars par mois. Mais ça ne suffit pas. La semoule, le lait, l’huile, le gaz... : tout est cher ! J’aide aussi mon petit-fils, qui est au chômage.
Ma hantise, c’est qu’il prenne le bateau pour l’Italie. »

Malgré le départ de Ben-Ali , la classe moyenne ne peut toujours pas joindre les deux bouts.

Aussi , témoigne une autre femme , Maya :

« Aujourd’hui, il y a un clivage entre nos lois progressistes, qui font de nous les femmes les plus émancipées du monde arabe, et la réalité d’une société tunisienne, qui n’a pas encore digéré notre liberté. Par exemple, je ne peux pas me promener en minijupe dans les rues de Tunis sans me faire insulter. »

Ce qu'elle craint le plus est la radicalisation d'un Islam sociale :

« Si la religion devient un projet politique, nous risquons de perdre nos acquis.
En tant que Tunisienne, je suis très mobilisée.
Et je ne suis pas la seule. Je milite dans une association féministe pour combattre la montée de l’intégrisme et informer les femmes de leurs droits. Je le fais pour la fille que je vais mettre au monde. »

Quelle plus belle leçon ?

A la semaine prochaine pour parler de la révolte en Egypte !
Bonne semaine et portez vous bien.

Boris Rannou.

mardi 12 avril 2011

Iran : nouvelle condamnation à la peine de mort pour sodomie

D'habitude, les Iraniens condamnés à mort pour sodomie n'ont pas de nom. Depuis la révolution islamique de 1979, ils finissent simplement par centaines au bout d'une corde, dans l'anonymat. Plusieurs raisons à cela : d'abord la honte des familles, qui refusent de révéler l'identité des « délinquants sexuels » condamnés. Mais la prudence du système judiciaire iranien aussi, échaudé depuis la mise à mort de mineurs, en juillet 2005, une peine qui a réveillé les organisations internationales de défense des droits de l'homme.

D'habitude, les gays exécutés en Iran périssent donc à l'abri des regards. Mais là, c'est différent. Ebrahim Hamidi a une identité. Sa famille est riche et ne rougit pas de défendre ouvertement un fils dans le couloir de la mort.
Elle a par ailleurs les moyens, ce qui est rare, de se payer un avocat. Maître Mohammad Mustafahé veut prouver que les nombreuses dénonciations de viols entre hommes en Iran cachent, en fait, des règlements de compte entre clans décidés à laver leur honneur par le sang après la découverte de l'homosexualité d'un fils, qu'elles forcent à dénoncer son « violeur ».

L'avocat a rédigé, dimanche 4 juillet, un communiqué de presse dans lequel il annonce la sentence proclamée à l'encontre de son client par le tribunal régional de Tabriz, dans l'Azerbaïdjan iranien.
Des irrégularités qui auraient dû invalider la procédure

Selon la défense, la cour n'a pas pu prouver « l'acte anal illicite » entre les deux hommes, pourtant au cœur d'un procès désormais devenu banal en République islamique. La cour suprême, saisie à deux reprises, a relevé de nombreuses irrégularité dans l'enquête, des erreurs qui auraient dû invalider la procédure. La condamnation, comme c'est désormais systématiquement le cas dans ce genre d'affaires, se base sur les seuls aveux de l'accusé. Des mots arrachés, selon maître Mustafahé, sous la torture.

L'association en exil de défense des homosexuels iraniens Irqo, seule ONG reconnue venant en aide aux minorités sexuelles persophones, souhaite faire d'Ebrahim Hamidi un symbole. Saghi Ghahraman, depuis Toronto, où est basée l'Irqo, explique :

« A ce jour, il est le seul condamné à mort pour sodomie à avoir les moyens de se payer un avocat et à pouvoir compter sur le soutien actif de ses parents. »

Ceux-ci doivent bien se demander ce que l'on reproche à leur fils, puisqu'en Iran, selon le Président Mahmoud Ahmadinejad, « il n'y a pas d'homosexuels ».

Photo : une corde (Sabbath Photography/Flickr)

Par Blaise Gauquelin

lundi 11 avril 2011

Déclaration Universelle des Droits Monétaires

Déclaration Universelle des Droits Monétaires

Préambule

Ce sont les peuples, par leur travail, qui produisent tous les biens et services mis sur le marché : sans ces biens et services, la monnaie, signe d’échange, n’aurait aucune raison d’être, donc aucune valeur. Par conséquent, le droit à la création de la monnaie appartient aux peuples puisqu’ils en font son existence et sa valeur.

Nous constatons cependant

Des groupes entiers de population n’ont plus accès à l’élémentaire pour simplement survivre parce qu’ils n’ont plus accès à l’argent, ni par leur salaire, ni par le crédit :
plus d’un milliard de personnes, près d’un cinquième de la population mondiale, souffre de la malnutrition, de la faim, du manque de soins et de conditions de travail ou de vie inhumaines, alors que l’Humanité a les moyens intellectuels et techniques pour solutionner facilement tous ces problèmes.

Les besoins sociaux, éducatifs, thérapeutiques, écologiques sont immenses et non résolus, ils sont une source extraordinaire d’emplois. Pourtant, il y a des millions de personnes au chômage. L’économie dite « irréelle » a des impacts de plus en plus graves sur l’économie dite « réelle » : les Citoyens ne peuvent plus rien comprendre à une économie qui détermine pourtant toutes leurs conditions d’existence, à cause d’une fausse science, complexe, truffée de concepts erronés, et interdisant toute interprétation simple des problèmes monétaires et économiques. La misère et le désespoir engendrés par l’inefficacité et la perversité du système monétaire ne cesse de grandir, chaque jour.

Le système monétaire actuel est un monopole privé, géré par des intérêts uniquement privés et sans aucune conscience des intérêts des Peuples. Les Citoyens n’ont ni contrôle, ni pouvoir de décision sur l’émission de la monnaie, sur ses règles de circulation et sur les taux d’intérêts. La transparence est inexistante ou illusoire. Cet état de fait a de lourdes conséquences :

Les monnaies sont payantes : depuis que l’argent n’est plus indexé sur une mesure étalon, la monnaie est fabriquée à partir de rien par les banques privées, sous forme de crédits correspondant à de simples lignes d’écriture sur des écrans d’ordinateurs et sans qu’elles en possèdent l’équivalent dans leur trésorerie interne. Les Citoyens ne leur ont absolument pas donné en toute connaissance ce droit de faux-monnayage et de gestion de leur monnaie. Malgré cette création ex-nihilo, donc ne coûtant strictement rien, tout crédit fait l’objet d’un taux d’usure, l’intérêt. Ce taux d’usure ou d’intérêt est la cause indirecte et principale de l’inflation.

Cet intérêt est partout générateur de crises et d’appauvrissement pour un nombre toujours plus important d’humains. À cause de lui, des milliers de personnes endettées se suicident chaque année, partout dans le monde.

Le coût de l’argent représente une part majoritaire du prix des choses. Les Citoyens sont obligés de travailler bien plus qu’ils ne le devraient : les salariés les plus modestes travaillent sans le savoir un tiers de leur temps, toute leur vie, pour l’unique profit du système bancaire, à cause des intérêts cachés que les producteurs, les fabricants ou les constructeurs doivent rendre aux banques et qui se retrouvent dans le prix de vente final de chaque objet ou service. Ainsi un tiers du pouvoir d’achat disparaît dans le remboursement des intérêts : un tiers du temps de travail, puis de retraite, est donc une forme de servage non choisi et effectué sans que les gens en aient conscience.

Les monnaies génèrent un esprit de compétition : l’argent nécessaire au remboursement de l’intérêt n’est pas créé lors de la création des crédits, puisqu’il ne s’agit en réalité que de zéros sur des écrans d’ordinateurs. Par conséquent, les acteurs économiques sont en compétition permanente pour obtenir l’argent nécessaire au remboursement de l’intérêt. Cet impératif est en grande partie responsable de la course folle au profit.

Les monnaies sont constamment instables : suivant une courbe exponentielle, le montant de l’intérêt peut rapidement dépasser la masse monétaire totale en circulation. Pour cette raison, les systèmes monétaires n’ont pas d’autres alternatives que l’effondrement, lorsque le poids des intérêts dépasse la masse monétaire initialement nécessaire aux transactions, et ce sont les Citoyens innocents qui en supportent les conséquences.

Cette façon dont l’argent est créé aujourd’hui pour les économies nationales ou internationales mène inévitablement à des krachs fréquents et extrêmement destructeurs. Même en période normale, elles aboutissent à un système monétaire qui incite presque tout le monde à faire de l’argent de façon très nuisible à l’éthique, à la société, aux milieux naturels et à l’économie. L’obligation de faire du profit, à n’importe quelles conditions, déshumanise tous les rapports sociaux. Au lieu de résoudre les besoins de chacun et d’être au service des Humains, l’économie n’est plus qu’une gigantesque machine à faire de l’argent au profit de quelques privilégiés. Les risques et les pertes du système sont supportés par la collectivité publique, tandis que le privé engrange seul les bénéfices.

Les banques privées n’ont aucun souci de l’intérêt général et leur unique raison d’être est de faire du profit : ceci se fait au mépris de l’Humanité, des droits civiques, du droit des générations futures et de l’environnement. À peine remises d’une crise boursière grave, qui, sans l’argent des contribuables les aurait mises en faillite, les banques recommencent leurs pratiques pour se renflouer comme si rien ne s’était passé, tandis que des milliers de personnes ont perdu leur emploi, leur maison et leur future retraite. Les dirigeants et les grands actionnaires des banques reçoivent encore des salaires et toutes sortes de bonus, dont le montant défit toute éthique et toute compréhension, alors qu’ils devraient rembourser leurs dettes et réparer les préjudices moraux et matériels subis par leurs victimes.

Normalement, le système boursier devrait permettre aux entreprises de trouver des financements pour leur développement, mais il est devenu une sorte de casino pour les spéculateurs et les actionnaires. Ils n’ont, globalement, aucun souci de l’intérêt des travailleurs qui sont pourtant les vrais créateurs de la richesse de ces mêmes entreprises. Actionnaires et spéculateurs n’ont qu’un seul objectif : engranger un maximum de profits, le plus rapidement possible, quel qu’en soit le coût humain pour les salariés et le tissu social local ou le pays qui les abrite. Pour alimenter leur avidité sans fin, des milliers d’emplois, issus d’entreprises pourtant florissantes, peuvent se trouver détruits par de simples jeux spéculatifs ou des licenciements boursiers, à la vitesse d’un clic informatique.

Du jour au lendemain, les Citoyens peuvent voir leur entreprise fermée, leur monnaie dévaluée, leur compte bloqué, leur État déstabilisé ou ruiné, la rigueur s’installer, non pas pour des raisons économiques valides, mais uniquement à cause des crises monétaires engendrées par le système boursier. Celui-ci, de crises en crises, totalement hystérique, pris de panique à la moindre rumeur et soumis à des agences de notation sans éthique, devient incontrôlable. Au gré de leurs simples besoins spéculatifs, ces agences se permettent de noter les économies des pays et d’influencer ou de détruire la vie de millions de Citoyens, alors qu’elles n’ont aucun mandat démocratique pour le faire, ni aucune légitimité technique. Par crainte d’un effondrement, pour « calmer les marchés », les gouvernements préfèrent sauver les banques privées et mettre en place des mesures d’austérité, plutôt que de venir en aide aux plus démunis et de préserver le climat et la biodiversité. Ce sont les Citoyens, à leur détriment, par le biais de leur État, qui renflouent les banques privées, pour éviter que le système ne s’écroule brutalement.

Jusqu’à présent, les réponses gouvernementales se concentrent uniquement sur les symptômes, et non sur les causes fondamentales des problèmes monétaires, comme un constructeur qui essaye d’empêcher une maison de glisser continuellement sur une pente, en réparant toujours le toit et les étages supérieurs, sans se rendre compte que les fondations sont en cause. Les Nations ont pourtant pour responsabilité fondamentale de fabriquer l’argent dont elles ont besoin pour permettre le bon fonctionnement de leur économie et pour assurer le bien-être de leur population. Au lieu de cela, ayant abandonné leur devoir, les gouvernements ont voté des lois iniques qui le leur interdit, tel l’accord 123 du Traité de Lisbonne. Les Nations sont obligées d’emprunter l’argent à des banques privées, ou sur des marchés financiers, contre des dettes et des intérêts toujours croissants, dont la somme devient colossale. Fréquemment, pour rembourser les intérêts de la dette, les gouvernements lancent des emprunts d’État auprès de leurs concitoyens. Ce sont les Citoyens les plus riches qui prêtent, et qui engrangeront des intérêts, tandis que les plus pauvres payeront les intérêts de cette dette dans les impôts : c’est encore un transfert continu d’argent des plus pauvres vers les plus riches.

Sans l’intérêt et si les États fabriquaient eux-mêmes leur propre monnaie, il n’y aurait ni déficit, ni dette. Mais à cause de la dette et de l’intérêt que les États doivent rendre au privé, les États sont en déficit permanent. Il s’aggrave vertigineusement, année après année. Les générations futures, avant même de naître, sont chaque jour plus endettées, sur des sommes portant sur des milliards de dollars, simplement pour la consolidation d’un système moribond et le profit de quelques uns. Ainsi l’Humanité est assise sur une montagne de dettes artificielles dont les conséquences sont dramatiques : diminution générale du pouvoir d’achat, extension de la précarité et misère absolue pour une majeure partie de la population terrestre. En privant plus d’un milliard d’enfants du simple minimum vital, l’humanité est en train de s’autodétruire. Pour combler ce déficit toujours grandissant, puisque exponentiel, les États sont obligés de détruire les acquis sociaux et de privatiser les services publics dans une grande régression sociale qui nous ramène des décennies en arrière : des milliers d’emplois, au sein de services collectifs indispensables et déjà exsangues, se trouvent détruits pour des raisons budgétaires fausses et irrationnelles.

Toujours pour rembourser leurs dettes auprès des banques privées, les gouvernements sont obligés de maintenir une croissance continue, et de faire accroire cette croissance indispensable et bénéfique. La croissance est devenue une véritable religion, despotique, un mode unique de solutions pour tous les pays. Elle entraîne pourtant la désintégration de tous les rapports sociaux, la mise en danger de millions d’humains, la disparition d’innombrables espèces végétales ou animales, la destruction des espaces vitaux ainsi que l’empoisonnement des sols et de l’air. L’économie actuelle est exclusivement tournée vers la maximisation des profits et non vers le respect de la vie. Par cela, elle met en danger l’existence même de l’Homme sur la Terre. Cette croissance oblige les entreprises et les pays à vivre dans une concurrence incessante au détriment des plus petits, des plus faibles et de toutes les solidarités. Cette fuite en avant oblige à consommer les ressources de la Terre, bien plus qu’elle n’est en mesure de le supporter. Influençant nos modes de consommation, elle est directement responsable du changement climatique, dont les effets se font déjà gravement sentir, sur toute la planète. Négligeant les cultures vivrières, les pays n’assurent plus leur souveraineté alimentaire, ce qui les fragilise lors des catastrophes naturelles et les rend extrêmement dépendants des pays les plus puissants.

L’économie mondiale a aujourd’hui une capacité technologique et intellectuelle sans précédent dans l’histoire humaine, mais elle ne sert plus qu’à faire de l’argent. Rapporter des dividendes est devenu son unique objectif, au lieu d’être le moyen pour que chacun vive et s’épanouisse. Chaque jour un peu plus, la situation planétaire globale s’enfonce dans le chaos au lieu de s’améliorer. Le système économique et monétaire entraîne un état d’indigence chronique sur tous les continents. En plus d’un déséquilibre écologique gravissime, l’Humanité régresse sur tous les plans. Alors que les échanges sont désormais mondialisés, les différences de valeur portées par les monnaies entraînent des coûts de travail totalement inégalitaires : cela génère de plus en plus de chômage, de délocalisations, d’immigrations et des conditions de travail proches du servage ou de l’esclavage. Jamais les échelles de salaire n’ont été aussi déséquilibrées. Alors qu’une majorité d’êtres humains gagne moins de deux dollars par jour, d’autres possèdent jusqu’à cinquante milliards de dollars. Tandis qu’éclatent des émeutes dues à la faim, partout naissent désespoir, obscurantisme et terrorisme. Les conditions de l’éducation ou de la santé se dégradent. La recherche, pourtant intrinsèquement liée à ce que l’Humanité a de plus nécessaire pour évoluer, perd ses financements ou ne s’occupe plus que de ce qui peut rapporter des royalties.

Cibles des spéculateurs qui jouent sur les monnaies, les pays administrent des remèdes sociaux drastiques à leurs populations sans leur accord : augmentation des impôts, des cotisations et de l’âge de la retraite, diminution des pensions et des aides sociales, suppression d’emplois, mise en extinction des fonctionnaires. Au lieu de résoudre le problème de fond, qui réside directement de la mainmise de la création monétaire par les systèmes bancaires, les États maltraitent gravement leurs populations. Pour contrôler les Citoyens à bout de souffle qui se révoltent, petit à petits, les États se transforment en États policiers, gangrénés par une corruption généralisée : la planète se transforme en un monde uniforme et totalitaire, où la démocratie n’est plus qu’une illusion de façade, puisque les Citoyens, en réalité, ne sont absolument plus maîtres de leur destin. L’accès aux droits fondamentaux des personnes est de plus en plus restreint. Sous prétexte de crise, partout les libertés individuelles diminuent ou disparaissent. En réalité, tous les êtres humains vivent actuellement sous une dictature économique et bancaire, discrète mais redoutablement efficace, qui gouverne leur vie sans leur consentement.

Pour toutes ces raisons, le système monétaire de ce début de XXIème siècle est devenu ingérable et indésirable. Il ne permet pas à l’Humanité de passer à un stade supérieur d’évolution. Il est donc à contre-courant de l’Histoire. Chaque pays victime, un jour, a renversé ses tyrans. Il est temps aussi pour nous de renverser la dictature économique que nous subissons. Par conséquent, nous, Citoyens, adultes, lucides, dotés par naissance du Droit Inaliénable de Décider de Notre Propre Existence, et en vertu des articles 1, 2, 3, 4, 17, 22, 23, 24, 25, 26 et 28 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen, affirmons que le système économique fondé sur la création monétaire par le système bancaire privé est devenu insupportable, inacceptable et illégitime et qu’il est temps de passer de ce système à un système monétaire uniquement public, contrôlé démocratiquement par les Citoyens.

Nous déclarons

Article 1 - Le système économique et monétaire a pour finalité première et prioritaire la satisfaction des besoins et droits fondamentaux décrits dans la Charte des Droits de l’Homme, en particulier en ce qui concerne les droits à l’alimentation, au logement, à la santé, à l’éducation, à la sécurité, au travail et au repos.

Article 2 - La monnaie n’apparaît pas spontanément dans la nature, ni le système monétaire : ce ne sont que des outils fabriqués par l’Homme. Ces outils doivent être au service de l’Humanité et non le contraire : ils peuvent et doivent être améliorés pour le plus grand bien de tous.

Article 3 - L’argent n’est qu’un moyen d’échange entre les personnes, les entreprises, les groupes, les institutions, les États. Il est le fruit du travail de tous, il appartient à tous, il doit être au service et à la disposition de tous, dans la justice et l’équité.

Article 4 - L’argent est un Bien Public Mondial. Le système monétaire est le bien commun de tous les Citoyens de la planète.

Article 5 - L’utilisation du système monétaire est un droit inaliénable et gratuit.

Article 6 - Chaque Citoyen, quelle que soit son origine géographique ou son appartenance, a le droit d’utiliser une monnaie universelle, stable, étalonnée sur une mesure fixe et valable en tout lieu, telle qu’un taux salarial horaire de base.

Article 7 - Nul ne peut être privé, en échange de son travail ou si sa situation médico-sociale l’exige, de l’argent nécessaire à la juste résolution de ses besoins fondamentaux : chaque citoyen, quelle que soit son origine géographique ou son appartenance, a le droit de recevoir une pension ou un salaire décent, basé sur un salaire minimum universel, équivalent sur toute la planète et lui permettant de combler ces mêmes besoins.

Article 8 - Chaque État a le droit et le devoir de créer la monnaie nécessaire à la mise en place d’une économie équitable et saine, grâce à des banques véritablement publiques, contrôlées par les Citoyens. Le pouvoir de création de la totalité de la monnaie est transféré aux Banques Centrales qui sont nationalisées. Il est interdit à qui que ce soit, y compris aux banques commerciales, de créer de la monnaie à partir de rien, tout comme la contrefaçon des billets de banque est interdite et passible de sanctions criminelles.

Article 9 - La monnaie doit être calculée en fonction des capacités de travail, d’échanges, de remboursements et du besoin d’investissement des populations, et harmonisée entre tous les États de la Terre grâce à un organisme international, contrôlé démocratiquement.

Article 10 - La gestion du système monétaire et de la monnaie est donc un processus démocratique et transparent, quel qu’en soit le lieu ou l’échelon administratif.

Article 11 - Le droit à une monnaie stable est un droit inaliénable : par conséquent tous les jeux spéculatifs et les produits générant des formes d’intérêts déguisés sont interdits.

Article 12 - L’intérêt est partout supprimé et interdit. Chaque Citoyen, chaque entreprise, chaque collectivité a le droit d’emprunter sans intérêt auprès de son État, dans la limite de ses capacités de remboursement, et dans le respect de la communauté.

Article 13 - Chaque État a le devoir de prêter sans intérêt à ses Citoyens, ses entreprises ou ses collectivités. Il a toutes possibilités de recouvrer ses créances, soit directement, soit par un système d’assurances collectives.

Article 14 - Chaque État a le droit et le devoir de créer la monnaie nécessaire à une politique de travaux et de services publics afin d’assurer le bien-être de sa population et de résorber le chômage.

Article 15 - La majorité des banques privées est nationalisée et ses emplois sont reconvertis en emplois fonctionnaires pour qu’ils soient au service de tous et des Nations.

Article 16 - Les banques commerciales privées restantes ont le droit de prêter de l’argent à trois conditions : qu’elles aient la contrepartie de l’argent qu’elles prêtent dans leurs trésoreries internes en totalité, que leurs comptabilités soient transparentes et accessibles aux organismes de contrôle Citoyen et que la rémunération de leurs services soit déterminé par contrat sur des sommes fixes prévues d’avance, et non sur l’intérêt ou toute forme de produit financier s’en approchant.

Article 17 - Les places boursières sont fermées. Le système boursier est démantelé, les actions sont calculées sur la valeur réelle et le potentiel des entreprises et rachetées à leur juste valeur par les États, notamment sous forme de prêts d’investissement publics sans intérêts.

Article 18 - Les États créent immédiatement la monnaie nécessaire afin d’offrir à tous un travail respectueux des Droits de l’Homme et de lutter efficacement contre les inégalités sociales, le changement climatique et la destruction de l’environnement.

Lors des accords de Bâle, les chefs des gouvernements du G20 ont montrés qu’ils avaient tous pouvoirs pour prendre des décisions quand ils le voulaient. À compter du 1er Janvier 2011, les membres des gouvernements de chaque État qui ont en charge la gestion de l’économie seront comptables de leurs actions devant les Peuples et devant chaque Citoyen. Ils devront répondre de leur responsabilité quant à la mise en place d’un nouveau système monétaire véritablement juste et équitable et d’une économie respectueuse de chaque être humain et de l’ensemble de l’écosystème planétaire, notamment devant le Tribunal International des Droits de l’Homme et devant le regard des générations futures.

Paris, Earth, décembre 2010

Texte issu de l’intelligence collective, écrit à partir de nombreux auteurs de sites Internet ou de livres.

"Le gouvernement devrait créer, émettre et faire circuler toute la monnaie nécessaire pour faire face à ses dépenses et assurer le pouvoir d’achat des citoyens. Si ce principe était respecté, cela ferait économiser aux contribuables les sommes colossales dues au titre de l’intérêt. L’argent cesserait d’être le maître, il deviendrait le serviteur de l’humanité"... (Abraham Lincoln)

Il est temps pour l’Humanité de sortir de l’âge des ténèbres et de passer à un stade supérieur d’évolution.

http://www.bankster.tv/index.php?topic=135.msg1946#msg1946

De : intelligence collective

vendredi 8 avril 2011

Bébés malformés en Irak : l'armée US pointée du doigt

La ville de Fallujah a été le thaêtre des plus intenses combats menés en Irak par les troupes américaines.

Une étude suppose un lien entre les assauts menées à Fallujah en 2004 et une hausse spectaculaire des fausses couches et des malformations congénitales. L'uranium appauvri pourrait en être à l'origine.

Depuis plusieurs années, la ville irakienne de Fallujah s'alarme du nombre inquiétant de fausses couches et de naissances de bébés difformes.

Pour la première fois, une étude scientifique à paraître dans l'International Journal of Environmental Research and Public Health s'autorise à établir un lien entre les assauts américains meurtriers de 2004 et cette vague d'anomalies génétiques, révèle le Guardian. Les armes utilisées par les Américains, et en premier lieu les bombes et munitions à l'uranium appauvri, pourraient être responsables des taux particulièrement élevés de problèmes cardiaques, de cancers, et de problèmes osseux observés chez les nouveau-nés, estiment les chercheurs.

Selon eux, ces malformations sont 11 fois plus nombreuses ici que dans le reste du monde. En mai, 15% des 547 enfants nés à l'hôpital présentaient une anomalie et plus d'un sur dix naissait avant la fin du 7e mois de grossesse, relève un pédiatre irakien travaillant dans l'hôpital de la ville. Les chercheurs sont d'autant plus inquiets qu'ils estiment ces chiffres largement sous-estimés dans la mesure où une grande partie des habitants privilégient encore l'accouchement à domicile.

D'autre part, certaines coïncidences relevées dans l'étude systématique de 55 familles semblent très improbables. L'étude pointe notamment le cas d'une mère et d'une fille ayant toutes deux donné naissance à des enfants malformés après 2004. Dans le même temps la deuxième femme d'un des deux pères accouchait elle aussi d'un bébé difforme. «Il faut bien avoir à l'esprit qu'en temps normal, la probabilité d'une telle coïncidence est virtuellement nulle», explique au quotidien britannique le toxicologue Mozghan Savabiasfahani, un des auteurs.

Une étude de l'OMS doit être lancée en 2011

C'est notamment pour cette raison que les chercheurs pensent «que la population a été exposée de manière chronique à un agent environnemental». «Nous ne savons pas encore lequel, mais nous procédons à des tests complémentaires pour le déterminer», poursuit Savabiasfahani. Le rapport évoque la piste des métaux qui jouent un rôle notoire dans la stabilité du génome. «Ce sont de bons candidats potentiels à la survenue de malformations congénitales», est-il écrit.

Or en mai et en novembre 2004, les Etats-Unis ont lancé des assauts violents dans la ville de Fallujah et un métal lourd, l'uranium appauvri, est couramment utilisé dans l'armement américain. Plus solide que l'acier, celui-ci provient des déchets des centrales nucléaires américaines. Rapidement, des doutes se sont posés quant à leur nocivité et leur potentiel cancérigène pour les soldats et les populations. Aujourd'hui encore, le débat n'est pas définitivement tranché.

Les experts ne s'interdisent donc pas d'autres pistes. Ils appellent l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à lancer rapidement une étude indépendante sur les bébés de Fallujah afin de déterminer la cause de cette «épidémie d'anormalités». L'OMS avait prévu de lancer ces travaux en 2011, mais la situation encore instable dans la ville pourrait être un frein à leur bon déroulement.

Par Tristan Vey

Crédits photo : © Reuters Photographer / Reuters/REUTERS

jeudi 7 avril 2011

Cameroun 1955-1962 : la guerre cachée de la France en Afrique

Le général de Gaulle, avec à sa gauche Louis-Paul Ajoulat, en visite au Cameroun en mars 1953 (Archives nationales de Yaoundé).

Paris a livré une guerre totale aux indépendantistes camerounais, aujourd'hui dénoncée par le livre-enquête « Kamerun ! »

C'était la guerre. Une guerre avec des dizaines de milliers de morts, à 5 000 km de la métropole, loin du regard d'une opinion fascinée par les « événements » d'Algérie. Et pourtant, cette vraie boucherie s'inscrit dans la lignée des pires conflits coloniaux, Algérie et Indochine.

Aujourd'hui encore, peu de Français savent que leur armée fut engagée sept ans au Cameroun, de 1955 à 1962, pour éradiquer l'UPC, un mouvement « rebelle ». Sept années de guerre totale.

Cette patiente et longue enquête menée par un groupe de journalistes et d'historiens franco-camerounais devrait enfin faire sauter le couvercle.

"Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971)" de Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsisa.« Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971) » de Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, confronte des dizaines de témoins retrouvés dans les deux camps et des milliers de pages d'archives (diplomatiques et militaires) pour arriver à une conclusion limpide : la France a fait la guerre au Cameroun pendant sept ans.

Une guerre totale, pour reprendre l'expression des théoriciens de la doctrine de la guerre révolutionnaire (DGR), radicale et sans merci. La fameuse guerre des cœurs et des esprits, avec l'arsenal d'un exceptionnel dispositif de renseignement fondé sur :

le regroupement forcé de villages,
le quadrillage de la population,
l'action psychologique à grande échelle,
la chasse aux maquis clandestins,
l'exécution ciblée des dirigeants de la rébellion,
la torture érigée en arme de terreur massive.

Bilan : de 20 000 à 120 000 morts

Au Cameroun, pas une famille qui n'ait échappé à cette violence, surtout en Sanaga maritime (entre Douala et Yaoundé) et en pays Bamiléké (dans l'ouest). A l'époque, chacun est sommé de choisir son camp :

soit celui des rebelles de l'UPC, Union des populations du Cameroun, mouvement réclamant l'indépendance du territoire à partir de 1948 ;
soit celui de la France, administrateur de cet état sous tutelle des Nations unies, qui tient à garder le contrôle de son pré-carré.

Le conflit éclate au printemps 1955 par des émeutes dans les grandes villes. Sévèrement réprimées, elles poussent les militants de l'UPC à prendre le chemin de la clandestinité.

Décembre 57 : Paris décide de déployer la zone de pacification du Cameroun (Zopac), réplique du dispositif de la bataille d'Alger conduite par Massu, mais dans un cadre rural. Un certain Pierre Messmer, Haut-commissaire du territoire, est à la manœuvre. En métropole, personne n'est au courant, décrypte Manuel Domergue.

Pierre Messmer (troisième en partant de la gauche) et Maurice Delauney (deuxième en partant de la gauche) rencontrent des chefs traditionnels de l'Ouest vers 1957-1958 (Triluna Film Zurich).

Ce silence s'explique en grande partie par l'absence de curiosité de la presse, le manque d'études historiques (à part celles d'Achille Mbembe et les livres de l'écrivain Mongo Beti), mais surtout par la propagande intense des autorités françaises pour couvrir les exactions commises par des unités militaires souvent composées de supplétifs tchadiens, congolais, sénégalais…

S'il est délicat d'établir un bilan précis des victimes de ce conflit, les auteurs livrent une fourchette d'estimations :

20 000 morts pour la seule année 1960, selon le général Max Briand, chef des opérations militaires ;
20 000 à 100 000 morts entre décembre 1959 et juillet 1961, selon la revue Réalités ;
61 300 à 76 300 civils tués de 1956 à 1964, selon les archives britanniques citées par l'historienne Meredith Terretta ;
120 000 morts pour les trois années d'insurrection en pays Bamiléké, selon André Blanchet, journaliste au Monde citant une source anonyme.

On est donc loin d'un « génocide » tel que le relaient de nombreuses voix militantes sur le Web. Au passage, le lecteur apprendra que l'ouvrage terrifiant et exagéré attribué à un certain Max Bardet est vraisemblablement l'œuvre de Constantin Melnik, ancien patron des services secrets à Matignon sous Michel Debré. Pour autant, ce bilan reste très lourd pour une population estimée à 3 millions de personnes.
La torture, outil de guerre banalisé à grande échelle

Cette grande « efficacité » à éradiquer les maquisards réfugiés dans les forêts montagneuses du pays Bamiléké tient à l'expérience des soldats qui mènent cette « pacification ». Anciens d'Indochine et d'Algérie, ils maîtrisent à la perfection les leçons du colonel Charles Lacheroy, le théoricien de la DGR. Souvent, ils ont aussi servi sous les ordres des colonels Bigeard et Trinquier, maîtres d'œuvre de la bataille d'Alger.

Au Cameroun, ils adaptent leur savoir-faire en généralisant :

les assassinats ciblés des dirigeants de la rébellion (un peu comme le plan Phoenix mené par la CIA au Vietnam dans les années 1967-1972) ;
la torture des opposants pour forcer la conversion des rebelles et faire basculer les civils par la terreur.

Ce dernier volet est particulièrement développé, au point que des fonctionnaires français – un juge ou un sous-préfet qui témoignent pour la première fois dans cet ouvrage – tenteront en vain d'en freiner l'usage. (Voir la vidéo)


Au bout des 650 pages de ce récit captivant, on comprend mieux comment les régimes du pré-carré africain (dont le Cameroun, affirment les auteurs, fut le laboratoire) s'appuient sur des structures sécuritaires très solides.

Entièrement basées sur le renseignement, hyper centralisées autour du chef de l'Etat (le président Ahidjo fut un modèle du genre), elles permettent de contrôler la vie politique et de museler tout opposant.

Par David Servenay

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