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mardi 30 novembre 2010

Le Sénat allège la taxation des retraites-chapeau

La majorité sénatoriale a adopté mardi soir, contre l'avis du gouvernement, un amendement UMP au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2011 qui allège le dispositif de taxation des retraites-chapeau.
Le PLFSS prévoit notamment que le bénéficiaire d e ces retraites complémentaires d'un montant élevé, allouées à certains dirigeants d'entreprise, seront soumises à une nouvelle contribution salariale de 14% qui s'ajoutera aux prélèvements sociaux actuels et à l'impôt sur le revenu déjà acquittés.

Exonération jusqu'à 500 euros


Lors du passage du texte à l'Assemblée nationale, le gouvernement a fait exonérer les petites rentes de cette contribution. Les rentes inférieures à 300 euros par mois n'y seront pas assujetties et les rentes comprises entre 300 et 500 euros seront taxées à 7%. Le Sénat a voté un amendement présenté par Catherine Procaccia (UMP) réhaussant ces seuils de 300 à 500 euros et celui de 500 euros à 700 euros.

«Nous prenons le minimum vieillesse pour référence» car cette contribution s'applique également «aux régimes retraites maison créés par les grandes entreprises au lendemain de la guerre», a argué Philippe Dominati (UMP), également signataire de l'amendement.

«L'amendement coûtera 20 millions», a regretté la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, qui s'est opposée en vain à cette mesure.

La gauche a jugé la contribution des retraites-chapeau «insuffisante» et proposé de l'augmenter en fonction du montant des retraites. «Il faut décourager les scandaleuses pratiques qui ont défrayé la chronique», a expliqué François Autain (CRC-SPG, communistes et Parti de gauche). La discussion du PLFSS 2011, qui a débuté lundi au Sénat, se poursuivra mercredi après-midi et doit durer jusqu'à dimanche.

(Avec AFP)

lundi 29 novembre 2010

Guerre ouverte entre Facebook et Google

Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, lors d'une conférence consacrée à la géolocalisation mercredi 3 novembre. Crédits photo : JUSTIN SULLIVAN/AFP
La tension est maximale depuis que Google a décidé d'empêcher Facebook d'avoir accès aux données de Gmail. Pour les dissuader d'aller travailler chez son concurrent, Google va aussi augmenter tous ses salariés de 10%.
La passe d'armes entre Facebook et Google relève plus de la dispute de cour d'école que des relations entre deux des plus importants sites Internet du monde.

Depuis une semaine, cet échange tient pourtant lieu de feuilleton quasi-quotidien dans la Silicon Valley.

Les hostilités ont été déclenchées par Google. Jusqu'alors, les membres de Facebook pouvaient communiquer leur adresse Gmail pour ajouter automatiquement tous leurs contacts comme amis sur le réseau social. Mais une discrète modification dans les conditions d'utilisation de Google, signalée par le blog TechCrunch, a fortement restreint ces importations automatiques. Désormais, Google exige que le système soit réciproque avant d'ouvrir les vannes. Car il veut pouvoir accéder aux listes d'amis sur Facebook en retour.

Facebook a trouvé lundi une première parade en expliquant à ses membres comment importer manuellement leurs contacts depuis Gmail. Cela lui a valu une réponse mordante de Google, qui s'est dit «déçu que Facebook n'ait pas investi son temps pour permettre à ses utilisateurs d'exporter leurs contacts». Le lendemain, un ingénieur de Facebook a mis Google face à ses contradictions, en rappelant qu'il avait lui-même bloqué l'exportation des contacts sur son réseau social, Orkut. Et d'énoncer un principe intangible : «Chaque personne est propriétaire de sa liste d'amis, mais pas de leurs informations».

Pour Facebook, il n'est en effet pas question de changer de politique. Avec plus de 500 millions de membres, il est en position de force, quand les moyens de pression de Google sont limités. Le réseau social est en effet au cœur du cercle d'amis des internautes (ce que l'on appelle le «social graph»). Il monnaye ses informations à prix d'or à un nombre restreint de partenaires, parmi lesquels figurent Microsoft et Yahoo. Apple, qui n'a pas accepté ses conditions, a dû lancer son réseau social musical Ping sans importation des contacts depuis le réseau social. Il le paye aujourd'hui.

Une augmentation des salaires de 10% chez Google

Ce nouvel affrontement, sur la gestion des contacts, est symptomatique de la rivalité croissante entre Google et Facebook. Alors que le premier enchaîne les déconvenues dans le communautaire, l'autre devient la destination préférée des internautes, se développe dans la publicité, la géolocalisation et le mobile. Et il devient menaçant. «Si les internautes font des recherches en étant sur Facebook, s'ils écrivent des e-mails via Facebook, s'ils font de la messagerie instantanée avec Facebook, alors tout ceci va se faire aux dépens de Google», rappelle Ray Valdes, analyste chez Gartner.

Dans ce contexte, l'opposition se fait aussi plus personnelle. Ces dernières semaines, Google a subi plusieurs départs de cadres de premier plan vers Facebook, tel que Lars Rasmussen, co-fondateur de Google Maps et Google Wave. Pour retenir ses salariés, le PDG de Google, Eric Schmidt, vient d'annoncer une augmentation générale des salaires de 10% dès le 1er janvier. «Nous voulons être certains que vous vous sentez récompensés pour votre labeur, et nous voulons continuer à attirer les meilleures talents chez Google», a-t-il écrit. Aujourd'hui, environ 10% des effectifs de Facebook sont des anciens de Google.

Par Benjamin Ferran

samedi 27 novembre 2010

Le Parti socialiste réclame des comptes à la Hadopi

Sollicité par la Hadopi sur un questionnaire relatif à la communication du dispositif par les députés, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a fait part de son "étonnement" vis-à-vis de la démarche dans une lettre ouverte publiée sur son blog.






En effet, "le questionnaire envoyé ne traite que de questions relatives à la communication de la Hadopi alors même qu'aucune réponse n'a été apportée aux interrogations formulées depuis de longs mois par les députés du groupe socialiste, radical et citoyen", que ce soit sur les moyens de sécurisation, la labellisation de l'offre légale ou le budget dont dispose l'autorité. Le Parti socialiste réclame également un premier bilan sur le volet répressif de la Hadopi.

Les premières attaques de Jean-Marc Ayrault portent sur la faiblesse actuelle du dispositif : l'absence du volet dit "positif" de la Hadopi, la labellisation des moyens de protection et la promotion de l'offre légale, avec un portail officiel. "La répression est en place mais non les moyens de protection", pointe le président du groupe PS, alors que la Hadopi punit la négligence caractérisée, c'est-à-dire l'absence de moyen de sécurisation de son accès à Internet.

INTERROGATIONS SUR LE BUDGET DE LA HADOPI

L'envoi des premiers mails d'avertissement a ainsi commencé alors que la liste des moyens de sécurisation, voire le simple cahier des charges de ces solutions, n'a toujours pas été publiée. "Des logiciels capables de sécuriser totalement un accès à Internet existent-ils réellement ?", demande le député à Marie-Françoise Marais, présidente de la Hadopi, à qui la lettre est adressée.

Jean-Marc Ayrault reproche également que la Hadopi ait "attendu le 5 octobre dernier pour lancer un appel d'offre pour la mise en place du portail de référencement regroupant les possibilités légales d'accéder à une œuvre", une autre mesure phare du dispositif pour faire la promotion de l'offre légale, mais toujours au stade de la réflexion.

Sur la question du budget, le groupe PS "serait intéressé" de connaître le coût de l'opération Carte Musique, qui permet aux jeunes de moins de 25 ans d'acheter de la musique sur Internet à moitié prix, à hauteur de 25 euros par an et par internaute.

Jean-Marc Ayrault s'étonne également que le budget pour la Hadopi s'élève à 12 millions d'euros dans le projet de loi de finances pour 2011 - "cette somme correspond au budget de la Halde en 2010" - alors que 6,7 millions d'euros avaient été demandés lors des débats parlementaires. Budget qui risque de toute façon d'être dépassé pour "faire face à de nouvelles et prévisibles obligations", comme l'indemnisation des frais d'identification des adresses IP par les fournisseurs d'accès, dont M. Ayrault souhaite connaître l'avancée des négociations.

"NOUS SOMMES IMPATIENTS DE CONNAÎTRE LES ARTISTES RÉELLEMENTS PROTÉGÉS"

Autre zone d'ombre autour de la Hadopi, le bilan actuel du volet répressif. Combien de mails ont été envoyés jusqu'à présent ? Quel est le volume visé par la Haute Autorité ? Des personnes morales - entreprises, associations, collectivités - ont-elles été averties ? Jean-Marc Ayrault affirme également que "les députés de mon groupe et moi-même sommes impatients de connaître [les artistes] réellement protégés par la Hadopi", alors que "comme l'a avoué le gouvernement dans ses observations au Conseil constitutionnel, seuls 10 000 titres musicaux et 1 000 films seront surveillés", des chiffres qui selon le député ont été revus à la baisse pour le cinéma.

"Il est fort à craindre que le dispositif mis en place à grand frais par la HAdopi n'apporte finalement pas un centime de plus aux créateurs", conclut le président du groupe PS, un argument souvent mis en avant par les opposants à la loi.
Le Monde.fr

vendredi 26 novembre 2010

L’UE veut modifier le « Traité de Lisbonne »

Dans les conclusions de la réunion du 29 octobre du Conseil européen – constitué des chefs d’Etat et de gouvernement, du président du Conseil européen et du président de la Commission européenne – il est précisé à propos du contenu d’une telle modification qu’il s’agit de « renforcer la surveillance de la politique économique (des Etats membres) » et « d’instaurer un mécanisme permanent destiné à sauvegarder la stabilité du marché financier dans toute la zone euro ». Même la proposition de la chancelière allemande Merkel et du président français Sarkozy qui prévoit de priver, pendant une période assez longue, les pays qui ne respectent pas dans leur budget les critères de déficit* du droit de vote dans tous les organismes européens en ce qui concerne les questions de l’Union monétaire figure – en dépit des protestations des autres gouvernements exprimées avant la réunion et de nombreux articles de presse parus après la réunion – dans le document final du Conseil au titre de « mandat écrit » adressé au président du Conseil.

En décembre 2010, lors d’une nouvelle réunion, le Conseil européen prendra les décisions définitives.

Modification effectuée dans le dos des peuples

Alors que la majorité des articles de presse se concentrent sur la question de savoir qui a imposé sa volonté à Bruxelles et ont recours à toutes sortes de clichés, on n’évoque pas le problème constitutionnel et le caractère explosif des décisions qui sont sur le point d’être prises. La question ne sera pas débattue largement car le président du Conseil van Rompuy a annoncé qu’on adopterait «une procédure simplifiée de modification du Traité qui ne nécessite pas de référendums» ! (Deutschland­funk, 29 octobre)

Les modifications prévues doivent être effectuées relativement vite afin qu’elles puissent être ratifiées «au plus tard au milieu de 2013» sans consultation des citoyens à l’expiration du soutien accordé à la Grèce et des mesures de sauvegarde de l’euro. (Conclusions du Conseil européen du 29 octobre).

La «procédure de modification simplifiée» est réglementée à l’article 48-6 du Traité de Lisbonne, une nouveauté dont on a trop peu débattu compte tenu de son caractère explosif. Karl Albrecht Schachtschneider, dans sa plainte contre le Traité de Lisbonne, avait mis le doigt sur ce point névralgique. L’article 48-6 permet des modifications hors procédure habituelle, c’est-à-dire sans référendums, lesquels sont obligatoires – par exemple en Irlande lors de chaque modification – et demandés dans tous les pays membres.

Encore davantage de mise au pas et de centralisation

Les modifications prévues du Traité ne sont pourtant pas un détail mais une nouvelle étape vers un Etat fédéral donc une transgression des conditions mises par l’Allemagne à son adhésion à l’UE. Dans un commentaire paru le 30 octobre dernier dans la «Neue Zürcher Zeitung», on peut lire: « Le communiqué du Conseil européen […] nous montre que la politique de l’UE vise à l’harmonisation [on pourrait dire également: mise au pas] et à la centralisation. » Et plus encore: le projet de priver du droit de vote est inconnu dans les Etats fédéraux : il rappelle les méthodes utilisées en dictature.

La «surveillance de la politique écono­mique» ne signifierait pas seulement un contrôle des budgets nationaux et par conséquent une ingérence dans les droits prioritaires, historiquement et philosophiquement fondés, du peuple souverain ou de ses représentants dans les parlements. Elle prive les pays encore davantage que jusqu’ici du droit de gérer souverainement leur économie.

Finalement, dans une interview accordée le 29 octobre au «Deutschlandfunk», le président du groupe parlementaire de la CDU-CSU a expliqué ce que le Conseil veut dire lorsqu’il parle d’un «mécanisme permanent de sauvegarde du marché financier dans toute la zone euro». On envisage de modifier l’article 122 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Celui-ci prévoyait jusqu’ici une «aide» financière des Etats membres de l’UE uniquement en cas de catastrophe naturelle et d’autres événements exceptionnels. Il s’agirait maintenant de permettre un transfert financier comme dans le cas de la Grèce et de la sauvegarde de l’euro.

C’est là reconnaître que ce que les gouvernements européens ont fait au printemps dernier à ce sujet n’avait pas de base légale.

Quel avenir pour l’UE?

La voie suivie jusqu’ici mène à une impasse celle de la mise au pas et de la centralisation. La poursuivre constituerait une atteinte à la liberté, au droit et à la démocratie. On peut s’attendre à ce qu’elle n’apporte pas de solution aux problèmes de l’Europe et des Etats européens. La tentative d’éviter les questions fondamentales de l‘UE est vouée à l’échec. Aucune propagande, aussi habile soit-elle, ne pourra empêcher cela, car, finalement toute politique se heurte aux réalités.

Parmi ces réalités, il y a le fait que le modèle néolibéral, qui est à la base des traités de l’UE, a échoué. L’économisme s’est avéré être une mauvaise théorie, une idéologie propagée dans l’intérêt d’une oligarchie. Il ne tient pas compte des hommes, de leur dignité, et de leurs aspirations à la liberté, à l’égalité et à la justice. Parmi ces réalités, il y a également le fait que la classe politique de l’UE et des Etats membres perd de plus en plus de sa crédibilité. Un nombre grandissant de personnes reconnaissent que leurs sociétés sont entraînées dans une mauvaise direction. Parmi ces réalités, il y a encore le fait que les citoyens cherchent partout en Europe à déterminer eux-mêmes leur destin politique.

Une autre voie fondée sur la volonté citoyenne

Y a-t-il une solution? Sans doute uniquement si l’on part d’une volonté sérieuse des citoyens. Il s’agirait notamment de développer une autre Europe fondée sur le droit et l’éthique. Il existe des repères dans l’Histoire, par exemple l’idée d’une «Europe des patries» (Charles de Gaulle) – sans hypertrophie bureaucratique liberticide. Une Europe où les Etats et les peuples puissent décider de nouveau librement quels traités ils veulent conclure. L’UE actuelle est un produit de l’après-guerre. A l’époque, Les Etats-Unis, puissance victorieuse, ont voulu que les peuples de l’Europe se plient à la volonté de Washington et de New York et à cette fin, il fallait les mettre sous tutelle.

Les changements qui se produisent dans le monde ouvrent de nouvelles voies. Ce serait une aubaine pour l’Europe que de devenir indépendante. Elle le doit si elle veut survivre.

Karl Müller, pour Horizons et Débats

* Le déficit annuel ne doit pas dépasser 3% du PIB et la totalité de la dette publique ne doit pas excéder 60% du PIB, conditions que presque aucun Etat de la zone euro ne remplit.

jeudi 25 novembre 2010

(videos) Houellebecq : l’incitation à la haine raciale primée

Un racisme chic et tendance

SALHI Abdel-IllahAbdel-Illah SALHI est journaliste et écrivain.

Il est bizarre, voire honteux, que les critiques et les chroniqueurs les plus crédibles du milieu littéraire aient salué le dernier roman de Michel Houellebecq, Plate-forme, en le couvrant d’éloges, en s’arrêtant longuement sur les thèmes du tourisme sexuel, de l’Occident décadent, de la déprime des cadres, mais en se gardant bien de s’attarder sur la haine raciale et les tonnes d’injures contre les Arabes et les musulmans dont regorge le roman. Les musulmans et leur civilisation y sont la cible d’insultes répétées et font l’objet des amalgames racistes les plus mensongers et les plus dégradants.

Mais commençons d’abord par l’intrigue hyperréaliste de cette fiction sans limites où Jospin se nomme Jospin, Chirac se nomme Chirac et Jacques Maillot idem, mais où il ne faut surtout pas confondre Michel, le héros-narrateur, avec Michel Houellebecq, le poète confidentiel devenu romancier à succès et coqueluche des médias. Une telle confusion, semble-t-il, serait une grave atteinte aux lois de la fiction et aux exigences de la critique littéraire bien française, comme le rappelle avec une bonne dose d’humour forcé Jérôme Garcin dans le Nouvel Observateur daté du 23 août : «Le héros et narrateur se prénomme Michel et il a la quarantaine. (C’est donc l’auteur, s’écrieront ses contempteurs avec la stupide jubilation des gagnants de "Qui veut gagner des millions?").»

Michel, le narrateur donc, un fonctionnaire quadragénaire, apprend l’assassinat de son père dont il va hériter un bon paquet d’argent. Michel se fiche du destin de son père mais souligne que l’assassin est le frère de la bonniche du père, Aïcha. Le frère assassin, un Arabe musulman de France, a tout à fait «l’allure d’une petite brute ordinaire». Michel, ce qui est normal dans ce cas-là, est envahi d’un sentiment de vengeance : «Tuer cette petite ordure ne m’apparaissait pas seulement comme un acte indifférent mais comme une démarche bienfaisante, positive.» Le narrateur tire ses premières balles et nous met l’eau à la bouche : «Le soir tombait : quelques moutons terminaient leur journée. Eux aussi étaient stupides, peut-être encore plus que le frère d’Aïcha ; mais aucune réaction violente n’était programmée dans leurs gènes» (page 28).

Le narrateur décide d’aller se vider les couilles et jouir de chair fraîche et bon marché en Thaïlande. Là-bas, il rencontre Valérie. Un amour naît. Ils se revoient à Paris, baisent comme des fous, partent en vacances à Cuba avec le collègue de Valérie. Le narrateur propose une formule pour améliorer le rendement du tourisme : les Occidentaux frustrés et bourrés de fric iront baiser dans les pays du tiers-monde dans des clubs de vacances où le sexe est inclus dans le forfait. Une dizaine de pages avant la fin du roman, Valérie meurt dans un attentat perpétré par des terroristes islamistes. Et là, ça ne rigole plus. Finie la soft analogie entre musulmans et moutons, c’est carrément la tornade raciale qui nous attend page 357 : «L’islam avait brisé ma vie, et l’islam était certainement une chose que je pouvais haïr ; les jours suivants, je m’appliquais à éprouver de la haine pour les musulmans. J’y réussissais assez bien, et je recommençais à suivre les informations internationales. Chaque fois que j’apprenais qu’un terroriste palestinien, ou un enfant palestinien, ou une femme enceinte palestinienne, avait été abattu par balles dans la bande de Gaza, j’éprouvais un tressaillement d’enthousiasme à la pensée qu’il y avait un musulman de moins.»

Mais, dans sa manie pathologique de voir coûte que coûte l’islam comme une religion de barbares et les Arabes comme une race de meurtriers, le narrateur ne cesse de rencontrer des gens partageant ses idées et celles de l’auteur lui-même. Et là, il n’y a pas plus crédible qu’un Egyptien «très basané et impeccablement vêtu», qui considère que l’islam est la cause de la décadence de l’Egypte, page 260 : «Depuis l’apparition de l’islam, plus rien. Le néant intellectuel absolu, le vide total. Nous sommes devenus un pays de mendiants pouilleux. Des mendiants pleins de poux, voilà ce que nous sommes. Racaille, racaille [...], il faut vous souvenir cher monsieur que l’islam est né en plein désert, au milieu de scorpions, de chameaux et d’animaux féroces de toutes espèces. Savez-vous comment j’appelle les musulmans? Les minables du Sahara. Voilà le seul nom qu’ils méritent [...]. L’islam ne pouvait naître que dans un désert stupide, au milieu de bédouins crasseux qui n’avaient rien d’autre à faire ­ pardonnez-moi ­ que d’enculer leurs chameaux.» Très fort le Houellebecq, rien à dire. Question : si le désert est si stérile, si cette religion est si improductive et si les musulmans ne sont que des enculeurs de chameaux, pourquoi cet acharnement à les détruire?

Qui dit mieux, qui dit pire que Michel le narrateur de Plate-forme? Eh bien, il y a l’autre Michel, le Michel Houellebecq en chair et en os qui déclare au Figaro Magazine daté du 25 août ­ textuellement : «La lecture du Coran est une chose dégoûtante. Dès que l’islam naît, il se signale par sa volonté de soumettre le monde. Dans sa période hégémonique, il a pu apparaître comme raffiné et tolérant. Mais sa nature, c’est de soumettre. C’est une religion belliqueuse, intolérante, qui rend les gens malheureux.» Le Pen peut aller se rhabiller. François Nourissier, de l’académie Goncourt, dans ce même numéro, titre sa chronique : «Michel Houellebecq tête de série numéro un». Après une sympathique analyse de fond, le monsieur de l’académie Goncourt conclut sobrement : «Houellebecq réintroduit l’amour au coeur d’une démarche réputée scandaleuse : c’est lui donner une force peu commune. Il y fallait de l’audace, du naturel : l’écrivain n’en manque pas.» Pas un mot, donc, sur le mépris des bugnoules qui suinte tout le long du récit. Etrange silence. L’islam serait-il une sous-marque de chaussures signée Tati? En tout cas, le prix Goncourt est en marche. Et monsieur Nourissier a raison sur un point : il faut effectivement de l’audace pour aligner autant d’inepties et de clichés. De l’audace ou même de la connerie pour déclarer, au magazine Lire (septembre 2001), ceci : «Et la religion la plus con, c’est quand même l’islam. Quand on lit le Coran, on est effondré... effondré! La Bible, au moins, c’est très beau, parce que les juifs ont un sacré talent littéraire... ce qui peut excuser beaucoup de choses.» Il s’agit bien ici d’un entretien que ne nous confondons nullement avec de la fiction...

Parce qu’une telle stigmatisation de l’islam met pêle-mêle dans la même poubelle : un terroriste qui se proclame de l’islam, un jeune banlieusard de confession musulmane, un vieux travailleur immigré titubant dans la rue, n’importe quel salarié informaticien ou garagiste s’appelant Mohamed, tout ça, c’est kif kif aux yeux de la vedette number one de Flammarion. Ce sont tous des Arabes, des musulmans envahisseurs, porteurs de tous les maux et de tous les dangers. A quoi rime donc cette minicroisade digne d’un pamphlétaire de bas étage? La reconnaissance littéraire ne lui suffit-elle pas? Aspire-t-il à un statut de star mondiale à la Salman Rushdie, provoqué par une fatwa gratuite émise par un imam du Pakistan ou du fin fond de l’Egypte? Serait-il ravi de voir dans tous les JT du monde sa photo brûlée et son nom scandé par des foules manipulées? Ou bien tout ce cirque ne serait-il qu’un règlement de comptes familial : l’enfant blessé qui se venge de l’islam, «religion à laquelle s’est convertie sa mère, qui l’a peu aimé», selon une parenthèse précieuse dans un article écrit par Pierre Jourde dans la revue Hesperis datée de l’automne 1998 (page 98). Si tel était le cas, c’est-à-dire un triste et banal complexe oedipien, je ne pourrais pas m’empêcher de citer Gilles Deleuze, un nom que Houellebecq ne déteste pas sans raison, quand il parle de la manie qui traverse la littérature française, la manie du sale petit secret : «D.H. Lawrence reprochait à la littérature française d’être incurablement intellectuelle, idéologique et idéaliste, essentiellement critique de la vie plutôt que créatrice de vie. Le nationalisme français dans les lettres : une terrible manie de juger et d’être jugé traverse cette littérature : il y a trop d’hystériques parmi ces écrivains et leurs personnages. Haïr, vouloir être aimé, mais une grande impuissance à aimer et à admirer.»

Ce n’est pas parce que Houellebecq est un grand écrivain aux yeux de la terre entière que je dois fermer l’oeil sur son racisme affiché. Ce même racisme ambiant qui, par sa bêtise, me fait pleurer parfois de rage et d’impuissance, et me fait payer cash le simple fait de m’appeler Abdel-Illah. Que le reste de la société soit raciste est une autre affaire. Mais que, grâce à des écrivains comme Houellebecq, la haine raciale, «ce petit caillot de venin lové en chacun de nous, Blancs et Noirs, gays et Juifs», selon l’émouvante expression de Lester Bang, devienne carrément tendance, chic et tolérable au lieu d’être tout simplement ce qu’elle est : une attitude honteuse et dégradante, ça, c’est tout simplement abject.

http://www.liberation.fr/tribune/0101385175-un-racisme-chic-et-tendance


De : Capjpo

mercredi 24 novembre 2010

MISE EN GARDE À LA JEUNESSE

« LE TEMPS DE VIVRE ET DE MOURIR »


Un ami, plus âgé que moi, et à la retraite depuis plus longtemps, m’a dit :


« Mis à part des cas particuliers, le temps de la retraite est, en général, divisé en deux : une période durant laquelle, encore en pleine possession de ses moyens physiques et intellectuels, on peut mener une vie libre, active et enrichissante, une deuxième période durant laquelle se dégrade l’organisme, apparaissent les maladies qui annoncent la fin…. Profite au maximum de la première ! ».

Cette affirmation n’est pas le produit d’une recherche scientifique poussée, mais simplement le constat de ce qu’est la vie. Une simple observation sur deux générations permet de le confirmer.

Ce constat est difficile à admettre pour les jeunes – et c’est naturel – qui ont tendance à relativiser une période qui leur paraît – et on leur souhaite – lointaine. C’est pourtant extraordinairement important d’en prendre conscience pour ne pas gâcher des années précieuses de sa vie.

Tout cela pour en venir à quoi me direz vous ?

Simplement pour éclairer sous un angle plus humain, plus commun diront certains, toute la question des retraites.

A y regarder de près, c’est toute – ou du moins une bonne partie - de cette première partie du temps de la retraite que la réforme sarkozyste va nous confisquer.

Imaginez un peu.

Travailler jusqu’à 65, 67 voire bientôt – vu la tendance - 70 ans ! Travailler, pour beaucoup, ou faire des petits boulots, inintéressants et mal payés car le marché de la force de travail exclut d’entrée les « vieux »… Que va-t-il vous rester pour vivre ? Pour vous reposer de votre « vie active » ? Les rhumatismes, l’arthrose,… dans le meilleur des cas,…- imaginez le pire - vont vous empoisonner le peu qui vous restera à vivre pleinement.

Le reste du temps, qu’il va vous rester de vie, sera la « seconde période »… Celle où l’on décline peu à peu,… celle que l’on passe à l’hôpital (s’il existe encore ), celle des traitements, des potions, des médicaments, des examens médicaux,… Tout cela de moins en moins remboursé par une Sécurité Sociale qui aura disparu – remplacée par les groupes d’assurance privés – pesant de plus en plus lourd financièrement dans le budget familial.

Sachant que vous aurez passé une bonne partie de votre vie en « non activité » (études) et/ou « chômage », « recherche d’emploi »…, vous serez loin d’avoir une « retraite décente ». Vous aurez alors à faire le choix tragique : manger ou vous soigner. Et ne comptez pas sur vos enfants pour vous aider,… ils seront dans une situation économique aussi précaire que vous, et avec un avenir encore plus sombre.

La période des « vieux » en forme, actifs, aidant pour des travaux, pour la garde des petits enfants, ayant les, ou quelques, moyens financiers pour aider leurs enfants,…cette époque sera terminée.

Nous allons vers une société de vieux pauvres et de jeunes pauvres. Une paupérisation généralisée du plus grand nombre.

Cette situation, imposée par une classe politique cupide, parasite, complice des grands intérêts financiers – nous l’avons vue à l’œuvre durant la crise financière – nous condamne, et les jeunes plus particulièrement, à un avenir de galère, de privation et de souffrance.

Le combat mené par nos prédécesseurs pour un abaissement constant de l’âge de la retraite était juste et pertinent, c’était un bien précieux, inestimable, qu’il fallait à tout prix défendre.

Demain il restera la simple question : existe-t-il une vie avant la mort ?

novembre 2010

Patrick MIGNARD

mardi 23 novembre 2010

An 2010 : Le Père Noël "social" est-il une ordure ?

Ces fêtes de fin d'année qui sont, traditionnellement, symbole de trêve pour le monde politique et source d'activité pour les entreprises vont semble t-il être moroses. En effet, le "président du pouvoir d'achat" s'est mué en gestionnaire de crise, et le terme de "Ri-Lance " lancé par l'inénarrable Christine Lagarde n'a même pas réussit à faire sourire les français !

Cette morosité est gênante pour le gouvernement, car depuis de nombreuses années, seule la consommation des ménages permet d'obtenir quelques points de croissance et joue : "Un rôle d'amortisseur".

Si l'INSEE se montre confiante pour la fin de 2010, expliquant que la consommation : " ... / ... devrait surtout être portée par la hausse des revenus et du pouvoir d’achat ... / ... " (sic) L'étude du 9 novembre 2010, que Deloite publie tous les ans sur les " prévisions de dépenses des Européens pour Noël " semble bien contredire ses prédictions.

Extraits

" ... / ... Après la crise de 2008, 62% des Français continuent de penser que leur pays est en récession. Ils ont perdu l’espoir d’une reprise en 2011, puisque seulement 11% d’entre eux l’envisagent ... / ... Les Français perdent pour la première fois confiance dans la sécurité de leur emploi : contrairement à ce que nous avons toujours relevé à l’occasion de nos études précédentes, le solde entre le nombre de Français confiants quant à la sécurité de leur emploi par rapport à ceux qui craignent de le perdre est devenu négatif (-3%) ... / ... "

La conséquence ?

" ... / ... les Français ... / ... envisagent de réduire leur budget de dépenses de Noël (-4,4%). Ils sacrifieront surtout le poste de dépenses en cadeaux (-4,9%), en veillant à réduire le moins possible les repas de fêtes (-2,2%) ... / ... La France fait partie, avec les autres pays du sud et le Royaume Uni, des pays pour lesquels nous avons relevé les prévisions les plus pessimistes ... / ... "

Un symbole fort dans cette étude

" ... / ... les parents souhaitent acheter des cadeaux éducatifs (49%) pour leurs enfants, cela traduisant leur préoccupation de préparer leurs enfants à affronter un futur plus difficile ... / ... " Intégralité de l'étude

Bon, même si on peu regretter ces quelques "privations" ou "restrictions" que le gouvernement justifiera d'une façon ou d'une autre. Nul ne pourra faire l'impasse sur les derniers chiffre communiqués par le Secours Catholique qui, avec beaucoup d'autres associations caritatives, n'arrivent plus à "gérer" la file toujours plus longue de ceux qui sont victimes du système !

Le pire, honte à nos décideurs politiques et économiques, c'est qu'au delà des familles, ce sont les plus jeunes qui sont de plus en plus nombreux à frapper à la porte d’une organisation caritative pour recevoir un colis alimentaire !

Que dit le rapport du Secours Catholique ?

" ... / ... Après une baisse observée en 2007, le nombre de situations rencontrées par le Secours Catholique augmente en 2009 pour la seconde année consécutive avec 1 480 000 personnes accueillies. Cette année, l’étude analyse particulièrement les ressources des personnes et démontre l’impossibilité pour les ménages de s’en sortir. Une fois réglées en début de mois les charges contraintes, qui représentent 68 % du budget, il reste environ 250 euros pour se vêtir, se soigner, se nourrir et payer ses dettes ... / ...Cette étude démontre clairement qu’aucun ménage rencontré n’est en mesure de faire face à ses dépenses sans tomber dans l’endettement, non pas par mauvaise gestion, mais du fait de la faiblesse de ses ressources ... / ... " Intégralité du rapport et Statistiques d’accueil 2009 du Secours Catholique

Quant aux jeunes : " L’association note une augmentation du nombre de moins de 25 ans dans ses antennes, qui représentent désormais 11 % des personnes accueillies ... / ... Les jeunes se retrouvent très tôt en situation de détresse, s’alarme Didier Piard, directeur de l’action sociale à la Croix-Rouge. Plus diplômés et plus qualifiés que les générations précédentes, les jeunes de 18 à 25 ans ... / ...sont aussi plus précaires. Un sur cinq (sur)vit en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 950 € par mois. C’est la classe d’âge la plus touchée par la pauvreté mais aussi par le chômage. Près d’un quart d’entre eux (23,3%) sont aujourd’hui à la recherche d’un emploi ... / .... " - Le Parisien

Chiffres que connaissent Laurence Parisot auteure du célèbre : " Les entreprises n'ont aucune responsabilité dans le chômage des jeunes ... / ... embaucher coûte si cher que nos entreprises doivent se restreindre pour recruter"- Slovar Ou notre Président de la République, qui court d'un G20 à l'autre, en brandissant sa "réforme du capitalisme " dont aucun des participants ne veut !

Mais chiffres auxquels on répond par le "glorieux" " je dirige la 5° puissance économique du monde" dans laquelle on laisse ses ministres, l'un expliquer que : " Faire travailler bénévolement les chômeurs serait une excellente idée" tout en regrettant que : "cette mesure serait difficile à appliquer en France" - L'Union Ou l'autre affirmer qu'il " ignore le nombre de chômeurs sans ressources " - Slovar

Il serait peut être temps, Monsieur le Président, de vous souvenir de vos déclarations et promesses de campagne de 2007, disponibles sur le site "ABECEDAIRE des propositions de Nicolas Sarkozy". Site, qui vient très récemment ... d'être supprimé par l'UMP (disponible, provisoirement, en cache Google) : " Je veux donner à chaque Français les moyens de réaliser ses projets et tout particulièrement à la jeunesse parce qu’elle porte en elle le monde de demain " Discours Besançon (13/03/07)

Au fait, monsieur le Président : Les restos du Coeur vont ouvrir leur 26e campagne d’hiver lundi 29 novembre 2010 et ils manquent de locaux . Peut être pourriez-vous donner quelques consignes ...


Crédit photo
FlickR CC - Faberzeus

Rédigé par J-C Slovar

lundi 22 novembre 2010

Le gouvernement britannique durcit les règles pour les chômeurs

Un job centre dans la région de Londres
Photo Reuters.

Les chômeurs qui refuseraient une offre d'emploi seront privés d'allocations pour 3 mois, et ceux qui refuseraient 3 offres pour 3 ans, selon un projet du gouvernement britannique annoncé jeudi dans le cadre du Livre blanc réformant les allocations.

Ce durcisssement des sanctions, combiné à un programme de travail obligatoire pour les chômeurs, doit «remettre les gens au travail», selon le Premier ministre David Cameron.


Le gouvernement conservateur prévoit également de forcer les chômeurs à effectuer un travail obligatoire d'intérêt général, sous peine d'une suspension de leurs allocations.

La Grande-Bretagne compte près de 2,5 millions de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT), mais seulement 1,5 million touchent les allocations chômage, particulièrement peu généreuses.

La plupart perçoivent 65 livres par semaine et leur allocation peut être réduite ou supprimée pendant une durée allant jusqu'à 26 semaines s'ils manquent un rendez-vous avec leur conseiller au «job centre» ou s'ils refusent un emploi disponible. Toutefois cette sanction est rarement appliquée, a souligné l'entourage de M. Cameron.

Plus d'informations dans le journal Ouest-France

vendredi 19 novembre 2010

La redevance étendue aux tablettes et ordinateurs ?

Philippe Marini, rapporteur général UMP de la commission des Finances du Sénat, se prononce pour une extension de la redevance audiovisuelle aux tablettes et ordinateurs, dans un entretien au Figaro.

Sa proposition va faire grincer des dents. Dans un entretien publié mercredi par le Figaro, le rapporteur général UMP de la commission des Finances du Sénat, Philippe Marini, se prononce pour une extension de la redevance audiovisuelle aux tablettes et ordinateurs et pour une taxation des achats en ligne des entreprises.

La commission des Finances doit se réunir dans la journée pour examiner des amendements au projet de loi de finances 2011. Estimant que l'effort de réduction des dépenses fiscales et d'augmentation des recettes "doit aller plus loin", Philippe Marini juge qu'"ordinateurs et autres tablettes qui reçoivent latélévision doivent aussi être taxés".

Une seule contribution par résidence

"Aujourd'hui, on ne regarde plus seulement les programmes sur un poste de télévision traditionnel", explique-t-il. "Il n'y aurait néanmoins qu'une seule contribution par résidence, quel que soit le nombre de supports récepteurs", précise Philippe Marini. Il juge cependant que l'exemption de redevance dont bénéficient les résidences secondaires "n'est pas légitime". Le rapporteur général propose également une taxe de 0,5% à 1% sur "l'achat de services de publicité en ligne et les achats en ligne par les entreprises établies en France". "Il y a ici plusieurs centaines de millions d'euros en jeu", souligne-t-il.

Par TF1 News (d'après agence)

jeudi 18 novembre 2010

Indonésie: un pieux archipel qui résiste à l'islam radical

Plus grand pays musulman au monde (200 millions de fidèles) l'Indonésie est aussi la troisième démocratie de la planète, après l'Inde et les États-Unis, ce qui en fait un modèle désirable pour Washington.
Comme au temps où Barack Obama tirait les cheveux des filles à l'école primaire Besuki, à Jakarta, les élèves musulmans, chrétiens et bouddhistes y étudient côte à côte, sauf pendant leur cour de religion où chaque foi se retire dans une salle spéciale. C'est une exigence de l'État: bien qu'il soit constitué à plus de 85% de musulmans, la Constitution garantit l'égalité entre les six grandes religions de l'archipel.


Mais une chose a changé: dans un coin de la cour de récré, derrière le goal de football, un minaret et une petite mosquée, autrefois absents, ont depuis été construits.

Le pays qu'Obama va redécouvrir a, comme le reconnaît le président américain, bien changé. En 1967, lorsque le petit garçon débarque dans l'archipel, le dictateur Suharto venait de commencer ses trente-deux ans de règne, le pays était en quasi-faillite, et les musulmans de Java, l'île où se trouve Jakarta, fascinaient les anthropologues comme la mère du président pour leur pratique mystique de l'islam, teintée d'animisme et de relents d'hindouisme.

Aujourd'hui, le pays est une démocratie dynamique, une économie émergente prometteuse et, surtout, un univers bien plus pieux. Selon un sondage international PEW, 80% des musulmans indonésiens affirment s'acquitter de leurs cinq prières quotidiennes - contre 59% des Égyptiens ou 34% des Turcs. Le port du voile pour les femmes se répand, le nombre de mosquées a doublé en trente ans et les Indonésiens envoient chaque année le plus important contingent de pèlerins à La Mecque.

La réislamisation de l'archipel a commencé dans les années 1980, après la révolution iranienne qui a donné un nouveau souffle à l'islam politique mondial. Les étudiants indonésiens au Moyen-Orient, de plus en plus nombreux, revenaient de leurs voyages avec des traductions de penseurs islamistes et de nouvelles façons de vivre leur religion. Et l'espace de liberté ouvert par la démocratisation, en 1998, a permis l'essor de nouveaux courants de pensée musulmans, plus conservateurs.

Chaque année, les allées bondées de la Foire au livre musulman témoignent de la vivacité des publications sur l'islam. Livres romantiques, livres de blagues, livres sur le sexe; livres sur comment faire la prière, comment être un bon époux, comment faire la charité; quelques livres politiques aussi, sur le djihad ou le péril juif; des corans par dizaines, en indonésien ou en arabe, pour l'étude ou la récitation. «Si vous étiez au Moyen-Orient, vous n'auriez qu'un seul type de coran», explique Afrizal Sinaro, président de l'association des éditeurs de Jakarta. «Mais ici les lecteurs ont le choix. C'est la démocratie.»

La grande majorité des Indonésiens, bien que plus pieux qu'il y a trente ans, continuent à pratiquer un islam ouvert et tolérant et près de la moitié d'entre eux appartiennent à l'une des deux grandes organisations traditionnelles musulmanes modérées, la Muhammadiyah et la Nahdlatul Ulama (NU). Mais l'équilibre change lentement. L'explosion de nouvelles idées peut laisser bien des Indonésiens pieux un peu confus, d'autant plus que l'islam traditionnel, de tendance mystique, est bien moins dynamique que les nouveaux courants de pensée, plus idéologiques et normatifs, venus de l'étranger qui vont de l'islam politique des Frères musulmans ou du Hizb ut-Tahrir au fondamentalisme apolitique de la Jemaah Tabligh, en passant par le salafisme. Du coup, le croyant qui s'interroge sur sa foi trouvera plus facilement des réponses auprès des mouvements conservateurs, voire radicaux qui pratiquent le prosélytisme.

Les partis islamistes en recul

Le dynamisme de cette minorité indonésienne plus conservatrice mais très vocale se fait ressentir dans la vie publique: le mieux-disant musulman gagne du terrain, une cinquantaine de localités ont adopté des lois inspirées de la charia dans les années 2000, et le Conseil des oulémas, chargé d'émettre des fatwas, est dominé par les plus conservateurs.

Si l'islamisation par le bas ne fait toutefois aucun doute, les Indonésiens restent profondément attachés à un certain sécularisme de l'État, d'où l'échec de l'islamisation des institutions: les partis islamistes sont en recul dans les urnes, la plupart des élus locaux qui avaient passé les lois inspirées de la charia n'ont pas réussi à se faire réélire, et seuls 22% des Indonésiens sont en faveur de la transformation de leur pays en un État islamique - un chiffre qui n'a quasiment pas bougé depuis l'indépendance du pays, en 1945.

Par Solenn Honorine

mercredi 17 novembre 2010

Huit millions de pauvres en France : elle a bon dos, la crise

Le Secours Catholique publie aujourd'hui son rapport annuel « Ressources, crise et pauvreté ». Le constat est sans surprise.


Après une baisse observée en 2007, le nombre de situations aidées par le seul Secours Catholique en 2009 a augmenté pour la seconde année consécutive.


« La crise a frappé durement l’économie des pays européens et au moment où nous publions ces statistiques, la politique de rigueur impose des coupes budgétaires qui toucheront également les familles les plus modestes et les dépenses sociales », peut-on lire en introduction de ce rapport accablant.
Accablant... pour le politique.



Car si le constat est imparable et les chiffres incontestables, l'argument trop facile de « la crise » (sur 20 pages le mot est cité à 17 reprises) apparaît ici comme un quitus donné aux politiques les dédouanant de toute responsabilité dans ce que nous sommes tacitement invités à admettre comme une fatalité.
Trop commode crise qui tend à nous faire oublier que la misère, la pauvreté et la précarité ont pour origine essentielle l'absence d'emplois dignement rémunérés, résultant elle-même de choix et décisions éminemment politiques.

Comment prétendre régler le problème du chômage et du mal-emploi lorsque nos élites politiques et économiques s'évertuent - au nom de l'impérative nécessité de compétitivité - à ériger le dumping social en mesure de la performance managériale ?

Comment croire que la tendance puisse se retourner alors que les plus hautes instances de l'État favorisent l'échange de contrats prétendument mirifiques avec la Chine contre le transfert de savoir-faire technologiques qui dès demain se traduiront immanquablement par de nouvelles délocalisations, accompagnées de leur cohorte de laissés pour (solde de tout) compte ?

La France compte huit millions de pauvres. L'équation est toujours la même. Au-delà des destructions directes d'emplois : moins de paysans, moins de commerçants, moins de petites et moyennes entreprises (PME), c'est mathématiquement moins de cotisations patronales et salariales, moins d'impôts levés, moins de financements pour les services publics (hôpitaux, écoles, etc…) et moins pour les transferts sociaux (sécurité sociale, retraites, etc.). Simple. Simpliste même.

Trop sans doute pour qu'elle puisse être comprise de ceux qui dessinent notre avenir, en s'appliquant à préserver le leur et celui de leurs amis.

Pire encore. Privé des ressources indispensables au bon fonctionnement des rouages de l'État, le pouvoir coupe scrupuleusement dans les budgets sociaux, ce qui ne fait qu'empirer la situation des plus démunis.
Pour autant, le politique n'est pas inactif. Et il tient ses promesses. Celles faites au Medef de réaliser le vieux rêve libéral défini dès 1995 par le président d'ABB (Asea Brown Boven) (1), comme la liberté pour son groupe « d'investir où il veut, le temps qu'il veut, pour produire ce qu'il veut, en s'approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matière de droit du travail et de conventions sociales ». La machine ne peut dès lors que s'emballer.

Et il est à craindre que l'engagement et la motivation exemplaire d'une foule de bénévoles - dont il faut ici saluer la persévérance et l'altruisme sans faille - et les efforts conjugués des associations caritatives n'y suffisent pas.

Le parti socialiste, à défaut de chercher des solutions, se cherche une tête à mettre en vitrine de 2012. Solidement ancré, l'anti-sarkozysme pourrait bien l'aider à triompher. Mais qu'on ne s'y trompe pas, au-delà de la personne de Nicolas Sarkozy, « un des problème de la France », c'est bien la politique qu'il mène, dans un système économique européen mondialisé où l'humain n'est plus que l'accessoire du financier, qui conduit au naufrage.

En dehors de la petite touche sociale indispensable à sa communication, l'alternance promise au parti de la rue de Solférino n'y changera rien... si les règles du jeu économique et social ne sont pas profondément modifiées. En aura-t-il la volonté, le courage et l'audace ? Rien n'est moins sûr.
Il est plus que temps que les citoyens sortent de leur léthargie et montrent fermement le chemin... à leurs guides.

(source : Secours Catholique)
(source : Secours Catholique)
Ce solde n’est pas le « reste à vivre », c’est ce qui reste pour financer des dépenses que l’on
peut choisir de faire, de retarder, de financer par le crédit ou par un emprunt, ou auxquelles
il faut renoncer, en particulier :
- les dépenses de santé hors remboursements (sécurité sociale, mutuelle) ;
- les dépenses de loisirs, culture, vacances ;
- les dépenses d’équipement et d’entretien du logement ;
- l’achat et l’entretien d’un véhicule (voiture, deux-roues) ;
- les dépenses imprévues (pannes, déplacements en urgence…).

(1) Asea Brown Boven est l’un des leaders mondiaux des technologies de l’énergie et de l’automation. Le groupe ABB, dont le siège se trouve à Zurich en Suisse, a été constitué en 1988, à la suite de la fusion de la société suédoise Asea et de la firme suisse BBC Brown Boveri.

Christian Jacquiau

mardi 16 novembre 2010

La pauvreté touche de plus en plus d'actifs

En 2009, le Secours catholique a aidé 80.000 personnes de plus qu'en 2008. Parmi eux, de plus en plus de travailleurs pauvres et de couples avec enfants.

Près d'1,5 million de personnes ont eu recours à l'aide du Secours catholique en 2009. Soit 80.000 de plus qu'en 2008. Après une baisse observée en 2007, le nombre de situations de pauvreté a augmenté de 2,1% l'an dernier pour la seconde année consécutive, selon un rapport de l'organisation catholique publié mardi.

Parmi les personnes concernées : les chômeurs, les étrangers sans ressources, mais aussi les salariés et les ménages. Leur point commun ? L'extrême faiblesse de leurs ressources, insuffisantes pour faire face aux dépenses courantes et aux imprévus.

«La crise socio-économique et l'impact sur l'emploi rendent encore plus incertaine l'amélioration des conditions de vie et fragilise davantage les personnes», décryptent les auteurs du rapport. «Toutes ces personnes en difficultés ne sont pas de mauvais gestionnaires», souligne pour sa part Pierre Levené, le secrétaire général du Secours catholique. C'est «l'insuffisance de leurs ressources, absolument criante», qui est en cause, argue-t-il. «On est proche du scandale de laisser autant de gens avec si peu».

Dans 94% des cas, les personnes aidées vivent sous le seuil de pauvreté, établi à 950 euros par mois. Près d'un tiers (29%) sont de nationalité étrangère. La pauvreté touche aussi les jeunes : parmi les personnes recensées, 11% ont moins de 25 ans et la moitié moins de 40 ans. Mais de plus en plus d'actifs sont également touchés puisqu'ils représentent 62 % des personnes accueillies, parmi lesquelles des demandeurs d'emploi. «Ce sont des gens qui ont des revenus et qui, en d'autres temps, ne seraient pas venus nous voir», explique François Soulage, le président du Secours catholique, pour qui le revenu de solidarité active (RSA), créé en 2008 pour rendre l'emploi plus attractif, n'a pas changé la donne.

Le revenu mensuel médian des ménages à 759 euros

Autre fait marquant : la part des couples avec enfants en «situation de pauvreté» a augmenté en 2009. Ils représentent désormais 21,8% des situations rencontrées, contre 20,5% en 2008. «Lorsqu'un des deux adultes perd son emploi, la famille peut se trouver rapidement en difficulté», indique le rapport.

Le Secours catholique a tenté de mieux comprendre la situation des personnes en difficulté en analysant en détail le budget mensuel de 1.163 foyers. L'organisation évalue le revenu mensuel médian à 759 euros, hors aides au logement. «Nous avons été surpris par le résultat : pas une famille qui ne soit en déficit en fin de mois», affirme François Soulage. Ils n'ont aucun degré de liberté».

Les dépenses incompressibles - loyers, énergie, eau, mutuelles et assurances, impôts, transports, scolarité - représentent 515 euros, soit 68% du budget. Les dépenses de la vie courante (alimentation et habillement) sont quant à elle évaluées à 265 euros. Alors qu'à la fin du mois les comptes sont donc déjà dans le rouge (- 21 euros), il reste encore à financer, souvent par le crédit, les dépenses imprévues (pannes, problème de santé) et les dépenses «souples» (entretien du logement, du véhicule, loisirs). Le solde plonge alors à - 141 euros.

«En l'absence de revenus complémentaires, aucun des ménages que nous aidons ne peut faire face, sans basculer dans l'endettement, à ces charges exceptionnelles», concluent les auteurs du rapport. «Ils vivent au jour le jour sans souvent faire valoir leurs droits à des dispositifs qui pourraient les aider, faute notamment d'information suffisante (tarifs sociaux de l'énergie, CMU, RSA, etc.) ou par crainte d'être stigmatisés», souligne le rapport. Face à ce constat, le Secours catholique a dressé une liste de propositions: «créer un environnement plus porteur» pour les actifs avec davantage de places en crèche et de transports en milieu rural, relever les minima sociaux et revaloriser les aides publiques au logement ou encore favoriser les contrats à temps plein et la formation.

Par Marion Brunet

lundi 15 novembre 2010

La saga des frères Sarkozy

On parle beaucoup de conflits d’intérêts dans la vie politique ces derniers temps. Des amitiés de Nicolas Sarkozy avec le milieu de la finance et des médias, de l’affaire Woerth-Bettencourt aux récentes révélations du livre de Martin Hirsch, mais les journalistes « officiels » oublient aussi d’autres évidences. Alors que le déficit prévisionnel de la Sécurité Sociale a été annoncé cette semaine et qu’une diminution des remboursements est d’ores et déjà au programme, il est temps de se pencher sur le secteur de la santé, de comprendre son fonctionnement, et surtout d’en connaître les acteurs.

Le Pôle Emploi, né de la fusion de l’ANPE et de l’ASSEDIC sur une idée de Nicolas Sarkozy, compte 50.000 employés. La Sécurité Sociale, comprenant l’Assurance Maladie, l’Assurance Vieillesse et les URSSAF compte 120.000 employés. Ces deux organismes ont été concernés par une réforme récente concernant les Complémentaires Santé.

Ainsi, depuis le 1er janvier 2009, 170.000 employés ont été contraints de résilier leurs contrats avec leurs mutuelles pour adhérer à une « mutuelle employeur obligatoire ». Ceux qui ont des enfants ont également été obligés d’inscrire ces derniers sur le nouveau contrat (sauf s’ils étaient déjà ayant-droits sur le compte du conjoint via une mutuelle employeur obligatoire). On peut appeler ça du passage en force. C’est une conséquence de la loi Fillon de 2003.

Ce qui est encore plus étonnant, c’est de constater que c’est le même organisme qui a remporté les deux marchés. Je ne connais pas les modalités des appels d’offre mais je m’étonne de voir que c’est le groupe Malakoff-Médéric qui a raflé la mise, obtenant d’un coup, d’un seul, 170.000 adhérents supplémentaires, sans compter les ayant-droits. Ajoutez à cela les 800.000 salariés CHR (café-hôtellerie-restauration) qui rentreront dans le dispositif en janvier 2011… c’est encore Malakoff Médéric qui a emporté le marché. Revenons donc sur l’histoire de cette compagnie d’assurance et de prévoyance pour comprendre un peu mieux les enjeux.

Pour vous donner une idée du poids de Malakoff-Médéric sur le marché français, c’est le n°1 des groupes paritaires de protection sociale, n°2 de la retrait e complémentaire et n°3 en santé collective (classement Argus de l’Assurance). Le groupe est né de la fusion de Malakoff et Médéric (d’où son nom) le 30 juin 2008, soit 6 mois avant la mise en place du dispositif « mutuelle obligatoire employeur » pour la Sécurité Sociale et le Pôle Emploi. Ainsi, dès le 1er Juillet, le président de Médéric cède sa place pour laisser seul au commande du groupe, le président de Malakoff : un certain Guillaume Sarkozy. Ce dernier est loin d’être un inconnu : au Medef de 2000 à 2006, il a aussi été le vice-président de la CNAM de 2004 à 2005. Guillaume Sarkozy, comme son nom l’indique, est le frère de Nicolas.

Puisque j’évoque la fratrie Sarkozy, intéressons-nous maintenant au troisième larron : François Sarkozy. Pédiatre de formation, François a abandonné la pratique de la médecine pour se consacrer à l’industrie pharmaceutique (principalement orientée vers la gériatrie) depuis 2001. Ainsi, il siège au conseil de surveillance de Bio Alliance Pharma et est devenu le président d’AEC Partners dont une des missions est le conseil aux fonds d’investissement.

Par ailleurs, François Sarkozy a également lancé une chaîne de télévision spécialisée dans la santé sur internet… financée par le laboratoire Sanofi. Ajoutons à cela ses relations avec le groupe Paris Biotech Santé, l’un des protagonistes de l’affaire de l’Arche de Zoé, et on l’aura compris, l’homme a tissé sa toile : il fait partie aujourd’hui des puissants lobbyistes de l’industrie pharmaceutique. D’ailleurs le grand plan Alzheimer lancé par le gouvernement est un joli cadeau de quelques centaines de millions d’euros, une aubaine pour le secteur dont il défend les intérêts.

Et maintenant la cerise sur le gâteau, celui dont on ne parle jamais, le cerveau, l’éminence grise : Olivier Sarkozy (demi-frère de Nicolas Sarkozy), qui copilote depuis avril 2008 l’activité mondiale de services financiers de Carlyle Group (), probablement celui qui tire les ficelles. Le Groupe Carlyle est une société d’investissement américaine fondée en 1987. Basé à Washington D.C., il est présent dans de nombreux domaines d’activités, comme l’aéronautique, la défense, l’industrie automobile et des transports, l’énergie, les télécommunications et les médias. Ses investissements sont essentiellement situés en Amérique du Nord, en Europe et en Asie du Sud-Est. Le groupe possède 89,3 milliards de dollars de capitaux propres et il emploie plus de 515 professionnels de l’investissement dans 21 pays. Les différentes entreprises de son portefeuille emploient, quant à elles, plus de 286 000 personnes dans le monde et Carlyle a environ 1 100 investisseurs répartis dans 31 pays à travers le monde.

Pour rappel, le groupe Carlyle a ou a eu parmi ses membres actifs l’ancien Premier ministre britannique John Major, James Baker, ancien secrétaire d’État américain, George Bush père, ancien directeur de la CIA et ancien président des États-Unis, Frank Carlucci, ancien directeur de la CIA et secrétaire à la Défense américain, Karl Otto Pöhl, ex-président de la Bundesbank, la famille Ben-Laden et plusieurs chef d’État et de gouvernement.

Le groupe Carlyle n’est pas coté en Bourse, et n’est donc non tenu de communiquer à la Securities and Exchange Commission (la commission américaine chargée de veiller à la régularité des opérations boursières) le nom des associés, des actionnaires, pas plus que le nombre de leurs parts respectives.

4 frères : Le cerveau qui copilote l’activité mondiale des services financiers d’une multinationale tentaculaire, l’un en charge de l’exécutif de la France, notre Président, l’un à la tête d’un des plus gros groupe d’assurance santé et le dernier qui sert les intérêts des laboratoires. Si ça ne s’appelle pas un conflit d’intérêt, je me demande ce que c’est… Pourtant les médias en parlent peu et préfèrent s’étendre sur les amis milliardaires de Nicolas Sarkozy. On peut légitimement nourrir des inquiétudes sur l’avenir de notre pays. Les réformes engagées depuis 2004 ne font que confirmer sa détérioration et l’on peut prédire le démantèlement de toutes nos structures sociales et services publiques d’ici quelques années.

Publié sur Mecanopolis l

vendredi 12 novembre 2010

Mad Max ? non, le rêve américain !

Détroit, la ville fantôme où seuls restent les plus pauvres


Alors que les élections législatives ont lieu mardi 2 novembre 2010 aux Etats-Unis, la principale préoccupation des Américains reste l’économie. Avec le chômage qui atteint 9,6%, la population s’est paupérisée. Aujourd’hui, selon les statistiques officielles du Census Bureau, un Américain sur 7 est pauvre. A Détroit, dans le Midwest, c’est un sur trois. La ville, touchée par la désindustrialisation depuis des décennies a subit plus récemment la crise de l’automobile.


Ils sont des dizaines à attendre dehors, de pouvoir entrer à leur tour. De l’extérieur, le bâtiment aux allures de hangar ne paie pas de mine mais il abrite l’une des plus vénérables institutions humanitaires de la ville : Capuchin soup kitchen, la « soupe populaire des capucins », crée en 1929 pendant la Grande Dépression, pour nourrir les plus pauvres. Déjà…

Au chaud à l’intérieur, des dizaines de personnes attablées engouffrent un chili con carne, un des trois repas servis chaque jour par des bénévoles. Ici, la population est à 100% noire, venue des alentours de Conner street. C’est l’un de ces nombreux quartiers défavorisés de Détroit où il est déconseillé de s’attarder. Prince Moore habite au coin de la rue, chez un cousin. Mère célibataire, elle est venue à la soupe populaire avec l’un de ses deux enfants :

« On vient ici par ce qu’on n’a rien à manger. En attendant d’obtenir des tickets alimentaires de la FIA », une agence de l’Etat du Michigan chargée d’aider les familles en difficulté. Je suis sur une liste d’attente. Quand ils m’enverront ma carte, je pourrai acheter à manger », affirme Prince. A côté d’elle, sa fille Katrice, lycéenne rondouillarde de 16 ans, cache mal sa gêne. « C’est dur de devoir venir manger ici tous les jours, même si je sais que ma mère fait tout pour nous sortir du ghetto ».

Crise automobile

Prince Moore, la quarantaine fatiguée, était serveuse dans un fast-food mais depuis qu’elle a eu un accident à la main, elle ne travaille plus et vit d’aides sociales. Elle touche 400 dollars par mois de l’Etat. Elle doit débourser 30 ou 40 dollars à chaque fois qu’elle va consulter un médecin, le reste est pris en charge par Medicaid, la sécurité sociale des pauvres aux Etats-Unis. « Avec les factures à payer, les vêtements des enfants, dit-elle, il ne nous reste plus rien pour vivre ».

Le travail, c’est ce qui manque à Détroit. La ville et son agglomération affichait un taux de chômage officiel de 15,7% en août dernier, contre 9,6% de moyenne nationale. « Ca fait un an que je cherche du travail », raconte Cliff, 55 ans, attablé un peu plus loin. « Je travaillais dans la maintenance, j’ai été licencié. Il n’y a plus d’embauche, beaucoup d’entreprises ont fait faillite ou sont allées s’installer dans d’autres régions ou d’autres pays. C’est une période difficile pour les Etats unis et surtout pour Détroit ».

Surnommée Motor city, « la ville moteur », Détroit est le berceau de l’automobile. Mais cette industrie qui a fait la gloire et la richesse de la ville autrefois a subit de plein fouet la crise de 2008. Avec les fermetures d’usines, des dizaines de milliers d’emplois ont été perdus. Même si les constructeurs américains Ford et General Motors renouent aujourd’hui avec les bénéfices, les emplois ne sont pas pour autant revenus. Et cette crise de l’automobile n’a fait que se rajouter à une lente désindustrialisation de la ville.

« Shrinking city »

Dans son bureau , Mike Breene est fataliste. Cela fait 17 ans que cet homme placide à la queue de cheval blonde, dirige l’un des deux centres de l’organisation Capuchin soup kitchen. « Nous servons dans notre association entre 1200 et 1500 repas par jour. Ça n’a pas changé depuis que je travaille ici, ça fait 17 ans. Il y a peut être un peu moins de monde qui vient maintenant mais c’est uniquement parce que les gens quittent la ville ». Et pas parce que la situation économique s’est améliorée.

Au gré des crises, Détroit se vide de sa population. Elle est ce que les Américains appellent une « shrinking city », une ville qui rétrécit. De 2 millions en 1950 elle est passée à 800 000 habitants aujourd’hui. Les commerces ont déserté bien des quartiers. Les bâtiments industriels sont en ruine et on ne compte plus les maisons abandonnées, quant elles ne sont pas brûlées par des dealers. Détroit possède aussi un des taux les plus élevés de criminalité aux Etats-Unis.

Dans cette ville fantôme, seuls les plus pauvres semblent rester, ceux qui n’ont pas les moyens de partir ou plus l’envie de tenter leur chance ailleurs. « Ici, j’ai mes quatre enfants, plaide Arcelia, une retraitée de 65 ans qui vient aussi à la soupe populaire. Si on a un problème, on s’entraide. Et puis partir, pour aller où ? Mes parents m’ont amené de l’Ohio à Détroit quand j’avais 10 ans. Alors Détroit, c’est à peu près tout ce que je connais ».

de Murielle Paradon

jeudi 11 novembre 2010

La pauvreté gagne du terrain en France

De plus en plus de pauvres, souvent jeunes, étranglés par des fins de mois difficiles : tel est le constat dressé par un rapport du Secours catholique sur l'année 2009 en France, celle de la crise.


Les chiffres. Pour la seconde année consécutive, le nombre de situations de pauvreté constatées par l'organisation a augmenté de 2,1%, représentant 1,48 million de personnes. Dans 94% des cas, les personnes aidées vivent sous le seuil de pauvreté, établi à 950 euros par mois. Près d'un tiers (29%) sont de nationalité étrangère.


Familles en difficulté. Si les familles monoparentales sont largement représentées, la part des couples avec enfants augmente: 21,8% des situations rencontrées, contre 20,5% en 2008. «Lorsqu'un des deux adultes perd son emploi, la famille peut se trouver rapidement en difficulté», dit le rapport.

De plus en plus de jeunes. La pauvreté en France touche de plus en plus de jeunes: 11% ont moins de 25 ans, la moitié a moins de 40 ans.

Phénomène nouveau : les actifs. , les actifs représentent 62% des personnes accueillies, dont 41,9% cherchent un emploi. «Ce sont des gens qui ont des revenus et qui, en d'autres temps, ne seraient pas venus nous voir», a dit François Soulage, président du Secours catholique.

Le revenu de solidarité active (RSA), créé en 2008 pour rendre l'emploi plus attractif, n'a pas changé la donne. «En juin 2010, le RSA activité a concerné 174 000 personnes. Or, on pensait qu'il y en aurait 600 000 ou 700 000. Nous avons constaté que plus de la moitié des personnes dont on sait qu'elles pourraient le demander ne le font pas», note François Soulage.

Entre frais incompressibles et frais souples. Le Secours catholique a tenté de mieux comprendre la situation des personnes en difficulté en analysant en détail le budget mensuel de 1 163 foyers. Les frais incompressibles, tels que le logement, l'énergie, le transport, ceux liés aux enfants, représentent pour les ménages en difficulté une part très élevée de leur budget, de l'ordre des deux tiers. A cela s'ajoutent les dépenses dites «souples» comme l'alimentation et l'habillement puis les dépenses dites exceptionnelles qui concernent la santé, l'entretien du logement et du véhicule.

«En l'absence de revenus complémentaires, aucun des ménages que nous aidons ne peut faire face, sans basculer dans l'endettement, à ces charges exceptionnelles», notent les auteurs du rapport.

Manque d’information sur les dispositifs d’aide. Pour faire face, les ménages sont obligés de se débrouiller par tous les moyens en faisant appel aux associations caritatives, à leur famille ou leurs voisins.

«Ils vivent au jour le jour sans souvent faire valoir leurs droits à des dispositifs qui pourraient les aider, faute notamment d'information suffisante (tarifs sociaux de l'énergie, CMU, RSA, etc.) ou par crainte d'être stigmatisés», lit-on dans le rapport.

Photo : Daniel Fouray

mercredi 10 novembre 2010

Espionnage : Guéant va porter plainte contre Mediapart

Jeudi, Mediapart -dont deux journalistes enquêtant sur les affaires Karachi et Woerth/Bettencourt affirment avoir été pistés et «géolocalisés» par les services français- a cité Claude Guéant comme étant chargé des opérations de surveillance. Crédits photo : PHILIPPE WOJAZER/Reuters
«On ne peut pas laisser dire n'importe quoi», dénonce le secrétaire général de l'Elysée, accusé par le site d'information d'être en charge des opérations de surveillance de certains journalistes qui enquêtent sur l'affaire Bettencourt.

La polémique lancée par le Canard enchaîné et le site Internet Mediapart sur un espionnage de journalistes orchestré par l'Elysée, déborde sur le terrain judiciaire. Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, et Bernard Squarcini, patron du contre-espionnage français, accusés de piloter ces opérations illégales de surveillance, vont déposer plainte en diffamation, révèle le Journal du Dimanche. Claude Guéant a confirmé la nouvelle samedi matin. Le fidèle de Nicolas Sarkozy va poursuivre Mediapart pour diffamation par voie de citation directe. La plainte sera déposée la semaine prochaine.

Dans le sillage du Canard enchaîné, Mediapart, dont deux journalistes se plaignent d'avoir été «géolocalisés» via leur portable, a désigné jeudi Claude Guéant comme étant chargé des opérations de surveillance de certains reporters qui enquêtent sur l'affaire Bettencourt et Karachi.«On ne peut pas laisser dire n'importe quoi, il y a des limites à tout», s'insurge Claude Guéant samedi. «Les accusations de Mediapart n'ont aucune espèce de fondement. On ne peut pas laisser passer de tels procédés indignes, laisser dire des mensonges qui déshonorent les gens».

Edwy Plenel y voit l'occasion d'un procès salutaire

«C'est la première fois de ma vie que je dépose plainte. Tout est parfaitement ubuesque», proteste le secrétaire général de l'Elysée. «Il y a tellement de journalistes disant du mal du Président - je le déplore- que cette tâche que l'on m'impute serait gigantesque ! Tout cela est absurde». Si Claude Guéant tient des réunions de coordination sur la communication du gouvernement, ce ne sont «pas des réunions de comploteurs», a-t-il lâché.

Cette plainte n'impressionne pas Mediapart. C'est «l'hôpital qui se moque de la charité»,estime le patron du site, Edwy Plenel.«Ce sera une superbe occasion d'un procès où la liberté de l'information mettra en évidence la part d'ombre de cette présidence», veut croire le journaliste. «Il n'y a aucune transparence de la part du pouvoir», déplore-t-il. Il est «de notoriété publique que la campagne d'une immense violence contre Médiapart, nous traitant de média aux méthodes fascistes, a été organisée dans le bureau même du secrétaire général de la présidence».

Bernard Squarcini déplore une «tentative de déstabilisation»

Le courroux de Claude Guéant est aussi partagé par Bernard Squarcini, qui a demandé à son avocat, Me Patrick Maisonneuve, de rédiger une plainte. Pour le directeur de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), on tente de «déstabiliser la boutique à un moment où la menace terroriste n'a jamais été aussi forte». «Il n'y aucun cabinet noir», répète Bernard Squarcini. «Je rends mes clés quand on veut, je ne suis pas propriétaire de mon poste. Mon seul vrai métier est de déjouer les complots terroristes», tranche-t-il.

La controverse est née dans les colonnes du Canard enchaîné. L'hebdomadaire satirique a accusé Nicolas Sarkozy de superviser «personnellement» l'espionnage de certains journalistes chargés de la couverture d'affaires sensibles. D'après le journal qui évoque des sources au sein du service de Renseignement intérieur (DRCI), une équipe d'anciens policiers des RG a été montée au sein de la DRCI. Elle serait chargée d'éplucher les relevés téléphoniques des journalistes visés, «avant de pousser plus loin, si leur enquête le nécessite».

Ces allégations ont été qualifiées de «totalement farfelue» par l'Elysée et de «fantasme» par la Garde des Sceaux, mais le Canard enchaîné les a maintenues. L'opposition a réclamé des explications et une commission d'enquête. La Délégation parlementaire au Renseignement a auditionné jeudi le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, et Bernard Squarcini, sur cette polémique d'espionnage. Rien n'a filtré.

Par lefigaro.fr

mardi 9 novembre 2010

La Grande-Bretagne envisage le travail gratuit des chômeurs

Le gouvernement britannique présentera cette semaine son nouveau plan anti-chômage.

Deux semaines après avoir dévoilé un plan de rigueur sans précédent, le gouvernement britannique s'apprête à prendre des mesures musclées pour lutter contre le chômage. Ce nouveau dispositif sera présenté cette semaine par le ministre britannique du Travail, Iain Duncan Smith. L'objectif affiché du ministre est ambitieux : réduire la facture des allocations, qui coûtent chaque année 190 milliards de livres sterling (220 milliards d'euros), et «casser le cycle de la dépendance».

Iain Duncan Smith décrit ce nouveau plan anti-chômage comme un «contrat» qu'il entend passer avec les 1,4 million de chômeurs de longue durée qui touchent des allocations hebdomadaires de 65 livres sterling (75 euros). Ces derniers se verraient contraints d'effectuer 30 heures par semaine de travail bénévole, donc non rémunéré, comme le ramassage d'ordures, le balayage des rues ou l'entretien des parcs et jardins. Et ce, pendant quatre semaines. En échange, le gouvernement compte garantir au bénévole un nouveau «crédit universel» qui remplacerait les catégories d'allocations existantes. Si le demandeur d'emploi ne se présentait pas à son poste, en revanche, il perdrait ses allocations pendant au moins trois mois.
Redonner aux chômeurs une «routine de travail»

«Il s'agit simplement de redonner aux chômeurs une routine de travail, ce qui rendra leur profil bien plus intéressant pour un employeur qui cherche à pourvoir un poste», explique une source proche du ministère britannique du Travail au Guardian. Par ailleurs, des sanctions comme la suppression des allocations existent déjà pour les bénéficiaires qui refuseraient de participer à une formation ou de se rendre à des entretiens d'embauche.

Pour autant, le nouveau plan de la coalition britannique suscite la «controverse» outre-Manche, indique le journal. La députée travailliste Anne Begg a estimé que ces périodes de travail bénévole priverait les chômeurs d'un temps précieux pour la recherche d'emploi. «Le problème, c'est justement de trouver un travail», a-t-elle déclaré. Harriet Harman, une autre députée travailliste, a déclaré que les réformes étaient sans doute nécessaires, tout en jugeant les projets du gouvernement «inéquitables».

Il y a tout juste deux semaines, la Grande-Bretagne a annoncé les coupes budgétaires les plus radicales de l'histoire moderne du Royaume-Uni. Le chancelier de l'Echiquier, George Osborne, a confirmé l'objectif annoncé en juin pour la réduction des dépenses publiques, alors fixé à quelque 83 milliards de livres (95 milliards d'euros) d'ici à 2015. A cet horizon, la Grande-Bretagne va supprimer 490.000 emplois publics , pour «éviter la faillite» et «s'éloigner du précipice».

Par Isabelle de Foucaud

lundi 8 novembre 2010

Comment le « Président » van Rompuy va permettre la mise sous tutelle des pays de la zone-euro

Le président du Conseil, Herman van Rompuy, a présenté comme prévu le rapport de sa « task-force » sur la gouvernance économique en fin de semaine dernière, pour lequel les Vingt-Sept ont donné leur feu vert ; feu vert donné également à une révision du Traité de Lisbonne que réclamait le document afin de lever « l’interdiction » de soutenir financièrement un pays de l’Union.Si la mesure est présentée comme le moyen pour l’Union de proroger le fonds de solidarité [le Fonds européen de stabilisation financière, créé pour trois ans et doté de 500 milliards d’euros, NDLR] mis en place pour le « plan de sauvetage » des banques engagées dans la dette grecque, il permettra en réalité, par l’exigence franco-allemande, de l’assortir de mécanismes gradués de sanction, la supervision des budgets nationaux des Etats de la zone. De fait, c’est une forme de tutelle des budgets de ces pays qui a été décidée, et donc la fin de leur souveraineté tant économique que politique – les deux étant intimement liées.

Aussi curieux que cela puisse paraître, ce n’est pas à une entité démocratique que cette réforme du Traité a été confiée, comme par exemple le Parlement ou une commission ad hoc, ni même à la Commission Européenne qui est garante des Traités, mais à Herman van Rompuy, le Président du Conseil Européen non élu.

À terme, ce n’est pas non plus le Parlement européen qui décidera des sanctions à l’encontre des pays qui ne respectent pas les critères définis par M. van Rompuy et sa « task force », mais une entité composée du Conseil de l’Union, de la Commission européenne et de l’Eurogroupe, que nous avons appelée “triumvirat” dans nos précédents articles.

En imposant une police des budgets gouvernementaux de la zone euro, l’Allemagne démontre une fois de plus qu’elle règne en maître sur l’Union. Si la France a habilement consenti aux manœuvres de Madame Merkel, c’est surtout pour coller au « couple » franco-allemand, et aussi avec l’idée d’imposer aux Français une contrainte budgétaire extérieure gravée dans le marbre des Traités.

D’un côté, Madame Merkel pourra expliquer aux Allemands qu’ils ne seront plus les pompiers des Etats laxistes, et Monsieur Sarkozy aux Français que les Traités de l’Union obligent l’Etat à l’austérité budgétaire qui suivra la réforme des retraites.

Bousculer le calendrier et passer en force

Herman van Rompuy soumettra la réforme du Traité de Lisbonne aux Vingt-Sept les 16 et 17 décembre prochain. Il en sortira des propositions législatives au début 2011, l’objectif étant de parvenir à un accord final en juin 2011.

Ce calendrier très serré est censé permettre l’achèvement du processus de ratification avant le 30 juin 2013. C’est la date à laquelle prend fin l’actuel fonds du « plan de sauvetage » de la zone euro, mis en place au printemps dernier. L’objectif principal de cette procédure dite « simplifiée » est d’éviter de passer obligatoirement par des référendums dans chaque pays membre de l’Union, car si le processus démocratique était respecté, il n’y aurait aucune chance pour que l’ensemble des pays de l’Union ratifie cette modification du Traité.

Seule la résurgence des partis nationaux en Europe, comme on l’a vu ces derniers mois aux Pays-Bas, en Hongrie, au Danemark, en Norvège et en Autriche, pourrait permettre une ultime prise de conscience, puis une contestation générale de l’ordre qui se met en place, dicté par les impératifs de l’adaptation de nos vies à l’économie mondialisée.

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié sur Mecanopolis avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

vendredi 5 novembre 2010

30.000 Américains réduits à se battre pour des HLM

Les autorités attendaient trois fois moins de personnes. Crédits photo : AP
VIDÉO - Les autorités ne s'y attendaient pas : des dizaines de milliers personnes se sont pressées près d'Atlanta, en Géorgie, afin d'obtenir un formulaire de candidature pour un logement social. Dans la foule, difficile à contrôler, des rixes ont éclaté et plusieurs personnes ont été blessées.

«La première chose que je me suis demandée en voyant la scène, c'est si nous étions vraiment en Amérique», commente le reporter Ron Mott, incrédule, sur NBC. Environ 30.000 personnes pressées les unes contre les autres, les bras tendus vers quelques policiers distribuant des feuilles, dans une atmosphère électrique… C'est ce qui s'est passé mercredi à East Point, une ville de 40.000 habitants, près d'Atlanta, en Géorgie, où le taux de chômage s'élève à 10,8%, soit 1,3 point de plus que la moyenne américaine. Sur ces feuilles de papier convoitées, un formulaire à remplir, pour espérer obtenir un jour un logement social.



Pour la première fois depuis 2002, il était à nouveau possible, mercredi, de se porter candidat pour être placé sur liste d'attente. En tout, la ville ne compte que 655 logements sociaux, tous occupés actuellement. L'ancienne liste d'attente s'étant épuisée au fil des années, les autorités ont décidé d'en ouvrir une nouvelle.

Elles avaient toutefois largement sous-estimé la demande, puisqu'elles n'attendaient que 10.000 personnes. Les premiers sont arrivés dès lundi, soit deux jours avant la distribution et ont dormi sur place, certains à même le sol. Des candidats sont venus de toute la région et parfois même d'autres Etats américains. Mardi soir, plusieurs centaines de personnes faisaient déjà la queue, malgré les conseils des fonctionnaires, qui leur ont assuré que tout le monde aurait un formulaire, quelle que soit l'heure d'arrivée.

Vingt personnes hospitalisées

Le lendemain matin, la foule était si importante que la police a commencé à patrouiller dans des équipements anti-émeute. Les candidats sont souvent venus en famille, et bientôt, 30.000 personnes se pressaient aux portes du centre pour obtenir un formulaire.

La foule, difficile à contrôler, est devenue très nerveuse quand les portes, censées s'ouvrir à 9 heures, sont restées closes. Des rixes ont éclaté, ainsi que quelques mouvements de foule. Au final, 62 personnes ont eu besoin de soins médicaux, généralement à cause de la foule, de la forte chaleur ou encore parce qu'elles n'avaient pas pris leurs traitements médicaux habituels. Parmi elles, vingt ont dû être hospitalisés. Un enfant a même été piétiné, sans conséquences graves.

Les portes du centre n'ont jamais ouvert, mais la police a fini par distribuer les formulaires dans la rue. 13.000 fiches ont été données en tout. Selon Kim Lemish, directrice de l'autorité du logement d'East Point, toutes les personnes venues avant l'heure de clôture sont reparties avec le document. Mais elle a admis que la plupart d'entre elles n'obtiendraient pas de logement avant plusieurs années.

Les candidats ont jusqu'à la fin du mois pour renvoyer le formulaire. A l'avenir, un système sera mis en place pour leur permettre de postuler par voie électronique.

Par lefigaro.fr

jeudi 4 novembre 2010

Electricité : la hausse ne dépassera pas 4 euros par mois

Le ministère de l'Ecologie a confirmé les hausses de tarifs de 3% pour les ménages dès dimanche, tout en promettant des augmentations différenciées selon les clients. La Commission de régulation de l'énergie a donné son feu vert.

Pas plus de quatre euros par mois et par foyer pour 90% des ménages. La hausse de la facture d'électricité qui doit intervenir dès ce dimanche ne dépassera pas ce seuil, selon une promesse formulée ce jeudi par le ministère de l'Energie et du Développement durable.

Dans un communiqué, ce dernier confirme la revalorisation des tarifs de 3% en moyenne pour les ménages. Pour les petites, moyennes, et grandes entreprises bénéficiant des tarifs réglementés, l'évolution sera, comme annoncé, respectivement de 4%, 4,5 %, 5,5 %.

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a pour sa part émis «un avis favorable sur le projet d'arrêté relatif aux tarifs réglementés de vente de l'électricité». Son avis était purement consultatif, les tarifs étant fixés conjointement par les ministères de l'Energie et de l'Economie.

D'après le gouvernement, «la revalorisation des tarifs réglementés de vente de l'électricité se décline de façon différenciée selon les catégories de consommateurs», afin «d'assurer que chaque client paie le juste prix de l'électricité qu'il consomme». La hausse différenciée doit surtout répondre «à une volonté d'inciter les consommateurs à souscrire des offres tarifaires vertueuses, qui réduisent le recours aux centrales fonctionnant en période de pointe et qui sont les plus polluantes», explique-t-il par ailleurs.

Eviter la polémique

L'an dernier, la hausse des tarifs de 1,9% en moyenne pour les ménages avait suscité le débat, de fortes disparités ayant été constatées selon les clients. Près d'1,5 million de consommateurs avaient ainsi vu leur facture augmenter de plus de 15%.

Cette année, le ministère joue la carte de la prudence en prévenant que certains clients verront leur facture augmenter de 8% au maximum. Mais «cela concerne une infime quantité de clients qui ont un type de consommation hors norme», précise-t-on. «L'impact sur la facture pourra être compensé par des gestes simples de maîtrise de la consommation d'énergie», ajoute le gouvernement. Ce dernier insiste sur le fait que la hausse des tarifs permet de donner à EDF «la capacité de faire face à l'accroissement» tout en conservant «des prix très compétitifs, 25 à 35% en-dessous de la moyenne européenne».

Par Hayat Gazzane

mercredi 3 novembre 2010

Togo : un conseiller militaire français s'en prend à un journaliste

L'image de l'armée française en Afrique risque d'en souffrir. Mardi à Lomé, la capitale du Togo (Afrique occidentale), une altercation a opposé un officier français à un journaliste togolais. En cause, une photo prise par ce dernier et que le militaire voulait qu'il efface.

Selon le site internet rue89.com qui a dévoilé l'information, une vidéo de l'altercation circule actuellement sur le site Youtube. Ce document, filmé par un témoin de la scène, montre une ambiance particulièrement tendue où l'officier français menace à plusieurs reprises le photographe, qui porte pourtant un gilet avec l'inscription "presse" bien en évidence dessus, lui intimant l'ordre d'effacer la photo de son appareil numérique.

L'altercation se déroule en marge d'une confrontation entre manifestants et gendarmes togolais. Le militaire, apparemment un colonel de l'armée française qui se présente comme le conseiller du chef d'état-major de l'armée de terre togolaise, menace le journaliste d'appeler "le régiment des commandos de la garde présidentielle pour foutre un peu d'ordre là dedans". Et, devant la résistance du journaliste, l'officier lance à un des gendarmes qui l'entourent : "tu le mets en tôle".

Dans un communiqué diffusé mercredi, l'ambassade de France au Togo a expliqué que le véhicule de l'officier, qui se trouvait "fortuitement" près du rassemblement, a été pris par des jets de pierres, et l'officier ne voulait pas "qu'un photographe fasse une prise de vue". Jeudi matin, le ministère de la Défense a été plus sévère : "Ce n'est pas un vocabulaire et une attitude compatibles avec ce que l'on attend de notre personnel et des cadres de la Défense en particulier.

Ca ne correspond ni de près ni de loin à ce que sont nos valeurs et à notre conception de notre relation aux médias et de la liberté de la presse", a-t-il souligné. Le ministère étudie désormais avec le Quai d'Orsay, officiellement employeur du militaire, "la possibilité d'éventuelles sanctions" dont il n'a pas précisé la nature.


Par Laurent Deschamps

mardi 2 novembre 2010

Chômage des jeunes: vers une «génération perdue»?

EMPLOI - C'est ce que craint le Bureau international du travail...


Le chômage des jeunes, qui a atteint l'année dernière un niveau record dans le monde, avec 81 millions de personnes âgées de 15 à 24 ans sans emploi, risque de créer une «génération perdue», a averti jeudi le Bureau international du travail (BIT).


Le taux de chômeurs est passé de 11,9% en 2007 à 13% l'année dernière.



Il devrait progresser légèrement à 13,1% en 2010 avant de retomber à 12,7% l'année suivante, selon les projections de l'organisation dans un rapport sur l’emploi des jeunes.
Les jeunes «font toutes les démarches mais les portes se ferment devant eux»

«Les jeunes gens sont le moteur du développement économique», a estimé le directeur général du BIT, Juan Somavia, ajoutant que «renoncer à ce potentiel est un gâchis économique qui peut saper la stabilité de la société».

Le chômage des jeunes, qui a augmenté de 7,8 millions de personnes depuis 2007, risque de produire une «génération perdue de jeunes gens qui sont sortis du marché de l'emploi et qui ont perdu tout espoir d'obtenir un travail qui leur assure une vie décente», a prévenu le BIT. Ces jeunes «font toutes les démarches mais les portes se ferment devant eux», a ajouté Sarah Elder, co-auteur de l'étude et économiste au BIT.
Environ 45% de la hausse du chômage touche les pays industrialisés

Dans les pays émergents, qui totalisent 90% de la population de jeunes, ces derniers sont particulièrement affectés par cette situation qui se traduit souvent par une réduction des horaires de travail et des salaires pour ceux qui ont encore un emploi. En 2008, quelque 152 millions de jeunes, soit 28% de la population active de cette catégorie d'âge, ne sont pas parvenus à sortir de la pauvreté malgré leur travail et ont gagné moins de 1,25 dollar (moins de 1 euro) par jour, a souligné l'organisation.

Environ 45% de cette hausse du chômage touche la population de pays industrialisés, principalement en Europe centrale, de l'est et du sud (Estonie, Lettonie, Lituanie, Espagne). Aux Etats-Unis, le chômage des jeunes a augmenté de huit points de pourcentage à 18%. Pour lutter contre cette situation, le BIT a appelé les gouvernements à maintenir leurs programmes de soutien pour l'emploi des jeunes, malgré les coupes budgétaires annoncées ces derniers mois.
Avec AFP

L'entrée d'une agence "Pôle Emploi", le 5 janvier 2009 à Hazebrouck Denis Charlet AFP/Archives

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