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vendredi 29 octobre 2010

Bienvenue dans ma tribu, le mythe du bon sauvage sur TF1

« On les déguise comme dans les expositions coloniales ! » La nouvelle télé-réalité de la Une « folklorise » les peuples indigènes.

Depuis 1994, le 9 août est la Journée internationale des populations autochtones. Bien que la reconnaissance de leurs droits progresse, l'organisation Survival International rappelle que ces peuples sont victimes du racisme, notamment des médias. Exemple sur TF1 chaque mardi à 22h30.


Depuis le 13 juillet, la Une diffuse la première saison de Bienvenue dans ma tribu, un programme de télé-réalité où trois familles françaises vont « vivre en immersion au cœur des [trois] tribus les plus reculées de la planète ». (Voir la bande annonce)

« C'est pour leur bien »

Dès le premier épisode, le ton est donné :

« Ces familles vont vivre au cœur des tribus les plus reculées de la planète. Leur défi ? Adopter les mêmes modes de vie primitifs pour se faire accepter ».
« L'emploi des termes tels que “primitifs” ou “hommes de la préhistoire” n'est pas approprié […]. Toutes les sociétés évoluent et s'adaptent continuellement, aucune ne reste figée dans le temps. […]

Le préjugé selon lequel les peuples indigènes sont arriérés mène directement à leur persécution. On affirme par exemple que c'est pour leur bien que leur est imposé le développement. »

Contactée par Survival International France avant la diffusion de Bienvenue dans ma tribu, la productrice Alexia Laroche-Joubert a souhaité préciser :

« Les conditions de production de l'émission Bienvenue dans ma tribu ont parfaitement respecté l'intégrité et la dignité des communautés au sein desquelles les émissions ont déjà été tournées et ce dans une parfaite osmose et harmonie avec les tribus. »

Quid des comportements de certaines familles, comme celle, parisienne, présente en Ethiopie chez les Surmas, qui a refusé leurs peintures guerrières ?
« On les déguise ! Comme dans les expositions coloniales ! »

Autre problème, toujours selon Sophie Baillon, les tribus sont représentées par le biais folklorique, ce qui a plus à voir avec le mythe du bon sauvage qu'avec la réalité.

Citée dans un article de Télé Obs, l'ethnologue Anne-Gaël Bilhaut affirme que certaines séquences tournées chez les Zapara sont truquées :

« On les déguise ! Comme dans les expositions coloniales ! Pour préparer ces habits, il faut des semaines et des semaines. On leur a apporté ces tenues et eux, gentiment, les ont mises […]. »

Contactée via la page Facebook officielle du programme, une des personnes chargée de la réalisation affirme :

« Nous n'avons rien imposé aux trois tribus. Il a été discuté de ce qu'ils voulaient montrer et comment ils le voulaient […]. »

Le casting de la saison deux serait déjà lancé. Survival International France espère d'ici-là pouvoir en empêcher le tournage.

Illustration : « Racisme dans les médias », visuel de campagne de Survival International France

Par Jenny Joussemet

jeudi 28 octobre 2010

Le peuple est debout et il crache à la gueule de vos médias corrompus !

Ce ne sont que des menteurs ! Des larbins du pouvoir qui pratiquent au quotidien la désinformation !

Oui c’est ce que vous êtes, vous grands médias français, des charlatans. Vous vous pavanez devant les caméras avec une seule mission, insulter le peuple de France qui par millions, résiste et se bat contre votre classe immonde !

Non le mouvement ne s’éssoufle pas, la colère et la détermination est toujours là. Ah vous aimez montrer dans vos JT les raffineries qui se débloquent, les gens qui repartent au travail pour une seule et unique raison, la survie.

Merci à tous ces petits médias locaux qui relatent la véritable situation, celle d’un peuple debout malgré vos mensonges et votre dissimulation honteuse.

Petit panorama de la France qui résiste...

Grenoble : Ce mercredi 27 octobre en matinée, le trafic des bus est perturbé en raison d’un blocage du dépôt de Sassenage. C’est "un mouvement social externe à la SEMITAG", annonce le site internet du réseau de transports urbains de l’agglomération grenobloise. En fait, des manifestants opposés à la réforme des retraites se sont installés devant l’un des principaux dépôts à Sassenage. Du coup, les lignes 1, 3, 13, 23, 26, 30, 34, 51, 55, 56, 58 et CEA ne circulent pas. Le centre de tri de La Poste à Sassenage est aussi bloqué. Ces actions sont menées depuis 5H.

Fos-sur-Mer : Quelque 250 personnes bloquaient mercredi matin les accès à l’incinérateur de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), à l’appel de la CGT, pour protester contre la réforme des retraites, d’après le syndicat. Ce blocage de l’incinérateur qui traite les déchets de l’agglomération marseillaise intervient alors que les éboueurs de Marseille ont repris le travail mardi, après deux semaines de grève.

Tours : Le principal dépôt des bus de Tours était bloqué mercredi matin par des manifestants protestant contre le projet de réforme des retraites, pour la deuxième fois en une semaine, a-t-on appris de source policière. Environ 80 personnes se sont retrouvées vers 5h00 à l’entrée du dépôt de la société Fil Bleu à Saint-Pierre-des-Corps, près de Tours, empêchant tout mouvement des bus, selon cette source. Seuls quelques bus, au départ du deuxième dépôt de la société à Tours-Nord, circulaient en début de matinée. Le dépôt de Saint-Pierre-des-Corps avait déjà été bloqué pendant plusieurs heures jeudi dernier.

Saint-Just-Saint-Rambert (loire) : Nouvelle action coup de poing ce matin dès 4 heures de la Coordination inter-secteur de la Loire. Une centaine de manifestants a bloqué le centre de tri de La Poste. Dans la zone concernée, la distribution du courrier des particuliers mais également des professionnels sera perturbée une bonne partie de la journé. Une centaine de militants, venant de différents secteurs (professeurs, étudiants, facteurs, hospitaliers...), était mobilisé ce matin dès 4 heures devant le centre de tri de La Poste de Saint-Just-Saint-Rambert pour s’opposer une nouvelle fois à la réforme des retraites. Si les députés s’apprêtent aujourd’hui à voter définitivement le texte, adopté hier par le Sénat. Les syndicats, eux, maintiennent leur appel à la mobilisation demain. C’est la raison pour laquelle encore aujourd’hui la Coordination inter-secteur de la Loire poursuit leurs actions ponctuelles. Une manière de faire vivre le mouvement, une trentaine d’étudiants était là pour soutenir leurs aînés dans la lutte. L’espoir de faire plier le gouvernement et que la réforme ne soit jamais appliquée motive chaque militant qui est encore sur le terrain. Le blocage s’est s’est terminé aux environs de 9 heures après que quelques palettes soient brûlés pour réchauffer l’atmosphère. Il faisait particulièrement froid ce matin dans le Stéphanois.

Rennes : Une opération coup-de-poing, décidée en intersyndicale, selon un porte-parole du syndicat CGT, a eu pour conséquence de bloquer, à partir de 5 h, ce matin, les deux accès du centre routier en zone industrielle de Rennes-Chantepie. Les bloqueurs ont laissé passer quatre camions, des étrangers, mais retiennent toujours une vingtaine de poids lourds. Toujours selon le porte-parole, il était question de lever ce barrage dans la matinée. Explication de ce mouvement : « C’est vraiment pour faire mal à l’économie du Medef, du patronat et les forcer à revenir à la table des négociations pour parler de cette réforme des retraites que nous jugeons injuste. " Le syndicat CGT promettait, ce matin, d’autres opérations, notamment pour ce soir.

Caen : Militants syndicaux et étudiants, environ 200 personnes se sont relayées depuis hier à 22 h mardi pour bloquer une partie de la Zone d’activités de Carpiquet, à l’Ouest de Caen. Des barrages ont été établis aux deux entrées de cette zone, où est notamment installée une plate-forme logistique LCM (groupe Carrefour). Des déviations ont été établies en amont pour dévier la circulation. Ce matin, de nombreux salariés ont garé leur voiture juste avant les barrages, pour se rendre ensuite à pied à leur travail. Les manifestants prévoyaient de lever les barrages ce midi.

Laval : La collecte des ordures ménagères n’est pas assurée ce mercredi matin à Laval en Mayenne. Des manifestants bloquent depuis ce matin les issues du centre technique municipal, paralysant l’ensemble des services. A la vielle d’une nouvelle manifestation organisée jeudi dans le centre-ville, il s’agit d’un nouveau coup de force de l’intersyndicale qui réclame le retrait de la réforme des retraites et l’ouverture de négociations.

Saint louis (La Réunion) : Les blocages opérés en début de semaine ont visiblement donné des ailes à certains élèves du lycée professionnel Victor Shoelcher au centre-ville de Saint-Louis. Ils étaient en effet près d’une centaine dès 7h15 à faire le pied de grue devant l’entrée principale de l’établissement secondaire, "idéalement" localisé à proximité de la gare routière de Saint-Louis, pour lancer un barrage filtrant. Résultat, un passage à l’acte et une circulation plus ou moins perturbée en direction des automobilistes et également de plusieurs bus en terminus.

Brest : Les accès au dépôt pétrolier de Brest sont bloqués depuis ce mercredi matin par environ 150 manifestants. Ils occupent deux ronds points, empêchant ainsi 80 camions citernes vides de venir se ravitailler. Les hommes du commissariat de police de Brest, présents sur les lieux, viennent de débuter l’évacuation des lieux. Le dépôt pétrolier de Brest est régulièrement bloqué depuis une dizaine de jours.

Strasbourg : Des militants CGT bloquaient mercredi les expéditions de la raffinerie de pétrole de Reichstett, près de Strasbourg (nord-est), dans le cadre du mouvement de protestation contre la réforme des retraites.

Quimper : Une trentaine de personnes, membres de Sud PTT, du NPA et de FO, ont bloqué le centre de tri d’Ergué-Gaberic, près de Quimper, entre 5 h 30 et 9 h ce matin. Une manifestation contre la réforme des retraites. Deux feux avaient été allumés devant les deux entrées, empêchant les camions de passer pour approvisionner les bureaux de poste. Résultat « aucun bureau du Sud-Finistère n’a été approvisionné, se félicite Patrice Campion, de Sud PTT. Les facteurs sont partis en tournée sans le courrier du jour. " Du côté de la direction de la Poste, on confirme que cette manifestation a créé des « perturbations. Il y aura des retards. Nous faisons tout pour qu’ils soient minimes. " Ce groupe de manifestants prévoit d’autres actions dès demain matin.

Fléac (Charentes) : Le collectif charentais de défense des retraites a bloqué, ce matin, dès quatre heures, le centre de tri de Fléac, la nouvelle plate forme où transite tout le courrier des Charentais distribués ensuite dans les boites aux lettres. A priori, le courrier ne devrait pas pouvoir être distribué aujourd’hui dans le département. A 9h30 ce matin, le courrier n’est par exemple pas parvenu dans l’important bureau de Poste du Champ-de-Mars, à Angoulême. La vingtaine de représentants du collectif, installés à l’entrée du centre de tri de Fléac, annoncent leur ambition de rester sur place "toute la matinée et peut-être même cet après-midi" pour empêcher le tri du courrier récolté après 16h.

Toulouse : Le centre logistique Eurocentre, situé au nord de Toulouse, a été totalement débloqué vers 9h mercredi matin après l’intervention des forces de l’ordre sans incident. Un millier de manifestants opposés à la réforme des retraites empêchaient l’entrée et la sortie des poids-lourds depuis 4h du matin par le biais de barrages filtrants, a-t-on appris auprès de la préfecture de la Haute-Garonne et des manifestants. Arrivés sur la plate-forme multimodale vers 4h du matin, un millier de personnes selon les deux sources, cheminots, enseignants, agents de la Poste et d’EDF, opéraient des barrages filtrants au niveau de trois ronds-points pour bloquer l’accès au centre logistique. Cette action a été menée à l’appel de l’intersyndicale départementale CGT, FO, CFDT, CFE-CGC, UNSA, CFTC, FSU, Solidaires qui avait annoncé jeudi dernier l’organisation d’une "action unitaire par jour" durant les vacances de la Toussaint "pour entretenir le feu de la mobilisation".

Le Havre : Zone industrielle bloqué dès 4H ce matin, selon un internaute de bellaciao.

La Roche-sur-Yon : A l’appel de la CGT, 20 personnes ont bloqué un train pendant trente minutes, ce matin, à 6 h, en gare de La Roche-sur-Yon. Les manifestants se sont dispersés à l’arrivée des forces de l’ordre. «On n’est pas dans une stratégie de l’affrontement, explique Jean-Marc Jolly, de la CGT. Il s’agit de multiplier des actions significatives pour maintenir la flamme.» Les syndicats ont appelé à manifester, demain, à 14 h, à La Roche-sur-Yon.

Estagel (Pyrénées-orientales) : Très tôt ce matin, une centaine de personnes se sont rassemblées à l’appel des organisations syndicales et politiques locales( UL CGT, MODEF, Confédération Paysanne, PCF, PS ). Sur la place du village des représentants de l’intersyndicale départementale s’étaient également, déplacés en renfort . Il s’agissait de protester contre le projet sur les retraites du gouvernement et de montrer la détermination et la mobilisation toujours aussi importante du front uni des syndicats. De 7H à 9H30, un barrage filtrant sur la RD 117 a très vite bloqué la circulation, compte tenu du goulot d’étranglement que constitue la traversée d’Estagel pour les poids lourds. Sous la pluie tout d’abord, puis affrontant une tramontane très froide, les manifestants ont offert le café aux poids lourds bloqué et distribué un tract sur lequel on pouvait notamment lire : « Dans notre vallée, largement viticole, les retraites misérables du monde agricole et ses revenus d’activités indignes, caractérisent la pauvreté de nos villages. Nous voulons un avenir plus radieux pour nos enfants ». Le groupe s’est dispersé vers 9H30 promettant d’autres actions départementales, durant cette semaine de vacances.

Cognac (Charentes) : La "coordination" Cognaçaise (CGT, FO, Réso et des partis de gauche) de lutte contre la réforme des retraites est en train de mener un barrage filtrant à Merpins. Elle prévoit de bloquer le rond-point de la Trâche, à Châteaubernard, d’ici midi et jusqu’à 14 heures. D’autres barrages sont envisagés vers 16 h 30, avant un rassemblement programmé une heure plus tard devant la sous-préfecture de Cognac.

Courage camarades ! et un grand merci, oui merci...


De : gouly

mercredi 27 octobre 2010

Bilan du travail du dimanche : Travailler pour gagner la même chose ... ou moins !

La loi prévoit deux cas : les "zones d'intérêt touristiques" et les "PUCE"
La loi permet dans les "zones d'intérêt touristiques " que : " tous les commerces peuvent désormais ouvrir les dimanches sans obligation de contreparties pour les salariés. Des accords de branche ou d'entreprise peuvent toutefois prévoir des compensations. La loi du 10 août 2009 stipule que des négociations doivent être engagées, sans obligation toutefois d'aboutir ". Quant aux salariés des "PUCE " , ils sont en train d'apprendre à leurs dépends que, contrairement à ce que prétendaient les députés porteurs de la loi et le site de TF1, ils ne peuvent pas : " prétendre au repos compensateur ou au doublement de leur rémunération, lorsqu'ils travaillent le dimanche"

Nul n'a oublié le sketch du Président dans lequel il racontait qu'il était allé : " acheter un livre aux Champs Elysée, un dimanche" (on va le croire ! ) et qu'il avait demandé à la vendeuse, si elle était satisfaite de travailler ce jour. Et le Président de prendre le ton "Bigard" pour imiter la vendeuse : " Le dimanche c'est pas plus long que le lundi, simplement on est payé double".

Et de conclure par une ôde au volontatariat de ces "héros" qui permettent aux touristes d'avoir le bonheur de faire don de leurs économies à la nation française ! Localisation de la vidéo


Sarkozy et le travail le dimanche
envoyé par 20Minutes. - L'info internationale vidéo.Loin des discours "sketchs", un an après le vote de la loi, qu'en est-il de ceux qui pouvaient améliorer leur pouvoir d'achat en travaillant le jour ou tout le monde est censé se reposer ?

Du côté des syndicats on constate que : " ... / ... le doublement de la rémunération des salariés, comme le prévoit la loi, n'est pas systématique ... / ... "

Du côté patronal on évoque : " ... / ... des changements "très ponctuels". Pour Jean-Michel Silbertein du Conseil national des centres commerciaux (CNCC), "il n'y a pas eu véritablement une demande forte pour s'inscrire dans cette démarche" - Source AFP

En clair : Désillusion et indifférence polie !

Mais revenons à la ville de Marseille et au député Maillé qui fut à l'origine de cette loi . En effet, c'est ce député qui a lancé le débat en se basant sur une demande des commerçants du centre commercial " Plan de Campagne " ( situé dans sa circonscription).

Il avait pour ce faire mis en place une pétition : " travailler le dimanche c'est mon choix " (encore disponible sur Facebook ) : " Nous appelons à signer la pétition en ligne « travailler le dimanche, c’est mon choix ». Par ce geste, nous demandons que l’on respecte notre choix de faire des courses ou de travailler le dimanche"

Plan de Campagne n'est pas classé en "zones et communes touristiques" mais en "PUCE"

Les "PUCE", sont, nous dit Challenge : " autorisées par les préfets après une demande des maires, le volontariat est inscrit dans la loi, tout comme une rémunération double, sauf accord collectif plus favorable ou moins favorable. C'est le cas à Plan-de-Campagne (Bouches-du-Rhône), où un accord signé au niveau du PUCE (6.000 salariés) prévoit une majoration mais pas un doublement de la rémunération ... / ... "

Ce qui signifie sur le terrain que : " Les majorations prévues sont largement inférieures au doublement du salaire horaire, il n'y a plus de jour de fermeture fixe et pas de garantie pour revenir sur le volontariat", explique Aline Levron de la CFDT Services ... / ... En l'absence d'accord de branche ou d'entreprise, les syndicats critiquent aussi les inégalités entre salariés des PUCE et ceux dans une commune/zone touristique, où aucune compensation n'est obligatoire. On voit fleurir des contrats de temps partiels le dimanche", ajoute une syndicaliste de FO.

Ailleurs, en France, le tableau n'est pas plus reluisant !

" ... / ... concernant les commerces alimentaires de détail, de nombreux abus sont constatés, avec des ouvertures toute la journée (limite légale fixée à 13H00) notamment à Paris où depuis juin 2009, 67 procès-verbaux ont été dressés. "C'est une infime partie des dérives constatées", assure Force ouvrière.

En province, c'est le principe même de l'ouverture dominicale de supérettes qui a parfois provoqué des conflits. Les prud'hommes devront d'ailleurs se prononcer sur le licenciement de trois ex-salariés de chez Ed à Oyonnax (Ain), licenciés pour avoir refusé de travailler ce jour-là ... / ... " - Source AFP/Google

Bilan : Richard Maillé et ses collègues qui affirmaient " simplement vouloir officialiser certaines situations " (éviter à certaines grandes enseignes de payer des pénalités pour ouverture illicite) et donner un cadre juridique unique, semblent avoir rendu encore plus complexe la situation.

En effet, peut-on lire dans le JDD : " Il a l'air déconcerté, Richard Mallié, le député UMP qui défend mordicus la loi sur l’ouverture des commerces le dimanche. Mardi, la réforme controversée aura un an sans que l’élu soit capable d’en dresser le bilan. "Le comité de suivi prévu par le texte ne se réunira que le 16 septembre pour commencer ses travaux. Il y a un peu de retard…", avoue-t-il, un brin gêné ... / ... Tout va très lentement, car élus et commerçants sont divisés. Les petits patrons redoutent la concurrence des grands, les maires craignent de perdre des voix, les syndicalistes menacent de saisir les tribunaux ... / ..." - Source JDD

En clair, une nouvelle victoire du "Président du pouvoir d'achat" et grand acheteur de livres ... le dimanche !

Crédit photo
FlickR CC - choudoudou

mardi 26 octobre 2010

Ce que ne dit pas Wikileaks

«La guerre est faite de tout sauf de transparence»


Fuite orchestrée, construite par des officiers du renseignement, les 105 000 documents livrés au public, par le site islandais WikiLeaks, offrent peu d’intérêt pour les amoureux de la vérité.

Les amateurs de scoop, de scandale, de petites histoires, resteront sur leur faim.

La fausseté du prétexte qui a motivé, en décembre 2001, l’invasion puis l’occupation de l’Afghanistan, est savamment dissimulée, dans les plis du drapeau.

Pas un instant, les traitres « qui menacent la sécurité nationale », selon l’expression de Washington, ne dénoncent les marchands de canons, les multinationales du crime, la CIA ou les compagnies militaires privées.


La coïncidence entre le boum de la production d’opium, dans la région du Helmand, au sud-est de l’Afghanistan, et l’occupation anglo-saxonne, n’est même pas évoquée.

On ne retrouve pas, dans cette poubelle renversée sur la Toile, les ordres de mission relatifs aux crimes de guerre, perpétrés par l’US Air Force ou les Marines, à Nawabad, le 21 août 2008 et à Bala Batuk, le 5 mai 2009.

Hormis les prisonniers et les transfuges, parlant sous la torture ou pour de l’argent, aucun rapport ne donne la parole à la Résistance ni aux milliers de villageois qui vivent dignement, sous les bombes, et qui auront contribué, à leurs manières, au départ de l’étranger.

La représentation des choses ici demeure fermement aux mains de l’occupant.

Seuls des « journalistes embarqués », des photographes de l’armée ou de soit-disant experts, le M16 en bandoulière, sont autorisés à dire la réalité.

Et malheur au reporter qui essaierait de donner à voir autre chose que la propagande : il serait tué ou pris en otage par un groupe armé.

Les journalistes français de Fr3, captifs depuis 218 jours, quelque part dans la vallée de la Kapisa, payent, aujourd’hui, le prix de ces paroles et images confisquées.

L’Histoire de cette seconde guerre d’Afghanistan doit être écrite par l’Amérique – dans la victoire comme dans la débâcle.

Tel est peut-être l’unique message qui émane de cette montagne de papiers, flottant dans l’arbre stérile d’Internet.

LE GRAND MÉNAGE AVANT UNE RETRAITE PITOYABLE

Comme dans les films évoquant la chute de Saïgon, en 1975, ou la prise d’assaut de l’ambassade des États-Unis, à Téhéran, les petits fonctionnaires américains brûlent tous les documents compromettants et ne sauvegardent que l’essentiel : leur propagande.

Les informateurs de Julian ASSANGE, responsable de WikiLeaks, ambitionnent, avec une avalanche de détails, de conforter les fables qu’on nous sert depuis les attaques de New-York.

Entre autres : la collusion de l’armée pakistanaise avec les talibans et l’aide militaire, apportée par l’Iran, au groupe chiite de Guldbudin HEKMATYAR, le Hezb-i-Islami.

Mais le nombre de preuves assénées par des militaires dont la première mission n’est pas exactement l’information n’en font pas des certitudes recevables par un tribunal.

Les accusations portées contre le général pakistanais à la retraite, Hamid GUL, présenté comme une sorte de roi des talibans, frisent le ridicule et ne résisteraient pas, cinq minutes, à l’analyse d’un juge d’instruction.

Les charges contre ce vieillard de 74 ans, décoré à la chute du Mur de Berlin, par le gouvernement allemand, « pour services rendus », rappellent les injonctions de Condoleeza RICE qui demandait, en décembre 2008, l’arrestation immédiate de l’ancien directeur de l’Inter Service Intelligence (ISI).

« Le vainqueur de l’armée Rouge », fort en gueule, qui connaît très bien les méthodes de la CIA – il a travaillé pour eux pendant vingt ans – avait eu l’outrecuidance de dénoncer les auteurs des attaques de Mumbay, le 26, 28 novembre 2008, comme de probables mercenaires à la solde de Langley, soutenus par l’Intelligence Bureau, le M16 et le MOSSAD.

Le but des attaques de Mumbay, attribuées officiellement au groupe Cachemiri, le Laskar-e-Toyba, étant de créer un casus belli et de forcer le gouvernement indien à entrer en guerre comme ce fut le cas, après l’attaque du parlement indien, le 13 décembre 2001…

Peu de nos concitoyens savent qu’il y a un lien intime entre l’évolution de la situation politique, militaire, en Afghanistan et la question disputée du Cachemire, occupé par l’armée indienne.

Chose que Wikileaks et « nos balances du Pentagone » laissent volontairement dans l’ombre…

LES MACHOIRES INDIENNES DU PIEGE AFGHAN

Lors de l’invasion de l’Afghanistan par les soviétiques, en décembre 1979, Indira GANDHI fut l’une des rares dirigeantes des pays non-alignés à saluer l’arrivée des Soviets à Kaboul ; et le gouvernement de son successeur, le premier à déplorer leur retrait lorsque l’URSS décida de retirer leurs troupes en 1989.

Car la chute du régime pro-soviétique de Najibullah et le triomphe des talibans, à Kaboul, provoquèrent et aidèrent une insurrection pro-pakistanaise, à Srinagar, dans la partie est du Cachemire, occupé, depuis 1947, par l’armée indienne.

Une insurrection qui dure et retient l’attention de 400 000 militaires et para-militaires indiens.

Dans la seconde guerre d’Afghanistan, une configuration, plus dramatique, se met en place et inquiète le commandement de l’ISAF.

Le plan de « sortie honorable » qui mise sur la capacité de l’armée afghane à assurer seule la sécurité du pays ne tient pas.

La nature profondément féodale et « anti-nation » des montagnards pachtouns interdit toute forme d’espérance aux occupants.

Les structures étatiques et le voile de modernité qu’avaient laissé les soviétiques à leur départ, en février 1989, avaient tenu à peine deux ans…

Mais ce qui rend plus périlleux la transition, c’est le grand jeu auquel se livrent la puissance indienne qui a repris, semble-t-il, les ambitions du Raj britannique, et le Pakistan au bord d’une révolution islamique.

Le risque permanent de clash entre l’Inde et le Pakistan, deux puissances à couteaux tirés, qui possèdent l’arme nucléaire, obère toute sortie maîtrisée du corps expéditionnaire, le forçant à dépendre de l’une ou l’autre des nations rivales.

La Russie, la Chine, la république iranienne, les républiques d’Asie centrale, pour différentes raisons, quant à elles, malgré leurs rivalités avec les États-Unis, ne souhaitent pas le départ du corps expéditionnaire et regardent perplexes le drame se jouer.

Cette impossibilité des coalisés à fixer clairement les conditions de leur retrait et d’empêcher les conséquences ( l’entrée victorieuse de talibans à Kaboul, une guerre entre le Pakistan et l’Inde, suivie d’une révolution islamique en Afpak) pourrait conduire l’OTAN à l’implosion.

Un soldat du contingent hollandais qui désertait récemment le piège afghan résumait ainsi le désastre : « Ce fut une erreur d’y mettre le pied et une plus grande encore de le lever. »

UN « CAPITALISME DU DÉSASTRE » QUI NE RÉUSSIT PAS A L’OTAN

Le Pakistan, ex-membre de l’OTASE, est le plus grand dommage collatéral de l’aventure.

Au lieu de stabiliser la région, la présence américaine, « dans la montagne rebelle », a provoqué une guerre civile, au Pakistan, qui a fait des millions de réfugiés et coûté la vie, selon Zaïd Hamid Zaman (journaliste pakistanais, consultant à Brasstrack) « au moins à vingt milles personnes ».
Les bombardements des populations par les drones de la CIA, les attaques kamikazes dont beaucoup se demandent, eu égard aux cibles choisies (cinémas, marchés, mosquées), s’ils ne sont pas l’œuvre de groupes terroristes payés par l’étranger, ont créé les conditions propices à une révolution islamique anti-impérialiste, au sein même de l’armée.

Si les documents militaires, divulgués par WikiLeaks, montrent bien le trou béant dans lequel s’abîme chaque jour davantage l’aventure coloniale, les sources militaires se refusent à montrer l’ampleur des dégâts que la CIA et leurs compagnies privées comme Black Water, ont commis au Pakistan.

Pire, elles trahissent l’intérêt de leurs propre pays en épousant les vues de la puissance régionale dont le général MacChrystal, lui-même, dénonçait, avant d’être remercié, « la présence de plus en plus néfaste en Af-Pak».

Cependant cette analyse considérant l’influence indienne comme néfaste n’est pas partagée par la majorité des officiers composant le commandement des forces d’occupation.

Notamment des Français qui ont fait défiler, le 14 juillet 2009, un contingent de la marine indienne sur leur propres Champs-Elysées…

Leurs analyses correspondent, en effet, à celles des diplomates de New Dehli, qui envisagent, dans la revue « Indian Foreign Affairs Journal », de janvier-février 2010, la périlleuse période de transition.

A savoir : l’envoi d’un corps expéditionnaire indien, sous mandat onusien, d’abord dans la vallée du Panshir, puis déployé sur l’ensemble des zones pachtounes tenues par les coalisés.

Une telle hypothèse déboucherait inévitablement sur une guerre avec le Pakistan et une intervention, peut-être, de la Chine qui a signé des accords de défense avec Islamabad.

Pour les Pakistanais, « le pire reste toujours possible » car l’Inde, ex-pays non aligné, a signé, en 2005, un formidable accord stratégique avec les États-Unis.

Pour appuyer ce dispositif, l’Indian Air Force (IAF) occupe déjà une base militaire louée précédemment aux Français, à Douchambé, au Tadjikistan.

De plus, le Border Road Organization (BRO), protégé par quelques dix milles paramilitaires de l’Indian Tibetan Border Police Force (ITBPF), présents en Afghanistan, a construit une route stratégique de la frontière iranienne à Kandahar.

Après négociation avec un Iran, soumis à un embargo sévère et dépendant pour son raffinage de la compagnie indienne, ONGC, l’Indian Navy qui disposera bientôt d’un nouveau porte-aéronefs, escortés de sous-marins de type Scorpène, pourrait débarquer un corps expéditionnaire de plusieurs centaines de milliers d’hommes à l’horizon 2014.

Les marqueurs présageant un tel exercice, dans l’Océan indien, sont nombreux.

De 2001 à 2009, les manœuvres avec les forces de l’OTAN se sont multipliées, les commandes de matériels militaires, notamment en navires de guerre, à l’étranger, ont quadruplé de volume.

Signe que l’intention américaine n’est pas nouvelle : en décembre 2001, l’US Navy confiait à la flotte indienne l’escorte des pétroliers qui ravitaillent le corps expéditionnaire du détroit d’Ormuz aux eaux sombres du littoral (opération Sagittarius).

Or depuis 1947, le Pakistan, ex-membre de l’OTASE, est historiquement le porte-avions de l’impérialisme US, dans la région.

Encore, aujourd’hui, l’armée pakistanaise, sur ordre de Washington, se bat, avec acharnement et beaucoup de brutalité contre ses propres populations insurgées du FATA et du Waziristan, lesquelles sont bombardées régulièrement, depuis 2006, par les drones de la CIA.

Cette guerre civile, provoquée, en grande partie, par l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan, a fait, depuis le début de l’opération Enduring Freedom, en deçà de la ligne Mortimer-Durand, plus de morts que les quatre conflits avec l’Union indienne.

Une majorité de pakistanais pensent sérieusement que les États-Unis, malgré leurs aides financières, avec la complicité active de l’Inde et d’Israël, sont à l’origine de leurs malheurs.

Des intellectuels américains comme Michel CHOSSUDOVSKI confirment leur point de vue, dans un article où le dissident explique la déstabilisation planifiée de la république islamique.

Pas une note des 105 000 documents secrets, publiés par WikiLeaks, n’évoque cette dimension !

L’armée pakistanaise fait pourtant partie du CENTCOM et nombre de bases importantes comme Jacobadad d’où partent les drones qui massacrent les Pachtouns, au Wasziristan, sont consacrées au déploiement de l’US Air Force.

On estime à 25 000 hommes la présence américaine sur le sol pakistanais : soldats, pilotes, diplomates, agents de différents départements (FBI, DEA, etc.), mercenaires de compagnies privée comme Xe ou Vinel.

L’ambassade US à Islamabad dirige quasiment le gouvernement ZARDARI-GILANI dont le soutien, dans la guerre contre le terrorisme, est crucial.

Mais ce soutien à l’impérialisme est à double tranchant, s’il satisfait les étrangers, il éloigne de plus en plus les populations locales de leur propre gouvernement.

A bien des égards, « le double jeu» évoqué par WikiLeaks serait plus le fait des américains que des officiers pakistanais.

Le chef d’état-major, le général KAYANI comme le général MUSHARRAF, actuellement en exil à Londres, ont fait leurs classes dans les académies US et sont des amis intimes de l’amiral Mike MULLEN qui commande la flotte de la zone Asie-Pacifique.

Pourquoi ces simples informations dont on pourrait vérifier l’exactitude, dans n’importe quelle encyclopédie en ligne, ne figurent-elles pas dans les papiers de WikiLeaks ?

La guerre racontée par le site « pacifiste » témoigne, semble-t-il, de l’âpre combat que se livrent, par informations divulguées, des éléments proches de l’ancien gouvernement BUSH, pro-indiens, et une administration OBAMA, en plein désarroi, qui tient l’armée pakistanaise comme la clef de voûte pour sortir, dans l’honneur, du bourbier afghan.

CONCLUSION PROVISOIRE

La guerre en Afghanistan n’est pareille à nulle autre : une fois commencée, elle ne s’achève jamais avant la disparition complète de l’envahisseur et ceux et celles qui les ont aidés.

Dans les massifs himalayens de l’Hindou Kouch, les âmes des hommes, tués par les armes, poursuivent les vivants d’une haine sans fin.

Le complexe militaro-industriel va connaître, pour la première fois de son histoire, un échec retentissant face à une société archaïque, profondément religieuse, dont le moteur n’est pas l’argent mais la Vengeance.

HIMALOVE

Publié sur Mecanopolis

lundi 25 octobre 2010

Obama veut contrer la Chine en mer

L'Amérique tente de contrer les revendications maritimes de la Chine en aidant ses alliés dans la région.


En janvier 2009, après l'investiture d'Obama, le plus «asiatique» des présidents que l'histoire des États-Unis ait jamais connu, maints observateurs des think-tanks de Washington prédirent que la deuxième décennie du XXIe siècle serait stratégiquement dominée par un duopole, appelé Chinamerica.


Reposant sur une conception strictement économique des rapports de forces mondiaux, cette vision est en train de voler en éclats, sous le coup des réalités géopolitiques en Asie. Pour l'Amérique, une chose est d'accepter la puissance économique et financière grandissante de la Chine - et donc de reconnaître la prééminence du G20 comme forum de discussion des questions planétaires et de favoriser l'accroissement du rôle de la Chine au sein du FMI -, une autre chose est de laisser à Pékin le leadership politique en Extrême-Orient. Dans cette région qui tire l'économie mondiale, les États-Unis disposent de solides alliés. Au cours du mois de juillet, l'Administration Obama a signifié, par différents messages, qu'elle ne comptait pas les laisser tomber.

Vieille alliée depuis les années 1950, la Corée du Sud a été victime, au mois de mars, d'une provocation militaire orchestrée par le régime stalinien de Corée du Nord, que les dirigeants chinois considèrent comme à moitié fou, mais qu'ils s'abstiennent de ramener à la raison, en dépit des considérables moyens de pression dont ils disposent. Comme l'a montré une enquête internationale, la marine de Kim Jong-il a torpillé dans les eaux internationales, le 26 mars 2010, une corvette sud-coréenne, provoquant la mort de 46 marins.

Au début de la dernière semaine du mois de juillet, les marines américaine et coréenne ont commencé un vaste exercice naval commun en mer du Japon (est de la péninsule coréenne), afin de faire passer un message de fermeté à Pyongyang. Le régime de Pyongyang poussa aussitôt des cris d'orfraie - menaçant notamment les «impérialistes» de représailles nucléaires -, que le département d'État prit avec sang-froid et indifférence. Les protestations chinoises, émises sur un ton bien sûr moins guerrier, furent en revanche considérées avec beaucoup plus de sérieux par la diplomatie américaine.

Lutte d'influence

À la demande des Coréens du Sud, soucieux dans un premier temps de ménager Pékin, l'exercice naval ne se déplaça pas en mer Jaune, à proximité des eaux territoriales chinoises. Mais la véhémence des déclarations publiques chinoises a provoqué un raidissement du Pentagone. La marine américaine a annoncé qu'elle procéderait «prochainement» à un deuxième exercice naval, cette fois dans les eaux internationales de la mer Jaune.

Depuis plusieurs mois, l'Administration Obama élabore une diplomatie sophistiquée, visant à stopper les prétentions hégémoniques chinoises sur les mers d'Asie du Sud-Est, où transite chaque année 50% du tonnage maritime mondial. Il n'est pas question, pour Washington, d'accepter la nouvelle rhétorique chinoise du «core interest» (intérêts vitaux) concernant ces eaux internationales. La mer Jaune ou la mer de Chine méridionale, ce ne sont pas le Tibet!

La secrétaire d'État américaine tint à assister personnellement, à Hanoï le 23 juillet dernier, au forum des pays de l'Asean (Association des Nations du Sud-est asiatique) consacré à la sécurité régionale. Devant une délégation vietnamienne ayant le plus grand mal à cacher sa satisfaction, Hillary Clinton récusa les prétentions d'aucune nation à s'attribuer un espace économique exclusif en mer de Chine, sous prétexte de contrôle militaire des atolls coralliens inhabités que sont les îlots Spratley et Paracel. En 1974, la Chine délogea les Sud-Vietnamiens des Paracel. En 1988, elle s'empara par la force de récifs dans l'archipel des Spratley, coulant les navires de transport venus en soutien d'une opération de débarquement vietnamienne. Cette minibataille navale entraîna trois années de rupture des relations diplomatiques entre les deux gouvernements communistes «frères» d'Asie du Sud-est. Outre les droits de pêche dans des eaux particulièrement poissonneuses, l'enjeu de cette espace maritime est le pétrole, qui fut découvert par des géologues américains en 1968.

Rendu furieux par le discours de Hillary Clinton, Yang Jiechi, le ministre chinois des Affaires étrangères, quitta la séance pendant une heure. À son retour, il prononça une allocution tonitruante, accusant les États-Unis de fomenter un complot antichinois, moquant le «socialisme» du Vietnam, et déclarant en regardant droit dans les yeux le ministre singapourien: «La Chine est un grand pays, d'autres pays sont des petits pays, et c'est un fait!»

Et mardi, le vice-ministre chinois de l'Information, Dong Yunhu, déclara au Figaro que les Américains n'avaient pas à se mêler des différends maritimes d'une région qui n'était pas la leur, à laquelle ils avaient naguère apporté la guerre, et que tous les problèmes seraient résolus pacifiquement «entre Asiatiques».

Dans les années 1930, les Japonais expliquaient déjà que l'homme blanc n'avait rien à faire en Asie, où ils avaient l'intention d'édifier, entre peuples indigènes, une «sphère de coprospérité». On sait où mena cette belle rhétorique…

Par Renaud Girard

samedi 23 octobre 2010

Evacuation des expulsés de la tour Balzac de La Courneuve (video)

Mardi 27 juillet, les dernières personnes,des familles, des femmes et des enfants sans logement qui s’étaient installées en bas de la tour Balzac à la Courneuve ont été évacués par les CRS.

Je ne peux imaginer le choc psychologique qu’ont subi ces femmes et en particulier leur petits enfants comme on peux le voir sur cette vidéo .

J’en ai la nausée


Evacuation de familles sans logement à la Courneuve
envoyé par Mediapart. - L'info video en direct.

De : gmo

vendredi 22 octobre 2010

Analyse de la crise

Il ne faut pas oublier que la crise du capitalisme occidental est lié à l’émergence sur le marché mondial des bourgeoisies asiatiques,sud-américaines et même africaines dans la concurrence . La bourgeoisie anglo-saxonne et européenne est obligé de baisser le coût du travail pour être concurrentielle , d’où cette crise qui s’accélère ,libérée par la chûte de l’URSS et du pouvoir soviètique.

Le réveil des peuples européens, habitués à un certain niveau de vie, peut enclencher de nouveau un cycle "révolutionnaire de l’histoire" comme en Amérique latine . Cela demande de la créativité, de l’imagination pour les militants révolutionnaires.

La grande bourgeoisie isolée dans sa tour d’ivoire mondial ne peut contrôler 7 milliards d’individus , l’exemple afghan qui tient en échec l’armée américaine malgré la collaboration des élites afghanes est éclairant et permet d’en démontrer sa faiblesse malgré les drones et le dollar.

La bourgeoisie française qui a choisi l’équipe Sarkozy pour conduire une politique de réduction du coût du travail accéléré face à la concurrence mondialisée du système capitaliste est divisée car tout le monde ne va pas au jack-pot financier. La social-démocratie est en crise et tiraillée dans sa collaboration de classe car elle s’aperçoit qu’elle n’a plus de "grain à moudre" si par "bonheur-malheur" elle revenait au pouvoir par le succès électoral . Cette phase historique de crise aigüe du capitalisme permet aux idées communistes d’alternative sociétale de refaire surface après l’échec soviètique . A nous de démontrer aux peuples que nos idées sont fiables et capables de sortir le peuple du marasme économique dans lequel nous précipite le capitalisme en fin de parcours.

La répression-violence du pouvoir démontre sa faiblesse idéologique et ne peut faire peur qu’aux vieux et vieilles grabataires qui ne votent plus. La génération de retraités actuels a connu 68 et ne renforcera pas le camp des "peureux" . Je ne crois pas à l’élection de peur de 68 car Sarko n’est pas De Gaulle et l’instabilité sociale est dramatique pour les nouvelles générations qui ont tout intérêt à foutre en l’air le système. Les manoeuvres du pouvoir la classe ouvrière les connaît par coeur et la guerre civile qu’espèrent nos bourgeois , si elle se déclenche par malheur , ne leur sera pas favorable . Au contraire elle accélèrera leur chûte .

Le temps de venger la Commune de Paris approche et ce n’est que justice face à l’histoire sanglante du pouvoir de la bourgeoisie.

Bernard SARTON , section d’Aubagne

jeudi 21 octobre 2010

Grenoble : arrestation de 3 jeunes militants communistes, la liberté menacée !

Hier soir des militants du PCF distribuaient le tract unitaire appelant au rassemblement de protestation contre la politique de Nicolas Sarkozy, ce Vendredi 30 juillet à 12H, Place Félix Poulat à Grenoble.

A la suite de cette initiative, 3 jeunes camarades du Mouvement de la Jeunesse Communiste ont été arrêtés et placés en garde à vue pour collage d’affiches injuriantes et diffamatoires à l’égard du Chef de l’Etat.

Dès la nouvelle connue, des camarades se sont rendus à l’Hôtel de police pour les faire libérer.

Seuls, René Proby, maire de St Martin d’Hères et Marie France Monory, adjointe au maire de Grenoble, ont pu être reçus.

La libération ce matin de ces 3 militants est sans doute due à la forte présence du soutien manifesté à la suite de cette arrestation, dont les élus cités et François Auguste, Conseiller régional.

La droite qui cherche à imposer sa politique, est en difficulté, comme le témoigne le "bide" de son camion vantant le projet de loi gouvernemental sur les retraites, à destination des vacanciers sur les plages françaises.

Avec déjà un peu plus de 50 000 signatures de soutien à la proposition de loi des députés communistes, républicains et du Parti de gauche, sur les retraites, le succès des manifestations comme celle du 24 juin dernier et le rassemblement de toutes les organisations syndicales pour dire NON au projet gouvernemental de casse des retraites, le 7 septembre prochain, la droite devient haineuse.

Pour se persuader de ces relants de haine, il n’y a qu’à voir les commentaires sur le site Grenews qui a relayé l’appel publié sur ce blog à participer au rassemblement de protestation lors de la venue de Nicolas Sarkozy : voir

Les actes de provocation, comme cette arrestation-garde à vue, la mise en avant continuelle du Tout Sécuritaire montrent à quel point cette politique de division, loin d’apaiser les tensions, les excitent !

Plus que jamais, la vigilance s’impose.

Voici le communiqué de la fédération de l’Isère du PCF :

Trois jeunes appartenant à la Jeunesse communiste ont été interpellés hier soir par la police alors qu’ils collaient des affiches à Grenoble, gardés à vue toute la nuit et relâchés ce matin .

Mais ils sont à nouveau convoqués le 3 août . Le PCF proteste énergiquement contre cette garde à vue et exige l’abandon immédiat de toute poursuite à leur encontre .

Le prétexte invoqué est que certaines de ces affiches représentent des caricatures de M. Sarkozy. Décidément ; même l’humour est désormais passible de sanctions, condamnations, voire d’embastillement !

Jusqu’où ira ce gouvernement dans la mise en cause des libertés publiques ?

Le PCF demande l’annulation de la convocation du 3 août et qu’aucune poursuite ne soit engagée contre ces jeunes .

Info publiée sur le blog des élus communistes de Sassenage


De : Barrionuevo

mercredi 20 octobre 2010

XVI eme arrondissement de Paris : Oui aux logements sociaux .. mais ailleurs !

En effet, l'office HLM de Paris projette de construire 320 appartement dont ... 160 sociaux à une centaine de mètres de ce lieux privilégié !

Et ce n'est pas le seul combat des habitants de l'arrondissement puisque : " Dans le 16e arrondissement de Paris, qui ne compte que 2, 5% de logements sociaux contre 20% exigés par la loi, une guerre urbaine est déclarée contre la construction d'habitations à loyer modéré. " nous explique Le JDD

Et en ce qui concerne le lieu que souhaite protéger "Porte d'Auteuil environnement", il s'agit d'empêcher la construction de logements sociaux sur les terrains actuellement en friche qu'occupait l'ancienne gare d'Auteuil et qui bordent ... la "Villa Montmorency"


Villa Montmorency késako ?

Le Point nous en donne une description : " ... / ... paisible cité privée, logée au sommet d’une butte dans le 16e arrondissement de Paris. De hautes grilles à l’entrée, un gardiennage sans faille et un réseau de caméras de surveillance protègent un hameau privatif d’une centaine de résidences, paradis des glycines, des hommes d’affaires de haut rang et des célébrités du show-biz ... / ... "

Qui y habite ?

Entre autre : Arnaud Lagardère qui : " se trouve ainsi à huit minutes en voiture de la rue de Presbourg, où siège son groupe", Vincent Bolloré (et ses enfants) dont le trajet chaque matin : " jusqu’à la tour Bolloré de Puteaux ne lui prend pas plus de quinze minutes", Jean-Paul Baudecroux, patron du groupe NRJ, qui : " a acquis trois maisons pour ses enfants, dont 1,2 kilomètre sépare sa demeure de son fauteuil présidentiel de la rue Boileau".

Mais aussi

Dominique Desseigne (hôtels de luxe et casinos Lucien Barrière), Alain Afflelou, Jean-Paul Bucher, ex-PDG du groupe Flo, Jean-François Roverato, PDG d’Eiffage (BTP), Alain Guillon, ancien directeur du raffinage chez Elf, Michel Derbesse, ex-numéro deux du groupe Bouygues, Marc Serrell, fondateur de Terres de charme, le pape du voyage sur mesure, et les financiers Michel Cicurel (Financière Edmond de Rothschild), Grégoire Chertock (Rothschild & Cie), Jacques d’Auvigny (Mutualité française), Jacques Tenaille d’Estais (BNP Paribas) ... / .. "

Et enfin, les people

Céline Dion et son mari René qui y ont acquis en 2008 une maison pour ... 47 millions d’euros, Mylène Jeanne Gautier dite Mylène Farmer, Sylvie Vartan : qui y est propriétaire d'un pied à terre depuis 1977, Rika Zaraï qui selon plusieurs sources : " s’est spécialisée dans la protection des arbres et des plantes" de la Villa, Gilles Jacob, le président du Festival de Cannes, ...

Sans oublier, Carla Bruni, dont l'hôtel particulier, doté de deux entrées, l'une dans la villa, l'autre sur la voie publique, est fréquenté les soirs de semaine par son mari, Nicolas Sarkozy. - Source Blogg en référence à un article du Monde de 2008

C'est donc à : " une centaine de mètres de cette concentration de fortunes et de pouvoirs qu'est prévue la construction de près de deux cents logements sociaux " !

Bien que Jean-Yves Mano, l'adjoint au Maire de Paris, chargé du logement rappelle que : " les projets mêlent habitations sociales et privées, que les HLM s’adressent notamment à des familles qui habitent déjà le quartier, souvent cantonnées à des chambres de bonne". Les réactions des "locaux" et de leurs élus, sont partagés en "inquiétude" et outrance : " Il faut comprendre, voir arriver d’un coup des familles avec des difficultés sociales, là où on avait un espace vert, ça fait un peu peur", explique sans détour une mère de famille du quartier ... / ... "

En ce qui concerne les élus, on fait dans la "délicatesse"

Claude Goasguen, maire UMP du 16e arrondissement : " ... / ... On tape sur les bourgeois pour être populaire à l’est. C’est du poujadisme anti-riche. Bientôt on attaquera les deux-cent familles ! " Et : " Vous n’avez qu’à nous mettre une étoile jaune et marquer 16e arrondissement dessus " ! - Source JDD

C'est donc pour : " ... / ... préserver la qualité architecturale de ses quartiers. Qui se définit par l'équilibre du volume des bâtiments neufs et par leur harmonie de facture avec le style de leur quartier, qui est chez nous de style haussmannien" dont l'association Porte d'Auteuil environnement nous décrit une situation identique à des "boat people" : " ... / ... le 16e ardt. est déjà très peuplé. On estime la population à environ 180 000 personnes, dont 110000 pour le Sud de l'ardt. Ces chiffres expliquent de facto le départ des familles chassées par leur besoin d'espace ... / ... "

Que celle-ci a : " Le 29 mars 2010, dans l'après midi, a apporté à la mairie de Paris le gros dossier contenant les 3084 signatures de pétitionnaires, la plupart des riverains du quartier, contre le projet de construction de quatre barres de 11 étages situées sur le terrain de la gare d'Auteuil."

Devant un tel désarroi et une telle mobilisation, il est certain que le Président (qui va probablement encore, lors de ses vacances au Cap Nègre, essayer de résoudre "LE PROBLEME" des fosses septiques locales), va bien trouver un moyen pour permettre aux habitants de continuer à : " Se réveiller au chant des oiseaux, prendre le petit déjeuner sur sa terrasse de 120 mètres carrés, sentir l’odeur d’un gazon fraîchement arrosé et laisser s’ébattre les enfants dans les allées du petit jardin, se savoir entre soi, à l’abri des regards et des importuns, assez loin de la maison voisine pour éviter le dérangement des disputes de couple..."

D'autant que Vincent Bolloré est ... le Secrétaire Général de de l'association des copropriétaires de la Villa ....

Crédit photo
FlickR CC - nitot

lundi 18 octobre 2010

Les insupportables images d'une expulsion ordinaire, entre violence et cris

Ce matin, les images vont parler d'elle même. Le Reseau éducation sans frontières (RESF) a mis en ligne sur la toile électronique les images d'une expulsion ordinaire d'étranger supposé être en situation illégale.

Ces images ont été tournées en juin dernier, à l'intérieur d'un avion d'Air France en partance pour Dakar. C'est un passager qui a enfin pu filmer ce qui ne l'avait jamais été jusque là.


Une expulsion ordinaire, France, été 2010
envoyé par laissezlesgrandirici. - Regardez les dernières vidéos d'actu.Ce genre de scènes d'un autre temps se produit quotidiennement dans les aéroports français. Ces actes (quand on voit ça, on se demande où est la frontière entre l'emploi de la contrainte et l'exercice de la torture) sont pratiqués sous l'autorité d'un gouvernement français par des policiers français. En 2010. Quoi qu'on lui reproche, quoi qu'il ait fait, un être humain mérite-t-il d'être traité ainsi ?

Quand je vois ça, je me dis que tous les responsables de cette scène, du haut d'en bas de l'échelle, du président de la République dénué d'humanité au flic tout aussi dénué d'humanité, tous ne font pas honneur au drapeau tricolore. Du reste, notre emblême national, symbole de la France des Droits de l'Homme, jouit désormais d'une protection particulière, avec à la clé pour les contrevenants une peine prévue par le nouveau décret du 21 juillet 2010 qui punit l'outrage au drapeau, emblême de notre république une et indivisible, républicaine et laïque, d'une amende de 1500 euros.

Ne pourrait-on pas considérer qu'il est aussi possible d'attenter au drapeau de manière symbolique ? Pour ma part, quand je regarde les hideuses images de cette expulsion, je devine que vous devez être très nombreux, républicains et démocrates de tous horizons, à estimer que ces images ne font pas honneur au drapeau tricolore. Sans doute, êtes vous nombreux à imaginer bien des responsables de cette chose (que je vous laisse désigner à votre convenance, entre ministres, juges, fonctionnaires divers) dans une posture symbolique de maltraitance du drapeau français républicain, symbole des Droits de l'Homme.

Bruno Roger-Petit

vendredi 15 octobre 2010

Des appels gratuits facturés à la pelle

Le régulateur des télécoms tape-t-il juste ? Dans le viseur de l’Arcep, les opérateurs de «box» désignés à la vindicte parce qu’ils auraient exclu des forfaits illimités certains appels, sans en avoir informé leurs clients. Tout possesseur de box a pris l’habitude d’appeler vers les fixes en France (hors numéros surtaxés) sans se priver ni se poser de questions. Ces numéros débutent par 01, 02, 03, 04, 05 (pour l’essentiel, des numéros géographiques), ou encore par 09 (les numéros affectés à leurs abonnés par les opérateurs de box).

Sauf que certains opérateurs, soucieux de pas se faire plumer par des ingénieux qui développent sur ces numéros leur business, ont décidé de se faire justice eux-mêmes en les déconnectant de l’offre illimitée.


Pas de chance, dans cette opération sauvage, SFR a rendu payants les appels à SOS Amitié Ile-de-France, l’association qui recueille les confidences des personnes en détresse. Celle-ci s’est plainte à l’UFC-Que choisir, qui a saisi le régulateur. Le gendarme en a profité pour mener une large enquête. Ses conclusions, livrées hier, ne sont pas tendres. Les opérateurs sont accusés d’avoir mis en œuvre des systèmes d’exclusion «disproportionnés, arbitraires et discriminatoires»… De son côté, Anne-Marie Fortin de SOS Amitié annonce que l’association a finalement «été rebranchée dans la liste des numéros gratuits». N’empêche, plus d’un millier de numéros auraient été déconnectés. Dont au moins un hôpital.

A SFR, ou encore Free, on reconnaît surveiller les numéros qui ne font que recevoir des appels, et sont le premier indice de services qui «rapportent» à leurs propriétaires. Comme les opérateurs de cartes téléphoniques prépayées. «Non seulement ils ne paient pas pour la collecte des appels, mais en plus ils touchent pour la terminaison», s’énerve un opérateur. Mais «est-ce une raison pour prendre le consommateur en traître ?» note le régulateur. D’autant que la facture, si la conversation dure un peu, se chiffre à plus d’une dizaine d’euros.

«Tout est dans nos conditions générales», rétorquent les opérateurs. De fait, celles de Free contiennent l’«avertissement» suivant : les appels «non supports de communication personnelle» (vers des centres d’appels, des plateformes de réacheminement…) sont soumis à «tarification particulière». A bon décrypteur de conditions générales, salut.

Par CATHERINE MAUSSION

jeudi 14 octobre 2010

Guerre en Afghanistan : des archives secrètes provoquent la colère d'Obama

Wikileaks, un site internet spécialisé dans le renseignement, a révélé des milliers d'archives militaires secrètes sur la guerre menée en Afghanistan. Un nombre de victimes civiles sous-estimé, des liens supposés entre le Pakistan et les insurgés, la possession par les talibans de missiles sophistiqués.
.. La publication de 92 000 documents avec force détails a provoqué la colère de Washington, mais aussi de ses alliés.

Le fondateur de ce site, l'Austalien Julian Assange, a justifié la diffusion de ces archives, en affirmant que «le bon journalisme est controversé par nature». Ces archives qui concernent les combats menés par la coalition entre 2004 et 2009 ont été divulgués dimanche soir sur la toile après avoir été transmis au «New York Times», à l'hebdomadaire allemand «Der Spiegel», ainsi qu'au quotidien britannique «The Guardian» qui ont tous trois fait une première analyse.

Un nombre de victimes civiles sous-estimé. Selon le «Guardian», au moins 195 morts civils sont recensés dans ces archives, un chiffre «probablement sous-estimé» par rapport à la réalité. La plupart de ces décès sont provoqués par des tirs de soldats nerveux à des postes de contrôle. Mais d'autres cas sont révélés comme celui d'un homme sourd-muet, abattu alors qu'il tentait de fuir une équipe de la CIA arrivée dans son village et qui lui avait demandé de s'arrêter.

Des liens supposés entre le Pakistan et les insurgés. Les allégations les plus sensibles visent le Pakistan, allié stratégique de Washington, accusé d'autoriser des membres de ses services de renseignement à traiter directement avec les talibans. Selon le «New York Times», des agents pakistanais et des talibans se rencontrent régulièrement afin d'organiser «des réseaux de groupes d'insurgés qui combattent les soldats américains en Afghanistan, et (...) des dirigeants afghans».

L'Iran fournirait armes et argent aux talibans. Téhéran participerait en secret à la campagne contre les forces étrangères dirigées par les Etats-Unis en Afghanistan, en fournissant aux talibans de l'argent, des armes et un entraînement.

Les talibans s'étaient servis de missile à guidage infra-rouge de la CIA. Les documents révèlent aussi que les talibans ont probablement utilisé un missile sol-air à guidage infra-rouge pour abattre un hélicoptère américain en Afghanistan en 2007, faisant sept morts. Cette arme aurait été fournie, secrètement, par la CIA du temps de l'occupation russe, dans les années 1980.

LA REACTION DES ETATS

Washington juge que de nombreux documents sont périmés... L'administration Obama a réagi avec célérité à la publication d'extraits de documents internes du Pentagone, consacrés à la situation en Afghanistan depuis 2004, pour la condamner «fermement». Le conseiller à la Sécurité nationale du président, le général James Jones, a souligné dimanche que «les documents publiés par Wikileaks couvrent une période allant de janvier 2004 à décembre 2009», soit avant l'annonce par Barack Obama de sa nouvelle stratégie. A Washington, le président de la commission de la Défense de la Chambre des représentants, Ike Skelton, a jugé les documents portant sur ce point comme «périmés».

... mais craint un impact sur la sécurité nationale. Toutefois, le porte-parole du Pentagone Geoff Morrell est inquiet : «Notre priorité c'est de regarder s'il y a des choses là-dedans qui peuvent mettre nos forces en danger». «Mais, clairement, nous voulons savoir qui a fait ça et s'assurer qu'il n'y a pas d'autres choses qui vont fuiter», a-t-il ajouté. Le département d'Etat américain a du reste indiqué qu'une enquête avait été ouverte pour retrouver la source à l'origine de la diffusion des ces documents et estimer son impact sur la sécurité nationale.

Le Pakistan : «Des informations biaisées» , la Maison-Blanche à la rescousse. Le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, Abdul Basit, a affirmé que «ces informations sont biaisées, tirées par les cheveux, et n'ont évidemment rien à voir avec la réalité». Interrogé sur la collusion entre des éléments du renseignement pakistanais et les talibans mise en avant dans les documents, le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, a préféré évoquer les progrès selon lui enregistrés avec Islamabad sur le dossier de la lutte contre l'extrémisme. Les pressions américaines ont «amélioré cette relation», même si «personne ne va dire que la mission est accomplie», a-t-il dit. Les Etats-Unis ont averti par ailleurs le Pakistan ainsi que l'Afghanistan de la publication à venir par le site internet Wikileaks de documents américains confidentiels.

L'Allemagne, guère étonnée, condamne les fuites. Berlin a demandé lundi que les archives secrètes sur le soutien supposé de l'Iran et du Pakistan aux talibans, tirées de documents confidentiels américains, soient «examinées». «Je me vois (...) conforté dans ma position qui a consisté à ne jamais embellir la situation en Afghanistan, qui est exceptionnellement grave», a-t déclaré le ministre des Affaires étragères, Guido Westerwelle. «Il n'en reste pas moins que l'engagement (en Afghanistan) est nécessaire de l'avis du gouvernement allemand car il en va de notre sécurité en Europe et en Allemagne», a-t-il ajouté. A Berlin, un porte-parole du ministère de la Défense a critiqué les fuites de documents confidentiels ayant trait à la guerre en Afghanistan, tout en estimant qu'ils ne contenaient rien de nouveau.

Le Royaume-Uni serein. Le chef de la diplomatie britannique William Hague a pour sa part émis à Bruxelles l'espoir qu'aucune des fuites sur la situation en Afghanistan «n'empoisonne l'atmosphère» sur place, «et je ne pense pas qu'elles le feront». «Je n'ai pas vu (les derniers documents) dans le détail, mais ils ne devraient pas porter préjudice à l'effort international», a-t-il ajouté.


Leparisien.fr

mercredi 13 octobre 2010

Gens du voyage : les amalgames du gouvernement

Les violences survenues à Saint-Aignan (Loir-et-Cher) après la mort d’un membre de la communauté des gens du voyage ont amené Nicolas Sarkozy, mercredi 21 juillet, à annoncer la tenue d’une réunion le 28 juillet à l’Elysée sur les "problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms". Le président de la République a précisé que cette réunion "fera le point sur la situation de tous les départements et décidera des expulsions de tous les campements en situation irrégulière".

De nombreuses associations s’en sont aussitôt indignées : "Il ne faut pas faire une réunion pour stigmatiser une ethnie" car "cela donne l’impression que tous les gens du voyage et tous les Roms sont des criminels et des délinquants", a réagi la Ligue des droits de l’homme.

Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a d’ailleurs pris soin de préciser que le chef de l’Etat "ne cherche pas à stigmatiser une communauté mais à répondre à une problématique", sans toutefois évacuer les approximations : "On a beau être rom, gens du voyage, parfois même français au sein de cette communauté, eh bien on doit respecter les lois de la République."

* Saint-Aignan : un problème de droit commun ?

Sans commenter directement l’annonce faite par Nicolas Sarkozy, le sénateur UMP Pierre Hérisson, président de la commission nationale consultative des gens du voyage et auteur en 2008 d’un rapport sur leur stationnement, redoute que "l’accident de Saint-Aignan" ne suscite "des amalgames". Pour lui, "ce qui s’est passé à Saint-Aignan relève du droit commun. Ce n’est pas un problème lié aux gens du voyage".

D’autant que le maire de Saint-Aignan, Jean-Michel Dillon (divers droite), confirme que la famille de la victime appartenait certes à la communauté des gens du voyage, mais vivait sédentarisée dans des logements "en dur" depuis deux générations.

* Roms et gens du voyage : deux communautés distinctes

Le sénateur de la Haute-Savoie rappelle en outre que les Roms ne peuvent en aucun cas être considérés comme des gens du voyage. Bien que mises côte à côte dans la même phrase par Nicolas Sarkozy, ces deux communautés n’ont ni la même histoire ni le même statut juridique, et n’entretiennent aucune relation. "On a d’un côté les Roms, qui sont des citoyens étrangers de l’Union européenne [principalement de Roumanie et de Bulgarie], et de l’autre les gens du voyage, qui sont des Français à part entière, et depuis plus longtemps que les Bretons et les Savoyards", détaille Stéphane Lévêque, directeur de la Fédération nationale des associations solidaires d’action avec les Tsiganes et les gens du voyage (Fnasat).

M. Lévêque dit "ne pas bien comprendre" ce qu’envisage réellement le chef de l’Etat en annonçant "les expulsions de tous les campements en situation irrégulière" : "S’il parle des bidonvilles occupés par des migrants roms en situation d’extrême précarité, cela ne ferait qu’amplifier leurs difficultés et celles des collectivités. S’il parle des gens du voyage, il faut alors rappeler que le dispositif d’accueil n’est pas suffisant."

* Des aires d’accueil obligatoires dans les communes de plus de 5 000 habitants

L’accueil des gens du voyage est encadré par la loi "Besson" du 5 juillet 2000, qui prévoit l’élaboration, dans chaque département, d’un schéma déterminant les secteurs géographiques et les communes où doivent être implantées les aires permanentes d’accueil. La loi précise que toutes les communes de plus de 5 000 habitants doivent faire partie de ce schéma départemental, et donc comporter une aire d’accueil.

Selon M. Lévêque, moins de 50 % des places prévues par ces schémas avaient été effectivement réalisées fin 2008. "On est parti de zéro en 2000, et il y a actuellement vingt-quatre mille terrains en France", tempère Pierre Hérisson, estimant que cette loi a posé les bases "pour traiter un problème alors considéré comme une patate chaude".

* Les "grands passages", sources de conflits avec les collectivités locales

Mais pour le sénateur, ces aires d’accueil familiales, qui comptent souvent une trentaine de places et qui s’adressent à des populations très ancrées localement, relèvent davantage d’une "politique de logement social adapté" que d’une problématique spécifique aux gens du voyage. Les grands rassemblements, à l’occasion par exemple de pèlerinages religieux estivaux, sont en revanche à l’origine de fréquents conflits avec les collectivités locales, comme dernièrement à Dole, à Vesoul, à Agde, ou encore dans le Pas-de-Calais.

C’est l’Etat qui a la charge d’organiser l’accueil des gens du voyage lors de ces rassemblements. Quelques "aires de grand rassemblement", dans le Sud-Ouest et dans l’Est, peuvent accueillir jusqu’à vingt-cinq mille caravanes. La loi prévoit également des "aires de grand passage" (deux cents à deux cent quarante caravanes). Une circulaire du ministère de l’intérieur (PDF) du 13 avril recommande aux préfets d’aménager "au moins deux aires de grand passage par département" et détermine les conditions d’accueil (caractéristiques du terrain, désignation de référents responsables chez les gens du voyage...)

"C’est la première année que c’est organisé, et cela se passe donc tant bien que mal, avec plus ou moins de bonheur", reconnaît M. Hérisson. Il précise que le Var, l’Hérault, la Savoie, la Haute-Savoie et l’Ain sont les départements "les plus prisés" par les organisateurs de ces grands passages et qu’"une seule organisation – Vie et Lumière, une mission évangélique des Tsiganes de France – est à l’orgine de 95 % des grands passages".

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/07/21/gens-du-voyage-les-amalgames-du-gouvernement_1390710_3224.html


De : Ilan Caro

lundi 11 octobre 2010

«Les Roms jouent un rôle de bouc émissaire dans un contexte de crise»

Olivier Legros est maître de conférence en géographie à l'université de Tours et membre du réseau Urba-Rom qui rassemble des chercheurs et acteurs associatifs s'intéressant aux politiques en direction des Roms et Tsiganes dans les villes européennes. Il revient sur les déclarations de Nicolas Sarkozy après les violences dans le Loire-et-cher.

Nicolas Sarkozy a annoncé une réunion sur «les problèmes que posent certains parmi les gens du voyage et les Roms» et prévoit «l'expulsion de tous les campements en situation irrégulière». Doit-on s'attendre à une vague d'expulsions massives?


Le gouvernement avait déjà annoncé, début juin, une simplification des procédures d'expulsion. C'est une politique répressive qui ne date pas d'aujourd'hui et qui s'applique déjà en Seine-Saint-Denis. On l'a vu dernièrement avec la fermeture du Hanul, où les forces de l'ordre ont poursuivi les familles jusqu'à ce qu'elles partent du département. Cette annonce est surtout une opération de communication dans un contexte de crise politique et de reconquête électorale. Cela vise à montrer une reprise en main par l'Elysée d'une situation difficile, d'affirmer l'existence d'un Etat fort et efficace.

Quelle est la différence entre les «gens du voyage» et les Roms?

Les Roms sont des groupes plutôt situés en Europe centrale et dans les Balkans et qui se désignent eux-mêmes comme «Roms». Le terme de «gens du voyage» est une catégorie administrative apparu en France au cours du XXe siècle et désigne des populations mal identifiées et perçues comme des populations flottantes instables. Il peut y avoir des Roms, mais ce terme regroupe surtout d'autres groupes socialement différents comme les Manouches, les Gitans ou les forains. Les gens du voyage sont soumis à certaines obligations comme le carnet de circulation.

Comment interpréter cette politique schizophrène des pouvoirs publics qui crée des «villages d'insertion» tout en multipliant les expulsions?

La première politique qui s'applique en France à l'égard des Roms c'est la politique de l'éloignement, de reconduite à la frontière. L'Etat part du principe que les personnes n'ont pas à être là, faute de ressources nécessaires. Cette politique concerne la majorité des Roms qui vivent en France dans des bidonvilles. Ensuite, à la marge, les acteurs locaux et l'Etat acceptent – du bouts des doigts – d'intégrer quelques familles qui ont été sélectionnées et regroupées dans ces villages d'insertion parce qu'elles sont jugées «intégrables». A condition qu'elles acceptent certaines règles et assimilent certains codes.

Le contexte actuel rappelle un peu celui de la fin des années 60. De la même manière que les élus de l'époque avaient fait pression sur le gouvernement, les élus de Seine-Saint-Denis et des associations exercent cette même pression aujourd'hui pour la mise en place d'un hébergement spécial avec un accompagnement social «d'intégration forcée». On est en train de réinventer la cité de transit.

Alors que le Conseil de l'Europe vient de condamner la France sur l'insuffisance du nombre d'aires d'accueil, où en est-on de l'application de la loi Besson selon laquelle les communes de plus de 5.000 habitants doivent prévoir un terrain d'accueil pour «gens du voyage»?

Elle n'est pas appliquée entièrement. Son application est partielle tout autant que la loi Besson est une réponse partielle à la question de l'habitat. Une aire d'accueil, c'est d'abord un instrument de pouvoir, un code qui assigne les «gens du voyage» à un territoire qualifié de «terrains désignés». C'est très révélateur de la façon dont on perçoit les personnes en question: à l'écart de la société.

Comment se situe la France au regard de la politique des autres pays européens en la matière?

En Italie comme en France, la situation est très difficile. Les Roms et les voyageurs jouent un rôle de bouc émissaire dans un contexte de crise. C'était très net en 2008 en Italie, c'est très net en France en 2010 où les Roms et les voyageurs ont été catégorisés comme délinquants. On note depuis quelque temps déjà un durcissement de la politique à l'égard des migrants Roms qui se traduit par le fichage via le système d'aide au retour et la mise en place d'un accord de coopération dans le domaine policier pour éviter le retour des personnes sur le territoire.

On est en train d'inventer de nouveaux dispositifs qui vont permettre de contrôler la mobilité des populations jugées indésirables et de restreindre leur accès au territoire français. Et au niveau local, les villages d'insertion visent à sauver un peu l'image de cette politique répressive. La France est pour l'intégration des Roms dans leur pays d'origine, telle est sa position.

Par PAULINE ANDRÉ

vendredi 8 octobre 2010

Combien gagne un eurodéputé?

Voilà que s’achève notre première année de mandat au Parlement européen, l’occasion idéale pour faire les comptes. Au sens propre. Comprendre les règles financières du Parlement européen n’a pas été une mince affaire, et il nous aura fallu un peu de temps pour nous familiariser avec chacune d’elles. Alors voici des informations aussi précises que possible sur les moyens mis à notre disposition pour l’exercice de notre mandat.

- L’indemnité brute mensuelle d’un député européen s’élève à 7 807,12€, desquels sont prélevés des cotisations d’assurance de 13,22€ et un impôt communautaire de 1 713,57€. La rémunération nette mensuelle s’élève donc à 6 080,33€ (soumis à un complément d’impôt en France).

Sur cette somme, nous reversons chaque mois une contribution de 1 800€ aux Verts (dont une partie est ensuite reversée à Europe écologie).
- Ensuite, pour chaque jour de présence au Parlement européen (à Bruxelles ou à Strasbourg), chaque député reçoit une indemnité journalière de 298€ couvrant ses frais d’hébergement et de restauration (à condition d’avoir signé le registre des présences). Les frais de transports entre notre lieu de résidence en Île-de-France et le lieu de travail du Parlement sont également pris en charge (maximum 2 allers-retours par semaine).

- Chaque député dispose ensuite d’une enveloppe budgétaire de 19 364€ mensuels (1), directement gérés par le Parlement européen, pour rémunérer ses collaborateurs (incluant charges sociales, impôts communautaires et frais de missions, notamment pour leurs déplacements à Strasbourg). Sur cette enveloppe, nous reversons 2 500€ par mois pour rémunérer les collaborateurs communs aux 14 députés Europe écologie au Parlement européen. Nous employons chacun trois assistants accrédités à Bruxelles. Nous accueillons également des stagiaires rémunérés dans le cadre de leur formation universitaire (actuellement 2 avec Pascal, et 1 avec Karima). En revanche, nous avons choisi de ne pas avoir de permanence à Paris pour le moment, car un député européen n’a que très peu de pouvoir pour intervenir sur les demandes individuelles (logement, emploi, etc.), ce qui ne nous empêche pas d’être très présents sur le terrain!

- Chaque député perçoit également sur un compte séparé une enveloppe forfaitaire mensuelle de 4 202€ servant à couvrir les frais généraux (frais de gestion du bureau, frais de téléphone, matériel informatique, fournitures de bureau, abonnement à Internet, frais postaux, achat de livres, déplacements supplémentaires, etc.). En cas d’absence pendant plus de la moitié des jours de session, le député doit rembourser la moitié de cette enveloppe. Pour notre part, nous nous efforçons d’être toujours présents aux sessions plénières (avec respectivement 3 jours d’absence pour Karima, et 8 pour Pascal sur un an qui s’expliquent notamment par la participation à la dernière manifestation sur les retraites à Paris ou encore la présentation à la presse d’une étude sur la conversion écologique de l’économie francilienne). Le groupe des Verts/ALE au Parlement européen est actuellement le seul à demander la modification du règlement afin que cette enveloppe ne soit plus versée automatiquement mais uniquement sur présentation de justificatifs. Notre groupe a ainsi inscrit dans son code de conduite le principe selon lequel l’ensemble des dépenses doit être justifié, et le surplus restant à la fin du mandat doit être reversé au Parlement européen.

- Enfin, un budget spécifique servant à financer les activités de communication et d’étude du Groupe des Verts/ALE est réparti chaque année à parts égales entre le Groupe et les députés individuels. Cette année, la somme mise à la disposition des députés Verts est de 32 925€ chacun qui peuvent servir à financer l’organisation de colloques et de conférences sur des sujets prioritaires pour le Groupe, la réalisation et la publication d’études et de revues, la réalisation d’outils de communication (site web, brochures, cartes de vœux), des frais de traduction, les frais de voyages de groupes de visiteurs venant rencontrer les députés au Parlement à Strasbourg ou à Bruxelles, des frais de voyage liés à une mission confiée par le Groupe, etc. Cette enveloppe ne peut être utilisée que sur présentation de factures en bonne et due forme accompagnée des justificatifs permettant de vérifier que la commande a bien été réalisée (photos de l’évènement, exemplaires de la documentation réalisée, etc.). Cette ligne budgétaire a par exemple permis à Pascal de financer une étude pour mesurer l’impact sur l’emploi de la conversion écologique de l’économie en Ile-de-France, ou bien d’inviter plus de 300 visiteurs au Parlement, en particulier des lycéens issus d’établissements qui se trouvent dans les quartiers classés zone d’éducation prioritaire. Elle a également permis à Karima d’inviter plusieurs groupes de collégiens et lycéens, et d’organiser quatre grandes conférences sur des thèmes aussi importants que la précarité des jeunes en Europe, l’amélioration de l’efficacité énergétique des logements, le financement de la culture à l’ère du numérique, ou encore la mise en place d’un revenu minimum européen. C’est grâce à ce budget que le Groupe des Verts peut financer des études et des actions de communication sur les sujets qui ont été désignés comme prioritaires par ses membres cette année, notamment le Green New Deal, la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale ou la préservation de la Biodiversité. Les 14 eurodéputés Europe Ecologie ont également mis en commun une partie de cette enveloppe pour financer la campagne pour le climat à l’occasion du sommet de Copenhague.

Pour nous, la transparence est un devoir. N’hésitez pas à nous poser des questions en utilisant la fonction commentaires en bas de cet article et nous tâcherons d’y répondre le plus précisément possible.

(1) Ce montant, qui était auparavant de 17 540€, a été réévalué en mai dernier pour faire face aux nouvelles responsabilités qui incombent au Parlement européen depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne.

Photo cc Public Domain Photos sur Flickr

par Karima Delli et Pascal Canfin

jeudi 7 octobre 2010

Dexia a interdit un retrait de 500 000 euros à Liliane Bettencourt

La banque Dexia, où l'ex-comptable de Liliane Bettencourt a retiré à sa demande 100 000 euros en espèces, a refusé au préalable un retrait de 500 000 euros à la milliardaire.

Ca se précise. Chaque jour apporte en effet son lot de révélations sur l'affaire Woeth-Bettencourt. Cette fois, c'est l'hebdomadaire Marianne, dans son édition à paraître samedi, qui nous apprend que la banque Dexia a refusé un retrait de 500 000 euros à Liliane Bettencourt juste avant que son ex-comptable, Claire Thibout, ne retire 100 000 euros en espèces à la demande de la milliardaire.

Ce sont en fait des documents internes de la banque sur lesquels Marianne a mis la main grâce à l'intervention des enquêteurs de la brigade financière lundi dernier. On y apprend donc que "Liliane Bettencourt avait demandé à tirer non pas 100 000 mais 500 000 euros à Dexia en décembre 2006." "Devant l'énormité d'un tel retrait, et craignant sans doute d'avoir à se justifier devant Tracfin, l'organisme chargé de la lutte contre les mouvements illicites de capitaux, les responsables de la banque ont refusé de lui accorder une telle somme", précise ensuite l'hebdomadaire.

La question légitime qui se pose donc concerne la destination de cet argent. Ce qui nous renvoie aux déclarations de Claire Thibout dans l'entretien au site Mediapart qui avait mis le feu aux poudres début juillet. L'ex-comptable y avait notamment évoqué un financement politique illégal par le couple Bettencourt, affirmant que le ministre du Travail (et trésorier de l'UMP) Eric Woerth avait reçu dans une enveloppe 150 000 euros en espèces sonnantes et trébuchantes au printemps 2007. Une somme qui devait servir à financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Détails troublants
Depuis, Claire Thibout a eu le temps de revenir sur certaines de ses déclarations alors qu'elle était entendue par la police. Mais elle a toujours maintenu ses accusations à l'encontre de M. Woerth et de l'Elysée. Ces derniers continuent de nier farouchement, qualifiant ses propos de "calomnieux". Mais Marianne avance d'autres détails troublants. Au cours de ses perquisitions, la brigade financière a par exemple pu se procurer les agendas de l'ex-comptable et du gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre. Ils font bien état de plusieurs rendez-vous entre ce dernier et Eric Woerth.

Ce n'est pas tout. Dans l'agenda de Claire Thibout, un rendez-vous avec le gérant de fortune est également mentionné le jeudi 18 janvier 2007. A cette date, une note : "Pour donner enveloppe qui donnera à Patrice". L'agenda de Patrice de Maistre indique, lui, un rendez-vous avec Eric Woerth le vendredi 19 janvier... Et si, comme on a coutume de dire, le soupçon n'est pas une preuve, il commence, en l'occurrence, a lui ressembler de plus en plus.

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La demande de mise sous tutelle jugée irrecevable



Ce ne sera pas non plus pour cette fois... Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, vient de juger irrecevable la demande de saisine du juge des tutelles déposée par Françoise Myers-Bettencourt, la fille de la milliardaire. Le motif ? Le même que lors de la précédente demande, en décembre 2009, à savoir l'absence de certificat médical concernant l'état de santé de Liliane Bettencourt. "Sans cette pièce, aucune suite ne pourrait être envisagée", a expliqué le parquet. Pour mémoire, les avocats de la fille Bettencourt justifiaient cette nouvelle demande en s'appuyant cette fois sur des enregistrements clandestins de conversations entre la milliardaire et son entourage.

Hamza Hizzir

mercredi 6 octobre 2010

Les retraites en or des grands patrons

Le président du conseil d'administration et ex-directeur général de L'Oréal Lindsay Owen-Jones touche quelque 3,3 millions d'euros de retraite par an, selon le magazine Capital.

Le président du conseil d'administration et ex-directeur général de L'Oréal Lindsay Owen-Jones touche quelque 3,3 millions d'euros de retraite par an, selon le magazine Capital, qui publie dans son dernier numéro un classement des «retraites en or des grands patrons».

A 64 ans, Lindsey Owen-Jones - PDG de 1988 à 2006 - qui a reçu l'an dernier 2 millions d'euros de salaire annuel comme président non-exécutif du leader mondial des cosmétiques, «touche déjà une retraite de 3,3 millions d'euros par an», écrit Capital.

Dans le classement du magazine, qui a évalué à partir des rapports annuels des groupes les retraites chapeaux déjà touchées ou à venir des grands patrons, Lindsay Owen-Jones devance le PDG de Danone Franck Riboud, qui devrait toucher à l'avenir 1,8 million d'euros de rente annuelle, et celui d'Axa Henri de Castries, dont la rente prévue, alors qu'il n'a que 55 ans, est de 1,1 million d'euros annuels.

Derrière eux se trouvent le PDG du réassureur Scor Denis Kessler (800.000 euros annuels), l'ancien président de Sanofi-Aventis Jean-François Dehecq (779.000 euros) et Henri Proglio, qui outre une pension de 769.000 euros versés par Veolia Environnement, touche 1,6 million d'euros annuels comme PDG d'EDF, rappelle Capital.

«Sous la pression de l'opinion publique et des actionnaires, les entreprises ont sensiblement raboté les retraites chapeaux qu'elles accordent à leurs dirigeants», note toutefois le magazine, qui évalue la pension annuelle moyenne des «30 plus gâtés» d'entre eux à 720.000 euros.

«La rente du PDG est en général calculée sur la base de ses trois derniers salaires (primes comprises), quand le commun des salariés doit produire ses 25 meilleures années», relève également Capital, qui rappelle que les groupes font des provisions pour pouvoir verser à l'avenir les rentes promises.

mardi 5 octobre 2010

Affaire Woerth : comment on se rend service dans le gotha

Depuis vingt ans, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot s'intéressent aux classes dominantes et aux fortunes de France. Alors que l'affaire Woerth-Bettencourt met en lumière les collusions entre oligarchie et classe politique, Rue89 a rencontré le couple de sociologues bourdieusiens pour un passage en revue des codes, des lieux et des techniques de transmission des élites.

Décryptage à deux mois de la sortie du « Président des riches », leur prochain ouvrage à paraître le 9 septembre aux éditions La découverte.



Une vidéo ponctue cet entretien : il s'agit d'extraits du documentaire passionnant que Jean-Christophe Rosé a consacré aux Pinçon-Charlot en 2008. Alors qu'ils poursuivent leur enquête au cœur de la grande bourgeoisie, le réalisateur les filme et, avec eux, leurs interlocuteurs, pour des images inédites.

Rue89 : Les écoutes qui sont venues nourrir l'affaire Woerth-Bettencourt montrent que beaucoup de points ont été négociés par téléphone. Toutefois, depuis quinze ans, vous écrivez que cette société-là ne cesse de se croiser…

Monique Pinçon-Charlot : C'est un peu une représentation de dominés de croire que ces gens-là se disent : « Tiens, je vais aller à une partie de chasse pour rencontrer untel ou untel » alors que c'est tellement naturel. On se voit tout le temps et ça commence dès le petit déjeuner : « Tiens, je vais me faire une petite piscine » et là en nageant… voilà. Ensuite, on prend le café. Et puis les réceptions, les dîners, le golf, le polo… Ils se croisent en permanence.

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot (DR).Michel Pinçon : Il est intéressant de voir que ce n'est pas don contre don. Ce n'est pas A qui rend un service à B et B qui lui en rend un autre en échange. Mais c'est A qui rend un service à B, qui rend un service à C, et C à D, D à E… et E à A. Tout le monde se rend service mais sans attendre la contrepartie de celui qu'on a aidé. C'est un échange permanent qui intègre tout le milieu.

La nouveauté, c'est que la classe politique appartient à ce milieu-là aujourd'hui ?

Monique Pinçon-Charlot : Non parce que la classe politique a toujours appartenu à la bourgeoisie mais, aujourd'hui, la classe politique est complètement coupée des masses populaires et modestes : aux dernières élections régionales, 69% des ouvriers n'ont pas voté.

Poser les choses comme « Je vais à la chasse pour que untel me rende service », c'est projeter quelque chose qui a à voir avec l'individualisme de la classe moyenne et intellectuelle alors que la classe au pouvoir est la seule classe qui fonctionne véritablement de manière collective et solidaire. Ça se passe naturellement parce que la classe est mobilisée ainsi : pour elle-même et contre les autres.

La chasse fait toujours partie des codes de ce milieu-là ?

Michel Pinçon : La chasse reste un marqueur social important. Il y a la chasse à tir et aussi la chasse à courre, la vénerie, qui est très vivante. Que ce soit en Sologne ou à d'autres endroits, ce sont des chasses de rites sociaux entre des personnes qui appartiennent aux élites politiques, économiques, voire médiatiques. C'est un des lieux, comme les cercles ou le golf, qui sont assez fermés : il n'y a pas n'importe qui, mais des grands patrons, des hommes politiques.

Monique Pinçon-Charlot : Les hommes politiques qui chassent sont des hommes politiques nés dans des milieux de chasseurs, que ce soit des milieux populaires -mais c'est très rare : il y a 0% d'ouvriers à l'Assemblée nationale et 1% d'employés- ou dans la haute société. La chasse reste une activité mondaine.

L'affaire Bettencourt n'a dès lors rien de surprenant, mais comment la décryptez-vous ?

Michel Pinçon : Ce qui se passe ici, c'est qu'ils sont pris au piège de l'impunité ressentie, c'est-à-dire que depuis vingt à trente ans, la pensée unique, la concurrence, le marché, le capital financier se sont établis. Ils se sentent à l'abri des mouvement sociaux qui emporteraient, disons, leurs intérêts.

Je pense qu'il y a eu un sentiment de sécurité qui disparaît de temps à autres, par exemple pendant les grèves de 1995 : là, ils étaient sur le qui-vive. On l'a bien senti dans notre travail, dans nos rapports avec eux.

Mais, depuis 1995, ça va. Ils sont donc moins prudents dans leurs activités et le franchissement de la ligne.

Ça s'est accentué ou accéléré depuis une vingtaine d'années ?

Monique Pinçon-Charlot : Oui, ça a beaucoup changé par le système économique lui-même a changé. On est passé d'un système du libéralisme, dans lequel l'Etat a une relative autonomie par rapport au monde des affaires et de l'économie, au néolibéralisme.

Avec l'arrivée du néolibéralisme, symbolisée par l'arrivée à l'Elysée de Nicolas Sarkozy, l'Etat perd beaucoup de son autonomie au bénéfice des affaires qui rentrent au cœur de l'Etat. Au point qu'on peut dire que Nicolas Sarkozy est véritablement le porte-parole, au sommet de l'Etat, d'une oligarchie financière.

Michel Pinçon : Quand on regarde le conseil d'administration des grandes sociétés, on se rend compte que beaucoup sont de hauts fonctionnaires, qui ont fait l'ENA, qui pantouflent et se retrouvent dans les conseils d'administration.

Mais aujourd'hui, il y a de plus en plus de porosité entre les affaires et le politique : ces gens-là se retrouvent ensuite très bien au cœur même de l'appareil d'Etat, dans les cabinets ministériels, voire ministres.

Cette évolution viendrait donc du pantouflage et pas du ratio d'avocats au sein du gouvernement ?

Michel Pinçon : C'est un des facteurs. Mais il y a en effet les avocats d'affaire dont Nicolas Sarkozy est un bel exemple. Ils sont bien entendu très présents. Les avocats ont toujours été très présents dans le monde politique, mais ce n'étaient pas des avocats d'affaires, c'est ce qui a changé.

Le casting de cette oligarchie a-t-il évolué depuis « Grandes fortunes, dynasties familiales et formes de richesse en France », que vous aviez publié en 1996 ?

Monique Pinçon-Charlot : Pour se reproduire, la classe dominante a besoin de se renouveler. Et c'est vrai que les médias, ou les amis de Nicolas Sarkozy, appartiennent plutôt à des dynasties nouvelles.

Quand on regarde la soirée du Fouquet's [le soir du deuxième tour de l'élection présidentielle, le 6 mai 2007, ndlr], il n'y avait pas de représentants des famille Rothschild ou Wendel : les vieilles familles étaient absentes. Mais ça ne veut pas dire qu'elles ne soutiennent pas la politique de Nicolas Sarkozy qui a été élu à Neuilly à 87% et 85% dans le XVIe… un score de république bananière !

La classe dominante doit donc s'ouvrir, s'aérer, faire de nouvelles entrées, mais ces nouvelles entrées obéissent toujours à la même règle : ceux qui vont intégrer le gotha sont ceux qui ont su intégrer leur richesse dans la promesse d'une dynastie familiale.

Prenez le mariage de Delphine Arnault : c'était au fond l'anoblissement de la famille. C'est pareil pour les Dassault, Pinault, Lagardère et autres Decaux. La dynastie est importante parce que ce qui importe c'est que les privilèges restent dans la classe. Il faut donc réussir la transmission.

Les grandes familles, en France du moins, sont arrivées à imposer comme seul critère de l'excellence sociale le temps long. Après la Révolution, la bourgeoisie a finalement reproduit ce que faisait la noblesse. Le principe de reproduction de la classe dominante n'a pas beaucoup changé. (Voir l'extrait du documentaire de Jean-Christophe Rosé dans lequel Olivier de Rohan-Chabot explique qu'il se sent « propriétaire de la France », vers la cinquième minute)


Dans les ghettos du gotha 1
envoyé par apocalyptique00. - Rencontrez plus de personnalités du web.

Michel Pinçon : Nous parlons d'aristocratie de l'argent. On ne peut plus anoblir en France, alors qu'en Belgique, le baron Frère, d'origine très modeste, a été anobli par le roi des Belges après avoir fait une très belle fortune.

En France, le processus de la cooptation est systématique : les familles Lagardère, Bouygues, etc… sont aspirées par la très haute société installée et les vieilles familles moins connues. Etre noble ou pas a maintenant très peu d'importance parce que ces grands noms des affaires font partie de l'aristocratie. Il y a d'ailleurs beaucoup plus de mariages entre bourgeois et nobles aujourd'hui.

Les vieilles familles restent très peu médiatiques par rapport à cette nouvelle aristocratie de l'argent…

Monique Pinçon-Charlot : Elles appliquent toujours l'adage « Pour vivre heureux vivons cachés » et l'hypothèse sociologique qui est la nôtre, c'est-à-dire que pour que le pouvoir fonctionne, il faut surtout ne pas en donner à voir les rouages.

On peut dire qu'en ce moment les nouvelles dynasties ont pris le dessus avec la financiarisation et le néolibéralisme, mais il y a un côté un peu « nouveau riche » qui donne à voir les rouages du pouvoir. Nicolas Sarkozy a toujours revendiqué de donner à voir ce qui, jusqu'à présent, était massivement caché. C'est ça, la rupture.

L'affaire Bettencourt est très intéressante parce qu'elle permet de bien voir comment ça fonctionne. C'est très positif parce que ça facilite le boulot des sociologues et des journalistes, et ça cultive les Français sur le fonctionnement de l'oligarchie.

Mais l'aspect très négatif, c'est la violence symbolique que ça exerce. Parce qu'ils semblent avoir tous les droits, les gens du peuple ont tendance à ne pas vouloir savoir. Les gens qu'on côtoie ne comprennent pas pourquoi nous travaillons sur la haute société.

Michel Pinçon : Il y a un désenchantement mais qui est aussi lié au fait que l'opposition n'est pas à la hauteur pour faire naître l'espérance.

Pour vos travaux, est-il plus facile de faire parler cette nouvelle oligarchie qui s'affiche davantage ? On a su assez vite le casting de la soirée du Fouquet's, par exemple…

Michel Pinçon : Il n'était pas mécontent que ça se sache…

Monique Pinçon-Charlot : C'est ambivalent : à la fois il donne à voir les rouages du pouvoir et notamment toutes les collusions entre le monde politique et le monde des affaires, pour bien marquer la rupture et montrer qu'on change de système économique et politique. Que désormais la politique est au service de l'économie.

Par contre, on ne peut pas parler de transparence parce qu'en même temps qu'on vous donne à voir certains rouages du pouvoir, on brouille votre compréhension dans des oxymores et des phrases pour dire tout et son contraire. C'est extrêmement nouveau : jamais les hommes politiques n'avaient à ce point brouillé les messages. On vous dit « Les paradis fiscaux, c'est fini » dans une stratégie de communication diabolique.

Cette nouvelle oligarchie vous parle autant que les grandes familles il y a quinze ans ?

Michel Pinçon : Oui. Ils lisent plus ou moins mais savent quand même ce qu'on écrit alors, petit à petit, ils commencent à se méfier. On est très correct sur un plan stylistique, ce n'est pas notre travail. Mais le fait qu'on mette en avant la ségrégation urbaine et leur refus total des logements sociaux près de chez eux est quelque chose qui les inquiète.

Monique Pinçon-Charlot : Notre dernière enquête « Les Ghettos du gotha », dans la très haute société, a été publiée en 2007 mais c'est vrai que nous n'avons jamais sollicité Lagardère, Bouygues ou Dassault… Une fois, Vincent Bolloré, qui avait refusé.

Michel Pinçon : Nous avons fait un travail sur les nouveaux patrons, et interrogé des patrons (Promodès, la Sodexo, etc.) qui arrivaient à l'âge de la retraite. Ils nous ont parlé volontiers mais parce qu'ils avaient beaucoup de plaisir à raconter comment ils avaient réussi, comment ils se débrouillaient pour transmettre à leurs enfants…

C'était plus difficile pour « Les Ghettos du gotha » car ils voyaient bien que c'était de leurs privilèges qu'on voulait leur faire parler, du fait d'avoir des lieux particuliers…

Justement, quels sont ces lieux ?

Monique Pinçon-Charlot : Ce sont les beaux quartiers : la résidence principale où l'on vit rassemblé. S'il existe des ghettos en France, c'est bien des ghettos dorés.

Dans la villa Montmorency, dans le XVIe arrondissement, là où vit Carla Bruni-Sarkozy, c'est un véritable ghetto avec 150 maisons et des murs tout autour. C'est un entre-soi où vivent Lagardère, Vincent Bolloré, Dominique Desseigne, et beaucoup d'invités du Fouquet's. Cet entre-soi se reproduit à la mer, à la montagne.

Ce sont les mêmes lieux que ceux des grandes familles ?

Monique Pinçon-Charlot : Oui, tout à fait. On retrouve dans les lotissements chics l'ensemble des fractions de la classe dominante, anciennes ou nouvelles dynasties.

Pourquoi cet entre-soi ? Parce que ça permet à la fortune de se transmettre dans le même milieu. Pour que la dynastie soit vraiment efficace, les enfants doivent grandir ensemble, fréquenter les mêmes écoles, les mêmes rallyes, tomber en amour et en amitié de leurs semblables. Les richesses resteront ainsi dans ces milieux.

Du fait de cette endogamie-là, les codes du bling-bling des nouvelles dynasties ont-ils infusé dans les vieilles familles ?

Michel Pinçon : Je dirais que ce qui infuse, c'est plutôt les signes de l'excellence sociale dans la culture bling-bling si l'on veut parler ainsi. C'est plutôt dans ce sens-là que ça irait, même si les nouveaux patrons, aujourd'hui plus riches que les vieilles familles, se moulent dans les comportements de la haute société traditionnelle.

Ce ne sont pas les ducs et les vieilles familles qui vont se mettre à faire les quatre cents coups et à se faire voir, mais plutôt le contraire.

Monique Pinçon-Charlot : La vieille bourgeoisie et la noblesse ont toujours eu leur côté bling-bling, par exemple au casino de Deauville, où l'on va avec les grandes robes et les bijoux, ou le prix de Diane à Chantilly dont Eric Woerth est le maire : ces lieux-là fleurissent de moments où l'on se donne à voir.

Simplement, par ailleurs, ils vivaient cachés… Mais s'ils arrivent à contrôler, ils se mettent en scène tout en contrôlant la mise en scène. C'est le palmarès des grandes fortunes mondiales qui a encouragé le bling-bling, en introduisant des concurrences à l'échelle du monde.

Le rôle des femmes a-t-il évolué dans cette société ? On parle aujourd'hui de la femme d'Eric Woerth, qui gérait la fortune Bettencourt, mais aussi de l'épouse de Patrice de Maistre, qui était la première femme de Bernard Arnault… alors que dans le documentaire qui vous est consacré, Philippe Denis prononce cette phrase : « Les femmes sont sorties de la société lorsqu'elles sont entrées dans les bureaux » (Voir la vidéo à partir de la douzième minute)


Dans les ghettos du gotha 1
envoyé par apocalyptique00. - Regardez les vidéos des stars du web.

Monique Pinçon-Charlot : On a travaillé sur la place des femmes dans les familles anciennes, où la femme a un statut tout à fait particulier par rapport aux autres classes sociales. On est d'abord représentant d'une lignée, d'abord le maillon d'une dynastie avant d'être femme, homme, catholique, juif, protestant… L'appartenance au patronyme que l'on porte, à ce capital symbolique, fait que le reste n'est que distinctions secondaires.

La femme a un statut beaucoup plus enviable dans ces milieux-là parce qu'il y a du personnel domestique, mais aussi parce qu'elle a la responsabilité de la richesse sociale : on ne peut pas rester longtemps riche tout seul, il faut vraiment faire partie de la caste et du groupe.

Elle joue aussi un rôle important dans la richesse symbolique, que véhiculent le patronyme familial, le château, ou encore le corps : il y a de véritables corps de classes. Les gens riches ont des corps qui sont toujours fins, redressés. Ce n'est pas du tout anecdotique : les privilèges les plus arbitraires deviennent corps et du coup apparaissent naturels. Les dominés disent : « S'ils sont au pouvoir, c'est normal, on le voit qu'ils nous sont supérieurs, ils sont élégants. » Quand on dit d'une femme qu'elle a de la classe, ça veut dire qu'elle appartient à la classe supérieure.

Eric Woerth communiquait sur une image un peu janséniste et austère tout en étant trésorier de l'UMP et maire de Chantilly, un haut lieu de ces dynasties de l'argent…

Michel Pinçon : On a l'impression de voir chaque jour un peu plus confirmé tout ce qu'on a pu écrire. L'apparence janséniste et respectable est quand même quelque chose d'assez courant. De ce point de vue-là, Sarkozy pose quelques problèmes au milieu. Dans sa façon de parler, la manière pseudo-populaire de parler qu'il affecte et qui est étonnante, dans ses mimiques. Il n'est pas cohérent avec le milieu en cela, mais il est le personnage politique le plus efficace qui s'en soit dégagé.

Dans l'affaire Woerth, ce qui est important c'est que ça passe au premier plan de l'actualité, y compris dans le Journal de Dimanche. C'est peut-être un facteur de désolidarisation d'une certaine bourgeoisie avec celle qui a abouti à ces scandales. Leur capital d'efficacité politique est en train de se dissoudre.

Photos : Florence Woerth assiste au prix de l'Arc de triomphe, à l'hippodrome de Longchamp, le 4 octobre 2009 (Charles Platiau/Reuters) ; Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot (DR) ; Nicolas Sarkozy à la sortie du Fouquet's, à Paris, le 7 mai 2007 (Eric Gaillard/Reuters).

Par Chloé Leprince

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