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mercredi 30 juin 2010

BHL n’est pas seulement ridicule, il est surtout dangereux

Il est de bon ton, dans de nombreux milieux, de se gausser de Bernard-Henri Lévy et d’affecter à son égard, une indifférence ironique. L’affaire Botul – dont BHL a le culot de s’estimer victime – n’est ni sa première, ni sa dernière escroquerie intellectuelle. La carrière de BHL est faite d’affabulations et de ratés monumentaux, qu’il veuille créer un journal, faire un film, écrire une pièce de théâtre ou un livre. Il y a un écart grandissant entre l’écho médiatique qui lui est donné et la désaffection du public, qui n’est pas dupe.

Les journalistes qui font semblant de le prendre au sérieux voient leur propre crédibilité atteinte. Soit ils ne connaissent pas l’étendue des mensonges de BHL et ils sont donc incompétents. Soit ils lui donnent une tribune en connaissance de cause et ils ne sont pas honnêtes, privilégiant leur intérêt personnel (BHL sait renvoyer l’ascenseur) sur le respect de la déontologie et du public.

Mais BHL n’est pas simplement ridicule, il est également dangereux. Dangereux car au-delà de ses proclamations voltairiennes, il cherche à faire taire ceux qui ne sont pas d’accord avec lui. Au-delà de ses appels à la paix au Proche Orient, il favorise des politiques qui prolongent le conflit.

Au nom d’une certaine éthique, il cherche à définir les limites de ce qui est acceptable ou non dans le débat public et à en exclure ceux qui ne partagent pas ses vues. Et il n’hésite pas pour cela à déformer les propos et idées de ceux qui lui déplaisent pour en obtenir la condamnation, le tout au nom de la morale, toujours invoquée, rarement respectée.

C’est un faussaire doublé d’un Maccarthyste. Etre en désaccord avec lui, c’est forcément encourir le soupçon d’antisémitisme. Et il fait un amalgame qui mériterait un zéro pointé à un étudiant faisant une telle faute, entre opposition à la politique du gouvernement d’Israël, qu’il assimile à de l’antisionisme (opposition à l’existence de l’Etat d’Israël) et antisémitisme (haine des juifs).

Au cours d’un débat organisé par Radio Communauté juive le 23 mars, BHL s’en est pris une nouvelle fois à moi en me traitant de « triste personnage », ce dont il a le droit, mais en m’attribuant des propos qu’il sait pertinemment que je n’ai jamais tenus. Il m’accuse d’avoir préconisé une attitude pro-palestinienne en fonction du poids plus important de la communauté arabe en France par rapport à la communauté juive, reprenant une thèse largement colportée pour disqualifier une argumentation jugée gênante par ceux qui refusent la moindre critique à l’égard du gouvernement israélien. Dans la note au PS de 2001 – que j’ai reproduite dans mon livre Est-il permis de critiquer Israël ? (Robert Laffont), je recommandais au contraire de ne pas appliquer une approche communautariste sur le conflit au Proche Orient, mais de faire valoir les principes universels, ceux-la mêmes qui ne sont pas appliqués à ce conflit. Un jugement, confirmé en appel, m’avait d’ailleurs rendu justice. A propos de cette note, il était écrit dans le délibéré : "ce document au ton mesuré constitue une analyse, laquelle peut être approuvée ou critiquée, de la situation au Proche-Orient, comme de la façon dont elle est perçue en France et propose au Parti Socialiste d’adopter une position plus juste, aux yeux de son auteur, et plus conforme à l’intérêt bien compris des deux communautés particulièrement concernées sur le territoire national par le conflit. "

BHL le sait pertinemment. Il m’avait mis en cause publiquement dans le passé, je lui avais écrit pour rétablir la vérité sans obtenir de réponse. Il déforme sciemment ma pensée pour la rendre condamnable. Le procédé est indigne d’un intellectuel. Sans doute pensait-il que je n’aurais pas eu écho de sa diatribe tenue devant un public communautaire.

BHL n’aime pas tellement le débat public, il n’accepte les interviews que si elles sont faites par des gens obséquieux ou par des amis, mais jamais les débats contradictoires où il risquerait d’être pris au piège de ses insuffisances et contradictions. Il dénature ainsi les règles du débat intellectuel. En 2003, nous devions débattre dans l’émission sur France 2 de Guillaume Durand. Il venait de publier son « roman enquête » sur l’affaire Pearl et moi Est-il permis de critiquer Israël ?. Il est intervenu auprès du Président de France Télévision pour pouvoir être interviewé à part.

Pire encore, il cherche à créer un réflexe de peur au sein de la communauté juive en lui inventant des ennemis inexistants, négligeant ainsi ses véritables ennemis. Faisant donc sciemment et consciemment de la désinformation, il trahit ainsi son devoir d’intellectuel – qui est d’éclairer le débat – et son idéal proclamé d’universalisme en surjouant la carte du communautarisme.

Sur le plan international, il se dit pour la paix. Une fois de plus ce sont de sa part, des paroles sans aucun ancrage dans la réalité. Il ne va bien sûr pas dire qu’il est pour la guerre, même s’il a soutenu les deux dernières lancées par Israël et dont les populations civiles libanaises et palestiniennes ont été les principales victimes. Il s’attaque régulièrement à ceux qui, en France, sont pour la paix mais estiment que pour y arriver, il est nécessaire que le gouvernement israélien change de politique. Il n’a jamais eu de lien avec le camp de la paix en Israël et encore moins avec les différentes et admirables ONG qui luttent pour faire reconnaître le droit des Palestiniens. Il a toujours été du côté du gouvernement israélien, que celui-ci s’engage dans de réelles négociations, comme ce fut le cas sous Rabin, ou qu’il refuse de le faire, comme c’est le cas de Netanyahu. Son approche est donc ultra-communautariste. Mais comme BHL veut jouer aux consciences universelles, il n’a d’autre recours que de traiter d’antisémites ceux qui dénoncent ses contradictions.

Son attachement à la paix est sans racines, sans réalité, simplement verbal, au point qu’il s’inquiète qu’Obama puisse faire des pressions sur Netanyahu, sous l’influence d’autres « sinistres individus », qui seraient mes équivalents aux Etats-Unis. Que BHL puisse craindre qu’Obama, dont on se rappelle qu’il se vante d’avoir été celui qui l’a fait connaître en France, puisse faire pression sur Netanyahu, montre bien de quel côté il est. Il préfère le maintien en place d’un gouvernement de droite et d’extrême droite. N’est-ce pas à l’inverse, l’absence de pressions exercées sur Netanyahu qui explique le blocage de la situation ? BHL peut-il se dire à la fois pour la paix tout en préférant Netanyahu à Obama ? Tzipi Livni n’a pas voulu entrer dans ce gouvernement parce qu’elle estime justement qu’il ne veut pas de paix, paix qu’elle juge être conforme à l’intérêt d’Israël.

Passons sur l’utilisation qu’il fait du terme « lobby juif ». Si un autre que lui avait utilisé l’expression, n’y aurait-il pas eu une tempête de protestations ? Mais BHL a tous les droits. Je sais que nous ne sommes pas sur un pied d’égalité. Non pas tant parce qu’il n’a jamais eu à travailler pour gagner sa vie, et qu’il en a profité pour bâtir auprès de lui un réseau d’obligés, de courtisans ou de gens prudents qui ne veulent pas s’opposer à lui. Je comprends pourquoi, après des mois de négociations avec ARTE pour la réalisation de documentaires géopolitiques, je n’ai eu aucune suite. BHL est le Président du Conseil de surveillance d’ARTE.

Non, ce qui nous distingue c’est que mon éducation m’a toujours conduit à respecter les autres, à ne pas mentir sciemment pour convaincre. Autant de contraintes dont BHL a toujours été exempté.

Curieuse société française où les médias font une affaire d’Etat pour une faute de main dans la surface de réparation, et qui continuent d’honorer un multirécidiviste de l’escroquerie intellectuelle.

http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article3184


De : Pascal Boniface

mardi 29 juin 2010

Chômage, rien ne va plus: Pôle Emploi se met en grève

SOCIAL. C'est une “cliente” de Pôle Emploi qui le dit à LibéToulouse: tomber à chaque appel sur des boites vocales, «c'est terrifiant».



Les agents de cet organisme qui seront en «grève reconductible» dès ce jeudi 15 avril en Midi-Pyrénées, demandent justement qu'à la «réception physique» des chômeurs ne soit plus substitué un «renvoi vers des plates-formes téléphonique».



«Pôle Emploi est une machine infernale qui ne correspond à aucun besoin des demandeurs d'emploi», développe cet autre chômeur. Les agents en question dénoncent eux-mêmes les «violences administratives faites aux usagers» comme le contrôle des papiers et les radiations.

Un troisième usager midi-pyrénéen fait savoir qu'«en dépit de quelques déboires avec les services de Pôle Emploi, je soutiens leur combat. J'ai rencontré des personnes très investies». Le mouvement de grève qui s'annonce sur les 60 sites régionaux de Pôle Emploi semble en phase avec l'exaspération de ceux qui y ont recours:

C'est le site de Graulhet, dans le Tarn, qui a eu le premier un mouvement d'humeur sociale (voir LibéToulouse au 12 avril). Pour cause de non-remplacement de trois départs alors que le sous-effectif ne permettait déjà plus de «faire face à des situations individuelles de grande détresse».

Détresse des chômeurs, évidemment, mais aussi détresse des agents eux-mêmes fatigués de «faire du chiffre» plutôt que de traiter de la matière humaine. Le fait de donner des dossiers en sous-traitance à d'autres organismes les prive de leur cœur de métier: «en CDD à Pôle Emploi depuis 8 mois, nous dit un de ces agents, je souhaite obtenir un jour un CDI, mais on m'a bien fait comprendre (...) que je pouvais chercher ailleurs».

Le chômage est désespérant. Quand il passe à taille industrielle, il peut devenir une usine à désespoir. Les grévistes graulhétois assurent recevoir beaucoup de messages de soutien de tous les sites du pays. Ils ont déjà fait tâche d'huile dans la région. Ils espèrent que leur mouvement s'étende.

GLv.

La manifestation de ce 15 avril à l'appel des syndicats CFTC, CGT, FO, SNU, SUD et UNSA; rendez-vous à 10h30 devant la médiathèque à Toulouse et à 14h30 devant la Direction régionale de Pôle Emploi, 33/43 avenue Georges Pompidou à Balma.

lundi 28 juin 2010

Comment la Sacem se goinfre...

Bernard Miyet, le patron de la Sacem © AFP PHOTO BERTRAND GUAY

Les sociétés de perception, qui gèrent les droits des artistes et producteurs, n'avaient pas bonne réputation.


Publié ces jours-ci, le rapport de la Commission permanente qui contrôle ces organismes ne va pas arranger les choses. Les rapporteurs jettent une lumière crue sur les rémunérations de leurs dirigeants. Accablant pour certains d'entre eux ! Un rapport qui devrait horrifier les artistes dont le travail nourrit la bête...

Les patrons ne connaissent pas la crise du disque

Une société est particulièrement dans le collimateur : la SCPP (Société civile des producteurs phonographiques), dont le directeur général, Marc Guez, perçoit le deuxième salaire le plus important des dirigeants du secteur (entre 250.000 et 300.000 euros annuels, selon un tableau, page 279). Pourquoi pas ? Sauf que la SCPP n'emploie qu'une quarantaine de collaborateurs et ne traite qu'un peu plus de 60 millions d'euros de droits. C'est là que le bât blesse... "Cette même rémunération est plus de deux fois supérieure à celles de ses homologues dans des sociétés d'une échelle voisine ou supérieure, comme l'Adami ou la Spedidam", note le rapport. Autrement dit, le patron de la SCPP est trop payé pour le service qu'il rend à ses sociétaires. "J'ai moins de salariés que les autres sociétés, mais ils sont meilleurs, pourquoi en serais-je pénalisé ?", s'insurge Marc Guez. Du reste, nous sommes l'une des sociétés les mieux gérées. Pour justifier une telle rémunération, la SCPP indique à la Commission que Marc Guez perçoit un salaire équivalent aux directeurs généraux des majors du disque . C'est bien là le problème : comment les patrons de l'industrie du disque peuvent-ils justifier de conserver des rémunérations très élevées, alors même que le marché de la musique s'est effondré de 50 % en cinq ans ? Comment peuvent-ils justifier de tels salaires, alors que l'âge d'or est désormais plus que révolu ?

De ce point de vue, il n'est pas étonnant de retrouver en tête du classement des gros salaires le patron de la Sacem, Bernard Miyet : un salaire plus élevé de + 143 % par rapport à celui de Marc Guez (le rapport ne mentionne pas les chiffres précis) et des notes de frais qui, en 2008, s'élèvent à 29.212 euros par carte bancaire. Face aux rapporteurs de la Commission, la Sacem a tenté de justifier cette forte rémunération : les émoluments de Bernard Miyet seraient "rattachés à une responsabilité internationale publique antérieure". Mais le rapport note que cette référence "n'a pas été fournie à la Commission permanente du contrôle des sociétés de perception et de répartition des droits".

Les vacances en Guyane sur carte bancaire de la Sacem

L'examen approfondi des notes de frais des dirigeants de la Sacem révèle des abus non sanctionnés. Ainsi, en 2007, l'un des dirigeants (parti en 2008) avait pris ses aises avec la carte bancaire de la boîte : des repas seuls, des vacances en Guyane (entre le 27 décembre 2006 et le 6 janvier 2007), des frais de péage de week-end, 10.512 euros de "cadeaux"... La Commission souligne, avec euphémisme, que certaines de ces dépenses n'étaient sans doute pas effectuées dans l'intérêt de la société et n'ont pourtant fait l'objet d'aucun contrôle. "Elles n'ont pas été non plus de ce fait remboursées par l'intéressé", note, non sans ironie, le rapport.

Les dirigeants de la Sacem en prennent pour leur grade à propos des frais d'hôtel et de restaurant payés, pour l'essentiel, par carte bancaire. Les dirigeants "ne respectent guère la note interne relative" aux frais qui est pourtant assez généreuse : les cadres dirigeants doivent s'en tenir à des hôtels 3 étoiles, les repas à l'étranger ne doivent pas excéder 40 euros et pas plus de 70 euros par personne lorsqu'ils invitent. La Commission permanente n'a pas pu pousser plus loin ses investigations, car la Sacem ne dispose pas d'un suivi analytique des dépenses payées par carte. L'opacité "étonne" les rapporteurs...

Une rente assise sur un quasi-monopole

La situation est d'autant plus choquante que les artistes n'ont guère le choix. La loi les oblige à verser. Si bien que les sociétés de perception vivent sur une rente, "un quasi-monopole de fait sur le territoire national", note le rapport. Avec l'onctuosité qui sied au langage de la haute fonction publique, le rapport relève que "les rémunérations semblent, au moins pour quelques cas individuels, s'écarter notablement des normes de rémunération en vigueur dans les entreprises de taille comparable alors même que celles-ci sont, elles, pleinement exposées à la concurrence".

Le rapport observe également de grandes disparités entre les salaires des dirigeants et les salariés de ces sociétés. Par exemple, à la Sacem, les six salariés les mieux payés ont vu leurs revenus croître de 10 % entre 2005 et 2008 quand le personnel s'est contenté de + 6,5 % en moyenne sur la période. La Sacem n'a pas justifié cette différence de traitement. Le rapport entre le salaire de Bernard Miyet et le salaire le plus bas de la Sacem est de "30 à 40", note encore le rapport. Pour une société qui emploie 1.450 salariés...


Moyenne des cinq principaux salaires annuels en euros / effectif salarié / montants des sommes perçues

SACEM : 363.908 euros / 1448 / 961,3 millions d'euros

SACD : 149.775 euros / 232 / 179,6 millions d'euros

SCAM : 142.521 euros / 81 / 74,1 millions d'euros

SPP : 135.465 / 39 / 61,1 millions d'euros

CFC : 110.200 euros / 44 / 43,7 millions d'euros

ADAMI : 107.300 euros / 74 / 53 millions d'euros

SPEDIDAM : 96.020 euros / 32 / 32,9 millions d'euros

PROCIREP : 84.273 euros / 18 / 31,6 millions d'euros

La Commission permanente de contrôle des sociétés de perception et de répartition des droits est présidée par Bernard Menasseyre, président de chambre honoraire à la Cour des comptes. Elle comprend pour membres : François Lavondès, conseiller d'État honoraire ; Marie-Claude Duvernier, conseillère honoraire à la Cour de cassation ; Claude Rubinowicz, inspecteur général des finances ; Lé Nhat Binh, inspecteur général des affaires culturelles.

samedi 26 juin 2010

Emploi, industrie, salaires, retraite : Se battre chaque jour contre les incitations à la soumission !

L’actuelle offensive de la bourgeoisie contre notre système de retraites offre une nouvelle occasion aux journalistes aux ordres dans certains médias de mener derechef une campagne idéologique d’incitation à la soumission et au renoncement.

La fatalité est instaurée comme contexte préalable de toute réflexion : "On n’a pas le choix, c’est comme ça...".
Les concepts sont tordus, dévoyés, au besoin, le mensonge est utilisé sans scrupule ( Laurence Parisot est une experte en la matière, entre l’espérance de vie de 100 ans et les prétendus "dividendes" à distribuer si la retraite n’avait pas été reportée à 60 ans), les idées sont passées à la moulinette de l’idéologie dominante qui travaille pour le seul profit des intérêts des capitalistes.
Les opinions divergentes peinent à être présentées et entendues.
Jusque dans les organisations politiques et syndicales des travailleurs, des voix se font entendre qui, mettant en avant "la raison", "la nécessité", posent comme un fait acquis insusceptible de remise en question que la réforme (qui n’a bien évidemment pas ici le sens qu’on pourrait prêter à ce mot) du régime des retraites est inévitable, absolument nécessaire, incontournable et qu’il va bien falloir trouver un "compromis".

Sur le sujet des retraites, la plupart des rares "personnalités" autorisées à jouer le rôle du contradicteur sont, malgré des apparences parfois radicales et dures, des personnes dont le système sait parfaitement qu’au final, leurs intérêts de caste l’emporteront sur les intérêts de la classe ouvrière, et servent de deuxième fer au feu pour préparer un "compromis" qui se fera inévitablement sur le dos des travailleurs.

On commence déjà à instiller l’idée que si nous obtenons de ne pas voir la durée de cotisation allongée ni l’âge de la retraite repoussée, et bien, braves gens, ce sera bon, et on pourra signer une augmentation du taux de cotisation qui, évidemment ne concernera pas uniquement la part patronale des cotisations. Mais enfin bon, "c’est comme ça, il faut savoir ce que l’on veut, qu’auriez vous préféré?..."

Le tout pour reporter à dans quelques années la question du règlement pérenne de notre régime de retraite et en refaire un enjeu électoraliste, sans doute, ‘faut bien alimenter le système.

Il faut donc le rappeler et le dire avec force : non, dans "la vie", dans une vie, dans nos vies, il n’y a rien d’écrit, il n’y a pas d’autres "fatalités", je pense, que la maladie et la mort. Et même de la maladie, la volonté et la raison humaines parviennent à en triompher parfois.

Tout le reste, de notre premier cri, de nos premiers pas, notre premier travail, notre première augmentation de salaire, en passant par notre premier amour, notre première voiture, notre première cuite....TOUT le reste de nos vies devrait nous rappeler quotidiennement que ce que nous obtenons est toujours le fruit d’un combat, parfois âpre et douloureux, et d’une volonté qui est souvent dictée par la nécessité devant laquelle nous placent nos conditions de vie.

«LA OU IL Y A UNE VOLONTÉ, IL Y A UN CHEMIN», voilà ce que nous devrions toutes et tous garder gravé en lettres de feu dans un coin de nos cœurs et de nos têtes, pour nous éclairer quand nous traversons des heures sombres.

Bien-sûr, parfois dans la vie, pour transformer une défense en victoire il faut aussi un peu de chance. Mais la chance sans volonté n’a jamais fait gagner personne, et puis la chance, ça se tente.

La première volonté que nous devrions avoir est de ne pas céder à la propagande catastrophiste, démobilisatrice, la première de nos volontés devrait être de refuser fermement les incitations constantes, quotidiennes à la soumission et au renoncement, sur toutes choses qui concernent très directement nos vies.

L’exemple des retraites est un excellent exemple.

En réalité, non, il n’y a pas de "problème de financement" contrairement à ce qu’on nous claironne chaque jour.

Il y a avant tout un problème de volonté politique des gens qui nous gouvernent depuis quelques décennies pour PRENDRE L’ARGENT là où il se trouve, et là où, légitimement, il doit être pris.

Et si nombre de personnes "à gôche" sont mal latéralisées, ce n’est pas à nous de le payer.

La question de la bataille pour l’emploi et les salaires est exactement du même ordre et souffre des mêmes faiblesses dans son incarnation institutionnalisée.

Il est très troublant de constater l’engouement que la plupart des médias (et des politiques) ont eu pour des luttes "de dernière extrémité" qui avaient principalement pour objet d’obtenir de meilleures indemnités de licenciement (ce qui ne disqualifie évidemment pas les luttes des travailleurs mais les place dans une autre perspective), et que, parallèlement, toutes ces personnes ont négligé et négligent encore (le mot est faible) les luttes qui se sont axées dès leur origine sur la préservation de l’emploi, et notamment de l’emploi INDUSTRIEL en France (on le constate avec la SBFM ou GOODYEAR ou FORD par exemple).

Pourtant, la question non seulement du maintien, mais également du développement de l’emploi et particulièrement de l’emploi industriel, est une question absolument fondamentale pour ce pays, a fortiori dans le cadre de l’Union européenne.

C’est d’ailleurs très « incroyable » que la question n’ait pas été posée plus nettement par nombre de soi-disant "amis de la classe ouvrière" qui se sont emparés comme des charognards du dossier des « CONTI », puisque CONTINENTAL -AG est bien une entreprise allemande basée à Hanovre, et que c’était l’occasion de poser à plein les bonnes questions !

Pas une seule fois la question de l’Union européenne et de l’hégémonie allemande n’a affleuré publiquement dans le traitement de ce dossier, pas un seul cadre ou homme politique ne l’a posée directement.

Ceux qui croient que, « simplement », l’Union Européenne aurait anéanti la question de ce qu’on peut appeler les "marchés nationaux" font erreur.

L’UE n’a pas anéanti cette question, elle a simplement déplacé, une fois encore, comme la CEE l’avait déjà fait, et comme la CECA avant elle, l’utilisation faite de ces marchés nationaux par les capitalistes dans le cadre plus général du capitalisme mondialisé.

Ceux qui croient que l’évolution intra-européenne du capitalisme est arrivée à son terme avec l’Euro et la signature du traité de Lisbonne, et que l’UE formerait désormais une unité économique cohérente mettant les capitalistes européens tous peu ou prou « du même côté » contre des "envahisseurs étrangers" type USA , Chine etc, font évidemment erreur.

Pire, pour certains d’entre eux, ils MENTENT effrontément !

L’Union Européenne ne sera JAMAIS un "Etat national unitaire" au sens strict du terme –sauf au terme d’une guerre néo-colonialiste qui sera forcément sanglante.

En conséquence, elle sera toujours un assemblage d’États aux intérêts jamais complètement solubles, très souvent divergents, souvent d’ailleurs, sous la pression des peuples qui les composent, Etats qu’il est impossible de mettre absolument d’accord (en tout cas pour l’instant) sur tout, parce que, entre autre, justement, la composition du bloc au pouvoir au niveau européen est comme partout, elle est hétérogène, elle comporte des blocs de la petite bourgeoisie, de la bourgeoisie strictement nationale, de propriétaires fonciers, de capitalistes financiers, de banquiers.... ayant ou non partie liée, plus ou moins, avec tels types de capitaux et pas d’autres.

La guerre de classe au sein du bloc au pouvoir, entre différentes fractions de la bourgeoisie, n’est absolument pas effacée par l’avènement (croit-on) du "capitalisme financier" ni par l’Union européenne, ni par la mondialisation - elle est au contraire avivée par tout cela et prépare actuellement un tournant.

La guerre de classe (qu’on l’appelle « compétition », ou plus justement, « concurrence ») qui se livrait autrefois au sein de ce bloc au pouvoir sur le seul territoire national ou disons, principalement sur ce territoire, jusque dans la première moitié du 20ème siècle, a été déplacée, ou plutôt, étendue, sur un autre échiquier qui est celui de l’Union Européenne, et la guerre entre certains aspects nationaux du capitalisme a pris d’autres visages et d’autres biais il y a quelques décennies.

De nouvelles hiérarchies ont ainsi été reformées. Des positions dominantes sont devenues hégémoniques. Certaines positions se sont écroulées. De nouveaux pôles ont été créés, sont en train d’être créés, qui sont en équilibre entre ce que leur permettent leurs positions dans les divers cercles concentriques : économie mondiale- économie européenne -économie nationale.

Le nouveau tournant dans la politique de désindustrialisation de la France entamé il y a 30 ans ne peut pas être compris si on ne replace pas la France dans son contexte exact, de « l’amitié franco-allemande » (anticommuniste) mitterrandiste, de l’Union Européenne, et du capitalisme mondialisé, en tant que France et en tant qu’un des principaux pays européens.

Il est vrai qu’un des effets (très rares) positifs de ce nouvel assemblage est à ce jour, d’avoir éloigné les spectres martiaux du sol de quelques « vieux états européens » (ce qui n’a pas empêché certaines guerres dans de plus jeunes pays "accédants"). Mais n’était il pas envisageable de parvenir au même résultat (la paix dans cet endroit du globe) sans jeter sur la paille des millions et des millions d’individus ? Et pour combien de temps ?

La politique de désindustrialisation de la France ne peut pas être comprise (et donc, combattue) si on baigne dans l’angélisme des théories économiques social-démocrates sur l’Union européenne, ces théories qui refusent obstinément de parler de la domination industrielle et financière des pays de l’ancienne ZONE MARK dans l’Union européenne et notamment, de l’hégémonie allemande en Europe.

Cette ultra-domination allemande, ce n’est pas un mythe : je précise, en 2008, l’Allemagne est la 4ème puissance économique mondiale, première de l’UE, premier exportateur mondial de biens devant les USA et la Chine ; 33 % de la population active travaillent encore dans le secteur industriel (auto, électronique, chimie notamment), même si c’est aussi le secteur tertiaire qui est le premier employeur de ce pays. Elle est également un des premiers producteurs d’acier au monde (source EUROSTAT).

L’ultra-domination allemande, on la vérifie également au niveau politique au sein de « la zone Euro » (voir le poids considérable – assassin- de l’arbitrage allemand au sujet de la dette grecque).

La « zone Euro » finalement, c’est une extension de la « Zone Mark » qui ne dirait pas son nom. C’est un règlement politique et économique d’une question qui aurait tourné à la troisième guerre mondiale si elle n’avait pas été réglée. Et à ce stade, chacun avait alors intérêt à ce qu’elle soit réglée ainsi.

C’est dans ce contexte, compte tenu de ces éléments économiques très concrets, que s’est stabilisée la place particulière de la France dans l’Union européenne et dans le monde.

La France, qui, comme de nombreux pays de l’UE, a perdu (a voulu perdre) la bataille industrielle contre le leadership allemand, en partie du fait de la structure originaire de « son » capitalisme « national » et des modifications de celui-ci ces 50 dernières années, est devenue dangereusement dépendante des divers subsides et aides européens.

C’est pour cela que la classe politique institutionnelle française, à « droite » comme à « gauche », a majoritairement tendance à préserver le mythe de l’Union européenne comme « facteur de développement des peuples », « facteur de paix et de stabilité géopolitiques ».

Et c’est parce que les luttes pour maintenir et développer l’emploi industriel en France révèlent immédiatement ces aspects-là, (parce que au-delà du seul maintien, il s’agit de le maintenir POUR L’AVENIR, de sorte qu’il soit tout à fait compétitif, pas pour les patrons -dont on se rendra compte un jour que nous n’avons pas "besoin" -, mais pour les travailleurs, non sur les questions de "coûts du travail" que nous bassinent les capitalistes, mais sur les questions de recherche et développement, d’avancées technologiques et écologiques), parce qu’elles projettent directement les gouvernants au cœur de la question germano-européenne, de la question impérialiste, au cœur de la domination nord-américaine (loin d’être finie contrairement à ce qu’on nous répète), parce que ces luttes impliquent des questions inévitables et assez simples, qui impliqueraient elles-mêmes des prises de position extrêmement claires et fortes de la part de toute une caste qui vit aux crochets de la politique européiste (même parmi certains de ses plus ardents ennemis déclarés),donc, sur le dos du peuple du travail, c’est pour cela que ces luttes là, elles ne sont ni popularisées, ni soutenues ni médiatisées.

La France (la classe capitaliste, la majorité du "bloc au pouvoir") a vendu son « âme industrielle au Diable » il y a quelques décennies de cela, en contrepartie du soutien et de la protection politique de ce qui allait devenir l’Union Européenne contre le « péril communiste » (socialisme fort qui était une possibilité réelle dans notre pays, rappelons-le au cas où nous l’aurions déjà oublié - et puis aussi, sans lier nécessairement socialisme et URSS, mais quand même, la France était véritablement un élément essentiel dans la stratégie antisoviétique).

Le rôle particulier des syndicats de métallurgie et de mineurs allemands à tendance chrétienne (et anti-communistes) dans la création puis la pérennisation de la CES, cet instrument de répression de la lutte de classe et d’étouffement des révoltes populaires dans les entreprises, est évidemment à rappeler.

Dans les interstices, de plus en plus grands, laissés par la « désindustrialisation pro-germanique », les USA avaient avancé leurs pions, sous forme financière, momentanément, et ils les retirent désormais, confrontés qu’ils sont, comme tous, à l’implacable baisse tendancielle du taux de profit.

C’est pour cela même que tout est fait pour les étouffer, les nier, ces luttes pour l’emploi dans l’industrie en France actuellement - ah comme c’est pratique d’avoir de bons amis patrons de presse (sans parler du nombre de titres détenus par les conglomérats allemands, ou pro-germaniques RTL, Gruner und Jahr etc...justement).

Parce qu’il ne faudrait surtout pas que les travailleurs de ce pays prennent conscience de l’énorme couillonade qu’est l’Union Européenne, de la mascarade des "politiques de l’emploi" bidons qui coûtent des dizaines de millions chaque année aux contribuables (majoritairement nous-mêmes donc !) et qui ont pour seul objectif de permettre aux capitalistes des pays de l’ancienne "zone Mark" de se gaver sur le dos des peuples de l’Union européenne et aux actionnaires nord-américains de se gaver en Inde ou en Chine.

Parce que ce choix politique là, cette volonté politique là, partagée, et comment, par de nombreux idéologues « de droite » comme « de gôche » (au besoin en leur faisant avaler la pilule par des mystifications idéologiques grossières) elle PAIE.

Plus exactement, elle apporte du blé à certains groupes d’intérêts facilement identifiables, même si elle condamne à moyen terme, sans aucun doute, la majorité d’entre nous.
Nous ne nous en sortirons pas
sans politique industrielle,
sans politique de ré-industrialisation de la France.
Un pays sans industrie forte est un pays mort,
ou en voie de mort quasi-assurée.

Sur ce point aussi, il est urgent de refuser la fatalité, de lutter contre l’incitation au renoncement, contre l’invocation de la soumission nécessaire.

Et il est urgent que nous jugions ceux qui se proposent à nous pour briguer des suffrages à la mesure de ces questions fondamentales. Le « mieux » est souvent l’ennemi du « bien ». A ces questions cruciales pour notre avenir et celui de nos enfants, il va falloir exiger de certains des réponses claires et précises, très rapidement.

Oui, il y a un avenir pour une industrie innovante, respectueuse de l’écologie, de l’Homme, laissant une très large part à l’autogestion et à l’appropriation ouvrière, en France.


De : La Louve

vendredi 25 juin 2010

Comment l'Allemagne cache son chômage

En France, on célèbre la baisse du chômage allemande. Le journaliste allemand Florian Rötzer décrypte le faux miracle allemand, qui camoufle une restructuration du marché du travail : baisse des contrats de travail à temps plein, augmentation des contrats à temps partiel ou très partiel. Moins de chômeurs officiels, plus de travailleurs pauvres et précaires.
Si on regarde les chiffres de l’agence (fédérale) pour l’emploi (AFE) de plus près l’image qui se présente à nous est moins réjouissante.
Le nombre de chômeurs a baissé plus que prévu. Il s’élève désormais à 8,5 pour cent. Au mois de mars, 3,568 millions personnes étaient inscrites comme demandeur d’emploi, ce sont moins de demandeurs d’emploi qu’en février et 18.000 demandeurs d’emploi de moins par rapport au mois de mars de l’année 2009. « A cause d’une revitalisation au printemps et comme souvent en cette saison, le chômage a baissé » dixit l’AFE. En outre, le travail à temps réduit décharge « considérablement » le marché du travail.

Pendant que des économistes s’extasient devant « le miracle allemand », le patron de l’AFE Frank-Jürgen Weise s’exprime prudemment: « Nous ne voyons pas un retournement de tendance sur le marché de l’emploi. Nous voyons que l’évolution est une once meilleure que prévu. »

D’après les chiffres de l’agence fédérale des statistiques, le nombre des personnes actives a baissé de 0,3 pour cent ou de 138.000 à 39,8 millions par rapport à l’année précédente. « Par rapport au dernier pic en octobre 2008, la moyenne saisonnière des activités professionnelles et des emplois a baissée de 148.000 resp. 109.000 » publie l’AFE. « Par rapport à l’année précédente l’activité professionnelle a baissé de 0,2 pour cent (91.000), après une première baisse de 91.000 en janvier. Il y avait 27,30 millions emplois soumis aux cotisations sociales occupés en janvier 2010, voir une baisse de 74.000 par rapport à 2009, mais cette baisse a diminué. » commente l’AFE. En mars il y aurait eu plus d’entrées que de sorties au marché de l’emploi.

Ces chiffres sont déjà une indication qu’il serait un peu tôt de jubiler la relance de l’emploi au printemps, la stabilité du marché du travail et le « miracle allemand ». Non seulement les mesures du travail à temps réduit prennent fin dans beaucoup d’entreprises, mais la baisse du chômage est plus que compensée par une baisse d’activité professionnelle. En outre, le nombre d’emplois à temps très partiel a monté, le nombre d’emplois à temps partiel soumis aux cotisations sociales a monté de 250.000 et le nombre d’emplois à temps plein a baissé d’environ 320.000. Il s’opère donc une restructuration du marché de l’emploi où, par rapport aux chiffres absolus, la baisse des pleins temps n’est même pas compensée par la hausse des temps partiels. Le sous-emploi(1) par rapport à l’année 2009 a également augmenté de 143.000 ce qui correspond à trois pour cent (l’emploi à temps réduit non inclus) même s’il a diminué par rapport à février 2010.

Le nombre d’offres d’emploi a légèrement augmenté ce qui est normal pour la saison. Il y avait en tout 503.000 offres d’emploi pour 3,5 millions demandeurs d’emploi.(2) C’est un pour cent d’offres d’emploi en moins qu’en 2009. 57 pour cent des offres d’emplois sont des jobs « normaux » c'est à dire soumis aux cotisations sociales(3). Il ne faut pas oublier qu’il y ait d’autres offres d’emplois qu’à l’AFE.

(1) L’ Organisation internationale du travail définit le sous-emploi quand trois conditions sont remplies (définition statistique): 1. On a travaillé moins que la durée normale de travail 2. La diminution du travail a été involontaire 3. On a cherché du travail complémentaire pendant la période de référence.

(2) Ce ne sont, comme en France, que les demandeurs d’emploi dans LA statistique officielle des demandeurs d’emploi. Il y a un grand nombre de demandeurs d’emplois qui ne figurent pas dans les statistiques, comme une personne qui travaille une heure par mois, tous ceux qui font un stage ou une « formation » à l’AFE (rédaction d’une lettre de motivation etc), ceux qui sont malades, ceux qui travaillent à temps partiel ou très partiel et qui cherchent un travail à temps plein … etc.

(3) … et en plein temps ? Ce n’est pas précisé. S.M.

(4) ALG2 est l’allocation de fin de droit en Allemagne (Arbeitslosengeld 2), ALG1 est l’allocation de chômage « normale ».

(5) pauvre = moins que 60% du revenu médian

Florian Rötzer

jeudi 24 juin 2010

Rions un peu: comment Mélenchon a mis Aphatie K.O. sur les retraites

Invité de RTL, le patron du parti de gauche s'est démarqué du discours ambiant sur la question des retraites, refusant de relayer l'affolement de circonstances, assénant moult chiffres à l'appui de sa démonstration à un Jean-Michel Aphatie qui n'en demandait pas tant.

De façon argumentée, Jean-Luc Mélenchon s’est fait fort ce matin au micro de RTL de dépassionner la question des retraites, bien décidé à ne « pas se laisser clouer le bec par des pseudo-évidences qui ne sont que des préjugés ». Suivez mon regard...

Aphatie démarre avec une première affirmation : « on peut évoquer un problème de financement pour les retraites, on évoque un déficit d’environ 15 milliards d’euros d’ici 5 ans ».

Minute, papillon ! S’appuyant sur les chiffres du Conseil d’Orientation sur les Retraites, Mélenchon rectifie : « le COR évoquait 5 milliards en année hors crise et 10 milliards pour 2010-2011. Les 15 milliards je demande à voir où ils sont ». Il y a moins de 10 jours, sur son blog, Jean-Michel Aphatie parlait lui aussi d’un coût de 5 milliards.

Aphatie évoquait une valse des milliards. Il n'avait pas fini de l'étonner puisque cet après-midi, se fondant sans doute sur des confidences des membres du COR, Le Monde indiquait que le coût de la retraite s'établirait à ... 30 milliards en 2010. Il faut vite acheter car à ce rythme, on dépassera les 100 milliards par an dès janvier 2011.

Taxer les revenus du travail et l'intéressement

Soucieux de ne pas affoler les Français, Mélenchon précise que 5 milliards c’est « 2,5% du budget total des retraites. Si vous avez 1000 euros de revenus, il y a des gens qui rêveraient de finir le mois avec seulement 25 euros de découvert ». Disons qu'à trente milliards, ce serait un découvert de 15%, plus conforme à la réalité des comptes bancaires des Français...
Côté solutions, l'ancien sénateur reprend les recommandations de la Cour des Comptes qui consisteraient tant à taxer les stock options au même niveau que sont taxés les revenus du travail : « ça vous donne 3 milliards. Si vous taxez l’intéressement, ça vous fait 2 milliards et on a eu besoin de toucher à rien sinon qu’établir une justice que tout revenu doit contribuer à la retraite ».

Dans son style, Mélenchon pointera également le clergé des « yaka » : « quelques beaux esprits disent y’a qu’à allonger la date de départ à la retraite, 61 ou 62 ans. Ils ne se soucient pas de savoir ce que ça va rapporter. Fort peu d’après le COR, à peine 9% de ce qui est nécessaire dans les années 2050 ».

Le président du parti de gauche estime pourtant qu’il y a des réformes à faire : « notre intérêt est que les gens partent à 60 ans dans de bonnes conditions, que leurs retraites soient calculées sur les 10 meilleures et représentent 75% de leurs salaires. C’est autant de consommation parce que ce sont souvent de petits salaires. Plus les gens partiront à temps, plus cela libèrera des postes pour des jeunes, contrairement à ce qu’a dit Alain Duhamel dans sa chronique (NDLR : « Moins on bouge, mieux c'est pour les plus âgés et plus mauvais pour les jeunes » selon Duhamel ) ».

Des économies qui ont un coût
Quelque peu désarçonné par l’avalanche de chiffres et l’argumentation de Mélenchon, qui refuse de faire de la question des retraites un « problème », Aphatie tente une attaque par la droite…libérale : « si on vous écoute, on se dit heureusement qu’il y a des riches en France puisque c’est eux qu’il faut taxer ».

-« Non, c’est dommage qu’ils se soient à ce point accaparés la richesse. Ils ne sont pas utiles en tant que riches. Le pays produisait 1000 milliards d’euros en 1980, il en produit 1950 aujourd’hui. Dans les années 90, la France gagnait 20 à 50 milliards de plus par an, maintenant c’est jusqu’à 100 milliards et le déséquilibre est de plus en plus grand entre ceux qui captent tout et ceux qui ont de moins en moins. Il faut déplacer le curseur de 10 points, ça fait 195 milliards de ressources en plus par an . Avec moi, les riches payeront. C’est clair ».

Le dernier échange est un grand moment de radio : tout à ses obsessions, Aphatie interroge Mélenchon sur l’alignement du calcul des retraites des fonctionnaires sur celles des salariés du privé. Avec déjà un genou à terre, la réponse de Mélenchon est le coup de trop : « c’est impossible. Et vous savez pourquoi ? Parce que rien n’a été saisi informatiquement. Comme c’était la règle des six mois, personne n’a pensé à le faire. Il n’est pas possible de revenir sur les 25 dernières années des fonctionnaires. Les travailleurs du service public sont sauvés par le manque d’équipements informatiques des services publics et j’ai pas fini de rigoler ». Eh oui, le comble des économies, c’est qu’elles ont un coût…

Régis Soubrouillard

mercredi 23 juin 2010

Royaume-Uni : le droit de grève en ligne de mire

Les banquiers de la City se portent bien, très bien même, merci pour eux ! Après avoir amené le système bancaire au bord de la faillite, ils n’ont eu aucun scrupule à venir demander l’aide d’un Etat habituellement honni.

Le gouvernement Brown a répondu à l’appel, en injectant des sommes colossales d’argent public pour éviter que la gabegie bancaire ne s’étende à l’ensemble de l’économie. L’Etat s’est porté garant de banques réputées « infaillibles ».

Fidèle à sa croyance dans le capitalisme de casino, le New Labour a socialisé les pertes bancaires, tout en permettant aux banques de bénéficier des profits futurs.

Le gouvernement avait une occasion en or pour imposer aux banques de nouvelles règles de fonctionnement plus favorables aux intérêts des ménages. Une réelle nationalisation des banques aurait permis de mettre sur pied un système bancaire populaire et de faire reculer l’influence débilitante de la City. Il en sera tout autrement.
Hausse d’impôts en vue pour la middle-class

Après quelques vagues admonestations publiques, les banquiers ont vite repris du poil de la bête. Les pages saumonées du Financial Times égrènent jour après jour le montant des bonus empochés par ces maîtres de l’univers.

Les millions continuent de couler à flots, c’est « business as usual ». Ou presque, car il faut maintenant que le gouvernement recouvre l’argent qui a servi à renflouer les banques. Qui paiera ? Le peuple bien sûr !

Alistair Darling, le ministre des Finances, a déjà indiqué que le gouvernement devrait « se serrer la ceinture » et « réduire des déficits budgétaires trop importants ».

Concrètement, cela signifie une hausse des impôts pour les classes populaires et moyennes, la fermeture d’hôpitaux, le licenciement de fonctionnaires (les universités ont commencé à licencier par centaines des professeurs, ainsi que le personnel administratif), la suppression de bourses d’études pour les étudiants.
Le droit de grève anglais, le plus restrictif d’Occident

Quel que ce soit le parti qui remporte les élections législatives le 6 mai, les mesures prises seront identiques. Darling a promis des coupes budgétaires « encore plus profondes que sous les gouvernements Thatcher ».

La Grande-Bretagne est le pays européen le plus inégal et possède des services publics déplorables. Les deux partis principaux s’accordent pourtant à administrer à leur population un énième traitement de choc néolibéral. Tel est l’enjeu de la « compétition » électorale actuelle.

Que reste-t-il aux salariés dont les droits sociaux sont aussi manifestement bafoués ? Protester, se battre, se mettre en grève. La grève est un acte de résistance sociale encadré par la loi. Encore faut-il préciser que ce droit est très fortement restreint depuis les Employment Acts de 1980 et de 1982.

Depuis l’ère Thatcher, la grève constitue une rupture (et non un arrêt temporaire) du contrat de travail. A ce titre, chaque gréviste peut être légalement licencié pour fait de grève. Ce fut le cas en juin 2009, lorsque Total mit un terme au contrat de 900 employés en grève.

Il s’agit de la législation la plus restrictive du monde occidental. L’Organisation internationale du travail (OIT) a estimé à plusieurs reprises qu’elle était attentatoire aux droits fondamentaux des travailleurs. Depuis la loi de 1982, les grèves de solidarité sont interdites. En 2005, une enquête a été menée contre les salariés de British Airways grévistes solidaires des employés de Gate Gourmet, une entreprise de restauration aérienne.
La grève est votée et l’employeur traque les vices de forme

Les lois Thatcher imposent aux syndicats de poster à leur frais un bulletin de vote au domicile des syndiqués. Ces derniers le remplissent et le renvoient à la Electoral reform society (ERS), un organisme indépendant qui se charge du comptage des voix.

La grève ne peut légalement intervenir que si une majorité des membres accorde son soutien au mot d’ordre de grève. Le syndicat doit fournir à l’employeur une somme d’informations précises : noms, titres, grades, lieux de travail des syndiqués.

L’employeur n’est nullement obligé de coopérer avec le syndicat dans cette collecte d’informations. Il s’agit bien entendu d’une opération lourde, coûteuse et compliquée, destinée à poser de nouveaux obstacles sur le chemin de la grève.

Dès que la moindre erreur est relevée sur le listing fourni par le syndicat, l’employeur peut saisir les tribunaux et faire annuler le vote, même si le nombre d’erreurs n’affecte pas le résultat du vote en général. Or, ces erreurs sont inévitables : il suffit qu’un employé ait récemment été promu ou ait pris sa retraite pour que certaines anomalies apparaissent. Qu’à cela ne tienne, il faudra revoter dans quelques mois !

Récemment, les directions de British Airways et de compagnies ferroviaires ont obtenu de telles annulations sur cette base tendancieuse. Les médias britanniques titrent que les votes ont été « manipulés », alors qu’il n’en est rien puisque les modalités du vote sont gérées par un organisme indépendant. Mais en entretenant cette confusion dans l’esprit du public, les médias, les employeurs et le gouvernement cherchent à décrédibiliser davantage le droit de grève.
Blair et Brown n’ont pas remis en cause les lois Thatcher

Ces actions sont politiquement motivées : il s’agit d’étouffer dans l’œuf toute rébellion salariale contre la gestion brutale des conflits du travail en Grande-Bretagne. Le droit de grève est en ligne de mire, car les employeurs, le New Labour et les conservateurs le perçoivent comme l’un des derniers mécanismes qui permet aux salariés de résister à leur complet asservissement.

L’annulation en cascade des votes n’entraîne pas une baisse du nombre des grèves dans ce pays. Lorsque les syndiqués revotent, ils se prononcent plus nettement encore en faveur de la grève. Les lois Thatcher n’ont pas été remises en cause par les gouvernements Blair et Brown, alors même que les syndicats constituent les principaux bailleurs de fond du Parti travailliste. Ceci en dit long sur la corruption qui règne dans la plupart des directions syndicales.

http://www.rue89.com/philippe-marliere/2010/04/08/grande-bretagne-le-droit-de-greve-en-ligne-de-mire-146539


De : Philippe Marlière

mardi 22 juin 2010

«On est la belle vitrine de l’Etat, mais quand on lève le rideau, c’est honteux»

Travailleurs sociaux, animateurs de centres d’accueil, infirmières: ils sont une dizaine de salariés du Samu social, permanenciers du 115 (le numéro d'appel). Réunis au local CGT d'Ivry-sur-Seine, ils entamaient ce vendredi leur dixième jour de grève. Malgré une rencontre avec leur direction ce matin, les grévistes ont décidé de reconduire leur mouvement jusqu'à mardi matin.
Les négociations bloquent sur la réévaluation des salaires et le paiement des jours de grève. Pas d'accord, mais quelques points positifs comme la possibilité pour les CDD de passer en CDI au bout de neuf mois d'ancienneté, l'aménagement d'un local syndical ou l'étude de la mise en place d'un soutien psychologique.

Pour la première fois depuis sa création en 1993, le Samu social de Paris, structure qui vient en aide aux sans-abri, doit faire face à un conflit interne. Sur les 600 salariés, une centaine serait en grève selon les syndicats, «40 à 60 personnes» selon la direction.

«La situation était latente depuis longtemps, raconte Julie (1), salariée gréviste de 24 ans. On est la belle vitrine de l’Etat mais quand on lève le rideau, c’est honteux.»
«L’institution lutte contre la précarité, mais elle en crée»

Naima est permanencière au 115. C’est de ce service qu’est partie la grève. «Au début, on protestait contre le projet d’enregistrement des appels, mais ça a été l’étincelle pour toutes les autres revendications», raconte la jeune femme de 26 ans.

Engagée en novembre, elle reçoit les coups de téléphone des sans-abris, sept heures d’affilés pour 1100 euros net par mois. «Je ne cours pas après la paye, si je suis là c’est par vocation. Mais aujourd’hui, je ne peux plus rester: le salaire que je gagne me met en difficulté. C’est ironique: l’institution lutte contre la précarité, mais elle en crée.»

Julie appartient aux équipes mobile d’aide (EMA) aussi appelées «maraudes», ces camions qui tournent dans Paris pour aller à la rencontre des SDF entre 20 heures et 5 heures du matin. Arrivée depuis dix mois, elle enchaîne son deuxième CDD.

«Je suis considérée comme une ancienne! Les salariés du Samu social restent en moyenne six mois: il y a du turn over à gogo, explique-t-elle. Nous sommes bien souvent le seul lien entre la société et les SDF. C’est un travail à long terme d’approche, de mise en confiance. Qui n’est pas facilité si les gens changent tout le temps.»
«Nous faisons face à des situations délicates»

Parmi les revendications des «maraudeurs», une prime de risque. Physique et psychologique. «Nous faisons face à des situations délicates: nous pouvons nous retrouver avec des personnes agressives, armées ou psychotiques. C’est un métier usant: nous sommes confrontés à la misère au quotidien, et aux décès parfois de nos hébergés. Pour toutes ces situations, il n’existe pas de cellule de soutien psychologique ou d’espace de parole pour exterioriser.»

Le Samu Social de Paris est un GIP (Groupement d’intérêt public), financé par une kyrielle de tutelles, 70% publics et 30% privés. Parmi les financeurs, on trouve aussi bien l’Etat ou la Ville de Paris qu'EDF ou PSA Peugeot. Ce statut, pour Benjamin Klingler, représentant CGT et animateur dans un centre d’accueil de jour, est «une excuse à tout».

«Nous ne sommes pas soumis au code du travail, ni à celui de l’action sociale ou de la fonction publique territoriale», détaille le jeune homme de 24 ans. «Du coup, pas de convention collective et des conditions d’accueil de nos usagers, dans des locaux insalubres, défaillantes.»

Anne-Claire Genthialon

lundi 21 juin 2010

Les hommes rattrapent les femmes

Avec la crise Les hommes rattrapent les femmes sur le chômage les femmes se paupérisent :

C’est en effet une première le taux de chômage des femmes traditionnellement plus élevé est désormais équivalent à celui des homme.

Cela s’explique par les licenciements intervenus dans le secteur industriel et le secteur de la construction (des secteurs employant principalement des hommes ).

En revanche la crise paupérise d’avantage les femmes , Selon une enquête récente la situation s’est dégradée.

L’emploi à temps partiel est en en progression de un point selon le journal "Alternative Economique" pour atteindre son chiffre le plus élevé jamais enregistré, comme si ajoute le journal "Alternative Economique" avec la crise les hommes connaissaient plus le chômage et les femme d’avantage de temps partiel subi.

Rappelons que le temps partiel subi qui rabat les femmes vers de emplois de mauvaise qualité avec des taches précaires ,répétitives , des horaires éclatés ,une vie privée morcelée et désorganisée, une flexibilité éclatée à la carte de l’employeur.

Ces emplois qui se conjuguent tau féminin se retrouvent dans la grande distribution ,la restauration et les entreprises de nettoyages ce sont par exemple des emplois de caissières, serveuses, femmes de ménages.

Les personnels de nettoyages avec une majorité de femmes seraient exploités, compressés, lessivés en connaissant des conditions de travail qui pourraient relever du siècle dernier soit de l’esclavage moderne.

Cette souffrance sociale se manifeste par des horaires décalées, le manque d’effectifs, la mobilité .

Martine Lozano militante associative

samedi 19 juin 2010

Les riches avaient vu juste : les travailleurs finissent pas s’adapter à une vie plus modeste

L’appauvrissement de la classe ouvrière ne date pas d’hier. Plusieurs commentateurs soulignent qu’elle a commencé vers la fin des années 1970 après ce qu’on a appelé les "30 glorieuses" de l’après-guerre.

Cependant il y a présentement un plus grand nombre de super-riches de par le monde qu’il n’y en a jamais eu et l’écart entre eux et les autres n’a jamais été aussi grand.

Les riches qui en général sont d’excellents planificateurs à long terme (ils ne sont pas riches sans raison) avaient envisagé depuis des décennies cet appauvrissement de la classe ouvrière en Occident. Et ils en avaient déduit que les travailleurs allaient tout simplement finir par accepter leur nouvelle situation, leur existence plus précaire en somme s’adapter à moins de pouvoir d’achat et à une vie simplifiée.

Si les structures de l’économie de marché capitaliste qui permettent aux riches de conserver et d’augmenter leur fortune, leur pouvoir et leurs privilèlges avaient vraiment été mis en péril par l’appauvrissement de la classe ouvrière occidentale, les riches en bons planificateurs qu’ils sont n’auraient pas décidé d’abaisser le niveau de vie de le classe ouvrière comme ils l’ont fait au cours des trois dernières décennies.

C’est que les élites capitalistes riches en étaient arrivées à cette conclusion que la classe ouvrière s’adapterait à des conditions de vie plus modeste. Après tout, ça fait longtemps qu’on vit dans des conditions modestes et précaires dans le tiers-monde, pourquoi pas en Occident.

Malheureusement pour certains, les conditions de vie ne sont plus modestes mais de plus en plus misérables.

Pourtant, la déclaration universelle des Droits de l’Homme exige un revenu suffisant pour tous. Mais il semble que la tendance actuelle ne soit pas conforme au respect de la dite déclaration.

de Don

vendredi 18 juin 2010

Villiers-le-Bel : la justice met en cause les policiers

La cour d’appel de Versailles a demandé la réouverture de l’instruction sur l’accident entre une voiture de police et une moto qui avait fait deux morts et déclenché des émeutes en novembre 2007

Les textos ont très vite circulé dans la cité hier : l’enquête sur la collision mortelle de Villiers-le-Bel est relancée. L’accident entre la voiture de police et la moto de Mouhsin et Laramy avait causé la mort des deux adolescents et déclenché deux nuits d’émeutes à Villiers-le-Bel en novembre 2007. Au terme de l’information judiciaire, les policiers impliqués dans les faits avaient bénéficié d’un non-lieu le 23 octobre dernier.

Mais hier matin, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles a infirmé ce non-lieu et ordonné un supplément d’information. Les magistrats ont également ordonné la mise en examen du policier qui se trouvait au volant le soir du drame, pour « homicides involontaires ». Selon le parquet général de Versailles, « il y a des charges suffisantes pour considérer que le conducteur a enfreint les règles du Code de la route ». C’est le président de la chambre de l’instruction qui sera chargé de la poursuite de l’instruction et qui devrait entendre prochainement le policier mis en cause.

« C’est une décision de sagesse et d’apaisement, une décision de bon sens », a estimé hier Jean-Pierre Mignard, l’avocat des familles qui avaient fait appel de l’ordonnance de non-lieu. « Pour les familles, c’est une satisfaction. Omar, le frère de Mouhsin, a confié qu’il était très fier de la justice de son pays. »

L’avocat va pouvoir obtenir ce qu’il a réclamé en vain au magistrat instructeur. « La cour d’appel considère que l’information judiciaire n’était pas achevée, qu’elle n’était pas complète. Il manquait la confrontation entre les fonctionnaires de police et les résultats des expertises. Ils expliquaient dans leurs dépositions qu’ils roulaient à une vitesse normale, à 40 km/h, 50 km/h. Il a été démontré qu’ils étaient à 64 km/h, en phase d’accélération. Ils seront réentendus et devront expliquer pourquoi ils accéléraient, pourquoi ils n’avaient pas de gyrophare. »

L’absence de casques, de freins sur la moto, la priorité grillée, leur vitesse élevée… Jean-Pierre Mignard n’élude pas les responsabilités des deux jeunes dans le drame qui leur a coûté la vie. « Mais il était extravagant que toutes les responsabilités pèsent sur eux et aucune sur les policiers. »

Cette décision pourrait également contribuer à apaiser le climat qui va entourer le procès des tireurs présumés des émeutes devant la cour d’assises du Val-d’Oise. A partir du 21 juin, quatre personnes comparaissent en effet pour tentative de meurtre sur policiers en bande organisée, un cinquième pour complicité de ces mêmes faits.

http://www.leparisien.fr/faits-divers/villiers-le-bel-la-justice-met-en-cause-les-policiers-08-04-2010-877974.php

jeudi 17 juin 2010

Conflits autour des temps de pause des caissières

Emmenés par leurs syndicats, un grand nombre de salariés de la grande distribution saisissent la justice pour en réclamer le paiement. Les directions contestent toute irrégularité.


Haro sur les temps de pauses non rémunérés dans la grande distribution. La CFDT mène une vaste offensive dans les magasins Carrefour Market. Au total, 1 500 dossiers de salariés sont ou vont être déposés devant 50 tribunaux, prévient le syndicat, qui estime à 4,5 millions d'euros le montant des arriérés réclamés.


Côté hypermarchés, une centaine de salariés des magasins Carrefour Grand-Maine (Maine-et-Loire) ont engagé des actions. D'autres procédures, déjà engagées contre la maison-mère de Carrefour, attendent aussi le jugement des prud'hommes.

« 4 000 à 4 500 €par salarié »

L'affaire n'est pas neuve. Avant Carrefour, les syndicats, CGT et CFDT ensemble, ont visé Auchan dès 2005. 1 600 dossiers de salariés (887 selon la direction) attendent, pour le 16 septembre, le délibéré des prud'hommes de Lannoy (Nord-Pas-de-Calais). « Pour une heure et trois minutes de travail pointé, une heure seulement est payée », peste Guy Laplatine, délégué syndical central CFDT Auchan, qui a soulevé le lièvre voilà sept ans. Une mécanique complexe. « Les trois minutes de différence correspondent aux 5 % par heure de temps de pause qui doivent nous être rémunérés. »

Même griefs contre les directions de Carrefour et Carrefour Market : « Elles ont adopté les mêmes dispositifs qu'Auchan », affirme Guy Laplatine. « Nous réclamons cinq ans d'arriérés de pause, soit entre 4 000 et 4 500 € par salarié, explique Jacques Cady, délégué syndical CFDT des magasins Carrefour Grand-Maine. Depuis 2005, on fait 37 heures 30, pause incluse, payées 36,75 heures ».

Pourquoi un tel mouvement d'humeur ? « Le dialogue social n'a pas abouti, déplore la fédération CFDT des services. Alors on veut marquer le coup médiatiquement. »

« Un effet d'annonce », rétorque un porte-parole de la direction de Carrefour Market. Selon lui, l'enseigne a « toujours rémunéré les temps de pauses comme il le devait ». Il cite pour cela des jugements prononcés en sa faveur. Auchan France aussi dit avoir été « validé dans sa politique de rémunération à l'occasion de trois précédents jugements ».

La CFDT est, pour sa part, encouragée par un jugement de septembre 2009. Devant les prud'hommes de Creil, 48 salariés du magasin de Lamorlaye (Oise) ont récupéré 2 800 € d'arriérés de salaire chacun. Carrefour Market a fait appel. « Serein », il « attend de pouvoir s'expliquer » devant la cour d'appel d'Amiens, le 16 juin.

L'affaire pourrait encore s'étirer dans le temps. « Mais nous espérons ramener la direction à la table des négos, explique Guy Laplatine. Ce qui peut jouer dans ce sens, c'est la mauvaise image que ces affaires véhiculent auprès des clients... »

Carine JANIN.

mercredi 16 juin 2010

Plus de 110 000 chômeurs testés sans être payés

Durant la période d'évaluation, le chômeur conserve son statut de demandeur d'emploi et n'est ni rémunéré ni dédommagé pour le travail effectué. Crédits photo : AFP
La part des demandeurs d'emploi finalement embauchés n'est pas mesurée par Pôle emploi.

Du «travail gratuit» pour les syndicats, un «moyen d'évaluer les compétences des chômeurs» pour Pôle emploi. Le service public pour l'emploi ne l'a pas crié sur les toits mais ses agents proposent depuis près de deux ans à ses «clients» (entreprises et chômeurs) deux dispositifs innovants qui ont concerné plus de 110 000 personnes en 2009 : l'évaluation en milieu de travail préalable au recrutement (EMTPR) et l'évaluation en milieu de travail (EMT). Et qui font tiquer les syndicats.

Le premier est lié à une offre d'emploi déposée par une entreprise et vise «à tester un candidat» en lui confiant des tâches, en vue de son embauche, afin de vérifier ses compétences. «L'employeur peut observer le demandeur d'emploi en situation réelle de travail pour s'assurer qu'il correspond bien aux exigences du poste disponible», assure-t-on chez Pôle emploi où l'on a recensé plus de 80 000 EMTPR en 2009. Le chômeur est suivi par un tuteur pendant toute l'évaluation qui peut «aller jusqu'à 40 heures sur cinq jours». Il conserve durant cette période son statut de demandeur d'emploi -sa couverture sociale est prise en charge par Pôle emploi- et n'est ni rémunéré ni dédommagé pour le travail effectué.

«Il continue de toucher ses allocations chômage s'il est indemnisé et bénéficie d'aides de sa maison pour l'emploi s'il a moins de 26 ans», précise toutefois Sylvie Lievens, conseillère à Lattes, dans la banlieue de Montpellier, qui juge le dispositif utile. Rien que dans cette agence spécialisée dans l'hôtellerie et la restauration, une trentaine de chômeurs ont bénéficié d'une EMTPR l'année dernière avec un taux d'embauche de 50% à la clé. «Je n'ai eu qu'un seul non-recrutement à l'issue d'une évaluation dans mon propre portefeuille, ajoute Sylvie Lievens. Elle émanait d'un demandeur d'emploi qui n'avait pas de véhicule et ne pouvait pas se rendre sur le lieu de travail.»

Des arguments qui laissent froids les syndicats qui assimilent l'EMTPR à de l'exploitation. «Cela revient plus à offrir aux employeurs une période d'essai gratuite, non décomptée en cas d'embauche, que de mettre le pied à l'étrier aux chômeurs », rétorque Rubens Bardaji, de la CGT Pôle emploi, qui dénonce l'absence de chiffres au niveau national pour juger de l'efficacité de la mesure. «Les conventions signées avec l'entreprise sont bidons et n'engagent à rien, complète-t-il. Ce n'est que du travail gratuit.»


2 euros l'heure



Le second dispositif, l'évaluation en milieu technique (EMT) qui a concerné près de 30 000 chômeurs en 2009, part de la même philosophie. Il permet «à un demandeur d'emploi de vérifier ses compétences et capacités professionnelles pour un emploi dans les conditions réelles d'exercice du métier», selon la brochure de Pôle emploi. Là encore, le chômeur travaille gratuitement mais pour une durée maximum de 80 heures.

Seule grosse différence avec l'EMTPR : l'entreprise qui accueille le chômeur n'a pas l'intention de l'embaucher -elle est prestataire de services- et peut être rémunérée jusqu'à 2 euros l'heure. «Ce dispositif est utile lorsqu'un demandeur d'emploi veut se reconvertir», justifie Sylvie Lievens qui l'a récemment utilisé pour une jeune serveuse qui voulait devenir… fleuriste. «Nous faisons du cas par cas, ajoute-t-elle. Nous démarchons une entreprise qui correspond vraiment aux besoins du demandeur d'emploi et faisons un suivi après l'évaluation qui peut conduire à des formations complémentaires.»

Par Marc Landré

mardi 15 juin 2010

Des lycéens arrêtés pour avoir insulté la fille d'une policière

Interpellés par une douzaine de policiers dans leur lycée, les trois adolescents ont passé plusieurs heures en garde à vue. Parents d'élèves et syndicats de professeurs ne décolèrent pas.

«Mon papa, il est policier et il va t'arrêter». La menace est souvent proférée à tort et à travers dans les cours de récréation. Le vendredi 26 mars, elle a été mise à exécution. Une douzaine d'agents de police ont débarqué dans un lycée de Marseille pour procéder à l'arrestation de trois élèves. Ceux-ci, ni dangereux ni dealers, étaient impliqués… dans une dispute avec une de leur camarade de classe, qu'ils avaient apparemment insultée. Pas de chance, la mère de cette dernière est commandante de police au commissariat de la ville voisine de Plan-de-Cuques.

L'altercation s'est déroulée devant le lycée Antonin-Artaud, dans le XIIIe arrondissement de Marseille. Il est dix heures et les adolescents, élèves de première, sont sortis sur le parking des scooters pour une pause cigarette. C'est alors que, pour une raison indéterminée, le ton monte entre une jeune fille et trois garçons. Les noms d'oiseaux volent, ainsi qu'un bouchon de champagne, selon le témoignage de la jeune fille. Aucune autre violence n'est rapportée.

«Dans la demi-heure suivante, douze fonctionnaires de police, à bord de trois véhicules de service, dirigés par un commandant de la police nationale du commissariat de Plan-de-Cuques se rendaient au lycée», raconte le syndicat d'enseignants Snes, confirmant une information de France 3 Provence. Les policiers se rendent dans le bureau du proviseur et exigent que les trois élèves leurs soient amenés. Sinon, ils menacent de les arrêter devant le lycée au moment de la sortie. Pris de court, le proviseur capitule.

«Un abus de pouvoir»

Les trois ados passeront huit heures en garde à vue. Fouilles, prise d'empreintes, de photos et prélèvements ADN, détaille le Snes. L'un des lycéens, majeur, aurait même été menotté au moment de l'arrestation. «C'est un abus de pouvoir, dans la mesure où cette maman a utilisé un pouvoir qu'elle a pour régler un compte personnel», accuse Maria Ignacio, responsable Snes au lycée Antonin-Artaud. «Il s'agit d'une réaction exagérée à un événement anodin dans un établissement scolaire, que celui-ci aurait très bien pu gérer sans intervention de la police», poursuit l'enseignante, qui souligne que «ce genre de dispute arrive en primaire.»

Indignés, les parents ont demandé à être reçus par le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP). Au cours de leur rencontre, vendredi dernier, celui-ci leur a assuré que les traces de cette garde à vue seraient effacées. «Les parents ont été rassurés par les propos entendus mais attendent des actes», a déclaré la présidente de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) du lycée Artaud, Mathilde Cavin.

«Informé des faits par l'Inspecteur d'académie, le DDSP a ordonné une enquête de commandement, qui a confirmé les conditions malheureuses de cette intervention», a déclaré ce mardi la préfecture des Bouches-du-Rhône, qui reconnaît que l'intervention de police «a eu lieu dans des circonstances discutables». Une enquête a été confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). La préfecture précise toutefois que les policiers du commissariat de Plan-de-Cuques «sont habilités à intervenir sur l'ensemble du territoire de Marseille».

Mais selon le Snes, «la police n'avait pas à intervenir au lycée Artaud : il n'y avait ni flagrant délit, ni plainte, ni commission rogatoire, ni demande du proviseur». Contactée par lefigaro.fr, la mère officier de police se réfugie quant à elle derrière son devoir de réserve.

Par Thomas Vampouille

samedi 12 juin 2010

Entre 2004 et 2007, les très hauts revenus se sont goinfrés, mais 90 % des Français se sont appauvris.

Le 1% des ménages qui gagne le plus en France a vu ses revenus augmenter plus vite que les autres entre 2004 et 2007 car les revenus du capital ont crû davantage que ceux du travail, révèle une étude publiée vendredi par l'INSEE, qui décèle une hausse des inégalités.

L'Institut national de la statistique et des études économiques s'est penché sur les "très hauts revenus", le 1% de la population qui déclare le plus au fisc. En 2007, cela correspondait à des revenus dépassant 84.500 euros par an pour une personne seule, 177.400 euros pour un couple avec deux jeunes enfants.

"Entre 2004 et 2007, les revenus moyens des très hauts revenus ont augmenté plus rapidement que ceux de l'ensemble de la population", observe l'INSEE.

Cela s'explique notamment par l'origine de leurs revenus.

Au sein de la population générale, 99% des ménages perçoivent des revenus d'activité ou de remplacement, 40% des revenus du patrimoine (actions, obligations, foncier...) et 2% des revenus exceptionnels (plus values, dividendes...). Parmi les très hauts revenus, ces proportions sont respectivement de 99%, 93% et 27%. Autrement dit, "la quasi-totalité des très hauts revenus perçoit à la fois des revenus d'activité et des revenus du patrimoine".

En moyenne, les revenus de ce 1% de privilégiés sont pour les deux tiers des revenus du travail (revenus d'activité) et pour un tiers des revenus du capital (revenus du patrimoine et exceptionnels).

Or, entre 2004 et 2007, les revenus d'activité ont augmenté en moyenne de 11% tandis que les revenus du patrimoine montaient en flèche (+46%) et que les revenus exceptionnels s'envolaient (+55%).

Dans cette période, les ménages à très hauts revenus ont capté 12% de la croissance des revenus, selon l'INSEE. Selon l'institut, la part de revenu qu'ils détiennent a augmenté de 9% sur cette période. Dans le même temps, les neuf premiers déciles (90% de la population, ceux qui déclarent moins de 35.700 euros par an pour une personne seule) ont vu leur part de revenu baisser de 1%. L'INSEE y voit une "augmentation des inégalités par le très haut". AP

cb/mw

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vendredi 11 juin 2010

Ils menacent de faire sauter leur usine. Que pensez-vous de ces formes d'actions radicales?

Les salariés de l'usine Sodimatex située à Crépy-en-Valois, dans l'Oise, menacent de mettre le feu à une citerne de gaz, pour réclamer un meilleur plan social. Que pensez-vous de ces formes d'actions radicales?
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Pourquoi
de cyclone dean, paris | lundi 19 avril 2010

Pourquoi le font-ils? Pourquoi les grands patrons s'accordent des supers salaires ou délocalisent-ils? Simple question de rapport de force. Il n'y a plus d'ouvrier en France. On est tous employé, technicien, agent. Et on l'a accepté d'autant bien que cela nous fait "progresser". Du coup, plus de classe et donc plus d'action de classe. Seulement des consommateurs individualistes qui pensent s'en sortir mieux que les autres en faisant la chasse aux "bonnes affaires"...De l'autre coté, une finance décomplexée, libérée, et regroupée sur un petit nombre de têtes (1011 milliardaires dans le monde) qui eux se connaissent et sont parfois plus riches ou avec plus de pouvoir que nos Etats. La preuve, la bourse décide ce que l'Europe doit faire pour la Grèce et l'Europe obéit.Entre les deux:- un état sans grand pouvoir car pas de levier économique. Toute décision pour favoriser l'économie locale est soumise aux règles de libre échange.- des entrepreneurs (les vrais - risquant leurs fonds propres sans retraite chapeau ni golden parachute) qui investissent leur vie dans leur entreprise qui veut dire une image, une implantation géographique, un savoir faire et qui veulent être reconnus là où ils vivent.Il ne s'agit pas de complot. Il s'agit de rapport de force. Dans les années 30 la révolution de la production de masse met en évidence que l'on peut gagner plus 'argent si on vend au plus grand nombre. Seule difficulté, mes ouvriers doivent avoir les moyens de devenir mes clients. Progrès social et économique, augmentation des salaires et pour que le coût soit mieux réparti - apparition de l'état providence.Année 90, mondialisation. Mes ouvriers ne sont plus mes clients. L'ouvrier chinois peut être surexploité, mon client transformé en consommateur est programmé pour la recherche du plus bas prix, sans s'apercevoir qu'il détruit ainsi son emploi dans une véritable fuite en avant.Et dans toute fuite en avant on finit par tomber... parfois sur une bouteille de gaz.

Le fond et la forme
de BAUDIC jack, st Malo | jeudi 15 avril 2010

Sur la réforme du régime des retraites, tous ces Messieurs science infuse y vont de leurs statistiques, ils font des plans sur 2050 alors qu’ils ont étés incapable de prévenir la crise, alors on parle des pays voisins qui travaillent plus longtemps que ces fainéants de Français, mais la vérité est que si leur loi leur demande d’allonger leur carrière ce n’est pas pour autant qu’ils vont au terme, en effet dans ce domaine il y a le fond et la forme, à quoi cela sert –il de faire une loi rallongeant le temps d’activité quand la moyenne de celui ci est de 58 ans ,faites une proposition allant à 77 ans ( espérance moyenne de vie d’un Français) et vous aurez ces même personnes à la charge de la CPAM.3 petits points à méditer…. 1) La France compte 8 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté ( 908€) par mois2) L’ancien patron de Vinci M. Zacharias est parti avec une prime de départ de 13 millionsEt s’adjugeait 4.5 M de salaire annuel ,soit un salaire 2500€ de l’heure ( un Smic toute les 30 mn)3) Le groupe PSA s’était engagé à ne pas fermer d’usine ni à licencier en contrepartie d’un prêt de l’état de 3 milliards d’euros, et pourtant le constructeur va fermer son site de Melun laissant sur le carreau 398 employés (OF du 15 avril) et un plan de départ volontaire à 5800 autres ; Sur la même page du journal une enquête pour harcèlement est ouverte après le suicide d’un cadre employé depuis dix sept ans dans une entreprise de Poissy.Pendant combien de temps encore ces disparités honteuses vont-elle durée avant l’implosionVous voulez une réponse à la question pourquoi les Français veulent-ils partir en retraite à 60 ans ? Eh bien tout simplement ils sont usés, laminés de corps et d’esprit.
Scandalisé...

de Emile, Côtes d'Armor | jeudi 15 avril 2010

... par ce dernier avis!Mme Lafargue a-t-elle bien compris que le patron EST parti ailleurs, que ces ouvriers se RETROUVENT sans travail que l'usine EST condamnée à être fermée, et que C'EST POUR ÇA qu'ils menacent de la faire sauter?J'ai bien l'impression que cette dame vit dans un autre monde, celui des riches, et qu'il lui est insupportable que les pauvres prétendent tout faire pour ne pas être encore plus pauvres!

Refus de dégradation volontaire
de lafargue francine, saint marc jaumegarde | dimanche 11 avril 2010

quand toutes les usines seront détruites, où trouveront ils du travail, quand tous les patrons partiront de france, où trouveront ils du travail, quand il n'y aura plus un seul riche en france, l'ANPE fonctionnera à plein.De plus je ne supporte pas que l'on utilise la casse comme moyen de coercition.

Travailler plus pour finalement ....
de Tourneboeuf Bernard, CAEN | vendredi 09 avril 2010

Nous sommes tous en partie responsables de ces fermetures d'usines : avec la grande distribution et nos grands magasins , nous avons voulus payer toujours moins cher depuis la chaussette, à la télévision ou les meubles de cuisine.Avec la libre concurrence et les travailleurs d'Asie sous payés ( en toute connaissance de cause) on a bien vécu pendant des années de ces produits toujours moins chers. Mais impossible de rivaliser contre les Chinois ou les Rouains quand les ouvriers gagnent 4 ou 10 fois moins que les français.Depuis 40 ans l'état et nous n'avons pas protégé nos entreprises , il est temps d'inverser le mouvement si l'on veut donner du travail à nos enfants.

C'est en désespoir de cause ...
de Lyne, REZE | jeudi 08 avril 2010

...que ces salariés menacent de faire sauter l'entreprise. Malheureusement je suis pas sûre qu'à terme ce soit la bonne solution. A mon sens il est préférable d'intervenir sur le plan judiciare. Seul hic ça prend du temps et pendant ce temps là il faut vivre quand même.J'ai une amie dont le père (en retraite à ce jour) vient tout juste de gagner avec ses anciens collègues une bataille judiciaire entamée il y a 10 ans. Cette entreprise avait délocalisée en GB et ensuite avait ré-ouvert un site en France. A l'époque le motif de liecenciement était évidemment pour raison économique.C'est sûr si toutes les entreprises qui ont délocalisé à l'étranger pour des coûts de main d'oeuvre sont attaquées en justice par les anciens salariés français, ça va freiner grandement le retour en France. En même temps certaines entreprises n'ont pas beaucoup d'état d'âme et ont généralement de bons avocats pour se défendre.

Tout a fait d'accord
de Boris Rannou, Quimper | mardi 06 avril 2010

Je pense que tant que ces patrons voyous , qui décident finalement du sort de millier d'ouvriers , au seul motif qu'il gère les investissements de l'entreprise , ne devraient en aucun cas bénéficier du droit de licenciement.Le reclassement administratif devrait ensuite s'effectuer en France , sur la base même de l'ancien salaire.Si ces conditions ne sont pas respectés dans les négociations :Reclassement en France Base du salaire équivalentePrime de licenciement partielle (due à la fermeture du site en question)Alors le droit fondamentale des ouvriers à disposer de leur outil de production , qui finalement fait vivre Le PatronLes actionnairesLe capital en bourse (donc tous les gens qui l'utilise traders et autres banquiers)est inaliénable et juste.A ce titre les acheter à coup de prime de 20 000 euros est tout bonnement scandaleux , leur vie ne vaut vraiment pas grands choses , quand on sait la masse de profit colossale que dégage ce genre de restructuration.Alors pour conclure oui , je suis tout à fait en phase avec leur droit de faire sauter ce qui leur appartient de fait.J'aimerais juste ajouter qu'il est temps que l'action syndicale se radicalise , pour faire comprendre à ceux qui profitent du travail des autres , que la fête est finie.A bon entendeur ...

Terrorisme syndical
de gautier p, fougeres | mardi 06 avril 2010

Malgré les problèmes que les ouvriers rencontrent on se doit de rester dans les textes de la loi. Certains syndicats jouent avec le feu, simplement pour gagner des voix lors des éléctions professionnelles. C'est un jeu dangereux qui tôt ou tard se retournera contre leurs instigateurs. Sans respect des lois cela devient l'anarchie, il y a quelques illuminés qui pensent que leurs idées sont les meilleures. Mais de vouloir faire sauter son entreprise est un acte de terrorisme manipulé par des gros bras qui n'ont aucune idée des dégats qu'ils feront à eux et peut être à des innocents qui n'ont rien a voir avec leur conflit, et comment croyez vous qu'un investisseur s'engage en France, les responsables syndicaux doivent reprendre en main leurs troupes et agir dans le respect des lois. Je serais patron dans des conditions comme celle là je délocalise.

Vous avez dit voyous?
de Leblanc fabrice, Gatineau | mardi 06 avril 2010

Les lois de la république doivent s'appliquer contre les voyous qui prennent en otage des hommes et des biens immobiliers. Trop c'est trop!

Les pompiers du social
de popol, rennes | mardi 06 avril 2010

Face à ce genre de nouveaux patrons (fonds de pension) les syndicats ont de plus en plus de mal a trouver des interlocuteurs responsables.Les Directeurs ne sont plus que des employés de ces dit fonds de pension, et cela explique en partie les délais de négociations les indécisions et les refus de négociations.D'un côté les salariés et leurs syndicats et de l'autre les organismes d'investissement qui défendent les intérêts de leurs investisseurs retraités pas habilités et pas experts dans ce genre de négociations. A LA FIN DEVINEZ QUI PAIE ? Les collectivités par le biais de nos impôts (qui ne pourront augmenter ad vitam eternam.)Eviter de faire sauter le couvercle de la cocotte, les pouvoirs publics connaissent, en faisant croire que les (patrons) ont cédé. Alors que ce sont les salariés qui sans le vouloir mettent la main à la poche!

jeudi 10 juin 2010

“Laisse tomber, McDo c'est des copains !”

Comment M6 a passé à la trappe une enquête sur la restauration rapide. Hamburgers vendus quatre heures après leur préparation, viande prétendument halal, le constat des journalistes était accablant. Le voici, non censuré.
video
Début 2009, l'agence de presse Tony Comiti vend à M6 une enquête sur les coulisses de la restauration rapide. La première partie du film montre que certains restaurants et boulangeries de quartier n'offrent pas toujours des produits irréprochables. Du classique. Les journalistes s'intéressent alors à McDonald's et KFC, où ils enquêtent en caméra cachée faute d'obtenir des autorisations de tournage. Là encore du classique. Ce qui l'est moins, c'est la découverte que, contrairement à ce qu'affirme le site de McDonald's, les hamburgers qui ne sont pas vendus en dix minutes ne sont pas jetés. Chez le franchisé où sont tournées les images, ils continuent même d'être vendus... quatre heures après leur fabrication. Mieux, des étiquettes mentionnant la date de péremption des produits sont remplacées sitôt leur durée de vie dépassée. A KFC, l'enquête, aussi décapante, prouve que le poulet censé être halal, n'est pas abattu selon le rite musulman.

La vidéo a été retirée le 7/4/2010.

Les journalistes font connaître le résultat de leurs trouvailles aux directions de McDonald's et de KFC pour recueillir leurs réactions. Un triomphe. McDonald's dénonce des méthodes de voyou, exige de voir le film et surtout de connaître le nom du franchisé. L'agence refuse mais doit concéder un visionnage au terme duquel le vice-président de McDonald's France disposera d'un quart d'heure de réflexion avant de répondre face caméra. Le quart d'heure se transforme en une journée puis en trois jours et finira par un refus de répondre. Entre-temps, la pression monte. La régie publicitaire de M6 intervient auprès de la rédaction en chef. McDonald's exige la livraison du film et de tous les rushes tournés en caméra cachée faute de quoi il menace la chaîne d'un procès. Des députés appellent le producteur en lui demandant de « laisser tomber » avec cet argument imparable : « C'est des copains. » Copains vraiment ?

A M6, la pression est maximale, les réunions se succèdent. Le lissage du film aussi. La séquence du syndicaliste racontant que les croque-monsieur sont baptisés « disques durs » quand ils ont trop attendu, est coupée. M6 et McDonald's finissent par transiger : pour contrebalancer l'image désastreuse donnée par le film, une nouvelle séquence sera tournée chez un autre franchisé. Un savoureux moment de communication d'entreprise.

La réaction de KFC est moins brutale. Le directeur général accepte l'interview mais répond trop légèrement. Il en prend conscience et exige une seconde interview. Elle se déroulera chez les avocats de KFC. Communication verrouillée là aussi. Une semaine avant la diffusion, la direction de l'information de M6 et l'agence s'accordent sur une version finale. Fin de l'histoire ? Pas encore. Au dernier moment, les dirigeants de M6 se ravisent et exigent la suppression de toute la séquence McDonald's et KFC. Tony Comiti refuse et renvoie la balle à M6. En clair : nous vous livrons le film, à vous d'assumer la censure. M6 assume. L'intégralité de l'enquête est « trappée ». Coût pour la chaîne : environ 70 000 euros et un bug d'image sans lendemain. Moins cher que de perdre un de ses si chers annonceurs.

La vidéo a été retirée le 7/4/2010.

mercredi 9 juin 2010

À quoi sert Éric Zemmour ?

Dépôt de plainte de la Licra et menace de licenciement par Le Figaro, retirés après les « excuses » présentées par Éric Zemmour sur sa dernière sortie justifiant les contrôles au faciès par l’origine noire et arabe de « la plupart des délinquants »… Accusation portée contre Ardisson et dépôt de plainte de ce dernier… Éditoriaux en cascade, tribunes libres à profusion…


Qu’est-il encore possible de faire entendre dans le tintamarre qui accompagne les dernières prises de position d’Éric Zemmour ?
Un journaliste réactionnaire ? Et alors ?
Éric Zemmour est réactionnaire. Et il ne s’en cache pas. Pour le dire en utilisant l’une de ses expressions préférées, « c’est évident » ! Un réactionnaire cultivé et même un visionnaire. Il voit que la peau noire n’a pas la même couleur que la peau blanche, et il en conclut que, fondées sur ces apparences, les races existent. Il voit qu’il existe des différences morphologiques entre les hommes et les femmes, et il en conclut que leur égalité met en péril les différences entre les sexes. Il voit que nombre de délinquants sont des enfants, des petits-enfants et mêmes des arrière-petits-enfants d’immigrés, et il conclut que c’est l’immigration mal assimilée (et non la pauvreté galopante) qui est la cause de la délinquance. Parfois, sa « grille de lecture » (une autre de ses expressions favorites) lui découvre quelques faits : les ravages de la mondialisation libérale et la perte de substance des politiques nationales… Mais c’est toujours « à droite, toute ». Éric Zemmour est inconsolable : la France a manqué sa vocation impériale (et les hommes ont été privés de leur virilité), dit-il.
Faut-il priver Éric Zemmour de sa liberté d’expression et de ses déplorations ? Faut-il empêcher ce visionnaire d’exhiber son savoir ? Non, « c’est évident » ! Faut-il combattre ses « idées » ? Pour ceux qui les réprouvent, « c’est évident » aussi. Mais du point de vue de la critique des médias, les vrais problèmes sont ailleurs…
Un journaliste omniprésent ? Il n’est pas le seul…
Éric Zemmour a rejoint le club relativement fermé des omniprésents. Chaque semaine, on peut le lire dans les colonnes du Figaro Magazine. On peut le trouver tous les samedis sur France 2 dans « On n’est pas couché », sur I-télé à 11h35, 16h36 et 20h36 dans « Ça se dispute » et sur France Ô dans « L’Hebdo ». Le vendredi, une fois par mois, il est sur Histoire à 19h dans « Historiquement Show » et tous les matins de la semaine sur RTL, pour la chronique « Z comme Zemmour » dans la matinale de Vincent Parizot. Sans compter les émissions auxquelles il participe plus ou moins occasionnellement, de France 5 à Radio Courtoisie.
Protester contre l’appartenance d’Éric Zemmour au cercle des journalistes multicarte, c’est manquer la cible principale : l’existence même de ce cercle. Un cercle dont les effets de censure sur tous ceux qui en sont exclus s’avèrent beaucoup plus puissants que le « maccarthysme » dont Éric Zemmour prétend être la victime – la seule victime.
Se focaliser pour des raisons politiques compréhensibles sur sa présence ne doit pas masquer que c’est la fermeture imposée par les omniprésents qui pose d’abord problème. Qui n’a droit qu’à une parole raréfiée dans l’espace médiatique ? Une parole qui ne leur est accordée, en général, qu’en qualité d’invités, quand ils sont invités ? Ceux-là mêmes que Zemmour pourfend avec assiduité…
Un journaliste omniscient ? Comme tant d’autres…
La plupart des éditorialistes et chroniqueurs du « club » - dont le livre Les Éditocrates trace quelques portraits [1] - non seulement ont un avis sur tout, mais se prévalent d’une compétence exceptionnelle : une compétence qu’ils consacrent eux-mêmes pour déguiser leurs savoirs incertains en opinions solidement fondées. Éric Zemmour est de ceux-là. Et comme eux, il cuisine sa tambouille à grand renfort d’erreurs grossières, d’approximations historiques et de faits déformés.
Laissons de côté - quoi qu’il nous en coûte – les commentaires du polémiste et admirons le savant homme.


Bouillon de Culture
Le bêtisier d’Éric Zemmour (extraits)

Oublions pour cette fois la triomphale affirmation du grand généticien Éric Zemmour sur l’existence des races [2] ou la dénonciation calomnieuse, par le grand enquêteur Éric Zemmour, des enseignants polpotistes qui auraient embrigadé des enfants de huit ans pour les entraîner dans une manifestation [3], pour ne retenir que quelques perles soigneusement cultivées : - Sur Sacco et Vanzetti (samedi 9 février 2008, « On n’est pas couché »). Face au chanteur Cali qui évoque le combat de son grand-père « pour les idées de Sacco et Vanzetti », Éric Zemmour assène :
« Sacco et Vanzetti, vous savez que maintenant on sait que c’étaient des types des services secrets russes. C’est pour vous que je dis ça. C’est la vraie histoire : c’est les archives du KGB qui sont maintenant ouvertes » (Vidéo).
C’est tout simplement faux : le grand historien Zemmour qui amalgame tout ce qu’il déteste confond Sacco et Vanzetti (anarchistes, innocents des crimes dont on les accusait, condamnés à mort, exécutés en 1927 et absous en 1977) avec les époux Ethel et Julius Rosenberg (condamnés à mort pour espionnage et exécutés en 1953 : leur degré de liaison avec le KGB n’est pas clairement établi et leur condamnation à mort reste, pour le moins, difficile à justifier). Heureusement, l’éminent Laurent Ruquier a corrigé : « Mais on s’en fout de Sacco et Vanzetti […] ».
- Sur Karl Marx (samedi 13 décembre 2008, « On n’est pas couché »)
Éric Zemmour, confronté à Jacques Attali, attribue la crise économique à l’immigration, et convoque Karl Marx à la rescousse. (Première minute de la Vidéo)
- Jacques Attali : « L’immigration n’a absolument rien à voir avec la crise […] »
- Éric Zemmour : « Bien sûr que si […] »
- Jacques Attali : « Ça n’a aucun rapport »
- Éric Zemmour : « Marx l’explique très bien… »
- Jacques Attali « Non non. Marx ne parle de l’immigration d’aucune façon. »
- Éric Zemmour : « … "L’armée de réserve du capitalisme, c’est les immigrés et les chômeurs" »
- Jacques Attali : « L’armée de réserve du capitalisme, c’est les chômeurs, ce n’est pas du tout les immigrés. Ça n’a aucun rapport. On sait très bien que chômeurs et immigrés, ce n’est pas la même chose. […] »
Le grand marxologue Éric Zemmour a mal révisé ses fiches : même Jacques Attali connaît mieux Marx que lui.
- Sur Pierre Bourdieu (mardi 5 janvier 2009, « Z comme Zemmour » sur RTL)
Contre Richard Descoings, le directeur de Science-Po Paris, qui soutient le projet de 30 % de boursiers dans les grandes écoles, Éric Zemmour pontifie :
« Il faut voir d’où il vient. Il est le fils spirituel de Pierre Bourdieu : vous savez Vincent [Parizot, animateur de la matinale de RTL], cet intellectuel d’extrême gauche qui dénonçait à la fin des années 70, l’école de la République comme l’école des héritiers. Pour Bourdieu, la culture générale, le français, l’histoire-géo, le latin, le grec, n’étaient qu’un cache-sexe pour dissimuler et légitimer la reproduction de la domination de la bourgeoisie. Il fallait donc abaisser le niveau d’exigence culturelle de l’école pour lutter conte les inégalités sociales. Un programme largement accompli depuis lors. » (Voir la vidéo)
Le grand sociologue Éric Zemmour fait dire à Bourdieu le n’importe quoi qui l’arrange (ou qu’il a compris) : tout lecteur des quatrièmes de couverture peut le vérifier. Précisons que Les Héritiers datent de 1964, et La Reproduction, de 1970. Mais ce n’est sans doute qu’ « à la fin des années 70 » que Zemmour a fait semblant de les lire.
- Sur Simone de Beauvoir (mercredi 3 février 2010, « Z comme Zemmour », sur RTL)
Affligé par le nombre d’avortements qui dépeuplent la France, Éric Zemmour est révolté, notamment contre l’idéologie féministe et donc contre Simone de Beauvoir.
« La loi Veil, dit-il, était une loi, mais de pis-aller compassionnel ». Seulement, voilà : « on est passé de la tolérance compassionnelle à un droit acquis qu’on veut toujours développer davantage : un mélange de tentation bureaucratique, de fureur égalitariste et de l’idéologie féministe qui pense toujours, comme Simone de Beauvoir, que la maternité est incompatible avec l’émancipation féminine » (Vidéo, entre 1’54 à 2’28).
Le grand philosophe Éric Zemmour, trop occupé à se lire lui-même, n’a pas eu le temps de parcourir Le Deuxième Sexe : il y aurait appris que Simone de Beauvoir (une autre « intellectuelle d’extrême gauche »…) ne proposait pas aux femmes de renoncer à la maternité, mais de conquérir les droits et les moyens d’une « maternité libre ».

Et cetera… Et cetera…
Devant tant de connaissances, on est en droit de se demander s’il ne faut pas mettre au crédit de l’ENA le double échec de Zemmour au concours d’entrée. Mais nous n’irons pas jusque-là… Il nous suffit de constater que, en l’occurrence, la déontologie journalistique qu’il partage avec quelques autres peut être résumée en une phrase : peu importe si les faits sont faux puisque les commentaires sont libres.
Reste cette question : qu’est-ce-qui distingue Éric Zemmour des autres omniscients ? Ses positions politiques, bien sûr, mais pimentées d’une inaltérable arrogance. Notre visionnaire (qui voit surtout ce que voient les pires réactionnaires, lettrés ou non, membres du Front National ou pas) se présente comme un visionnaire cultivé qui rehausse de l’affirmation de sa très haute culture le mépris dont il accable les pelés et les galeux contre lesquels il polémique.
Et ses prétentions à la très haute culture, qu’il ne cesse d’afficher avec l’éloquence des cuistres, donnent à ses visions des lettres de noblesse et des titres de légitimité auprès de ceux qui l’admirent [4] Telle est la fonction politique du polémiste – en l’occurrence réactionnaire – Éric Zemmour.
Un journaliste transgressif ? Un « bon client », d’abord
Mais la fonction politique d’Éric Zemmour ne se confond pas avec sa fonction médiatique.
Ce sont sans doute moins les positions politiques qu’il défend que le rôle qui lui est attribué sur la scène médiatique qui intéressent ceux qui l’exhibent : un rôle qui intéresse du même coup et au premier chef la critique des médias.
Éric Zemmour fait partie de ces « bons clients » qui transforment le débat public en spectacle de « clashs » et de « disputes ». Il doit d’abord sa popularité au rôle qu’il interprète dans l’émission « On n’est pas couché ». Et si la direction de RTL a eu recours à ses services, c’est, bien sûr, parce que ses positions politiques ne la dérangent guère, mais c’est surtout pour honorer son talent de polémiste et s’en servir. « Z comme Zemmour » : le titre de la chronique atteste que Zemmour interprète le rôle du « vengeur masqué ». Et fait librement son cinéma.
C’est cette liberté qui serait menacée. Mais est-il indispensable pour défendre, comme il se doit, la liberté d’expression de tracer un trait d’égalité entre toutes les outrances – celles de Stéphane Guillon et celles d’Éric Zemmour - alors que ce dernier se croit sérieux et se prend au sérieux ?
Journalistes et humoristes peuvent être interchangeables : certains dessins de presse valent bien des éditoriaux. Mais on ne peut tenir pour équivalentes, parce qu’elles seraient toutes deux « provocantes » et « politiquement incorrectes », la satire politique et sa caricature involontaire.
Les zélateurs du mélange des genres adorent cette confusion, puisque les émissions de divertissement sont en passe de devenir, si rien n’inverse cette tendance, la vérité des émissions de confrontation politique. Triompherait alors, à grand renfort de compétitions médiatiques, de vitupérations radiophoniques et de transgressions cathodiques une variété de conformisme contestataire : celui qui sans rien déranger ni de l’ordre social ni de l’ordre médiatique existants, s’accorde quelques frissons. Au risque que soient confondus les éclats de rire et les éclats de boue.
Henri Maler
Notes
[1] Les Éditocrates. Ou comment parler de (presque) tout en racontant (vraiment) n’importe quoi, par Mona Chollet, Olivier Cyran, Sébastien Fontenelle et Mathias Reymond, La Découverte, novembre 2009.
[2] Lire ici même : « Éric Zemmour réhabilite les “races” ».
[3] Délire corrigé, mais sans un mot d’excuse aux enseignants. Voir la vidéo (samedi 31 janvier, puis samedi 7 février 2009, « Ça se dispute » sur I-télé).
[4] Et notamment auprès de ces bons Français qui pensent tout bas (comme ils le disent si souvent sur les « forums » du Web) ce qu’Éric Zemmour dit tout haut.


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