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mercredi 30 décembre 2009

Empêcher les SDF de s'asseoir : la ville ne manque pas d'idées

Piques, galets, découpes… se multiplient : des « réponses silencieuses » à la précarité compilées par deux activistes.

Nous les avons appelé les « anti-sites ». Ces excroissances architecturales, qui se multiplient depuis plusieurs années, forment un éventail de propositions concrètes, de réponses silencieuses (privées, collectives, publiques) et paradoxales face au problème de la précarité.

Discrète afin de ne pas éveiller notre mauvaise conscience, parfois dangereuse pour les plus pragmatiques, teinté d'esthétisme en feinte décorative, ou simplement efficace, la riposte est ordonnée, inédite.

Elles condamnent radicalement l'accès de l'espace qu'elles occupent, ces ilots non-identifiés, de toute réappropriation.

► 2°37E , 48°86 exposition, performances et médiation par le Survival Group - galerie Ars Longa, 67, avenue Parmentier, Paris XIe - jusqu'au 19 décembre.



mardi 29 décembre 2009

«Les aiguilles de votre réveil sont peut-être radioactives»

Pour savoir si votre réveil contient des substances radioactives: plongez-le dans le noir complet et si au bout de 24 heures, les aiguilles brillent toujours... Il en contient à coup sûr! (Flickr/Djenan)
Des montres, des réveils et des chaises en plastique radioactif. Autour de nous, certains produits de la vie courante contiennent des matières faiblement radioactives et donc potentiellement dangereuses pour la santé. La Criirad (commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) se bat depuis des années pour y mettre fin: après avoir obtenu une interdiction en 2002, voilà qu'une nouvelle brèche dans la législation permet aux industriels d'obtenir des dérogations... Remontée et déterminée, Corinne Castanier, la directrice de la Criirad, appelle à une mobilisation générale. Entretien.

Beaucoup de produits contiennent des substances radioactives ?

On en trouve seulement dans certains objets mais ce sont des objets courants. Comme par exemple, les montres ou les réveils: pour rendre fluorencentes les aiguilles, on utilisait dans le passé du radium 226, et aujourd’hui encore du tritium, hydrogène radioactif. C'est aussi le cas de certains panneaux éclairés «exit».

Sur les toits, plusieurs dizaines de milliers de paratonnerres sont équipés de sources radioactives (radium 226 et américium 241). Tout comme près de 7 millions de détecteurs de fumées commercialisés avant 2002 et équipés de sources d’américium 241. On en a repéré également dans certains carrelages de cuisine: la matière radioactive à base d’uranium colore les pigments et donne de beaux orangés !

Connaît-on les risques pour la santé ?

On sait que l'exposition aux rayonnements ionisants augmente les risques de cancer et de transmission de maladie génétique. Entendons-nous bien, on parle d’une faible augmentation du risque mais pour des pathologies très graves. Il n'est pas question de paniquer les gens, mais de soulever un problème sanitaire et environnemental. Il ne faut plus mettre de substances radioactives dans les objets.

D'où viennent ces matières radioactives ? Comment atterrissent-elles dans le ciment ou dans les montres ?

Bien évidemment, les matières hautement radioactives sont traitées et stockées selon des procédures très strictes. Mais quand on démantèle une centrale nucléaire, on récupère aussi des matériaux dit faiblement radioactifs. Se pose alors la question: qu'est-ce qu'on en fait ? L'industriel a tout intérêt à valoriser cette matière, en la revendant à une fonderie par exemple plutôt que de payer pour le stockage. Les enjeux économiques sont très importants. On ne parle pas là de quelques tonnes de matériaux mais de quantités colossales. Pour vous donner une idée, pour un seul réacteur de 1000 mégawatts, on récupère 15.000 tonnes de métal, dont la moitié est recyclable.

Aucune réglementation n'existe pour encadrer cette utilisation ?

Si, justement, et on s'est énormément battu pour ça. Après de multiples va-et-vient dans les différents ministères, on a obtenu en 2002 des garanties, inscrites au code de la Santé publique. D'abord, l'interdiction pure et simple pour les industriels de rajouter des matières radioactives dans les biens de consommation courante. Une satisfaction surtout quand on sait que ces utilisations sont souvent gadgets, comme les aiguilles fluorescentes de la montre.

Deuxième interdiction: lors du démantèlement d'une centrale, les matières faiblement radioactives ne peuvent être recyclées que pour une autre installation nucléaire. Pour construire un autre réacteur par exemple... L'idée, c'est avant tout d'empêcher l'éparpillement de la matière radioactive dans le domaine public. On perd alors toute traçabilité, tout moyen de contrôle.

Vous avez obtenu des garanties. Pourquoi êtes-vous inquiète ?

L'arrêté interministériel du 5 mai 2009 ouvre une brèche, en définissant une procédure de dérogation à l'interdiction. Les industriels peuvent désormais déposer un dossier pour être autorisés à exploiter de la matière radioactive... comme avant! Surtout que les conditions sont extrêmement laxistes.

Cinq domaines sont malgré tout exclus des dérogations. Je cite: l'alimentation, les cosmétiques, les bijoux, les jouets et les emballages d'eau et d'aliments.

Encore heureux ! Il ne manquerait plus qu'on se retrouve avec des matières radioactives dans nos assiettes ou dans les jouets. Mais cette protection n'est pas suffisante, elle ne garantit rien.

Si l’on autorise le recyclage des matériaux contaminés des installations nucléaires (béton, métaux, plastiques et autres), n’importe quel produit pourra devenir radioactif. Imaginons qu'une installation nucléaire Areva ou EDF soit démantelée. Des métaux sont alors revendus à une fonderie qui fournit un fabricant de tracteurs. Jusque là, pas de problème. Mais au bout de 20 ans quand ces machines finiront à la casse, qui peut garantir qu'elles ne seront pas recyclées et réutilisées dans une industrie de jouets ? Certains produits radioactifs ont une période de vie extrêmement longue. Il faut par exemple 1.600 ans pour que l’activité du radium 226 diminue de moitié ...

Que demandez-vous ?

Le retrait de cet arrêté du 5 mai. On a déposé un recours en ce sens devant le Conseil d'Etat. Dans l'idéal, on souhaiterait le retour à une interdiction pure et simple. A défaut, il faut que les conditions de dérogation soient très strictes. Par exemple, pour les pacemaker, l'utilisation de matières radioactives, à la place de piles à durée de vie limitée, se justifie. Mais, dans la plupart des cas, le recours à ces matériaux est superflu, guidé par les intérêts économiques des industriels.

Crédit photo: (Flickr/Djenan)

lundi 28 décembre 2009

Le gouvernement veut plus d'ouverture le dimanche

Un rapport préconise l'extension des zones touristiques à la plupart des artères de Paris. Ce qui porterait le nombre de magasins ouverts le dimanche dans la capitale de 500 à 10.000. Bertrand Delanoë évoque des «méthodes provocatrices»

Le gouvernement jette un nouveau pavé dans la mare sur l'ouverture dominicale des commerces. Selon une étude présentée jeudi par le ministre du Travail Xavier Darcos, il préconise une extension des zones touristiques à Paris qui permettrait à plus de 10.000 magasins, contre 500 aujourd'hui, d'ouvrir le dimanche. Cette proposition est le résultat d'une enquête menée par la Chambre de commerce et d'industrie sur les flux de trafic touristiques et les densités commerciales, validée par le préfet de région Daneil Canepa.

En gros, la plupart des artères commerçantes des quartiers de l'Opéra, des Grands Boulevards, de Saint-Germaind-des-Prés, de Montparnasse, du Louvre, de Montmartre, des Champs-Elysées, de la Porte Maillot, la Porte de Versailles et de Bercy Villages seraient incluses dans le projet. Il existe actuellement sept zones touristiques très délimitées dans la capitale dont une partie de la rue de Rivoli, une partie du Marais, les Champs-Elysées, une partie du boulevard Saint-Germain et une partie du quartier de Montmartre.

Par cette initiative, le gouvernement entend faire avancer le sujet de l'ouverture dominicale à Paris, qui n'a guère progressé depuis le vote de la loi sur le sujet au début de l'été. Le dispositif prévoit en effet que des commerçants s'organisent par quartier pour déposer un dossier de demande de classement en zone touristique. C'est la mairie qui décide, et le préfet entérine ensuite.

Or l'équipe de Bertrand Delanoë, qui s'était déclaré cet été «fermement opposé au classement en ville touristique de l'ensemble du territoire parisien» traîne les pieds. Un groupe de concertation mené par son adjointe Lyne Cohen-Solal doit rendre un avis d'ici Noël. «Je trouve surpremenant de voir une résistance politique alors que se développe l'e-commerce et que les gens achètent le dimanche derrière leur ordinateur», a réagi hier Xavier Darcos.

Bertrand Delanoë a réagi avec «stupéfaction» à cette nouvelle initiative qualifiée de «méthodes provocatrices», «en contradiction complète avec l'esprit qui est celui de notre municipalité». Face à cette «agression» du gouvernement «qui persiste et signe dans sa volonté de dicter sa volonté aux élus de la capitale», le maire annonce qu'il veillera «personnellement» à ce que sa décision se prenne «sous l'effet d'aucune pression ni d'aucune intimidation».

Florentin Collomp

samedi 26 décembre 2009

Baisse historique de la consommation d'électricité mondiale

La consommation mondiale d'électricité va reculer en 2009 pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale, déprimée par la faible demande des industriels. C'est ce qu'annonce le cabinet Capgemini dans son Observatoire européen des marchés de l'énergie publié ce lundi.

La demande mondiale d'électricité devrait reculer de 3,5% cette année et celle de gaz de 3%.

«Au premier semestre 2009, la consommation d'électricité des principaux pays européens a chuté de 5% et la consommation de gaz de 9% comparé au 1er semestre 2008», écrit le cabinet, qui impute ce recul à la crise économique et plus particulièrement au recul de l'activité industrielle.

En France, la consommation d'électricité a reculé de 2,6% sur les neuf premiers mois de l'année, en données corrigées des variations saisonnières, selon le Réseau de transport d'électricité (RTE).

Cette baisse de la consommation commence à faire souffrir les grands fournisseurs européens d'énergie. Ces derniers se trouvent coincés entre une dette qui a gonflé et une rentabilité détériorée. La dette d'Electricité de France a par exemple plus que doublé en un an et demi et s'élevait à 36,8 milliards d'euros fin juin 2009.

Pour faire face à ce nouveau défi financier, les grands énergéticiens «ont repoussé leurs investissements dans les moyens de production, ce qui n'est pas une bonne nouvelle pour la sécurité de l'approvisionnement», note Capgemini.

S'il est trop tôt pour constater une baisse généralisée des investissements, les énergies renouvelables sont, elles, déjà frappées. Les investissements dans les énergies renouvelables ont reculé de 14% en Europe au second semestre 2008, rompant avec un taux de croissance annuel moyen de 56% sur les cinq dernières années, note l'étude.

L'Agence internationale de l'énergie prévoit une baisse mondiale des investissements dans l'énergie verte de 38% en 2009.

(Source AFP)

jeudi 24 décembre 2009

Nicolas Sarkozy décore Dany Boon : le comique et le Président

Moment de lâchage mais aussi probablement d'introspection dans cette vidéo de la remise de la Légion d'honneur au cinéaste.

Les deux hommes se tiennent côte-à-côte. Ils ont le même air souriant. Ils sont vêtus de la même manière, costume et cravate sombres. Le premier discourt, le second écoute. La scène est inhabituelle. Elle pourrait s'intituler « le comique et le Président ». On a envie de les interchanger et d'imaginer ce que ça donnerait. Puis finalement, la transformation semble s'accomplir sous nos yeux.

Seule différence, l'un portait l'insigne de la Légion d'honneur et l'autre pas. Mais ça n'était qu'une question de minutes. Mardi dernier, Nicolas Sarkozy remettait la Légion d'honneur à Dany Boon.

Pas de trace de cette vidéo du discours du Président sur le site de l'Elysée, mais voilà que le blogueur et chroniqueur Guy Birenbaum parvient à se la procurer et la diffuse sur DailyMotion. (Voir la vidéo)A plusieurs reprises, le Président s'éloigne du texte préparé.

Il y a d'abord cette évocation de Sangatte, comme ville symbole des « valeurs du Nord : la chaleur humaine, l'ouverture aux autres, la simplicité » :

« Pendant des années, les gens de Sangatte ont supporté sans rien dire ce que peut-être aucune autre ville n'aurait été capable de supporter. Les valeurs du Nord, c'est pas simplement quelque chose de culturel ou qu'on aime à décrire, spécialement quand on n'est pas du Nord d'ailleurs, en disant : “Certes, il fait pas toujours beau, c'est la côte d'Opale…”. C'est aussi une réalité que j'ai pu moi-même mesurer et dont vous êtes l'expression. »

Il y a ensuite ces deux instants étranges, lorsque Nicolas Sarkozy commente les origines de l'acteur et son véritable nom :

« Vous êtes fils d'un Kabyle, marié à une catholique picarde, d'un boxeur devenu chauffeur routier à Armentières. Bon, ça commençait pas terrible, il faut bien reconnaître les choses. Heureusement, la République vous a ouvert les portes. Enfin, disons que question rêve, on part de loin. (…)

Vous avez déjà choisi la fiction contre la réalité en préférant le nom de Dany Boon au très joli nom, le vrai, Daniel Hamidou. Bon, ça s'aggravait de plus en plus. Je peux me permettre, moi c'est Sarkozy. Mais Hamidou, quand même, allez faire une carrière avec ça. »

Puis il quitte à nouveau ses notes pour célébrer « la puissance de l'amour et de l'engagement total » au sujet de la conversion de Dany Boon au judaïsme :

« Tomber amoureux de quelqu'un. Se convertir. Comprendre sa culture. Intégrer son chemin. Pas se comporter comme une représentation classique : l'homme plein de succès qui conduit et la femme derrière, qui suit. Moi, je trouve que c'est assez bouleversant. Faudra qu'on en parle, c'est un truc qui m'intéresse. »

On découvre un Président relâché, se permettant des digressions inhabituelles. « Le vrai Nicolas Sarkozy », nous dit Guy Birenbaum, qui pense que « le Président s'est “déboutonné” » comme il ne l'a pas fait depuis son élection.

Un moment de relâchement et, sans doute aussi, d'introspection. On sent, pendant tout son discours, que Nicolas Sarkozy cherche à se rapprocher de l'acteur, à créer un lien. On sent que le portrait qu'il en dresse est, en creux, un peu le sien et plus encore celui de l'homme qu'il voudrait être.

Surtout lorsqu'arrive l'évocation des « revers à la fois personnels et professionnels » et des « succès », occasion de critiquer les « faux intellectuels » et la pensée unique :

« Voilà, avec Dany Boon, l'exemple d'un homme qui peut réussir sans faire scandale, sans insulter personne, sans se croire obligé d'être engagé dans une pensée dominante. C'est assez étrange, et en plus les gens vous aiment.

Je trouve que c'est extrêmement réjouissant de voir ça. On n'a pas besoin de faire le faux intellectuel. On n'a pas besoin de cracher dans la soupe. On n'a pas besoin d'appartenir à un courant de pensée soi-disant obligatoire quand on est dans un certain milieu. On n'a pas besoin de la ramener. On n'a pas besoin de donner la leçon aux autres puisqu'on est soi-même un exemple. »

La clé de ce discours se situe peut-être à la fin, lorsque le Président déclare :

« Et puis moi, je suis pas obligé de décorer que des gens que je connais pas, que des gens que j'apprécie pas, que des gens qui ont dit du mal de moi. Je vais faire un truc étrange, je vais décorer quelqu'un qui le mérite, avec qui on s'est toujours bien entendu et qui est pour la France un peu de bonheur, à un moment où la France en a bien besoin. »

Qu'en a pensé Dany Boon ? L'AFP raconte qu'il a ensuite pris la parole « en lançant d'un ton faussement grave : “Je serai candidat en 2012… contre Nicolas Sarkozy.” »

Une internaute facétieuse s'est plu à imaginer ce qu'il en avait pensé en son for intérieur. (Voir la vidéo)

vendredi 18 décembre 2009

Un (plus ou moins) people pour une soirée : combien ça coûte ?

Monica Bellucci à 190 000 euros pour quatre heures, ce n'est pas dans vos moyens ? Rassurez-vous : si vous voulez « marquer le coup » en faisant venir à un événement une personnalité unique en son genre, vous pouvez en louer une pour moins de 1000 euros.

A ce prix-là, évidemment, la personne risque de ne pas être très connue. Il s'agira généralement d'un universitaire qui épatera vos amis par ses connaissances étendues sur son sujet d'expertise. Ensuite, en schématisant, on constate que plus la personnalité est connue, plus elle loue son savoir-être (autrement dit : son image) plutôt que son savoir ou son savoir-faire.

Il existe en France de nombreux sites proposant des prestations rémunérées de personnalités : le réseau « Glam » (Glamspeak pour les conférences, Glamcom qui propose des « célébrités pour marques »…), Plateforme -qui revendique la position de leader du secteur-, Paroles d'experts -surtout des journalistes ou des universitaires…

La plupart du temps, il s'agit justement d'écrivains, d'universitaires ou de journalistes, dont certains, parmi ces derniers, sont célèbres pour les « ménages » qu'ils font ailleurs, au mépris de la charte de leur profession qui proscrit ce genre de comportement. Parmi les journalistes célèbres, Yves Calvi, Pascale Clark ou Marc-Olivier Fogiel refusent.

Pour trouver des stars, des vraies, qu'elles soient du show-biz, de la pensée ou de la politique, il faut aller naviguer sur des sites étrangers, comme Celebrity Speakers, Washington Speakers Bureau ou Speakers Academy.

Ce dernier site a le mérite d'afficher des tarifs -ou plutôt des fourchettes de tarifs. Pour les autres, il est nécessaire de se plonger dans les archives de la presse économique, télé ou people.

Moins de 5000 euros : un ex-people ou un expert

Autour de 1000 euros, « vous avez un professeur des universités, un métier qui n'est pas très reconnu dans notre société du spectacle », s'amuse un acteur du secteur.

Pour un peu plus, vous pouvez vous offrir le psychanalyste Serge Hefez et, en investissant plus de 3500 euros, l'actrice Natacha Amal, l'ex-astronaute et ambassadeur de l'Unesco Patrick Baudry, la journaliste Florence Dauchez (prix Albert-Londres) ou le directeur adjoint de la rédaction du Figaro Pierre Rousselin. L'économiste Elie Cohen émargerait à 5000 euros tout juste.

Jean-Marc Sylvestre (TF1-LCI) reconnaissait toucher entre 2000 et 4000 euros selon une enquête menée par Télé 2 Semaines, qui précisait que ces sommes sont inférieures « aux chiffres qui circulent à son sujet ».

A ce tarif-là, on peut aussi s'offrir des vedettes en voie d'oubli : télé-réalité, ex-speakerines ou présentatrices de la météo, anciens acteurs de séries d'AB Production… Autant de people très prisés dans les hypermarchés, même s'il faut souvent rallonger le chèque si la prestation a lieu dans le rayon alimentation : dégradant, tout de même !

De 5 000 à 50 000 euros : ex-sportifs, politiques et BHL

C'est dans cette tranche qu'on bascule à la star du moment, à l'expert médiatique ou au sportif médaillé. La très utile Speakers Academy nous apprend qu'on peut s'offrir Edgar Grospiron ou Catherine Destivelle pour moins de 7500 euros.

Selon Télé 2 Semaines, c'est aussi dans cette fourchette que croquait Christine Ockrent, actuelle directrice de l'Audiovisuel extérieur de la France (France 24, RFI…) : 18 000 euros. Avant qu'il ne devienne ministre des Affaires étrangères, son mari Bernard Kouchner demandait 15 000 euros, selon Capital. La moitié des tarifs de PPDA quand il trônait au 20 heures, ou que Jean-Pierre Pernaut.

Chez les sportifs, et selon la même source (dans une enquête parue en juillet 2006), on trouvait Bernard Laporte (7 000 euros), Aimé Jacquet et David Douillet (17 500 euros chacun).

C'est là aussi qu'on trouve des philosophes comme Luc Ferry, qui facture 10 000 euros la prestation selon Capital, ou Bernard-Henri Lévy, annoncé à 30 000 euros par le même magazine, et loué « entre 12 500 et 50 000 euros » par Speakers Academy, qui le considère comme « un des meilleurs philosophes européens de notre temps ».

Le « professeur-docteur » Jacques Attali est listé dans la même fourchette, mais simplement vendu comme « penseur européen » et « icône politique française » ; le mensuel économique l'évalue à seulement 20 000 euros.

Le même site hollandais propose aussi, toujours dans cette gamme de prix, Gérard Depardieu. L'hebdo people Public est beaucoup plus précis, qui parle de 30 500 euros. Le même Public évoque aussi une soirée facturée 15 200 euros par Isabelle Adjani… en 1985, à Vaux-le-Vicomte. Catherine Deneuve tournerait à 45 000 euros.

De 50 000 à 200 000 euros : acteurs et ex-chefs d'Etats

Rares sont les Français à émarger dans cette catégorie : Jean Reno facturait 70 000 euros la soirée au début de la décennie, selon Capital. Un peu moins que Valéry Giscard d'Estaing (80 000 euros). D'autres ex-chefs d'Etats s'en tirent mieux, comme Bill Clinton, qu'on n'obtient pas à moins de 200 000 euros par conférence.

Les économistes de classe internationale émargent dans la même fourchette : le prix Nobel Joseph Stiglitz (50 000 euros) n'arrive pas à la cheville de l'ex-patron de la Réserve fédérale Alan Greenspan (150 000 euros) ; un « big businessman » comme Jack Welch, qui avait fait de General Electric l'une des compagnies les plus rentables de la planète, facturait 100 000 euros la leçon de management…

De 200 000 à plus d'un million : les icônes mondiales

Dans cette classe des millionnaires, il n'est plus besoin de convertir les devises tant certains sont prêts à payer des sommes ahurissantes pour respirer le même air qu'une vraie star. Paris Hilton : 200 000 dollars selon le magazine people américain In Touch. Britney Spears : un million.

En Angleterre, le tabloïd Daily Star évalue Sir Paul McCartney à 900 000 livres, Elton John à un million de sterlings, Celine Dion à 3,3 millions…

Et les Rolling Stones trônent tout en haut du baromètre, à des tarifs stratosphériques : 11,5 millions de dollars pour une performance au soixantième anniversaire d'un milliardaire américain, en 2002… Un petit prix, puisqu'il s'agissait d'un particulier : ils ont aussi facturé 13 millions de dollars une prestation au Hard Rock Café de Londres. Durée : 40 minutes. Non, ne faites pas le calcul !
A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

* ► Quand Monica Bellucci se vend 190 000 € à la dictature ouzbèke

mardi 15 décembre 2009

Comment protégez-vous votre identité sur le web ?

TEMOIGNAGES En tapant votre nom dans un moteur de recherche, les résultats sont parfois surprenants. Comment gérez-vous votre identité numérique et la protection de vos données personnelles ?

Réseaux sociaux, blogs, avis de consommateurs, l'ère de l'Internet participatif voit aussi grandir les questions de protection des données personnelles. Il faut désormais composer avec sa propre identité numérique, autrement dit l'image et la réputation d'un internaute sur la toile.

Certains sites web se spécialisent même dans cette forme de veille. Tapez votre nom sur 123people.com et vous trouverez les sites web sur lesquels vous êtes présent, voire des photos de vous en libre consultation. Plus simple encore, en entrant votre nom sur Google, Yahoo et autres moteurs de recherche, vous pourrez juger de l'étendue de votre présence sur le web.

Comment gérez-vous votre cyberidentité ? Quelle importance accordez-vous à votre e-réputation ?

Evitez-vous les réseaux sociaux ? Utilisez-vous des pseudonymes ? Ou au contraire, laissez-vous vos informations personnelles à la portée de tous ? Acceptez-vous que des inconnus accèdent à vos pages ?
Anne-Diandra Louarn

lundi 14 décembre 2009

Les différents visages de la France en 2009

Moins de transports, des hauts salaires toujours plus hauts, baisse des années de scolarité, l'Insee dresse son bilan social annuel.

L'Insee publie ce vendredi son portrait social annuel de la France et dresse le bilan des principales évolutions économiques et sociales depuis 2008. Le Figaro a sélectionné six traits saillants.

• Une heure de transport par jour

Les Français effectuaient en 2008 trois déplacements quotidiens dans un rayon de 80 km et consacraient une heure à leurs transports professionnels et personnels. Mais l'usage de la voiture ne progresse plus, sa part dans les déplacements locaux ayant augmenté de deux points depuis 1994, contre un bond de 15 points entre 1982 et 1994. Autre évolution, les écarts de temps de transport se sont réduits entre actifs et inactifs, les retraités ayant augmenté de 20 points leur durée de déplacement. Mais aussi entre catégories socioprofessionnelles, les cadres utilisant leur voiture 6 minutes de moins qu'en 1994, contre une baisse d'une minute pour les autres.

• Les très hauts salaires ont le plus progressé

Ils sont 133 000 Français à gagner plus de 215 600 euros brut par an, soit près de sept fois le salaire moyen des salariés du secteur privé. Ces «très hauts salaires» sont essentiellement des cadres d'état-major de grandes entreprises ou de holdings têtes de groupe, dans la banque ou l'assurance, des hommes à 87%. Alors que le salaire médian n'a progressé que de 0,65% par an depuis 1996, le leur a bondi de 3%. Si bien que leur part dans la masse totale des salaires est plus importante aujourd'hui qu'il y a treize ans : 6,8%, contre 5,5%.

• Le RSA cible plus les bas salaires que la PPE

L'instauration d'un RSA «chapeau» mi-2009, en plus de la prime pour l'emploi révisée pour garantir une meilleure articulation entre les deux, bénéficierait davantage aux personnes dont le niveau de vie est faible. Selon les simulations de l'Insee, les 10% des ménages les plus pauvres percevraient en moyenne 1 360 euros par an avec le RSA «chapeau», contre 640 avec la PPE. Un tiers des sommes allouées au nouveau dispositif profiteraient aux 10% les plus pauvres, contre 12% avec l'ancienne PPE. Le taux de pauvreté passerait de 11,9 à 11,5%, et le nombre de personnes sorties de la pauvreté, de 370 000 en 2008 avec la PPE à 920 000 en 2009 grâce au RSA.

• Baisse des années de scolarité

L'Insee montre une stabilisation des populations scolaires, avec une légère baisse du nombre d'années d'études, les jeunes de 18 à 25 ans étant un tout petit peu moins scolarisés que leurs prédécesseurs. Depuis 1995, «l'espérance de scolarisation» des 18-25 ans a ainsi perdu 0,4 point : un jeune entrant aujourd'hui en maternelle peut espérer en moyenne 18,6 années d'études. Si la proportion de bacheliers au sein d'une génération tend à stagner depuis 1995 (63,8% d'une génération obtient le diplôme), la moitié de ces bacheliers proviennent d'une famille dont aucun des deux parents n'est titulaire du baccalauréat. Or, ces «bacheliers de première génération» ont tendance à être moins ambitieux que les autres. À résultats scolaires égaux, ils s'orienteront plus souvent vers des bacs professionnels ou technologiques, et se tourneront moins souvent vers les classes préparatoires aux grandes écoles. Pourtant, au sein de ces bacheliers de première génération, on peut distinguer les enfants d'immigrés (environ 15%) : à milieu social comparable, ils ont des aspirations bien plus ambitieuses que les autres, et leurs parents croient davantage en la vertu des diplômes. Ils sont donc proportionnellement plus nombreux à se diriger vers un baccalauréat général ou technolo­gique.

• Seniors : gagner plus et travailler moins

Les plus de 55 ans perçoivent en moyenne des salaires plus élevés (2 166 euros net par mois) que les autres salariés (1 728 euros). Tout en travaillant quatre heures de moins par mois. Leur rémunération horaire a augmenté de 8,2% entre 2002 et 2006, contre 3,4% pour les 50-54 ans et 6,5% pour les 30-49 ans.

• Les femmes exclues de certains métiers

Les jeunes femmes sont plus nombreuses que leurs aînées dans certains métiers qualifiés liés au droit, à la médecine ou à l'information et la communication. La segmentation entre hommes et femmes reste en revanche forte dans les métiers peu qualifiés : les premiers s'orientant dans l'industrie et le bâtiment, les secondes dans les services à la personne.

Quelques chiffres :

84,3 ans : espérance de vie pour les femmes

24 016 euros : salaire annuel moyen net dans le privé

14% : salariés travaillant à l'occasion le dimanche

598,1 milliards : dépenses totales de protection sociale

7 810 euros : dépenses d'éducation par élève

70% : taux d'activité des 15-64 ans

15,3% : taux d'épargne des ménages

vendredi 11 décembre 2009

Appel à la solidarité pour les salariés sans papiers en lutte (photos et videos)

Bonjour à toutes et tous.

Plus de 4.600 salarié-e-s réclamant des titres de séjour en bonne et due forme (enfin !) sont en grève depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines, dans tout Paris mais également, aux alentours de Paris.

Ce mouvement initié en février 2008 avec l’occupation du restaurant parisien "La Grande Armée", porté par une volonté de fer des travailleurs aidés à l’origine par la CGT et Droits Devant, est porté par la nécessité vitale de ces hommes et de ces femmes, d’obtenir des papiers (papiers sans lesquels leur existence est très difficile, et qui ne feraient, au fond, que correspondre à leur statut réel). Ce mouvement est en train de faire tache d’huile et s’étend très rapidement.

Pourtant , c’est presque comme s’il ne se passait RIEN pour les médias alors qu’il s’agit "tout simplement" du plus gros mouvement social actuel en France de par son ampleur et sa dureté, sa longévité, et d’une lutte pour des droits fondamentaux qu’on ne pensait pas avoir à rappeler un jour dans ce pays : l’esclavage "moderne" est interdit, par exemple.

On les a vus plus rapides et plus prolixes à colporter de sales ragots, ces mêmes journalistes, quand la CGT a été finalement contrainte, par une poignée de personnes dont les motivations étaient de plus en plus troubles, de mettre un terme à l’occupation stérile, injuste et même, dangereuse pour certains occupants eux-mêmes, de la Bourse du Travail. Et alors, bizarrement, lorsqu’il s’est agi d’écrire, en toute mauvaise foi, sans connaître, des choses fausses et injurieuses CONTRE la CGT (bien plus qu’en faveur de la CSP 75 occupante ou des sans papiers) miracle ! Ils avaient retrouvé toute leur célérité et leur diligence, ces journalistes, et les colonnes de leurs journaux étaient grand’ ouvertes....

Certains pourraient à l’occasion faire leur "mea culpa", et se dire peut être que ce mouvement d’octobre 2009 est un démenti cinglant à la prétendue "faille" qui existerait entre la CGT de Paris et les mouvements de sans papiers...Certains pourraient reconnaître qu’ils ont peut être parlé et jugé trop vite (sauf à prendre les sans papiers pour des cons...) Mais non.

Dans cette même presse qui a agoni d’injures la CGT de Paris il y a quelques mois, ON SE TAIT - c’est tellement plus confortable.Tellement plus simple.

Et à supposer même que cette presse ait eu raison de s’en prendre aussi violemment à ce syndicat, cela les exonère-t-il de leur SILENCE coupable, coupable CAR complice des dérives racistes et xénophobes du capitalisme français et de son gouvernement?

Pourtant, encore, un film montrant les conditions de travail de salariés étrangers sans papiers embauchés (sciemment) par des sous traitants de la RATP, travaillant la nuit, avec 60 kgs de goudron en fusion sur la tête, des plaques entières de trottoir du métro sur le dos, (vidéo) vers 1 heure du matin, quand nous tous, et toutes, majoritairement, nous dormons, est en train de faire le tour du Web, et de plus en plus de personnes en prennent connaissance depuis quelques jours.

Même si la PRESSE nationale est HONTEUSEMENT silencieuse à ce sujet, à de rares exceptions. que ce soit la radio, la TV, la presse écrite, la presse du Net, ni le gouvernement, ni les employeurs, ne vont pouvoir continuer longtemps à aller contre la réalité du peuple en marche.

Et cette réalité, ce sont des centaines de travailleurs qui se mettent en grève, qui occupent, chaque semaine davantage, de toutes origines, de toutes nationalités. Cette réalité, ce sont des travailleurs encore plus exploités que la moyenne d’entre nous , qui se révoltent, pacifiquement, dignement mais fermement.

Que se passe-t-il alors?

Pourquoi ce mouvement incroyable, qui surgit comme une lame de fond qui peut bouleverser une partie des fondements de notre société,(mouvement qui peut servir de point d’appui aussi aux luttes des salarié-e-s AVEC papiers, pour de meilleurs salaires etc...), pourquoi la presse française le cache, pour certains, ou s’auto-censure, pour d’autres?

La presse est la grande absente de cette lutte, mais les intellectuels, scientifiques, artistes qui, il y a quelques années, occupaient Saint Bernard ou Saint Ambroise avec les premiers "sans pap’ médiatisés"... Où sont ils?

Toutes ces notoriétés, ces célébrités même pour certaines, qui furent si présentes au milieu des années 90, pourquoi ne sont-elles plus là? Pourquoi ont-elles déserté ces luttes qu’autrefois elles contribuèrent à populariser, à médiatiser, alors qu’elles sont plus que jamais d’actualité, en ces moments où on parle "identité nationale", "ministère de l’intégration" et retour en force des idées du Front National?

Mesdames Balasko, Béart, Madame Ariane Mnouchkine, et son collège de médiateurs, MM Jacquard, Morin et tant d’autres !

Où êtes vous AUJOURD’HUI? Où ÊTES VOUS, VOUS TOUTES ET TOUS qui pourriez les aider?

En attendant, ce sont donc les militants, avec leurs tout petits moyens qui doivent assurer la promotion de ce mouvement, faire passer les informations etc.

Voici donc quelques images, un communiqué de presse de la CGT en date du 26 octobre dernier, et une mini interview d’Olivier Villeret, membre de la CE de l’UD de Paris, un des animateurs (si on osait on dirait "pillier" :)), avec R Chauvau, et quelques autres camarades, du mouvement des salariés sans papiers à Paris et en Ile de France pour la CGT.

NOUS AVONS BESOIN DU SOUTIEN DE TOUS LES CAMARADES DE LA CGT, D’AUTRES SYNDICATS S’ILS LE VEULENT, D’ASSOCIATIONS, SUR LES SITES D’OCCUPATION.

NOUS AVONS BESOIN DE SOLIDARITÉ. SUR LA DURÉE.

L’INFORMATION, QUOTIDIENNE, MÊME "A PETITE ÉCHELLE" N’EST PAS VAINE. OUI IL FAUT VENIR AVEC VOS CAMERAS, VOS PHOTOS, IL FAUT ÉCRIRE, RAPPORTER , TÉMOIGNER, CE N’EST PAS VAIN. C’EST FONDAMENTAL.

VOUS POUVEZ AUSSI ORGANISER DES COLLECTES D’ARGENT SUR VOS LIEUX DE TRAVAIL OU DE MILITANTISME ET ADRESSER ENSUITE CES DONS AUX SYNDICATS OU DIRECTEMENT TRAVAILLEURS.

MERCI DE VOUS LE RAPPELER ET DE LE FAIRE SAVOIR.

SIGNEZ ET FAITES SIGNER :

http://www.travailleurssanspapiers.org/phpPetitions/

Le Collectif BELLACIAO

jeudi 10 décembre 2009

Grippe A : Les vaccinés pourraient devenir vecteurs de la mutation du virus

« L’histoire du virus H1N1 lié à la pandémie 2009 continue et c’est un descendant de quatrième génération du virus 1918 ». La généalogie du virus porcin n’a jamais été rompue depuis la pandémie de 1918 : c’est ce qui ressort d’une étude du « New England Journal of Medecine », étude pour laquelle la pandémie actuelle est issue de la combinaison de deux virus dont l’un (Source : Science Mai 2009) est un descendant de la souche H1N1 de 1918, tristement célèbre pour avoir fait plus de mort que la première guerre mondiale.
Cette étude dit la chose suivante : « Une fois que les nouveaux virus de grippe humains apparaissent et causent des pandémies, l’immunité des populations contre leurs protéines d’ha et de Na augmente rapidement. La contre performance offensive de l’immunité des populations est contrée par la capacité remarquable du virus de grippe, d’évoluer au moyen de mutation ou par l’acquisition de réassortiment de différents sous-types […] Ce processus dirigent des descendants “causé par le virus de 1918 […] ils ont également causé “la pandémie-comme l’events”, lié au réassortiment intra subtypiques en 1947 (H1N1), 1951 (H1N1) … ».


Or que s’est-il passé en 1947 ? Une pandémie H1N1 : « D’abord détectée dans les bases militaires américaines (ndlr : tiens donc !?) au Japon en 1946, elle s’est rapidement propagée dans le monde entier [….] Alors qu’il s’agissait encore du H1N1, il y a eu un changement antigénique soudain et significatif, créant un échec complet du vaccin cette année-là ».

Que s’est-il donc passé ? Une mutation du virus H1N1 est apparue après une campagne de vaccination.


En 1951, une autre pandémie, plus virulente encore, s’étend de l’Angleterre au Canada, puis aux Etats-Unis, pour laquelle on constate que le « taux de mortalité hebdomadaire a même surpassé celui de la pandémie de grippe de 1918 ». Le vaccin est-il là-aussi en cause ? Selon une étude, ces deux proches parents H1N1, celui de 1947 et celui de 1951, auraient pu procéder à un échange de matériel génétique.

L’auteur de l’étude pointe du doigt les vaccins en insistant sur la vigilance à apporter aux observations pour prévenir toute mutation : « Si nous voulons vacciner tous les ans, notre surveillance ne doit pas seulement se focaliser sur l’évolution d’une seule lignée de virus […] Il y a de multiples chaînes co-circulant et échangeant du matériel génétique. Par exemple les chaînes H1N1 et H3N2 génèrent occasionnellement des hybrides H1N2 ».

Les vaccins interfèrent-ils dans la possible mutation d’un virus, voire même la favorisent-ils ? C’est ce qu’il ressort d’une étude de l’université japonaise de Shizuoka : « Bien que la vaccination puisse être un outil utile pour le contrôle des épidémies de grippe aviaire, cela peut entraîner l’émergence d’une chaîne résistante au vaccin. Des études expérimentales et de terrain démontrent que des chaînes de grippes aviaires acquièrent une capacité de résistance contre la vaccination ».

Les auteurs poursuivent : « Le vaccin peut faciliter le fait que la maladie se répande : Une diffusion considérable de la résistance de la chaîne peut partiellement compromettre les bénéfices du programme de vaccination. Par exemple, même si on exécute complètement le programme de vaccination, la taille finale de la pandémie peut devenir plus importante qu’avant la pandémie. Cela implique que la vaccination, au lieu d’enrayer la diffusion de la pandémie, aide à sa propagation ».

Les auteurs insistent sur le fait que la vaccination ne doit pas être le seul facteur de soin, mais être cumulé à d’autres mesures, comme la quarantaine et une « biosécurité » accrue. Selon leurs conclusions, la course à la résistance doit se suivre sur une période de 500 jours, l’apparition de la résistance pouvant commencer à apparaître entre 250 et 300 jours après vaccination, pour culminer et rester stable à partir de 400 jours.

Malheureusement, peu d’études scientifiques ont été entreprises sur le sujet, et on peut s’étonner du peu de voix, issues du « milieu médical autorisé », qui évoquent l’éventualité qu’un vaccin pouvant favoriser les mutations. Mais dans la dictature médicale qui est la nôtre, on sait qu’il ne faut rien attendre des laboratoires, rien des gouvernements qui sont leurs suppôts, rien des médecins libéraux qui sont leurs pions, médecins avec, au-dessus de leurs têtes, l’épée de Damoclès de l’ordre qui a droit de vie et de mort sur leur cabinet s’il advenait que l’un d’eux dévie sa trajectoire d’un seul degré par rapport aux attendus conventionnels.

Et Dieu sait si la vaccination est une source de jouvence financière, aussi bien pour l’industrie pharmaceutique que pour les médecins eux-mêmes. Ceux-ci, mêmes réquisitionnés, toucheront quand-même 66€ de l’heure et n’hésiteront pas injecter un vaccin très suspect, qu’eux-mêmes, en majorité, n’ont pas pris. L’obéissance et la servitude avant l’éthique et la recherche objective, comment attendre de qui que ce soit du milieu médical qu’il mette en doute la mécanique de la poule aux œufs d’or ?

La séquence vaccination-mutation est une chaîne sans fin que l’on constate dans la grippe saisonnière depuis l’invention du vaccin correspondant en 1944 suite au financement de l’armée américaine (encore elle). La grippe saisonnière n’a jamais été guérie par la vaccination, au contraire elle s’est adaptée par mutations successives depuis 60 ans : « Pour tenir compte des glissements antigéniques, les vaccins grippaux sont donc préparés chaque année à partir des souches virales ayant circulé l’année précédente. En février de chaque nouvelle année, l’Organisation mondiale de la santé fixe les souches virales qui composeront le vaccin antigrippal de l’année suivante, en fonction des données épidémiologiques résultant de la surveillance des virus influenza circulants » (source Wikipedia). Quelle manne astronomique pour toute la chaîne médicale, médecins compris !

Pourquoi devrait-il en être autrement pour le virus H1N1 qui nous hante depuis 91 ans, et pour lequel la première vaccination de 1947 a été un fiasco la même année, et est suspectée d’avoir muté par échange de matériel génétique pour mener au désastre de la pandémie de 1951 ? L’histoire ne va-t-elle pas se répéter, dans un intervalle de temps beaucoup plus court, vue la masse vaccinée ?

Personne ne doit attendre une étude diligentée par le milieu médical, qui se tirerait une balle dans le pied. Ne restent que les médecins mis au banc pour oser mettre en cause le Graal. Comme Vercoutère ou d’autres initiatives, comme Crèvecoeur, pour qui la vaccination pourrait générer une souche mutante :

« dès l’injection du vaccin, le cocktail préparé soigneusement par les laboratoires entraîne la mutation et la combinaison des différentes souches dans le corps du patient, rendant les virus extrêmement mortels »

Si cette éventualité s’avérait exacte, les vaccinés pourraient devenir les bouillons de culture vivants permettant l’essor d’une nouvelle souche mutante. Ce qui expliquerait la démesure du plan actuel de vaccination massive pour une ridicule grippette : une mutation attendue avec une infrastructure déjà en place.

mercredi 9 décembre 2009

Avec la crise, le chapardage des produits alimentaires progresse

Les vols dans les magasins français ont continué de progresser ces derniers mois: dans un contexte de crise, les distributeurs ont rogné sur leurs dépenses de sécurité et se sont fait subtiliser surtout de petits produits onéreux ou de marque: lames de rasoir, whisky, DVD…

Entre juillet 2008 et juin 2009, ces vols ont représenté 1,42% du chiffre d’affaires des enseignes, contre 1,37% un an plus tôt, soit une hausse de 3,6%, selon une étude du Centre de recherche dans la distribution (Center for Retail Research, installé en Angleterre) commandée par la société spécialisée dans la sécurité Checkpoint Systems. C’est près de 5 milliards d’euros de marchandises qui sont parties dans des poches indélicates.

Au niveau mondial, les vols, qui avaient reculé entre mi-2007 et mi-2008, sont repartis à la hausse et ont atteint 114,8 milliards de dollars (84,165 mds d’euros), soit 1,43% des ventes (+5,9%), d’après cette étude menée auprès de 1069 groupes de distribution dans 41 pays.

Les distributeurs estiment qu’un tiers de l’augmentation du vol à l’étalage s’explique par la récession. Toutefois, «en ces périodes difficiles, le produit de première nécessité, le produit alimentaire, n’est toujours pas le numéro un» des vols.«L’idée que les gens volent pour se nourrir est une idée fausse», assure Matthieu le Taillandier, Directeur général de Checkpoint Systems France.
Cuir, portables et disques dur

Au «hit-parade» des produits dérobés, on trouve le textile (notamment le cuir), les lames de rasoir, le whisky, les équipements électroniques (GPS, disques dur externes, jeux vidéos, portables), puis les cosmétiques.

Mais «les vols de produits alimentaires chers», comme le lait maternisé ou la viande, «ont tendance à remonter dans la liste», concède Matthieu le Taillandier.

Depuis quinze ans, les distributeurs français ont mis en place des outils pour limiter les vols et les ont fait «baisser de façon importante, pendant des années», mais depuis 2007, il y a un regain, explique-t-il.

D’autant qu’entre juillet 2008 et juin 2009, ils ont diminué de 5% leurs investissements en sécurité (vigiles, équipement). Ils y ont consacré 0,37% de leur chiffre d’affaires (0,31% au niveau mondial).

«Ils ont tendance à considérer que c’est un problème sous contrôle, donc qui mérite des investissements inférieurs», note Matthieu le Taillandier.
Toutes catégories de consommateurs

Les distributeurs français estiment que la «démarque inconnue» (différence entre les stocks théoriques et réels) s’explique à 41,9% par des vols effectués par des clients isolés ou des bandes organisées, 32,8% par le personnel et 7,6% par des fournisseurs.

Toutes les catégories de consommateurs, indépendamment de leur âge ou leur milieu social, sont concernées par le vol, même «des gens qui gagnent très bien leur vie», précise le Directeur général de Checkpoint Systems France.

Il s’agit soit d’un «vol d’impulsion d’un produit qui fait plaisir», ou du «vol de revente», avec des marchandises qui seront ensuite cédées sur internet, dans des marchés officieux ou en boîte de nuit.

Les vols affectent le résultat des distributeurs et sont répercutés sur les fabricants et sur les prix, ce qui pénalise aussi les consommateurs: ils ont ainsi coûté 205 euros entre mi-2008 et mi-2009 à chaque foyer français.
Les distributeurs sont confrontés à un dilemme, entre la protection des produits et le libre-accès. Car un produit sous vitrine, mieux protégé, se vendra 30% moins.

(Source AFP)

mardi 8 décembre 2009

LES VICTIMES DU VACCIN

Contrairement à ce qui est annoncé dans les principaux médias, certains décès attribués au virus H1N1 ne le sont pas(1). Par contre, des informations concernant de sévères effets secondaires imputés au vaccin contre la grippe A/H1N1 commencent à arriver ici et là dans le monde.

Au Texas, des personnes ayant des effets secondaires jamais vus auparavant appellent directement le Centre Anti-poison local(2). Au Mississippi, 9 lycéens partent pour l'hôpital après avoir reçu l'injection dont un est dans un état très grave et son statut est inconnu(3).

En Allemagne, une personne de 30 ans a été la première victime à subir des complications telles que des vertiges, des secousses, une respiration irrégulière, une perte de connaissance et puis la mort(4).

En suède, alors que 4 décès dûs au vaccin étaient annoncés la semaine dernière(5), c'est maintenant un étudiant qui a été hospitalisé directement après l'injection(6). Pour information, les victimes suédoises ont reçu le PANDEMRIX de GSK(7), un des vaccins prévu en France.

En Norvège, 29 personnes ont des effets secondaires sévères comme des vertiges, des nausées, des engourdissements, une perte du goût et de la perception d'odeur après l'injection du PANDEMRIX(8).

Dans ce contexte, des personnalités politiques et responsables s'expriment en Europe. En Pologne, le ministre de la santé refuse d'acheter des produits aux laboratoires pharmaceutiques internationaux qui gardent des informations secrètes sur leurs vaccins(9). En Finlande, le ministre de la santé affirme que le vaccin est dangereux(10).

En France, des actions de résistance civile aux vaccins-poisons se multiplient, notamment à Nantes(11), alors que la campagne de vaccination démarre.

NOTE: La vidéo de cette article a été rejetée et censurée par daylimotion.

lundi 7 décembre 2009

De quoi, de qui veut-on parler lorsqu’on utilise le mot « arabe »..., ... pour les autres, et pour soi même ?

Largement utilisé dans le langage courant (notamment dans les médias) pour désigner tantôt une ethnie, tantôt un groupe de pays jamais bien défini, il est aussi souvent employé pour qualifier l’origine d’une partie de la population française. Mais que signifie-t-il vraiment, et surtout quelles sont les implications de l’utilisation souvent irréfléchie de ce terme ? Après avoir tenté de montrer les implications théoriques et politiques de l’emploi usuel du syntagme « arabe » en France, je tenterai d’analyser les potentialités qu’il « offre » aux personnes désignées par ce terme.
Article

Le Petit Robert nous en donne plusieurs définitions :

1. « Originaire de la péninsule arabique » ; les exemples donnés sont les « tribus » et les « chevaux » arabes...

2. « Des populations arabophones »...

3. Dans le langage courant : « Personne originaire du Maghreb ».

4. « Issu de la civilisation arabe ».

Ces définitions sont très intéressantes car elles établissent des liens entre des éléments tout à fait inattendus : un peuple ? Une civilisation ? Un groupe linguistique ?

Les mots et l’utilisation qu’on en fait révèlent à de nombreux égards notre vision du monde. Qu’est-ce à dire ? Il existerait dans le monde un peuple qui serait solidaire au nom d’une hypothétique origine commune. Au nom d’une langue qu’il ne pratique pas partout de la même manière... Des membres de ce groupe peuvent-ils s’« intégrer » à « notre » société ? Comment est-ce possible s’ils possèdent en eux une caractéristique transmissible de générations en générations, qui les pousse irrémédiablement à être solidaires des membres d’un autre groupe ?

Evidemment il n’est pas question de dire que ce mot est insignifiant : Maxime Rodinson, Jacques Berque entre autres spécialistes du « monde arabe » ont parfaitement délimité géographiquement et culturellement leur objet d’étude.

Mais qu’en est-il d’un Gilles Kepel, qui autorisé par sa connaissance de la langue arabe, établit des rapports vertigineux entre des situations politico-économiques aussi différentes que celles de l’Arabie du VIIe siècle et le périurbain français du XXIe siècle ? L’exemple de ce « spécialiste » très souvent invité à la télévision pour au choix donner son avis sur l’endroit où se cache Ben Laden ou pour parler de « l’islam de banlieue » est assez significatif du flou idéologique qui caractérise cette notion d’arabité, dans la mesure où pour l’idéologie journalistique la plus répandue elle est très liée à la religion musulmane avec laquelle elle constitue une civilisation à part entière (arabo-islamique).

Or, nombreux sont les véritables spécialistes du Maghreb et du Machrek (notions géographiques beaucoup plus claires pour le coup !) qui nous invitent depuis quelques temps à relativiser, voire à détruire cette notion de civilisation arabo-islamique : Georges Corm explique dans Le Proche-Orient éclaté que cette idée repose sur une approche très simpliste de l’altérité : puisqu’en gros ils parlent tous l’arabe, eh bien, ce sont des arabes qui forment une unité autour d’une religion constituant un « fait social total » qui permet de tout expliquer : sociologie, économie, politique... D’où l’autorisation que se donne un Kepel à partir de sa seule connaissance de la langue arabe (qu’il s’empresse toujours de rappeler modestement) de parler de domaines aussi divers en n’épargnant aucun raccourci, aucune simplification vertigineuse.

Maxime Rodinson s’étonnait il y a quelques années dans Islam, Politique et Croyances, du fait que de nombreux prétendus spécialistes mélangaient ainsi les genres uniquement lorsqu’il était question d’objets d’études touchant à une altérité quelque peu perçue comme problématique : il ne viendrait en effet à l’esprit de personne d’expliquer par exemple la politique de Louis XIV uniquement en se fondant sur une analyse des Evangiles... Nous savons lorsqu’il est question de nous que tout ne peut s’expliquer par les idéologies en général et par la religion en particulier : pourquoi en irait-il autrement pour les musulmans ?

Pour Georges Corm, la civilisation arabo-islamique a historiquement existé, mais elle ne recouvre aujourd’hui qu’une réalité très relative, comparable en cela à la civilisation gréco-latine dont nous sommes en partie héritiers. Mais comme les italiens ne sont plus tout à fait des romains, les algériens par exemple ne peuvent plus aujourd’hui être assimilés complètement à un prétendu groupe « arabo-islamique » qui fonctionnerait comme une totalité organique.

Et pourtant... Qu’est-ce que « l’épicier arabe » par exemple a réellement « d’arabe » ? Qu’a-t-il en commun avec le roi Fahd, Sindbad et Ali Baba ? Il parle souvent berbère, n’est certainement pas originaire de la péninsule arabique et en ce qui concerne la civilisation arabe, il en est la plupart du temps aussi proche que le vendeur de pizzas l’est de Cicéron.

Qu’en est-il de moi-même, Français né en France, professeur de français qui n’ai jamais migré, mais qui suis pourtant souvent considéré comme un « immigré de deuxième génération » ?

Il est possible d’être « musulman » éventuellement, « algérien » même, si en vertu des accords d’Evian je désire garder la nationalité de mes parents, « maghrébin » à la limite, si on lie cela à ma nationalité algérienne, « arabophone » si je choisis cette langue en option à la fac, mais « arabe » ?

En réalité cette appélation d’arabe appliquée aux maghrébins date de la période coloniale. Tout comme les berbères ont été appelés ainsi par leurs envahisseurs ( berbère de barbarus, c’est à dire « barbare » ), les habitants de ce qui s’appelle aujourd’hui l’Algérie étaient en effet en grande partie arabophones... De là à considérer qu’ils appartenaient avec les moyen-orientaux à un seul et même peuple à partir d’une caractéristique linguistique ! Il est d’ailleurs intéressant de constater que dans ce cas précis, la connaissance d’une langue confère une sorte de nationalité : il serait plaisant que l’on appliquât la même méthode avec les immigrés francophones...

Toujours est-il que les Belges ou les Québécois francophones ne sont pas à proprement parler français : la nation française n’est malheureusement pas uniquement fondée sur la francophonie. Pourquoi en serait-il autrement de « l’arabophonie » ? Pourquoi les « arabes » eux-mêmes en grande partie prétendent se reconnaître dans cette notion d’arabité alors même que chacun sait que la Ligue Arabe ne sert à rien et que ce n’est pas l’Arabie Saoudite qui règlera le problème palestinien de sitôt ?

Maxime Rodinson et Edward Saïd, entres autres, montrent comment les représentations identitaires sont largement tributaires de rapports de forces : notre perception de l’autre est plus ou moins acceptée, répandue, chez « nous » et chez « les autres » en fonction de notre puissance : les algériens sont « arabes » grâce à Bugeaud et les Français auraient été tout simplement « chrétiens » si l’émir Abdelkader avait été vainqueur...
Dans une problématique très proche puisque liée elle aussi aux rapports entre identité et domination, Fanon a montré par exemple comment l’image que le colon avait du noir pouvait être répandue et acceptée même chez de nombreuses personnes d’origine africaine.

Aujourd’hui dans certaines parties du monde de nombreux hommes politiques et idéologues ont intérêt à faire exister la « civilisation arabo-islamique » : il faut bien que « notre civilisation démocratique », ultra libérale et chrétienne, ait un ennemi à combattre. Il faut bien qu’il y ait un « choc des civilisations » pour pouvoir dominer légitimement cette altérité foncièrement rétrograde, arriérée, obscurantiste et dangereuse.

« Chez nous », il faut bien qu’il existe un peuple responsable de toute la misère humaine pour cacher la violence de notre politique dite d’intégration. Il est même tout à fait naturel que certains généraux algériens « luttant durement contre le péril islamiste » (même si cela passe par tirer sur des manifestants pour rétablir la « démocratie » ) soient amis avec nos « intellectuels » nationaux préoccupés par ce même danger dans nos banlieues.

Le plus grave c’est que cet attirail pseudo-scientifique dont les Kepel et compagnie sont les gourous qui occupent en permanence tous les médias donne une sorte de légitimité intellectuelle à ce qui n’est en fait, il faut bien le reconnaître, qu’un simple racisme : est en fait considéré comme « arabe » tout basané aux cheveux frisés... Certains traits physiques confèrent des attributs moraux transmissibles de générations en générations qui empêchent, qui freinent irrémédiablement l’« intégration » de ces « populations ».

Que faire de ce qu’on fait de moi ?

Ceci étant posé, quoi que je fasse dans ce pays, en dépit de mon lieu de naissance et de résidence, malgré mon appartenance juridique à la communauté nationale française, quels que soient mes positionnements politiques, mes dispositions philosophiques et morales, mes idées métaphysiques et religieuses, je risque fort, de par un certain nombre de stigmates que je porte, d’être perçu irrémédiablement et désigné par un nombre assez important de personnes comme un « Arabe » et un musulman.

Que puis-je y faire ? Après avoir constaté le peu de fondement scientifique de cette notion d’arabité, après avoir approuvé les observations éclairantes de Georges Corm sur les limites de la notion de « civilisation arabo-islamique », qu’ai-je vraiment réglé au juste ?

Il faut se rendre à l’évidence : la désignation de certains groupements ethnico-nationaux par le terme « arabe » pose de nombreux problèmes, les personnes effectivement perçues et désignées ainsi existent bel et bien : cette communauté formée d’individus différents ayant le point commun d’être victimes de la même stigmatisation existe de fait et l’énonciation de l’illégitimité scientifique de l’emploi du terme arabe n’a malheureusement aucune valeur performative. Que dois-je donc faire de ce terme et de ce qu’il implique ?
- 1. Dire et répéter que je ne suis pas un Arabe ?

Et préciser exactement mes croyances métaphysiques pour établir si oui ou non en termes théologiques et sociologiques je puis encore être considéré comme appartenant à la Oumma ? Quelles seraient les incidences sociales et culturelles de ce positionnement ? Si l’œuvre magistrale d’Ibn Khaldun et l’histoire des peuples de « l’Afrique septentrionale » n’intéressent que très rarement les personnes qui me voient comme un Arabe, si les subtilités scolastiques opposant Hassan al Bassri à Ibn Hanbal ne sont que très rarement le fort de ceux qui me demandent si oui ou non je fais le Ramadan, à quoi puis-je m’attendre et à quelles réactions je serais confronté si je décidais de discuter sérieusement, en termes scientifiques, les nuances de ces concepts ?

Lorsqu’une personne perçue comme Noire a constaté qu’il n’existait en biologie aucune définition scientifiquement valable de la race noire mais que demeurait tout de même, évidemment, le racisme qui touchait certaines personnes partageant un certain nombre de stigmates, elle peut aussi se rendre compte que « le fait d’être noir » existe bel et bien et que le mot « race », non pas en tant que catégorie biologique (dont la validité scientifique a depuis longtemps été réfutée) mais comme une situation sociale précise (celle des personnes stigmatisées à cause de leur couleur de peau) peut avoir une utilité certaine pour rendre compte d’expériences particulières :

« Montrer que la « race » est une catégorie imaginaire plutôt qu’un produit de la nature ne signifie pas qu’elle serait une pure mystification. (…) Elle est une catégorie valide d’analyse sociale, à l’instar d’autres catégories sociales comme la « nation » ou le « genre », notions tout aussi imaginaires, comme le souligne l’historien Thomas Holt, au sens où elles sont historiquement et politiquement construites et sous-tendues par des relations de pouvoir qui ont changé dans le temps. Les « races » n’existent pas en elles-mêmes, mais en tant que catégories imaginaires historiquement construites ». [1]

Puisque le fait d’être noir existe malgré le caractère fictionnel de la « race noire », à quoi rimerait le fait pour un Noir de répéter qu’en vertu des avancées récentes de la biologie, il n’est pas noir ?

En plus du caractère absurde d’un tel énoncé, on le percevra à coup sûr comme un être honteux d’être ce qu’il est, à savoir un être perçu de toute façon, quels que soient les progrès de la biologie, comme un Noir. Il s’agirait donc d’un Noir ne voulant pas être noir. Voulant être « Blanc » ? Vouloir sortir d’une catégorie fictive pour accéder à une autre ! Car si les perceptions sociales ayant de grandes incidences dans le réel ne se soucient que très rarement de validité scientifique, et dans la mesure où le Noir est perçu comme tel de par une pulsion humaine visant à catégoriser irrémédiablement l’altérité, « on » [2] ne voudra jamais se contenter d’une réponse scientifiquement valide ne lui permettant pas de se positionner par rapport aux fantasmes mis en œuvre à la vision d’un être qu’il perçoit comme un Noir. Irrémédiablement, la réfutation d’une désignation, quelles que soient ses fondements et ses motivations, impliquera l’entrée (ou sera reçue comme l’expression d’une volonté d’entrer) dans une autre catégorie.

En somme, le refus d’une catégorie sociale au nom d’arguments scientifiques valides n’a pas l’effet recherché … et il pourrait même avoir l’effet inverse.

Si je dis à Brice Hortefeux en toute naïveté que je ne suis pas un Arabe – même si c’est en pensant très fort à Ibn Khaldun – il risque fort d’interpréter mon énoncé comme l’expression d’une honte d’être ce que je suis – un homme perçu comme un Arabe – et comme une volonté d’être autre chose, c’est-à-dire un membre de la communauté nationale telle qu’un ministre UMP la conçoit : catholique, buvant de la bière et mangeant du cochon. Dans la mesure où je ne corresponds pas à ce « prototype » (pour reprendre le terme exact employé récemment par Hortefeux face au militant UMP Amine Benalia-Brouch), et comme je ne tiens absolument pas à renoncer à mon amour pour le Berkoukes, je vois bien qu’un positionnement socio-culturel se contentant de se fonder sur des constats scientifiques sans tenir compte des réalités sociales structurant fortement les imaginaires, risque fort d’avoir les effets inverses de ceux que je recherchais initialement.
- 2. Prendre acte ?

Je suis en effet obligé de tenir compte de certaines réalités : l’histoire des mu’tazilites n’intéresse que très peu de monde et je risque fort d’être à côté de la plaque si je me lance dans une dissertation sur la prédestination et le libre arbitre lorsque derrière telle interrogation sur mes pratiques religieuses, se cache en fait une volonté de savoir quel genre d’arabe je suis...

Or, même si je reste très critique envers la pertinence de la notion d’arabité dans de nombreux énoncés, je ne peux y renoncer pour désigner précisément certaines expériences sociales que je partage avec un certain nombre d’individus partageant avec moi certaines caractéristiques. Comme je ne tiens pas de sitôt à changer mes dispositions vis-à-vis de la culture dite arabe, je ne renoncerai pas à me considérer comme tel ne serait-ce que pour bien signifier par là que je ne veux pas appartenir à la communauté nationale telle la voient de nombreux racistes. Ma conception de la nationalité française n’exclut pas une certaine forme d’arabité en tant que réalité sociale ainsi que l’islamité : pour bien signifier que tout en étant français je considère Zakaria Ahmad comme un des meilleurs compositeurs du XX siècle, que Ahmad Shawqi reste pour moi un des plus grands poètes de l’histoire littéraire mondiale et que rien ne m’émeut plus que les textes de Bayram al Tounssi chantés par Um Kalthum – dont la voix surpasse en beauté et en finesse celles de nombreuses cantatrices que préfèrent sûrement Brice Hortefeux et Fadéla Amara – je tiens à dire que je suis un Arabe. Et tant que l’islam sera considéré comme « la religion la plus con » par les écrivains à la mode, je refuserais de discuter sérieusement de métaphysique et je me proclamerai, sans hésitation, « musulman ».



Post-scriptum
La première partie de ce texte avait déjà été publiée, ici même, en 2005. L’auteur a voulu y ajouter une suite, parue en novembre 2009.

vendredi 4 décembre 2009

«J’avais confiance en Edouard Balladur»

Drôle de télescopage dans l’agenda de l’ancien président de la République. Tout juste renvoyé en correctionnelle dans le dossier des chargés de mission de la Ville de Paris, Jacques Chirac publiera, ce jeudi, le tome I de ses mémoires. Une parution accompagnée d’une promo tambours et trompettes - interview, jeudi matin, sur Europe 1 et dans «le Figaro», bonnes feuilles dans «le Point», séance de dédicace, samedi, à la Foire du livre de Brive, sur ses terres de Corrèze, puis tournée en province -, après deux ans et demi de discrétion.

Dans «Chaque pas doit être un but» - titre inspiré d’une citation de Goethe -, Chirac raconte sa vie, de son enfance à son accession à l’Elysée. Il en profite pour régler quelques comptes, ciblant - c’était à prévoir - Valéry Giscard d’Estaing et Edouard Balladur et pour encenser Georges Pompidou, un «modèle».
Ses relations avec Georges Pompidou

«Je ne serais pas tout à fait celui que je suis devenu si la vie ne m’avait réservé la grâce d’une rencontre qui m’a [...] révélé à moi-même. Plus encore qu’un père spirituel, Georges Pompidou a représenté pour moi un modèle.»

«Georges Pompidou n’entretenait pas avec ses collaborateurs des liens de grande proximité. Quels que soient les sentiments d’affection ou d’admiration que je nourrissais à son égard, je me savais tenu à ne pas trop les exprimer. La pudeur était de règle. Jamais nos relations n’ont été véritablement intimes, car ce n’était pas son genre.»
Giscard d'Estaing, le rival

«J’ai fait [sa] connaissance au début des années 1960. Alors tout jeune ministre des Finances du Général de Gaulle, il était déjà assez impressionnant et faisait d’ailleurs tout ce qu’il fallait pour appuyer cette image. L’homme m’était apparu d’une intelligence et d’une stature exceptionnelles. Mais avec une propension manifeste à considérer que les autres comptent peu bien qu’il eût le souci d’en être aimé autant qu’il estimait devoir l’être.»

«J’ai très vite compris que, dans son échelle de valeurs, il y avait lui-même, tout en haut, puis plus rien, et enfin moi très en-dessous. Aujourd’hui, chaque fois que nous avons l’occasion de nous rencontrer, je luis dis "Bonjour, Monsieur le Président" et il me répond de même. Nous sommes désormais à égalité.»
Sa démission du poste de Premier ministre, le 25 août 1976

«Loin d’être précipitée comme on a pu le croire, cette décision a été longuement mûrie. Elle ne s’est imposée à moi qu’après avoir tout tenté pour éviter un départ susceptible d’être interprété comme une rupture.»
La création du RPR

«Le 5 décembre 1976, une foule immense, comme on n’en avait plus vu depuis les grands rassemblements du RPF, se masse dans le grand hall de la porte de Versailles, accourue par cars et par trains entiers, de toutes les régions de France. Plus de cinquante mille personnes unies par une même ferveur, en dépit de la température glaciale qui règne sur la capitale. [...] C’est, pour chacun d’entre nous, un de ces moments de communion et d’exaltation où l’on sent vibrer l’âme de la famille gaulliste, renaître une ardeur, une volonté, qui n’appartiennent qu’à elle.»
L’appel de Cochin

Le 26 novembre 1978, Jacques Chirac, alors Premier ministre, est victime d’un accident de voiture. Hospitalisé à l’hôpital Cochin, il signe un texte dénonçant la position trop européenne de l’UDF, parti du président Giscard d’Estaing.

«Transporté d’urgence à Paris, à l’hôpital Cochin, pour y être opéré d’une jambe, souffrant beaucoup, je suis trop affaibli pour prêter visiblement attention, dans les jours qui suivent, à ce qui se dit et se passe autour de moi (…). Faute de pouvoir le prononcer, je consens, sous [la] pression commune [de Marie-France Garaud et Pierre Juillet], à ce que le texte soit publié sous forme d’appel. En réalité, dans l’état de fièvre et de fatigue où je me trouve, je ne suis pas en mesure de juger du bien-fondé d’une telle initiative. C’est en toute confiance et de guerre lasse, il faut bien le dire, que je donne mon accord à Marie-France Garaud et Pierre Juillet pour que soit lancé cet "appel" revu et corrigé par leurs soins, sans que j’aie même eu la capacité à relire. Il leur était aisé, dans ces conditions, de me forcer la main.»
Sa candidature à la présidentielle de 1981

«C’est en solitaire, et contre l’avis d’une partie de mes proches, que j’ai résolu de m’engager dans ce nouveau combat. Aujourd’hui, je ne me souviens pas d’avoir longtemps hésité, tant cette décision me semblait aller de soi. Valait-il mieux, comme le conseillait, entre autres, Edouard Balladur, que je me réserve pour d’autres échéances, afin de laisser toutes ses chances au Président sortant et ne pas risquer, en cas d’échec, d’en être tenu pour responsable? A ce raisonnement, censé servir mes intérêts, j’oppose la conviction que les Français, faute d’une alternative venant de notre propre camp, préféreraient le candidat socialiste à un chef de l’Etat que j’estime largement discrédité.»
François Mitterrand, la cohabitation

«Je n’ignore pas la complexité du personnage, ni les zones d’ombre qui jalonnent son parcours, mais l’homme que je découvre au fil de nos entretiens m’apparaît d’une finesse de jugement et d’une intelligence tactique que j’ai rarement rencontrées dans le monde politique. Son amour de la France est indiscutable, et il n’admet pas que celle-ci soit abaissée, même s’il tend, selon moi, à l’enfermer dans des perspectives archaïques et eût sans doute rêvé de la laisser vieillir comme un paysage qu’il aimait. Nos valeurs communes sont celles de deux provinciaux attachés aux traditions terriennes, comme aux idéaux de la République. Et si, pour le reste, nos convictions semblent à l’opposé l’une de l’autre, probablement l’un est-il moins à gauche qu’il ne le fait croire et l’autre moins à droite qu’il ne le laisse paraître. Plus que ses idées, c’est la façon de les mettre en scène que la cohabitation m’a permis d’admirer chez François Mitterrand. "Salut l’artiste!" m’est-il arrivé de penser en assistant à quelques-unes de ses prestations.»
Le ralliement de Sarkozy à Balladur, fin novembre 1993

«Au terme d’une réunion politique du RPR, rue de Lille, [Sarkozy] demande à me parler en tête-à-tête. "J’ai l’intention, m’annonce-t-il, de soutenir Balladur s’il est candidat à l’élection présidentielle. – C’est très bien, lui dis-je, mais pourquoi viens-tu me dire cela? – Je suis un politique, me répond-il, je fais de la politique et il est évident que Balladur sera élu. Donc, j’ai décidé de le soutenir." Je ne cherche pas à l’en dissuader, lui recommandant tout au plus de ne rien précipiter, de ne pas mettre "tous les œufs dans le même panier". Je lui confirme, avant de nous séparer, que je serai candidat quoi qu’il arrive.»

«J’avais remarqué [Nicolas Sarkozy] à l’occasion d’un de nos meetings, au milieu des années 1970. [...] Je lui demandai de venir travailler à mes côtés, ce qu’il fit aussitôt, prenant part efficacement à toutes mes campagnes, avec cette volonté, qui ne l’a pas quitté, de se rendre indispensable, d’être toujours là, nerveux, empressé, avide d’agir et se distinguant par un sens indéniable de la communication.»
La trahison d'Edouard Balladur

«J’avais confiance en Edouard Balladur. C’est à mon instigation qu’il est devenu Premier ministre en 1993, prenant la tête d’un deuxième gouvernement de cohabitation dont j’ai exclu, par avance, d’assumer la charge, malgré les recommandations de beaucoup de proches. Sa nomination répondait, au demeurant, à un souhait qu’Edouard Balladur m’avait souvent exprimé en privé, sans que j’y aie vu ou voulu voir, pendant longtemps, les signes annonciateurs d’une ambition rivale. Ce n’est pas faute pourtant d’avoir été mis en garde, de tous côtés, contre un tel risque. Mais un accord politique, ayant aussi valeur de contrat moral, était scellé entre nous pour les deux années à venir. Une répartition des tâches, en quelque sorte, Edouard Balladur dirigeant le gouvernement pendant que je me consacrerais à la préparation de l’élection présidentielle. Et je ne croyais pas devoir douter de sa parole.»
Sa victoire à la présidentielle de 1995

«Enfermé dans mon bureau de la mairie de Paris, j’achève de mettre au point la déclaration que j’adresserai peu après aux Français, depuis la salle des fêtes de l’Hôtel de Ville. Du dehors me parviennent les échos de la foule immense, jeune, fervente et enthousiaste, qui est en train de déferler vers la place de la Concorde. Bernadette me rejoint, s’efforçant de maîtriser son émotion. En moi se mêlent des sentiments inexprimables, qui sont ceux d’un homme heureux d’avoir atteint le but qu’il s’était fixé et qui doit prendre conscience, dans le même temps, d’incarner désormais l’espérance de tout un peuple et d’être en charge de son unité.»

Chaque pas doit être un but, NiL Editions, 21 euros.

jeudi 3 décembre 2009

Des images chocs sur les paquets de cigarettes en 2010

Depuis 2004, le nombre de paquets de cigarettes achetés en France a cessé de baisser. Un arrêté visant à imposer des images chocs sur les emballages devrait voir le jour avant la fin de l'année.

«Pour combattre le tabagisme, nous disposons d'un arsenal de mesures», a souligné le président Sarkozy lundi à Marseille. Il a cité en premier la hausse des prix des cigarettes (+ 6 % dès lundi prochain) et, en second, «les avertissements visuels qui atténuent l'image positive de la cigarette». Il n'a pas donné de date pour l'entrée en vigueur de cette mesure emblématique, très attendue par les spécialistes de la lutte antitabac.

Le dossier est entre les mains du ministère de la Santé depuis 2008. Un arrêté devrait être publié avant la fin de l'année. Le temps que les industriels écoulent leurs paquets déjà conditionnés, ce n'est pas avant la fin de l'année 2010 que l'on devrait voir des images chocs sur les paquets de cigarettes. «La décision est prise. Elle est irrévocable», assure-t-on à l'Élysée.

Plusieurs pays européens comme la Belgique, le Royaume-Uni, la Finlande et la Lituanie ont déjà pris cette mesure dissuasive. Les photos et les avertissements qui les accompagnent montrent et pointent les effets délétères directs ou indirects du tabac sur la santé humaine. Sur certains paquets on peut voir une plaie béante provoquée par une tumeur liée au tabagisme, une bouche édentée ou un bébé prématuré dans sa couveuse. Les «avertissements visuels» sont efficaces contre la consommation de tabac, comme l'ont montré plusieurs études. Ils sont recommandés dans la lutte antitabac depuis 2005 par l'OMS. La Commission de Bruxelles incite les pays de l'Union à l'adopter. Le tabagisme représente, en effet, le premier facteur de risque connu de la maladie. «27 % des cancers chez l'homme et 6,1 % cas de cancers chez la femme lui sont attribuables», rappelle le rapport Grünfeld, qui fixe comme objectif dans les prochaines années de réduire de 30 % à 20 % le nombre de fumeurs en France.

Cap à suivre

Cet objectif est loin d'être acquis. En effet, depuis 2004, le nombre de paquets de cigarettes achetés dans notre pays a cessé de baisser. Il stagne, comme le souligne le rapport Grünfeld, alors qu'entre 2002 et 2005 il a connu une baisse drastique puisqu'on est passé de 80 milliards de paquets achetés par an à 55 milliards en 2005. Une diminution drastique due à une augmentation de 1,40 € des paquets de cigarettes. Par comparaison, la hausse de 30 centimes d'euros sur chaque paquet votée la semaine dernière à l'Assemblée apparaît insuffisante à beaucoup de spécialistes.Le cap à suivre est connu.

Dans un rapport sur l'efficacité comparée de différentes voies d'action sur la lutte contre le tabac, la Banque mondiale a montré que les actions qui portent sur la demande (augmentation des prix, suppression de toute publicité, interdiction de fumer) sont plus efficaces que la plupart des actions sur l'offre (prohibition, restriction de l'accès pour les mineurs).

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