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vendredi 30 octobre 2009

Premier décès de la grippe A d'un homme sans autre problème de santé connu

Un homme de 26 ans, sans autre maladie connue, a succombé à la grippe H1N1 au CHU de Saint-Etienne, devenant le premier décès d'un sujet en bonne santé dans l'Hexagone. "Sous réserve des résultats d'examens bactériologiques et d'une autopsie actuellement en cours", il s'agit du "premier cas enregistré en France métropolitaine d'un patient décédé atteint par la grippe H1N1 qui ne souffrait pas, par ailleurs, d'une affection associée", a annoncé lundi à l'AFP le directeur de la Ddass de la Loire, Gilles May-Carles.

Le jeune homme, domicilié à Saint-Etienne, est décédé dimanche. Il était considéré jusque-là en bonne santé, a précisé M. May-Carles, alors que les quatre précédents décès en France métropolitaine étaient associés à des pathologies graves, selon l'Institut national de veille sanitaire (InVS).

Le dernier bilan, au 11 septembre, fait état de 22 décès au total en France. La Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) a ajouté qu'il ne s'agissait pas d'une situation exceptionnelle "dans la mesure où les cas mortels de grippe saisonnière touchent près d'une fois sur deux des patients en bonne santé".

Estimant que des "investigations étaient toujours en cours", l'InVS, interrogée par l'AFP, n'a pas souhaité commenter. Selon la préfecture de la Loire, le jeune demandeur d'emploi stéphanois ne présentait "pas de pathologie particulière connue, outre des symptômes grippaux et de grosses difficultés respiratoires" lorsqu'il s'est présenté samedi vers 18H00 aux urgences hospitalières du CHU de Saint-Etienne sur l'avis de son médecin traitant, qui avait constaté une dégradation de son état.

Un traitement associant du Tamiflu et des antibiotiques lui a été administré dès le diagnostic de grippe H1N1 établi. Mais deux heures après son admission au CHU, le jeune homme tombait dans le coma. "Malgré des prises en charge lourdes de suppléance respiratoire, il est décédé au service de réanimation", a précisé le CHU.

La famille a accepté qu'une autopsie soit pratiquée lundi après-midi "pour vérifier s'il n'était pas porteur de facteurs aggravants", selon la Ddass. La femme de la victime, asthmatique, avait quant à elle eu droit à un protocole préventif lourd en raison de sa pathologie. Aucune personne de l'entourage du couple ne présentait lundi des symptômes grippaux. La direction du CHU, qui a par ailleurs évoqué dans un communiqué "une possible surinfection bactérienne pulmonaire", a ajouté que des examens bactériologiques étaient en cours. Les résultats devraient être connus mardi.

De fin avril à fin août, 32 prélèvement positifs à la grippe H1N1 ont été effectués au CHU de Saint-Etienne: seize concernaient les départements de la Loire et de l'Ardèche, et les autres l'Auvergne.

(avec AFP)

jeudi 29 octobre 2009

Le gouvernement enterre les tests ADN

Le ministre de l'Immigration Eric Besson ne signera pas le décret d'application instaurant des tests pour les candidats au regroupement familial. Il invoque un problème de délai et de logistique.

Le ministre de l'Immigration Eric Besson a annoncé dimanche sur Europe 1 qu'il ne signerait pas le décret d'application sur les tests ADN pour lvérifier la filiation des candidats au regroupement familial. Pour expliquer sa décision, l'ancien responsable socialiste a affirmé qu'il n'était pas «en mesure» de «respecter l'esprit et la lettre de la loi» dans les délais impartis, à savoir au 31 décembre 2009. «Le législateur a émis tellement de contraintes que le décret d'application n'est pas possible en l'état», a-t-il précisé. À plusieurs reprises déjà, le ministre avait émis des doutes quant au fait de savoir s'il allait signer ce décret.

La France avait adopté en 2007 l'expérimentation de tests ADN pour le regroupement familial dans le cadre de la loi sur la maîtrise de l'immigration, le tout au prix d'une importante polémique. Il s'agissait d'un moyen offert aux candidats au regroupement familial de «prouver» leur filiation. Ses modalités avaient été restreintes par le Sénat, par rapport à l'amendement initial du député UMP Thierry Mariani. La Haute-Assemblée avait soumis ces tests à la décision d'un juge, conduisant nombre d'observateurs à prédire une application très difficile.En novembre 2007, le Conseil constitutionnel avait validé, sous réserves, le recours possible aux tests ADN tout en rejetant une application systématique.

«La loi a voulu encadrer très strictement cette expérimentation», a expliqué le ministre lors de l'émission «Le grand rendez-vous Europe 1/Aujourd'hui en France». «Seule la mère, sur une base volontaire, doit pouvoir demander ces tests d'empreinte génétique», mais la loi «a dit aussi qu'il fallait assurer la confidentialité absolue des données, ne pas créer de fichier et veiller à la sécurité absolue (...) de la chaîne logistique», a expliqué Eric Besson. «Et moi je ne peux pas, dans le délai imparti, respecter et l'esprit et la lettre de la loi», a conclu le ministre, expliquant par exemple: «nos consulats ne sont pas équipés pour ces empreintes génétiques».

La France prévoyait de proposer des tests ADN dans un nombre de pays limité. Les autorités évoquaient quelques centaines de tests réalisés chaque année dans l'ensemble des consulats français.

À l'annonce de la décision du ministre de l'Immigration de ne pas signer le décret le président de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), Patrick Gaubert a déclaré : «Eric Besson s'est montré courageux. Je lui dis : Chapeau ! Faire une loi sur les tests ADN est inacceptable». Rappelant que la Licra était contre cette loi, Patrick Gaubert a ajouté : «Eric Besson m'avait dit qu'il ne signerait pas ce décret. Il a eu le courage d'aller jusqu'au bout malgré, certainement, des pressions venant de la droite et de la gauche. C'est très bien.»

mercredi 28 octobre 2009

Le vaccin contre la grippe H1N1 est-t-il dangereux ?

A-t-on programmé pour cet automne une répétition de l'histoire avec la vaccination contre la grippe A ? En 1976, la formule du vaccin qui avait à peine été testée ne contenait pas de Thimerosal (mercure éthylique), mais celle qui fut donnée au public en contenait! Avant que le programme de vaccination ait été arrêté, 46 millions de personnes avaient été vaccinées. 4.000 personnes ont intenté des poursuites judiciaires pour obtenir des dommages-intérêts suite aux effets indésirables de la vaccination, notamment des lésions neurologiques comme le syndrome de Guillain Barré, la paralysie et jusqu'à la mort.

Cette année, les autorités nous disent que la plupart des doses seront en flacons multidoses ce qui oblige à les conserver avec du Thimérosal (49,5 pour cent en poids de mercure, un composé dont l'innocuité n'a jamais été démontrée, alors que cela est requis par la loi).

Cependant, à la différence de la dernière fois: (a) la firme américaine MedImmune prépare 25 millions de doses avec un virus de la grippe vivant mais atténué, ce qui assurera au moins 25 millions de cas de grippe A. (b) Il y aura plusieurs fournisseurs de vaccins antigrippaux inactivés qui vont produire des vaccins avec différents profils et par conséquent, différents effets nocifs de sorte qu'il sera plus difficile de prouver que le vaccin est à l’origine de complications. Des vaccins sans adjuvants chimiques pourront être testés, mais dans la majorité ils contiendront des adjuvants.

(c) Il n'y aura aucune compensation garantie pour les personnes souffrant d'effets secondaire, parce que ces vaccins ne sont pas testés adéquatement en terme de sécurité ou d'efficacité. Quelques essais cliniques pour vérifier l'efficacité et la bonne dose ont débuté à la fin juillet , mais ils sont réalisés sans essais sécuritaires appropriés (où un placebo ne contenant qu’une solution saline stérile est utilisé). Ceci étant justifié par la «sécurité» des vaccins antigrippaux humains développé depuis les années 1950. L’autorisation de vendre ces vaccins contre la grippe A sera accordée du fait de l'alerte à la pandémie, un scénario qui ne passe apparemment par aucune autorisation réglementaire dela Food and Drug Administration.

(d) Comme pour tous les vaccins, aucune recherche ne sera faite sur les effets à long terme de l'empoisonnement au mercure ni sur les déficiences du système immunitaire qu’il pourrait provoquer. La plupart des tests ne font des recherches sur des effets négatifs que sur 21 jours. (e) Le scénario actuel recommande de prendre le vaccin contre la grippe annuelle plus deux doses contre la grippe A, soit trois injections en tout.

(f) Les femmes enceintes - dont les enfants à naître ne peuvent pas se plaindre - seront les premières à être vaccinées. Chaque vaccin contre la grippe contenant du mercure a comme effet chez une femme enceinte d’accroitre le risque d’avoir un enfant présentant une anomalie congénitale grave comme la fente palatine, une microcéphalie, et une sténose du pylore (dysfonctionnement de vidange de l'estomac et des problèmes gastro-intestinaux).. Puis ce sera le tour des enfants les plus fragiles et enfin des adultes seront vaccinés ; à moins que, comme en 1976, les effets secondaires néfastes soient si répandus qu'ils refusent en masse de se faire vacciner.

En outre, vu que le taux de mortalité de la grippe A semble être de l'ordre de 1 sur 100.000 à 1 sur 1,000,000 pour les personnes en bonne santé il est prossible que les effets secondaires du vaccin soient plus importants que les risques réels de la grippe H1N1.
En 1976, un seul homme était mort après avoir contracté la grippe, car il avait dû faire une marche forcée alors qu’il était malade ; en comparaison, 25 personnes sont mortes après avoir reçu le vaccin.

En ce qui concerne l’inoculation du virus vivant de la grippe porcine, FluMist indique clairement que la personne inoculée est infectée par un virus vivant atténué, ce qui va, en théorie renforcer les défenses immunitaires -- mais la personne vaccinée peut infecter les autres.

Si, comme le gouvernement le prétend, la grippe H1N1 se propage très facilement, il est clair que si 25.000.000 de personnes reçoivent un vaccin avec le virus vivant atténué on pourra compter plus de 25.000.000 de personnes infectées.

Un scénario catastrophe pourrait découler de la rencontre entre le virus H1N1 "sauvage" et le virus H1N1 modifié. Au pire, sa virulence pourrait passer de 1 % à 30 % et la transmissibilité augmenterait. Scénario catastrophe que personne n'est capable d'anticiper.

Une certaine propagande amène à dépenser des milliards qui pourraient bien porter dommage aux fœtus, aux femmes enceintes, aux enfants et à toute personne inoculée. Un simple «Non merci!» à une vaccin inefficace, voire dangereux devrait être possible sans être menacé de perdre son emploi ou de voir la porte de son école se refermer.

Aux USA, seul un refus en masse aurait une chance d’obtenir gain de cause car de récentes lois ont permis la construction de nouveaux centres de détention, la formation des soldats américains pour aider à la gestion des «dissidents» ainsi que la déclaration d'une «urgence en santé.»

Le Dr King est le fondateur des systèmes de FAME, un cabinet de conseil pharmaceutique spécialisé dans le système qualité et conformité réglementaire. Il est également le conseiller scientifique et secrétaire du CoMeD, Inc., une organisation à but non lucratif dont les objectifs sont notamment l'arrêt de toute utilisation de mercure dans la médecine.

Écrit par Dr. Paul G. King

mardi 27 octobre 2009

Vidéo : un «lynchage médiatique», selon Hortefeux

Le ministre de l'Intérieur se défend de tout propos raciste après la diffusion d'une vidéo qui le montre tenant une réflexion ambiguë devant un jeune Beur. Dalil Boubakeur et Claude Guéant le défendent, tandis que Nicolas Sarkozy estime ne pas avoir «de temps à perdre avec ça».

Alors que la polémique autour de la vidéo montrant Brice Hortefeux tenant des propos ambigus auprès d'un jeune militant d'orgine magrhébine n'en finit plus de monter, Brice Hortefeux doit se défendre une nouvelle fois.

Dans le journal Libération paru samedi, le ministre explique une nouvelle fois qu'il n'a pas tenu de propos racistes. «Pour qu'il y ait excuse, il faudrait qu'il y ait culpabilité ou faute. Encore une fois, dans ma bouche, il n'y a eu aucune allusion à quelque communauté que ce soit», assure-t-il, avant de se dire «outré par cette tentative de lynchage médiatique. Jeudi soir déjà, Brice Hortefeux avait nié avoir tenu des propos racistes envers ce militant de l'UMP, lors de l'université d'été du parti majoritaire samedi dernier à Seignosse, dans les Landes.

Depuis jeudi, nombre de personnalités ont volé au secours de Brice Hortefeux. Henri Guaino expliquait ainsi vendredi à l'émission «Parlons Net», sur France Info, dont lefigaro.fr est partenaire, que ce dernier «n'est pas raciste». Avant d'ajouter : »«La transparence absolue c'est le début du totalitarisme».

Samedi, Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, juge à son tour «injuste» d'accuser Brice Hortefeux de racisme» et s'inquiète d'un monde où «on ne peut plus faire des plaisanteries spontanéesé car «le monde, tout le temps, est filmé».

Autre soutien pour le ministre : le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, lui apporte son «soutien» et assure que Brice Hortefeux «'a eu que des paroles de respect et d'aménité pour toute la communauté musulmane de France».

Enfin, Jack Lang a également affirmé, dans les colonnes du Parisien, qu'il soutenait Brice Hortefeux, un «homme honnête» qui «n'a jamais cédé à des instincts racistes», selon l'ancien ministre de la Culture de Mitterrand, pour qui «Cet incident a été monté en épingle et probablement mal interprété».

Vendredi, Nicolas Sarkozy réagissait également à la mise en cause de son minsitre de façon lapidaire : «ranchement, en ce moment j'aimerais que chacun se concentre sur son travail et ne perde pas de temps dans des polémiques (...) Ce que j'en pense, c'est que j'ai vraiment peu de temps de perdre avec ça !»

Propos ambigus

Pourtant, la polémique ne retombe pas depuis que lemonde.fr a mis en ligne jeudi cette vidéo, tournée lors des Universités d'été de l'UMP à Séignosse, dans les Landes. On yvoit le ministre et le patron des députés UMP Jean-François Copé poser pour une photo en compagnie d'un jeune militant d'origine maghrébine venu d'Auvergne, Amine.

Alors que Copé taquine Hortefeux sur le fait qu'il est auvergnat, des personnes non visibles sur les images discutent, disant notamment : «c'est l'intégration», «lui, il parle arabe» ou encore «il mange du cochon, il boit de la bière». «Il ne correspond pas du tout au prototype alors», remarque Brice Hortefeux.

Tandis qu'une femme lui dit : «C'est notre petit Arabe», le ministre poursuit : «Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes».

lundi 26 octobre 2009

Des pieds de vigne transgéniques saccagés en Alsace

ECO-TERRE - Dans un communiqué publié lundi, l'Inra (Institut national de la recherche agronomique) dénonce le saccage de porte-greffes transgéniques de vigne qui faisaient l’objet d’un essai au centre de Colmar, dans le Haut-Rhin. Plantés en 2005, les 70 porte-greffes étaient destinés à lutter contre la maladie du court-noué. "Cette approche expérimentale préfigurait une alternative plus respectueuse de l’environnement que l’emploi des produits phytosanitaires très polluants utilisés pour enrayer la maladie du court-noué, mortelle pour la vigne et sans traitement réel", écrit l'Inra. Selon le site Internet du journal L'Alsace, les porte-greffes auraient été coupés par un "docteur en biologie, militant anti-OGM et anti-nucléaire", qui s'est ensuite rendu à la rédaction du journal, puis à la police. "Je souhaite que le débat public (sur les essais OGM) ait lieu", aurait indiqué l'homme pour expliquer son geste. "Cette expérimentation avait fait l’objet d’une démarche participative des comités –local et national- de suivi associant chercheurs, vignerons, syndicats agricoles, enseignants, élus et associations", regrette l'Inra, qui annonce qu'il va déposer plainte.

vendredi 23 octobre 2009

Effets secondaires pour les libertés

Par ERIC FAVEREAU

Débattre enfin des véritables enjeux que pose l’arrivée prochaine d’une pandémie de grippe A? Ils sont nombreux, de tout bord, prix Nobel comme médecins, associatifs comme politiques, à le demander. Comme si aujourd’hui, les vrais défis restaient largement cachés.

Voilà une maire qui décide, dans son petit coin, d’interdire baisers et accolades dans son bourg. Voilà un directeur de banque qui prévoit pour la bonne marche de son entreprise d’exiger la vaccination de ses salariés. Voilà, en toute opacité, des mesures dérogatoires aux libertés préparées pour les détenus (lire ci-contre). Et sur les questions médicales, un flou inquiétant persiste, par exemple sur le vaccin.

Sur le front de la pandémie grippale, la situation est paradoxale. Jamais on n’a autant disserté, mais jamais autant d’acteurs de la société n’ont été aussi inquiets de l’absence de débats démocratiques. Car cette pandémie - si elle arrive -, sortira bien vite du simple champ médical. Elle interrogera la société, soulevant des enjeux éthiques, bousculant nos repères sociaux. Sur tout cela, circulez, il n’y a rien à voir. Les pouvoirs publics se cantonnent dans un discours technique sur le lavage des mains.

Obsession. Avec le passage, en juin, au stade 5 du plan gouvernemental, toute la communication est désormais sous la responsabilité du seul ministre de l’Intérieur. Il faut assister à une conférence de presse de la cellule interministérielle pour voir combien les échanges sont absents. «Ils sont obsédés par des questions d’ordre public. Que faire s’il y a des manifs? comment sécuriser les endroits de stockage du traitement et des vaccins ?, alors que tout cela est marginal,lâche un bon expert.Ce qui est symptomatique dans cette République où tout est centralisé, c’est que le président n’a encore lancé aucune initiative.Iln’a ainsi toujours pas demandé à recevoir les partis politiques, ni les syndicats.»

«On a essayé d’y travailler», raconte Emmanuel Hirsch (1), responsable de l’Espace éthique à l’Assistance publique. «Il y a des enjeux éthiques et démocratiques qui se posent dans toute gestion d’une pandémie. Il ne faut pas passer à travers.» De même, le professeur Jean-Philippe Derenne, ancien chef de service de pneumologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, évoque la situation des sans-abri et le tiers-monde et s’interroge : «Je suis sidéré, on ne discute pas. Tout se passe dans des groupes d’experts. On ne mobilise personne.»



«Sans débat». Jean-Marie Leguen, député socialiste spécialiste de ces questions, ne comprend pas l’attitude du gouvernement : «La ministre de la Santé n’est toujours pas venue à la commission des Affaires sociales. Il y a des décisions qui risquent de mettre à mal nos libertés. Tout cela se fait sans débat, sans la moindre information aux parlementaires.» Exemple: «On a décrété que tous les professionnels de santé doivent se vacciner. Et si la moitié refuse, que fait-on»?

Des ONG s’interrogent, des associatifs s’alarment. Et c’est ainsi que peu à peu doutes et questions prennent forme. Un texte s’élabore. Libération se charge de centraliser les signatures. En quelques jours, Médecins sans frontières, Martine Aubry, François Chérèque, des comités d’éthique, des prix Nobel, beaucoup le signent, tous pointant la même urgence. Celle d’«un vrai débat citoyen». Et d’une gestion «démocratique» de cette crise.

(1) Auteur de «Pandémie grippale, l’ordre de mobilisation» (Cerf, 2009).

(2) Auteur, avec François Bricaire, de «La pandémie, la grande menace» (Fayard, 2009).

mercredi 21 octobre 2009

Clodogame : le jeu qui scandalise le gouvernement

Quand on est "en politique", il est des combats qu'on a envie de mener, plus que d'autres, car ils touchent directement la personne humaine. Notre dignité, dirai-je même pompeusement. C'est ce qu'a dû se dire le très fantomatique Benoist Apparu, actuel secrétaire d'État chargé du Logement et de l'Urbanisme, en s'indignant du jeu en ligne Clodogame. Comme plusieurs associations avant lui.

Ce jeu, jouable uniquement en ligne et entièrement gratuit, est apparu (sans jeu de mots) sur la toile française fin juillet dernier. Il est la version frenchy d'un titre allemand (de l'éditeur Farblut Ent.), qui se décline pour l'instant en langues allemande, polonaise, espagnole et française, et qui semble avoir le vent en poupe, puisqu'il occuperait pas moins de 2 millions de joueurs outre-Rhin ! Les versions anglaise, polonaise et espagnole viennent d'ailleurs d'être lancées, avec plus ou moins de succès : 500 000 joueurs en Pologne, et 55 000 au-delà des Pyrénées.

Clodogame, dont le titre est pour le moins explicite, vous propose tout simplement de jouer le rôle d'un SDF, tout en mendiant dans différents quartiers de la capitale, en surveillant sa propreté, mais également sa consommation d'alcool ou encore en commettant des délits (vol à la tire, baston...). On peut y acheter un animal de compagnie, un instrument de musique, faire partie d'une bande etc.

Le but ultime du jeu ? Devenir Châtelain à Versailles ! Mais d'abord, il va falloir trimer dur et passer par plusieurs étapes, et autant de logis plus ou moins décents.
L'expérience de la rue ?

"Tous les clichés les plus sordides sont utilisés dans ce logiciel, au mépris de la dignité des personnes sans-abri, du travail remarquable des associations et de l'engagement du gouvernement. Nous nous réservons le droit d'étudier les différentes possibilités d'intervention contre ce jeu en ligne" explique Benoist Apparu.

mardi 20 octobre 2009

Les enseignants "désobéisseurs" se dotent d'une charte

ÉDUCATION. Les Universités d’été des enseignements "désobéisseurs" aux réformes de l’enseignement primaire se sont achevées hier jeudi 27 août à Montpellier.

Outre la création d’une caisse de solidarité leur permettant de faire face aux sanctions financières –baisse d’échelons, retraits de salaires-, les désobéisseurs ont adopté une charte de la résistance pédagogique mise en ligne sur Internet.

«La signature de cette Charte se substitue à l’envoie de lettres de désobéissance, personnelles ou collectives à nos inspecteurs, explique Alain Refalo.l’instituteur de Colomiers à l’origine de ce mouvement. Cela permettra d’éviter les sanctions individuelles. Mais nous sommes toujours dans une résistance ouverte affichée et transparente». LibéToulouse publie ici le texte de la Charte.

«Les « réformes » structurelles et pédagogiques imposées par le ministère de l’Education Nationale ne permettent pas de construire une école équitable, humaine et respectueuse de tous les enfants. Elles conduisent à la déconstruction de l’école publique en vue de l’ouvrir au secteur marchand. Notre devoir est d'y résister.

En adhérant à la présente charte, je m’engage à agir dans le sens d’une éducation et d’un enseignement qui visent à :

1/ Respecter les droits de l'enfant tels que définis dans la Convention Internationale des Droits de l'Enfant, notamment le droit à une éducation de qualité pour tous, le droit à l'épanouissement et au développement harmonieux de l'enfant.

2/ Favoriser l’autonomie et la responsabilité de l’enfant, être doué de raison et de conscience.

3/ Contribuer à la construction de sa pensée par une pédagogie privilégiant la coopération et le raisonnement, plutôt que la compétition et la simple répétition d'automatismes.

4/ Apprendre à s'exprimer, lire, écrire, compter aux élèves en les mettant en situation de réflexion et d'échanges.

5/ Assumer une autorité éducative, opposée à l'autoritarisme, fondée sur le respect de la liberté de conscience, le respect mutuel et la légitimité de règles élaborées ensemble.

6/ Réaliser des évaluations constructives qui permettent de mesurer réellement les progrès des élèves et de favoriser l'estime d'eux-mêmes.

7/ Créer les conditions de coopération au sein de la communauté éducative (Enseignants-RASED-Parents...) et au sein de la classe qui aident chaque enfant à entrer dans les processus d'apprentissage et à surmonter ses difficultés.

8/ Promouvoir une réflexion sur l'aménagement du temps de vie de l'enfant à l'école qui respecte ses rythmes chrono-biologiques. En signant cette Charte, j’entre en résistance en n’appliquant pas tout ou partie des dispositifs contraires aux valeurs de respect, de coopération et de progrès. Je revendique, en conscience, par loyauté envers le service public d'éducation, et au nom de la liberté pédagogique inscrite dans la loi, la possibilité de mettre en place toute alternative pédagogique dans l’intérêt des enfants».

lundi 19 octobre 2009

Grippe A: «La décision de vacciner ou non va être difficile à prendre»

C et J. La formulation du vaccin qui va être disponible est basée sur le virus tel qu’il existe actuellement. Or, si j’ai bien compris, les inquiétudes portent surtout sur une mutation possible du virus, qui le rendrait plus «agressif», pourrait générer des symptômes plus graves que ceux actuellement constatés. Si le virus mute, est-ce qu’une personne vaccinée sera tout de même protégée, partiellement ou totalement?
Jean-François Delfraissy. Il s'agit de deux points différents. En effet le vaccin actuellement en cours de préparation est dirigé contre le virus H1N1 qui est isolé, tant au Nord qu'au Sud. Ce virus n'a, pour l'instant, pas muté. Le virus H1N1 retrouvé en Australie, en Argentine, en Nouvelle Calédonie est identique à celui qui avait été isolé au Mexique, aux Etats-Unis et en Europe, fin mai. Le risque de mutation existe et des virus mutants ont été synthétisés par des laboratoires de recherches, mais il n'y a pas, pour l'instant, de mutation caractérisée chez l'homme.

Lili. La vaccination est-elle sans danger pour les femmes enceintes? beaucoup d'autres vaccins sont fortement déconseillés, pourquoi celui-ci, sur lequel on n'a aucun recul, serait-il différent?
C'est une très bonne question. Il y a deux types de vaccins. Des vaccins avec un adjuvant, l'adjuvant permet de stimuler la réponse vaccinale, et des vaccins sans adjuvants. Nous avons une bonne expérience du vaccin antigrippal classique saisonnier chez la femme enceinte, au cours des années précédentes, et ce vaccin saisonnier paraît bien toléré.
Un essai thérapeutique avec un vaccin sans adjuvant doit débuter en France dans les derniers jours de septembre, et nous devrions avoir les premiers résultats fin octobre, c'est-à-dire avant que la grande majorité des vaccins contre H1N1 soit disponible. Au total, la décision va être difficile à prendre, c'est ce qu'on appelle en médecine «évaluer le bénéfice/risque», en sachant que des formes graves de la grippe H1N1 ont été décrites chez les femmes enceintes.

Sophie. Quels tests ont été pratiqués? Auprès de qui la non-dangerosité et l’efficacité ont-elles été testées? Existe-t-il un rapport des résultats de ces tests? Quand va commencer la campagne de vaccination? Quels seront finalement les publics prioritaires?
Les premiers essais vaccinaux avec le vaccin anti H1N1 ont débuté aux Etats-Unis et Europe, il y a 15 jours. Nous attendons les premiers résultats de tolérance et d'immunogénéicité (capacité à induire une réponse immunitaire) pour fin septembre. Par contre, beaucoup de tests vaccinaux avaient été réalisé par les mêmes compagnies avec le vaccin H5N1, avec une bonne tolérance. D'ici mi-octobre, on peut considérer qu'il y aura des résultats chez quelque milliers de volontaires, avec les différents types de vaccins. Les recommandations françaises sur qui vacciner en priorité font l'objet d'une réflexion actuelle par un groupe d'experts, et devraient être présentées dans la première quinzaine de septembre par la ministre de la Santé.

Nannie. A-t-on assez de recul pour connaitre les effets secondaires du vaccin?
Non, nous manquons de recul. Mais comment faire autrement. Nous avons, par contre, beaucoup de recul avec le vaccin antigrippal classique. Pour être encore plus clair, tout vaccin, donné à une très large population, aura quelques effets secondaires chez des personnes probablement prédisposées à faire ces effets secondaires. Ceci est une notion globale en médecine, et oppose dans une certaine mesure l'intérêt de santé public au sein d'une population et le problème individuel.

Jean-Pierre. Les plus de 65 ans sont-ils considérés comme prioritaires, face au H1N1? et le «traditionnel» vaccin contre la grippe «normale» peut-il s'ajouter au nouveau vaccin H1N1?
On pense qu'un certain nombre de personnes de plus de 50/60 ans, ont déjà été en contact avec le virus H1N1 lors des années 65-66. La grippe H1N1 touchera néanmoins la population âgée, mais peut-être avec une fréquence un peu plus faible que la grippe classique.
Le vaccin contre la grippe saisonnière classique va être disponible cette année plus tôt que d'habitude, dès la mi-septembre, car il a été fabriqué plus rapidement pour laisser aux chaines de fabrication la capacité de fabriquer dans un deuxième temps, le vaccin H1N1. On peut donc inciter les personnes présentant des facteurs de risques médicaux, les personnes de plus de 60, les personnels de santé, à se faire vacciner dès la mi-septembre, par le vaccin anti-grippe saisonnière. Je rappelle que les vaccins contre le virus H1N1 ne seront disponibles en large quantité qu'à partir de fin octobre, début novembre.

Fred. Quels peuvent être les inconvénients d'une vaccination de masse ?
Pour l'instant, aucune décision n'a été prise sur une vaccination de masse. Il serait illusoire de penser qu'en vaccinant, par exemple, la majorité d'un pays, on serait protégé contre la grippe H1N1, car les échanges entre les différents pays ne vont pas s'arrêter du jour au lendemain, et le virus continuera à passer à travers les frontières, si la politique n'est pas la même d'un pays à un autre. Les inconvénients d'une vaccination de masse sont ceux qu'on a déjà évoqués précédemment. Le vaccin est une «forme de médicament», et comme tout médicament, sur une large population, il y aura des effets secondaires.

Jasmine. Les personnes en traitement de chimiothérapie seront-elles vaccinées prioritairement?
La majorité des personnes relevant du régime de l'ALD (affection de longue durée) seront probablement vaccinées prioritairement. Cela doit ensuite se discuter au cas par cas avec le médecin ou l'équipe médicale qui les suit. On peut également discuter du problème de la vaccination chez les transplantés, les personnes séropositives avec le VIH, ou des personnes traitées avec des médicaments immunosuppresseurs (médicaments antirejets) etc.

Stéphane. La Grippe A n’a fait «que» quelques milliers de morts et tous les médias parlent de pandémie ! Est-ce bien raisonnable de vouloir vacciner à grande échelle, alors qu’il y a si peu de décès ?
On s'attend à une pandémie au Nord durant l'automne 2009. Le niveau de cette pandémie est encore très difficile à chiffrer. On rappelle que la grippe saisonnière touche chaque année plusieurs millions de personnes en France. Le virus H1N1 n'est pas très virulent, il s'agira d'une grippe, somme toute, assez banale. Il est particulier par sa grande contagiosité, ce qui laisse supposer un risque de vraie pandémie en France, à l'automne. Il est donc logique d'essayer d'arrêter et de limiter cette pandémie, si on a un vaccin efficace, suffisamment tôt.

Amapola. Pourquoi ne pas distribuer des masques aux élèves et aux enseignants dès la rentrée pour éviter la propagation du virus?
C'est une excellente question qui montre toute l'importance sur les mesures de prévention qui devront être mises en place et accentuées lors du mois de septembre. Ce qui est prévu début septembre sera probablement majorée en terme de mesures de prévention dans le courant septembre.

Zohra 011. Le professeur Bernard Debré parle de «grippette», qui a raison? On parle aussi d'effets secondaires que le vaccin peut provoquer qui peuvent être dangereux pour la santé. Est-il vraiment nécessaire ce vaccin contre la grippe A ?
Je ne souhaite pas entrer dans la polémique. Si le gouvernement actuel ne prenait pas l'ensemble des mesures qui sont en train d'être discutées, on lui reprocherait d'être inactif. Beaucoup de choses sont encore inconnues, y compris par les meilleurs experts. Ce qui se passe actuellement au Sud, en Argentine par exemple, ou en Nouvelle Calédonie, suggère que le risque de pandémie est bien là. Qu'il existe des formes graves du virus H1N1 qui sont peu fréquentes, et qu'un risque de désorganisation plus sociétal que médicale est possible durant l'automne.

vendredi 16 octobre 2009

Pour certains clients d'EDF, l'addition va être salée

Certains clients d'EDF risquent d'avoir des surprises concernant leur facture d'électricité, comme le souligne La Tribune ce jeudi 20 août.

Alors que l'entreprise publique avance une hausse de 1,9 % de ses tarifs réglementés aux particuliers depuis le 15 août, cette moyenne est en réalité largement dépassée pour plusieurs abonnés.

C'est le cas pour les 500 000 clients de l'option Tempo. Elle propose plusieurs tarifs de consommation selon les jours et les heures avec des périodes de l'année plus ou moins chères. Elle permet normalement aux abonnés de réduire leur facture annuelle. Tempo n'est donc pas très rentable pour EDF, qui a décidé de la revoir à la hausse. L'augmentation prévue approche 5 % !

+ 138,5 %

La hausse des tarifs au-delà de 1,9 % concerne aussi les abonnements. Ainsi, souligne La Tribune : 'Les très petites installations de 3 kilovoltampère (kVa) voient leur abonnement annuel hors taxes passer de 21,48 euros à 51,24 euros, soit une hausse de 138,5 %.' En revanche, les gros consommateurs voient leur facture diminuer. C'est le cas des utilisateurs de 36 kVa, dont l'abonnement baisse de 29 %.

Si les tarifs ont été refondus, c'est afin de prendre en compte le coût de production de l'énergie mais aussi les coût de distribution et corriger par ce biais les tarifs qui ne couvrent pas les différents frais de production.

Résultat : la facture va être salée pour certains. La hausse des abonnements pourrait atteindre jusqu'à 60 euros !

jeudi 15 octobre 2009

Le gouvernement sonne la retraite des mères

La réforme des avantages accordés aux mères de famille en matière de retraite risque d’être entérinée bien plus tôt que prévu, dès septembre. Selon le ministère du Travail, elle serait intégrée au projet de budget 2010 de la Sécurité sociale (PLFSS), «déconnectée du débat sur les retraites prévu l’an prochain». Objectif : éviter que les pères portent plainte en cascade contre les caisses régionales d’assurance-maladie pour réclamer les mêmes avantages. Les mères seront-elles donc les premières perdantes de la réforme du régime général des retraites ?

Actuellement, selon le code de la Sécurité sociale, les femmes salariées du privé ayant «élevé» leurs enfants peuvent bénéficier d’une majoration de durée d’assurance (MDA). Cette mesure leur permet de gagner jusqu’à deux annuités supplémentaires pour le calcul de leur retraite. Mise en place au début des années 70, cette MDA a pour but de compenser les inégalités de fait entre les hommes et les femmes du privé face à la retraite.

Jurisprudence. Problème, au nom du principe d’égalité, des pères de famille (certains ayant élevé leurs enfants seuls) se sont tournés vers la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde), protestant contre le refus de la Sécu de leur accorder une majoration. Se référant à la Déclaration européenne des droits de l’homme, la Cour de cassation a ainsi accordé, dans un arrêt du 19 février, le droit à un père de famille de bénéficier d’un tel dispositif. «Il y a désormais une insécurité juridique qui nous oblige à légiférer rapidement», insiste-t-on au ministère du Travail. Car, «au fur et à mesure que les pères de familles vont déposer leurs dossiers de retraite, on peut craindre qu’ils demandent cette majoration au même titre que les femmes. Or, avec la loi actuelle, nous ne pouvons toujours pas la leur accorder», explique Danièle Karniewicz, présidente du conseil d’administration de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav). Les procès contre les caisses régionales de retraites pourraient alors se multiplier et coûter très cher à la Sécu du fait de la nouvelle jurisprudence. Mais les syndicats craignent que le gouvernement décide au final de prendre simplement aux femmes pour donner aux hommes…

«Il ne faut pas que ce soit un prétexte pour raboter les droits des assurés sociaux !» prévient-on à la CGT.

Car, vu l’état de son déficit, la Sécu ne peut pas se permettre d’accorder aux pères les mêmes droits que les mères. «Si on doit mener cette réforme à budget identique, on devra forcément faire des choix qui ne donnent pas les mêmes droits à tout le monde», concède Danièle Karniewicz à la Cnav. Au ministère du Travail, outre la nécessité de ne pas aggraver les comptes de la Sécu, on insiste sur le respect de deux autres principes : l’égalité homme-femme d’une part, la prise en compte des différences de salaires et de carrières entre les deux sexes d’autre part. «En pratique, une mère de famille n’a pas la même progression de carrière qu’un homme, souligne Pascale Coton, vice-présidente de la CFTC. Elle a plus de chance d’avoir des "trous" dans sa vie professionnelle, gagne donc moins qu’un homme (25 % en moyenne)» (1).Du coup, au moment de prendre sa retraite, les écarts sont de l’ordre de 40 % de pension en moins. Les organisations syndicales refusent donc que, sous prétexte d’une lutte contre la discrimination, on aboutisse à aggraver les différences entre les hommes et les femmes.

Au cabinet de Xavier Darcos, on fait savoir que «plusieurs scénarios sont possibles et encore en discussion». Le plus probable pourrait être une «harmonisation» avec le régime de la fonction publique. Depuis 2003, les femmes peuvent bénéficier d’une MDA de six mois. Mais les mères et les pères ayant pris un congé parental ou réduit leur activité professionnelle peuvent gagner jusqu’à trois ans d’annuités.

Libre-choix. «On peut imaginer que, sur deux ans de majoration accordés, un an le soit exclusivement à la femme au titre du congé maternité et l’autre année soit à partager entre le père et la mère», propose Danièle Karniewicz. La question est alors de savoir comment répartir cette annuité. Soit en laissant le libre-choix du bénéficiaire de la majoration comme on le suggère du côté de la CFDT, soit en décidant de «conditions d’accès», en fonction des congés parentaux, à l’image de la réforme de 2003 pour la fonction publique.

Mais les responsables syndicaux restent très méfiants. «Je ne veux pas voir les majorations pour les femmes ramenées à un an par enfant», prévient déjà Jean-Christophe Le Duigou à la CGT. «Un alignement sur la fonction publique n’aurait pas la même valeur, ajoute Jean-Louis Malys à la CFDT. Le calcul des pensions étant différent et moins avantageux pour le privé». A la CFTC, on gronde déjà : «Si la situation des femmes devient moins bonne, on montera au créneau pour dire que ça suffit», a prévenu dès mardi Pascale Coton à l’AFP.

Le ministre du Travail, Xavier Darcos, a pris contact en juin avec les représentants des partenaires sociaux et de l’Union nationales des associations familiales (Unaf) pour préparer la réforme. Des consultations sont prévues à la rentrée pour tenter d’arriver à un «consensus» avant le 23 septembre, date à laquelle le PFLSS sera examiné par la commission des comptes de la Sécurité sociale.

LILIAN ALEMAGNA

mercredi 14 octobre 2009

Un test sanguin pour détecter les anomalies fœtales

Jean-Michel Bader
Un simple prélèvement de sang de la future mère devrait bientôt permettre de déceler de nombreuses affections génétiques graves de l'embryon.

Le diagnostic prénatal de la trisomie 21, de la mucoviscidose, de myopathies sévères et d'autres maladies génétiques gravement handicapantes pourrait bientôt reposer sur un simple examen du sang maternel. C'est un quotidien britannique, The Guardian, qui révèle le compte rendu de travaux de recherches financés par les autorités sanitaires britanniques (le National Health Service) à hauteur de 2,2 millions d'euros.

Aujourd'hui, deux techniques «invasives» pratiquées entre la 10e et la 16e semaine de grossesse permettent le diagnostic prénatal de plusieurs maladies génétiques ou chromosomiques : l'amniocentèse (un prélèvement du liquide amniotique et des cellules qu'il contient, au travers de la poche des eaux) et la biopsie du trophoblaste (futur placenta). Ces deux techniques provoquent malheureusement des fausses couches dans environ 1 % des cas pour la première (lire ci-dessous), et jusqu'à 2 % des cas pour la seconde.

Lynn Chitty, de l'University College Hospital de Londres, qui a dirigé ce programme de recherche, se montre très enthousiaste : «C'est intéressant parce que, dans le futur, des milliers de femmes n'auraient plus à se soumettre aux méthodes invasives avec leur risque d'avortement, pour diagnostiquer les maladies génétiques et les anomalies chromosomiques chez les bébés à naître.»

Entre 250 et 265 bébés britanniques sauvés

Rien qu'au Royaume-Uni, la nouvelle méthode sauverait chaque année entre 250 et 265 bébés en bonne santé qui, aujourd'hui, font les frais des techniques actuelles. La méthode a déjà complètement remplacé l'amniocentèse pour la recherche des incompatibilités fœtomaternelles de groupe sanguin Rhésus, qui font courir au bébé à naître un risque majeur d'anémie fatale.

Le véritable pionnier du diagnostic prénatal est Dennis Lo, un biologiste de Hongkong qui a démontré, voici une dizaine d'années, que de l'ADN du fœtus circule librement dans le sang maternel et peut en être extrait. Mais les cellules fœtales circulantes sont rarissimes, de l'ordre d'une pour 10 millions de globules blancs et 5 milliards de glo­bules rouges par millilitre de sang.

Plusieurs avancées depuis septembre 2006 ont préparé le terrain des recherches anglaises : ainsi la technique Iset, mise au point par Patrizia Paterlini-Bréchot (unité Inserm 807), a permis de concentrer des cellules fœtales et d'en détecter les mutations génétiques et les anomalies chromosomiques avec une fiabilité égale à l'amniocentèse ou la biopsie de trophoblastes. Ainsi la mucoviscidose, cette grave affection détruisant progressivement les poumons des enfants atteints, peut être dépistée sur le fœtus par la recherche de la mutation du gène CFTR responsable de la maladie dans le sang de la mère.

Autre avancée en 2008 : des chercheurs de l'université de Stanford ont également détecté dans le sang maternel la présence du chromosome surnuméraire qui caractérise les trisomies. Ils utilisent des séquenceurs d'ADN à haut débit, qui permettent de séquencer de façon massive le génome et laisse entrevoir un passage à court terme à une étape industrielle.

Les opposants au «dépistage à outrance» de la trisomie 21 (qui concerne une grossesse sur 100 au-delà de 40 ans), comme la Fondation Jérôme Lejeune, refusaient jusqu'ici un eugénisme médical au nom de la dangerosité des techniques proposées. Ils devraient être rassurés par la meilleure sécurité et la bonne sensibilité de cette nouvelle méthode.

Plusieurs associations soulèvent par ailleurs le risque que cette méthode soit utilisée largement pour la détermination du sexe de l'enfant à naître : déjà aux États-Unis plusieurs firmes privées proposent un test de «genre» qui serait fiable à 95 %.

mardi 13 octobre 2009

Reportages bidonnés: TF1 et France2 devront éteindre la polémique

Reconstituer, c'est tromper. Le 27 juillet, TF1 et France 2 ont simultanément diffusé au 20 heures un reportage sur les experts chargés de trouver les causes des incendies, en Corse. Deux reportages tournés au même moment, avec une équipe de gendarmes, fournissant moult explications sur les façons de procéder pour connaître les origines du sinistre.

Problème, il s'agissait d'une mise en scène, révélée mercredi par le Canard enchaîné. En soi, la pratique n'est pas nécessairement répréhensible. La malhonnêteté vient du fait que, à aucun moment, la mention «reconstitution» n'a figuré à l'écran. Une anomalie que le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) a fini par pointer du doigt vendredi.

«Nous allons écrire à TF1 et France 2 pour demander des explications sur la réalisation des reportages», explique le CSA. En cause, «l'honnêteté des contenus». Les chaînes sont ainsi sommées de raconter les circonstances exactes du tournage des images, le tout «assez rapidement». Ensuite, au CSA de trancher, s'il est nécessaire d'ouvrir un dossier, ou non. Si c'est le cas, les chaînes pourraient être mises en garde, voire en demeure. Ce dernier cas peut amener une sanction financière, si l'absence de «maîtrise éditoriale» est avérée. Mais pas de prévision possible: le CSA précise que chaque affaire se traite «au cas par cas».

lundi 12 octobre 2009

Molex : la pression monte entre les salariés et la direction

SOCIAL. Omelette pour les uns, coups et blessures pour les autres : selon les versions, celle des ouvriers ou de la direction, l’altercation qui a opposé ce mardi soir les grévistes de l’usine Molex de Villemur-sur Tarn à Eric Doesburg, l’un des dirigeants américains du site menacé de fermeture, n’a pas eu les mêmes conséquences.

Ce dernier, chargé de négocier la vente de l’équipementier automobile à un repreneur, aurait «reçu des coups de poings et de pieds lors de sa sortie de l’usine vers 21h30», a précisé Marcus Kerriou cogérant de Molex. Il a été agressé par une quarantaine de personnes alcoolisées. Ses blessures ont été constatées par un médecin, et une plainte a été déposée».

«Faux. Marcus Kerriou n’était même pas présent», répond Denis Parise le secrétaire CGT du comité d’entreprise. Le syndicaliste qui affirme détenir un enregistrement vidéo de l’incident raconte une autre histoire. «Les gardes du corps d’Eric Doesburg ont provoqué les ouvriers, dit-il. Ces derniers ont répliqué par une salve d’œufs. Je me suis interposé avec d’autres représentants syndicaux pour empêcher que les dirigeants soient pris à partie».

Denis Parise met le «coup de chaud des collègues» sur la montée de la pression. Á l’origine : une réunion ce mardi après midi entre la direction de Molex et une délégation du comité d’entreprise. Les représentants des ouvriers en grève, depuis le 07 juillet dernier, veulent des éclaircissements sur l’arrivée de vigiles affectés à la sécurité des bâtiments. Ils y voient «le signe annonciateur du déménagement des machines- outils et la ruine des perspectives d’une reprise de l’activité».

En guise de réponse, Eric Doesburg leur annonce la rupture des discussions avec un éventuel repreneur, précisant que la direction américaine du site «n’envisage pas de céder son activité, le groupe continuant d’être présent sur le marché européen de l’automobile ». Dans la foulée, il annule la réunion du lendemain sur la négociation des indemnités de licenciement invitant les représentants syndicaux à revoir leurs prétentions à la baisse.

«Nous ne nous attendions pas à des cadeaux de leur part mais la c’était la totale», commente Denis Parise. Lors du compte rendu en assemblée générale «les plus énervés ont annoncé qu’ils allaient attendre les patrons avec des œufs à la sortie». Voila pour l’omelette version grévistes.

Le «seul espoir» des 283 ouvriers de Molex réside désormais dans l’intervention du Ministre de l’industrie Christian Estrosi. «Nous ne demandons qu’à le croire lorsqu’il affirme que les brevets et l’activité de Molex doivent rester à Villemur-sur-Tarn», indiquent les responsables syndicaux.

C’est mal parti, Christian Estrosi a déclaré hier qu’il avait reporté un rendez-vous prévu dans la journée avec Eric Doesburg, celui-ci «ayant été agressé» la veille. Un nouveau rendez-vous devrait avoir lieu «dans quelques jours», selon le ministère.

En attendant, la direction a fermé l’usine. Les vigiles gardent les bâtiments à l’intérieur tandis qu’une cinquantaine de salariés campe devant l’entrée.

«On a appelé l’inspection du travail car les représentants du personnel doivent pouvoir entrer, ça commence à se corser. S’ils cherchent l’épreuve de force, ils vont l’avoir», prévient Denis Parise.

Jean-Manuel Escarnot, envoyé spécial à Villemur-sur-Tarn

Crédit photo AFP

vendredi 9 octobre 2009

Grippe A: le seuil des 1000 décès a été franchi

Un homme porte un masque à Hanoï pour se protéger du virus de la grippe A. (Nguyen Huy Kham / Reuters)

Le nombre de morts de la grippe porcine a dépassé la barre des 1.O00 victimes dans le monde depuis son apparition en mars et affecté 162.380 personnes, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publié mercredi sur son site internet.

Le nouveau virus A(H1N1) a tué 1.154 personnes dont 1.008 sur le continent américain où 98.242 personnes ont contracté la maladie, précise l'OMS. La deuxième région enregistrant le plus grand nombre de morts est le l'Asie du sud-est avec un bilan de 65 décès pour 9.858 malades.

Ce virus inédit d'origine porcine, humaine et aviaire a été déclaré première pandémie de grippe du XXIe siècle le 11 juin.

(Source AFP)

jeudi 8 octobre 2009

Copé gagne plus que Sarko. Que fait le fisc ?

Si le cumulard Copé (maire de Meaux, président de sa communauté d'agglomération et Député de Seine-et-Marne) aimerait avoir le job de Sarkozy, son métier d'avocat lui permet, à 26300€ brut par mois, de dépasser le salaire élyséen !

L'argent ne fait pas le bonheur, même en politique. Regardez Jean-François Copé : maire, président de communauté d'agglomération, député et avocat, il ne rêve que de devenir président de la République, alors que ce job lui rapporterait près de 5800€ de moins ! Car en cumulant les emplois, le président du groupe UMP cumule aussi les revenus.
La «manne juridique» : un passion de Copé... et de Sarkozy !
Mais n'allez pas vous méprendre : en additionnant les indemnités de ses trois mandats, Copé plafonne à 9730. Minable ! Moins qu'un secrétaire d'Etat, comme le remarque justement Politique.net. Ce ne sont pas les fonctions électives qui garantissent au président du groupe UMP son niveau de vie mais son job d'avocat d'affaire.

Selon une enquête parue dans Capital en mai 2009, Copé ramasserait 200000€ par an pour faire de la médiation juridique à temps partiel entre sociétés françaises et pays étrangers, soit 16600€ par mois ! De quoi humilier Nathalie Kosciusko-Morizet, une autre grosse cumularde pourtant bien haut dans la grille des indemnités, avec ses 19807 euros mensuels d'argent public. Et mieux même que les 20859 bruts du locataire de l'Elysée .

Mais la martingale judiciaire n'est pas étrangère au chef de l'Etat : détenteur d'un tiers des actions du cabinet Arnaud Claude et associés, Nicolas Sarkozy les aurait mis en location, accumulant de mois en mois le «loyer» de ses parts. La cagnotte représentait, selon les informations de notre journaliste Emmanuel Lévy, 600000€ en 2007 (contre 400000 fin 2006) et pourrait atteindre 1,6 millions à la fin du mandat, dont un tiers reviendrait à l'ex-Président. Alors, peut-être les rôles s'inverseront et Sarkozy touchera le salaire de Copé pendant que lui occupera sa fonction.

mercredi 7 octobre 2009

Avez-vous baissé les prix ?

Depuis le 1er juillet, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est passée de 19,6% à 5,5% pour les restaurateurs. En échange de ces taux réduits, le gouvernement a fait promettre à la restauration de baisser les prix et d’embaucher. Enquête.
Mardi 21 juillet, à 10h30 : nous nous promenons aux Abbesses, en quête d’un restaurateur pouvant répondre à nos questions. Le premier juillet dernier, suite à l’annonce de la baisse de la TVA, beaucoup de restaurants affichaient une baisse alléchante des prix de leurs plats du jour. Mais qu’en est-il aujourd’hui, vingt jours après ? Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a demandé aux professionnels de faire un effort en échange de cette baisse de la taxe. Un quota de 40000 embauches a été fixé, ainsi qu’une baisse des prix.

Dans un premier restaurant, situé au coin de la rue des Trois Frères, le serveur s’active. "Ici on est six ou sept salariés, on tourne en fonction des jours". Le café restaurant est ouvert sept jours sur sept, du matin au soir. Mais la TVA, "ici on ne sait pas ce que c’est. Pas de baisse des prix, le salaire c’est le même, et pas d’embauche". Et il n’est pas question de parler de ce sujet avec le patron, "sinon on se fait jeter".Au bistrot d’en face, le serveur responsable est d’abord sur la défensive. Puis peu à peu il admet qu’il n’a pas baissé le prix de la formule du jour. "Vous comprenez, elle est déjà à 13,60, pour le quartier ce n’est franchement pas cher, je ne peux pas descendre plus." Il a baissé le prix du café au comptoir, qui est maintenant à 90 centimes, mais il n’a pas embauché de nouveau serveur. "J’ai déjà mon équipe au complet, je n’ai pas besoin d’embaucher quelqu’un en plus". Quelques centaines de mètres plus loin, une ardoise indique une formule à 12,50…

Nous continuons dans la rue des Abbesses, et pénétrons dans un troisième bistrot. Le prix du café a baissé, mais pas les plats. "On a embauché un serveur de plus, donc on préfère miser là-dessus plutôt que sur une baisse des prix".
Les restaurateurs semblent avoir du mal à tenir deux promesses en même temps : c’est l’embauche d’une personne supplémentaire contre un maintien des prix, et non pas les deux d’un coup, comme le souhaitait le gouvernement. Il reste quand même le plaisir de boire un café moins cher au comptoir !

Sarah Irion

mardi 6 octobre 2009

Hadopi 2 : l'Assemblée vote la coupure de l'accès à Internet

L'Assemblée nationale a adopté la sanction complémentaire de la suspension de l'accès à Internet pour punir le téléchargement illégal. Les députés ont commencé à débattre de la sanction pour négligence caractérisée.

Jeudi, les députés de l'Assemblée nationale ont voté l'article 3 du projet de loi Hadopi 2, après avoir voté l'article 2 instituant le recours au juge unique et à l'ordonnance pénale. Selon cet article, en plus d'une amende au montant pouvant atteindre 300 000 € et/ou une peine d'emprisonnement de jusqu'à trois ans, soit le tarif actuellement en vigueur pour punir le délit de contrefaçon ( et en l'occurrence du téléchargement illégal répété ), le juge pourra décider de suspendre l'accès à Internet de l'abonné.

Cette suspension pourra s'étaler pendant une année entière, avec interdiction pour l'abonné sanctionné de souscrire un autre contrat auprès d'un FAI. Il devra du reste continuer à payer son abonnement le temps de la suspension. Lors des débats, l'opposition a notamment tenté mais en vain, de faire passer une série d'amendements afin que les sommes collectées le temps de la suspension de l'abonnement soient reversées afin de permettre un financement de la création culturelle.

Après le vote de l'article 3, les discussions ont débuté concernant le très polémique article 3 bis. Celui-ci prévoit de sanctionner la négligence caractérisée ou plus explicitement le défaut de sécurisation de son accès à Internet qui aura été utilisé à son insu pour du téléchargement illégal. Des contraventions de cinquième classe sont prévues ( jusqu'à 1 500 € ) et/ou une suspension de l'accès à Internet pour une durée maximale d'un mois.

Sur son blog, le député UMP Lionel Tardy estime qu'il s'agit de l'article " le plus atterrant " du projet de loi et qu'il pose de " gros problèmes de constitutionnalité ". La ministre de la Justice a indiqué que l'abonné concerné recevra une lettre recommandée et c'est son éventuelle absence de réaction que le juge devra évaluer

lundi 5 octobre 2009

Banques avides

Comme si de rien n'était... Comme si la crise mondiale qu'elles ont provoquée ne charriait pas chaque jour son cortège de drames sociaux, de tragédies humaines et de déroutes économiques, des banques renouent avec des pratiques d'hier. Des pratiques du monde d'avant la crise. Aux Etats-Unis, la banque d'affaires Goldman Sachs s'apprête à provisionner sans honte une enveloppe de quelque 20 milliards de dollars à affecter aux bonus à venir, soit la somme que le G8 alloue à la lutte contre la faim dans le monde !

Comme au bon vieux temps, quand elles faisaient leurs petites affaires à l'abri du monde réel et en toute impunité, des banques renouent avec des bonus garantis, destinés à récompenser des banquiers pour leurs prises de risques importantes, quand bien même les profits originels se transforment en pertes colossales. Alors que la crise va encore creuser l'écart entre les riches et les pauvres, ces primes à l'avidité sont choquantes - profondément. 'Excès et surenchères', selon la formule d'Ariane Obolensky, directrice générale de la Fédération bancaire française, dans La Tribune du 22 juillet, qui sont proscrits en France, grâce au code sur les rémunérations variables adopté en début d'année, mais existent ailleurs en Europe.

Christine Lagarde n'a pas mâché ses mots dans le Financial Times du 22 juillet : 'C'est une honte absolue que l'on puisse encore verser des bonus garantis pendant plusieurs années ou que certaines personnes songent à rétablir les vieilles façons de rétribuer avec un lien insuffisant entre rétribution et performance durable ou prise de risques.' La ministre de l'économie est au diapason de Barack Obama, qui, le 20 juillet, a porté un jugement sévère : 'On n'a pas l'impression, a-t-il dit, que les gens de Wall Street éprouvent le moindre remords pour tous les risques qu'ils ont pris ; on n'a pas l'impression que ce qui s'est passé ait provoqué un changement de culture ou d'attitude.'

Il y a moins de quatre mois, lors du G20 de Londres, début avril, tous les grands de la planète ont fait le serment de ne plus laisser la sphère financière tenir la dragée haute aux Etats. Promis, juré : la crise allait être salvatrice. Elle fournirait de nouveaux outils pour réguler un monde devenu fou. Le monde d'après ne ressemblerait pas à celui d'avant. Hélas, dit Mme Lagarde, les 'vieilles façons' reviennent. Elles creusent les inégalités ; elles sont dangereuses pour l'ensemble de l'économie ; elles suscitent incompréhension et colère. Elles doivent cesser.

Toute la crise financière avec LeMonde.fr

vendredi 2 octobre 2009

Comment je dépense mes indemnités de député...

Depuis quelques semaines, la presse, des hebdomadaires aux quotidiens, s'intéresse aux finances des parlementaires. Évidemment, il faut chercher la source de cette inspiration dans le scandale des notes de frais qui défraie la chronique du parlement britannique.

Je veux alors apporter ma pierre à la transparence nécessaire. Comme tous les députés, je reçois une "indemnité représentative de frais de mandat" qui s'élève depuis le 1er octobre 2008 à 6 329 euros brut. Elle est distincte de mon indemnité salariale (5 219,17 euros net) et d'une autre enveloppe destinée à rémunérer mes collaborateurs (9 021 euros brut).

Cette "IRFM" versée sur un compte à part (à La Poste en l'occurrence) a vocation à couvrir toutes les dépenses occasionnées par l'exercice de mon mandat. Je rappelle que, partisan du non cumul, j'ai choisi de me consacrer pleinement à cette fonction.

Depuis le début de l'année, voici mes dépenses en moyenne mensuelle:

- 460,43 euros de prélèvement "CSG"
- 30,70 euros de prélèvement "RDS"
- 343 euros que je verse comme participation au fonctionnement du groupe socialiste
- 950 euros que je rembourse à l'Assemblée qui m'a consenti un "prêt d'honneur" pour acheter ma permanence à Quimper
- 1 950 euros de remboursement d'un autre emprunt contracté sur 10 ans pour l'achat de ma permanence
- 37,25 euros d'assurance sur ces deux prêts.

Cela représente donc un premier sous-total de 3 772,32 euros chaque mois.

Dès lors, il ne reste plus sur l'ensemble de l'enveloppe "IRFM" que 2 556,68 euros de disponible.

Je les consacre:

- pour 350 euros par mois à divers abonnements
- pour 190 euros à régler ma facture EDF
- pour 200 euros à rémunérer le syndic de la copropriété dans laquelle se trouve ma permanence
- pour 200 euros à du petit matériel de bureau et divers travaux d'entretien des locaux
- pour 327 euros à divers fournitures liées aux installations informatiques de mes 3 collaborateurs qui travaillent à Quimper
- pour 275 euros à la location des chambres d'hôtel au sein de l'Assemblée où je dors 3 nuits par semaine puisque j'arrive à Paris le lundi en fin d'après midi et que j'en pars le jeudi dans la journée
- pour 300 euros à mes repas au sein de l'Assemblée mais aussi pour des déjeuners dans ma circonscription
- pour 100 euros à des dépenses de parking notamment à l'aéroport de Brest (à Quimper, pour quelques mois encore le parking de l'aéroport est gratuit !)
- pour 230 euros à des factures liées à l'entretien et à l'utilisation de ma voiture, à des frais de pressing ou de dépenses d'habillement, pour la location de l'hébergement de mon blog, voire pour l'achat de gerbes pour les commémorations patriotiques.

Il reste donc en moyenne sur les 6 derniers mois 384 euros de solde. Naturellement, je les utilise pour des dépenses ponctuelles comme l'impression de mes cartes de vœux (en moyenne en 2008 et 2009 1.150 euros), l'organisation de conférences publiques (location de salles, impression des invitations comme la dernière avec le contrôleur général des lieux de privation de liberté venu à Quimper présenter son premier rapport, une seconde est en préparation avec le président de la CNIL). Son coût fut de 2 058 euros. Ou encore en liaison avec Bernard Poignant maire de Quimper, l'organisation annuelle d'une "fête de la République" chaque année le 21 septembre (coût l'an passé 2 100 euros).

Pour compléter, je rajoute que les dépenses de téléphone (5 lignes) ou de courriers sont assumées par l'Assemblée du moment qu'ils sont de "nature parlementaire". Et que je bénéficie de 40 allers-retours par an Quimper/Paris sur Air France.

jeudi 1 octobre 2009

Le téléchargement illégal, un "délit de contrefaçon" pour Alliot-Marie

PARIS — La ministre de la Justice a qualifié le téléchargement illégal de "délit de contrefaçon" tandis que les députés PS ont dénoncé la mise en place d'une "justice expéditive" lors de l'examen du texte Hadopi II mercredi soir à l'Assemblée.

"Le téléchargement illégal est une contrefaçon", c'est une "atteinte à la propriété, intellectuelle, littéraire et artistique" et "l'original perd de sa valeur marchande", a déclaré Michèle Alliot-Marie en abordant l'article 2 du projet de loi "protection pénale de la propriété littéraire et artistique sur internet".

Le projet de loi prévoit de sanctionner ce délit par une suspension de l'accès à internet. Le texte tire les conséquences de la décision du Conseil constitutionnel, qui a estimé que seul un juge peut prononcer cette sanction.

Le texte prévoit le recours à un juge unique et à la procédure simplifiée de l'ordonnance pénale, qui permet de traiter rapidement des contentieux simples selon la majorité.

Les députés PS ont eux dénoncé "une justice au rabais", "une justice expéditive avec un minimum de moyens", en demandant en vain la suppression de l'article 2. "Il faut arrêter de fantasmer sur tout cela", a répondu Mme Alliot-Marie, qui a estimé que le recours au "juge unique est nécessaire pour simplifier le traitement de ce contentieux".

"Toutes les garanties en matière de libertés sont mentionnées dans le code de procédure pénale concernant les ordonnances pénales", a ajouté le rapporteur Franck Riester (UMP).

Les députés ont déjà adopté plusieurs dispositions: constat des infractions par la Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et de la protection des droits sur internet (Hadopi), information des abonnés sur les sanctions encourues, effacement des données personnelles "dès le terme de" la période de suspension...

Les députés devaient reprendre les débats jeudi matin à 09h30.

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