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mardi 30 juin 2009

Hadopi : l'acharnement thérapeutique continue ?


On dénonçait depuis le début une loi inapplicable techniquement, légalement anticonstitutionnelle et surtout injuste pour les artistes. Que certains artistes ne l'aient pas compris est pardonnable puisqu'après tout leur vocation est de nous faire rêver. Mais le conseil constitutionnel, lui, ne s'est pas fait avoir.

Pour résumer, les sages ont décidé que la sanction (la coupure d'accès à Internet) préconisée par le projet de loi ne pouvait pas être appliquée par une autorité administrative, mais qu'elle devait être sanctionnée par un juge. Qui dit juge, dit tribunal, avocats, temps, argent, beaucoup d'argent. Les tribunaux français étant surchargés, même si 90% de la loi est accepté par le conseil constitutionnel, le rejet de la sanction met en péril tout le système préconisé par l'Hadopi et on ne peut que s'en réjouir.

La Ministre, drapée dans son orgueil, continue de soutenir sa loi moribonde et affirme qu'elle est prête à créer « 9 TGI pour gérer ce type de contentieux ». Sur Europe 1, le rapporteur UMP du projet de loi, Franck Riester, a suggéré la création de «juges spécialisés dans le droit d’auteur et la propriété intellectuelle» pour traiter ce nouvel afflux de dossiers dans des tribunaux engorgés. Si tel était le cas, Hadopi reviendrait extrêmement cher au contribuable.

Rappelons que, même si les défenseurs de cette loi brandissent la protection du droit d'auteur, la loi oublie entièrement la rémunération des artistes. En voulant promulguer l'HADOPI au forceps, je ne vois qu'un seul avenir pour cette loi : le fond d'un tiroir. Le but caché étant de dire aux lobbys : « Vous voyez, vous êtes venu nous voir avec un problème, on a fait une loi rien que pour vous, pour vous faire plaisir. Mais on est désolé les gars, ça ne marche pas. D'abord, il y a eu UFC-Que Choisir, la CNIL et 5 gus dans un garage. Puis, il ya eu le conseil européen, des mecs cachés derrière les rideaux du parlement la veille des vacances de Pâques. Et maintenant, c'est les vieux du conseil constitutionnel. Franchement, notre loi, elle était parfaite et on voulait vraiment qu'elle marche. On ne comprend vraiment pas pourquoi ils s'acharnent sur vous. » Ou peut-être que, dès le début, ils ont volontairement créé une loi inapplicable car ils ne voulaient pas avoir 16 millions d'internautes (et d'électeurs) à dos.

jeudi 25 juin 2009

Sarkozy veut ouvrir les lycées le week-end




«Il faut qu’on accepte cette idée que le lycée doit être ouvert en dehors des strictes heures de cours. C’est pas normal que quatre mois de l’année en comptant les vacances, ou cinq mois, ça soit fermé. C’est pas normal que le week-end, ça soit fermé», a déclaré ce mercredi le chef de l'Etat.

Accompagné du ministre de l’Education, Xavier Darcos, Nicolas Sarkozy s’était discrètement invité mercredi dans un lycée de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) à une réunion de travail des personnels avec le directeur de Sciences-Po Paris, Richard Descoings, chargé en janvier d’une mission de concertation.

Les élèves, a suggéré le président, doivent pouvoir aller par exemple au lycée le samedi pour «faire tourner le cinéclub, la salle de spectacles ou les équipements sportifs. Que ce soient les lycéens qui gèrent les équipements sportifs, ça leur apprendra un peu à être des adultes et à respecter les équipements dont ils auront la gestion».
«S'approprier» le lycée

Il s’agit, a poursuivi le chef de l’Etat, de «donner un droit de participation» aux élèves, «plutôt que d’infantiliser en ne donnant le choix qu’entre la soumsission et la rébellion». «On fait aimer son lycée en permettant aux jeunes de se l’approprier».

Chargé en janvier d’une mission de concertation par Nicolas Sarkozy, après le retrait du projet de réforme contesté du ministre de l’Education nationale Xavier Darcos, Richard Descoings a rendu un premier rapport à l’Elysée le 2 juin.

Il y fait des «préconisations» pour bâtir un lycée plus juste, en deux étapes. Elles devraient être reprises, selon l’Elysée, en tout ou partie à la rentrée 2010. Descoings suggère notamment une révolution de l’orientation, une revalorisation de la voie technologique (surtout de la série industrielle STI), le rééquilibrage des séries de la voie générale (L, S et ES), davantage d’oral aux examens de langues et un temps d’accompagnement à côté des cours.

(Source AFP)

mercredi 24 juin 2009

Bientôt un logiciel de contrôle dans chaque ordinateur en Chine


Par Rue89 | 09/06/2009 | 13H19

La Chine va exiger que chaque ordinateur individuel vendu dans le pays à partir du 1er juillet le soit avec un logiciel de contrôle permettant de bloquer des sites pornographiques, selon le Wall Street Journal et un responsable de la société qui a développé le programme.

Confirmant une information du quotidien, le responsable d'une des sociétés qui a développé le logiciel a affirmé que l'objectif était de lutter contre l'influence néfaste sur la jeunesse. (…)

Le Wall Street Journal cite cependant des sources industrielles étrangères affirmant que le logiciel permet de transmettre des données personnelles ou de rendre les ordinateurs vulnérables aux attaques, alors que le régime chinois est connu pour sa censure politique de l'internet.

Des industriels américains se sont insurgés lundi contre cette mesure. « C'est une initiative très malheureuse », a déclaré Ed Black, président de l'organisation américaine Computer and Communications Industry Association (CCIA) :

« C'est clairement une escalade dans la tentative de limiter l'accès à internet et la liberté ».

« Cela a des répercussions économiques et commerciales mais aussi culturelles et sociales. (…) c'est obliger tout le monde à être complice et à participer à la censure ».

Il a espéré que les autorités américaines tenteront de faire revenir la Chine sur sa décision.

Lire la suite sur Aujourd'hui la Chine

mardi 23 juin 2009

Estrosi : "avoir une guerre d'avance"


Christian Estrosi a défendu jeudi matin sur Europe 1 sa proposition de loi contre les bandes violentes, adoptée mercredi par la Commission des Lois. "Aujourd'hui, les bandes sont une nouvelle forme de délinquance", a soutenu le député-maire de Nice. "Il faut toujours essayer d'avoir une guerre d'avance".

Sa proposition de loi contre les bandes violentes est née d'un constat : "Cerné par toutes les mesures prises par le président de la République ces dernières années, le délinquant essaie de diluer sa responsabilité en s'organisant en bandes", a expliqué Christian Estrosi.

Le député-maire de Nice souhaite donc mettre à jour l'arsenal législatif pour enrayer le problème. "Désormais, le seul fait d'appartenir à une bande constituera un délit lorsqu'on a l'intention de nuire". L'objectif de cette loi est fournir aux policiers et magistrats "les outils nécessaires" pour luttes contre les bandes. Visé par le texte, le fait de dissimuler son visage : "Le port de la cagoule n'est pas un délit, mais une circonstance aggravante".

Malgré cette volonté affichée d'oeuvrer dans le domaine de la sécurité, Christian Estrosi a nié toute envie de marcher sur les plates-bandes du ministère de l'Intérieur. "J'ai beaucoup d'estime pour Michèle Alliot-Marie qui fait un excellent travail".

> Estrosi : de la prison pour les élèves porteurs d'armes

lundi 22 juin 2009

Les agriculteurs s'attaquent à la grande distribution


Les producteurs de lait et de porc bloquent les plateformes des enseignes de grande distribution pour obliger ces dernières à rendre public le montant de leurs marges sur les prix des produits alimentaires
Les producteurs de lait ne désarment pas et s'en prennent maintenant aux marges de la grande distribution
La FNSEA, principal syndicat agricole français, et les Jeunes Agriculteurs (JA), qui en est proche, ont entamé depuis dimanche soir une opération «vérité sur les marges» réalisées par la grande distribution.

Ce mouvement de protestation, qui devait commencer dans la nuit de jeudi à vendredi mais qui a déjà débuté dans l'Ouest, prévoit le blocage de plateformes des grandes enseignes (entrepôts intermédiaires entre le lieu de fabrication et celui de vente). Il est mené par les les producteurs de porc et de lait, qui ne digèrent pas l'accord passé la semaine dernière avec les coopératives et les industriels, qui fixe le prix du lait à 280 euros pour mille litres.

L'EPR de Flamanville bloqué

Des producteurs ont ainsi bloqué les accès au chantier de l'EPR et à la centrale nucléaire EDF de Flamanville (Manche) aux 600 salariés du site avec une cinquantaine de tracteurs. Près de 300 agriculteurs ont eux cessé de bloquerla Scarmor, plate-forme d'approvisionnement Leclerc à la périphérie de Brest, paralysée depuis dimanche soir, après une ordonnance rendue par le tribunal de Brest. Dans la Sarthe, sous la menace d'une sanction de 10.000 euros par heure de blocage prise en référé, les agriculteurs ont pris la même décision.

Le problème d'opacité des marges est «récurrent», mais il est d'autant plus sensible que l'accord signé la semaine dernière sur le lait «ne passe pas bien» sur le terrain, a reconnu le président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), Jean-Michel Lemétayer. Mais, selon lui, cette question «dépasse» celle du lait «car beaucoup de productions sont en difficultés, notamment le porc».

Un observatoire des prix accusé de ne pas faire son travail

Les agriculteurs ont déjà à maintes reprises dénoncé les «dégâts» de la loi de modernisation de l'économie (LME) sur les relations entre fournisseurs et distributeurs, et au premier chef l'opacité entourant la formation des prix. Comme les associations de consommateurs, les agriculteurs réclament depuis plusieurs mois la mise en place effective d'un «Observatoire des marges et des prix» des produits alimentaires.

Un observatoire a bien été créé en 2008, en pleine polémique sur la flambée des prix à la consommation. Mais il n'a pas donné les résultats escomptés, puisqu'il se limite à donner l'évolution des prix tout en restant muet sur les marges.

La FNSEA réclame la désignation «d'un arbitre» et souhaite que le gouvernement «envoie la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) dans les linéaires pour essayer d'apprécier les marges réalisées» par la grande distribution.

Intermarché donne l'exemple

Le groupement des Mousquetaires (Intermarché) a de suite réagi, se déclarant prêt à la transparence sur les prix et les marges, a expliqué Eric Mozas, président des enseignes alimentaires du groupement. «Il est anormal que chacun ne puisse pas vivre de son métier», s'est emporté M. Mozas en marge d'une conférence de presse sur la stratégie d'Intermarché, semblant reconnaître que le prix du lait payé aux agriculteurs par les transformateurs n'est pas assez élevé.

«Dire que la grande distribution est le mauvais élève est simpliste», a-t-il toutefois estimé. Eric Mozas a détaillé la répartition des marges sur une brique de lait d'un litre. Sur une marque 1er prix vendue par Intermarché 0,56 euro, «3 centimes partent en taxe, 11 cts font la marge du distributeur. Le reste (42 cts) est partagé entre les producteurs et les transformateurs», a-t-il expliqué. «Mais, a-t-il ajouté, entre 2007 et 2008, il y a eu un inversement des marges entre producteurs et transformateurs», c'est-à-dire que si les producteurs recevaient la part la plus importante de cette marge en 2007, cette part la plus importante est depuis revenue aux transformateurs.

vendredi 19 juin 2009

Cohn Bendit ou la victoire de l’Europe des Bisounours par Régis Soubrouillard




Les européennes ont rendu leur verdict. Les commentateurs aussi: les électeurs ont privilégié les partis qui ont mené une campagne européenne. A savoir l'UMP et Europe-écologie. Un peu court. Le premier n'a jamais eu d'autre ambition que d'installer une gouvernance européenne. Le second a élaboré un programme décousu qui relève de la quadrature du cercle.



Hier matin, éditorialistes et décrypteurs de tous poils avaient trouvé la clé du scrutin européen. Comment expliquer la victoire de l’UMP, la progression des écolos, le plongeon du PS et l’effondrement du Modem ? Ce serait la victoire des partis qui ont abordé frontalement la question européenne. Autant dire que les européennes seraient une victoire de l’Europe.

Dans le détail, La droite n’a jamais plaidé pour autre chose que pour une Europe des ajustements, une gouvernance européenne sans ambition, teintée d’un minimum d’idéal européen histoire de donner le change. C’est bien là toute la subtilité de l’approche européenne d’un Nicolas Sarkozy et qui explique aussi les beaux discours mobilisateurs que les leaders du parti ressortent au moment des échéances électorales.
A ce titre, Europe-écologie est un cas encore plus intéressant. « Le talent d’Europe-Ecologie est davantage d’avoir fait croire à une campagne européenne que d’en avoir réellement menée une » écrit justement Jean-Michel Aphatie, sur son blog.

Et pour cause, mener une campagne européenne aurait contraint Dany Cohn-Bendit de poser sur la table un projet politique élaboré en commun avec José Bové. L’un a milité pour le oui au référendum sur la constitution, l’autre s’est vivement engagé pour le non.
Le philosophe Marcel Gauchet y voit « le sommet de la contradiction de la nouvelle démocratie individualiste du privé. Il n’y a vraiment que sur le papier que le souci écologique et la radicalisation des droits personnels collent ensemble ! ». Menus détails diront certains, l’Europe a résisté à bien pire que ça. Si en plus, il y fallait une cohérence politique…Il n'en reste pas moins qu'en niant, en son sein, la réalité d'un conflit entre anti et pro-européens, au profit d'un consensus confortable, Europe-écologie prend le risque de considérablement affaiblir l'enjeu européen. Les périodes de forte mobilisations politiques ont été les plus conflictuelles et si elle entend s'imposer politiquement, l'Europe ne pourra en faire l'économie.

Europe-écologie pour une défense européenne dénucléarisée
A contrario, Europe-écologie s’est efforcée, tout au long de sa campagne de proposer une « Europe des Bisounours ». Une Europe du minimum commun mais qui malgré de puissants efforts de mises en scène n’échappe pas aux contradictions. Pas évident, par exemple, pour des écolos d’établir une politique de la défense. Pas vendeur d’un point de vue électoral et difficile à mettre en images par un Yann Arthus Bertrand, même très inspiré. L’élément est pourtant un incontournable de tout projet politique et souvent source de conflits...

Europe-écologie milite pour la mise en place d’une force de défense européenne. Par nature – si j’ose dire -, toute mise en place d’une telle force de défense implique un objectif de puissance et un pouvoir hégémonique. Or Europe-écologie, estime également que l'Union européenne doit devenir une zone dénucléarisée.

Mettre sur pied une force militaire européenne, soit la mise en commun du renseignement stratégique (pas demain la veille…), abandonner le principe de dissuasion nucléaire tout en s'émancipant de l’OTAN à un moment où il serait difficile de prétendre que la guerre a définitivement quitté l’horizon européen. Pour sûr qu'il fallait s'y mettre à plusieurs pour élaborer une doctrine de défense aussi fantaisiste. La mission aurait pu s'avérer impossible pour un parti soucieux de se confronter au principe de réalité. Mais impossible n’est pas euro-écologiste.

jeudi 18 juin 2009

Explosion de la pauvreté : 33,2 millions d’Américains (1 sur 9) reçoivent des bons d’aide alimentaire.


Décidément, nous sommes en 1929.

33,2 millions d’américains (1 sur 9) reçoivent des bons d’aide alimentaire.

La récession n’est désormais plus exclue aux Etats-Unis. Les premiers effets de cette crise commencent à se faire sentir.

Des millions d’Américains confrontés à l’envolée des prix, ont des difficultés à se nourrir. Presque 10% de la population reçoit des bons d’aide alimentaire, un record depuis le lancement de ce programme dans les années 60.

WASHINGTON (Reuters) – One in nine Americans are using federal food stamps to help buy groceries as the country’s deep recession forced another 591,000 people onto the federal anti-hunger program at latest count.

Enrollment jumped 2 percent to 33.2 million people in March, the fourth consecutive month that rolls hit a record, said the Agriculture Department. The average monthly benefit was $113.87 per person.

"It’s tough out there for struggling families and will be for many months to come," Jim Weill, president of the Food Research and Action Center, said.

"It’s very likely that the numbers will continue to grow in the coming months as a turnaround in unemployment and wage declines typically lags behind the recovery of the broader economy," he said.

In 20 states, as many as one in eight are on the food stamp program, according to the Food Research Center.

The U.S. economy has contracted sharply since last fall, with nearly 6 million jobs disappearing since the beginning of 2008. Further job losses are expected as the recession grinds on.

Congress allocated some $54 billion for food stamps this fiscal year, up sharply from $39 billion last year. In the new fiscal year beginning Oct 1, costs are estimated at $60 billion.

U.S. enrollment in recent months :

March - 33.157 million

February - 32.556 million

January - 32.205 million

December 2008 - 31.784 million

November 2008 - 31.097 million

October 2008 - 31.050 million

Sept 2008 - 31.587 million

mercredi 17 juin 2009

Agir pour éradiquer le capitalisme et toutes les formes d’oppression



Les défenseurs du capitalisme, au premier rang desquels les dirigeants de l’Union européenne, ont perdu toute crédibilité. Depuis des années, ils piétinent les droits des peuples, mais n’ont pas hésité à prendre le contrepied de leurs principes affichés pour organiser le sauvetage des banques. Les partis au pouvoir en Europe pouvaient agir autrement en les nationalisant et en récupérant le coût de cette opération sur le patrimoine des grands actionnaires et des administrateurs. L’instrument public de crédit ainsi constitué pourrait financer des projets socialement utiles, respectueux de l’environnement, générateurs d’emplois, tout en garantissant l’épargne des particuliers. La crise remet à l’ordre du jour des propositions écartées durant la longue nuit néolibérale, comme la réduction radicale du temps de travail (avec embauche compensatoire et sans perte de salaire) ou l’indexation des salaires et des allocations sociales sur le coût de la vie. L’Europe a besoin d’une nouvelle discipline financière : il faut ouvrir les livres de compte des entreprises à des audits internes (syndicats) et externes, réglementer tous les produits financiers et interdire aux entreprises d’avoir quelque actif dans un paradis fiscal. Il faut transférer les grands moyens de production, de commercialisation, de la finance, de la communication et des autres services dans le domaine public en les retirant des mains des capitalistes. Il faut promouvoir systématiquement les biens communs.

Sur le plan politique, les citoyens européens doivent prendre le pouvoir politique qui leur est confisqué. Les peuples qui ont pu s’exprimer sur le traité constitutionnel ont manifesté leur refus, mais les dirigeants sont passés outre sans le moindre scrupule. Pendant ce temps, le Venezuela, l’Equateur et la Bolivie nous montrent l’exemple. Les citoyens y ont élu une Assemblée constituante afin d’élaborer un projet de nouvelle Constitution, discuté avec les mouvements sociaux et approuvé par référendum. Dans ces trois pays, les électeurs ont maintenant le droit de révoquer tous les élus politiques à mi-mandat, alors qu’aucune Constitution européenne ne prévoit un tel mécanisme hautement démocratique.

Les pays d’Europe doivent arrêter de piller les ressources naturelles et les savoirs du Sud, ils doivent augmenter l’aide publique au développement qu’il faut rebaptiser « contribution à la réparation » en guise de remboursement de la dette écologique, sociale et historique. L’Europe doit annuler la dette du Tiers Monde et appliquer la Déclaration universelle des droits de l’homme, dans toutes ses dimensions, notamment en ce qui concerne le droit de libre circulation et d’établissement des personnes. L’Europe doit abandonner l’énergie nucléaire et mettre hors d’état de nuire toutes les armes nucléaires présentes sur son territoire. L’Europe doit sortir de l’OTAN et ses troupes doivent se retirer de tous les territoires occupés militairement. L’Europe doit fermer toutes les bases militaires des Etats-Unis sur son territoire. Tous les pays membres de l’Union européenne doivent rendre leur indépendance aux peuples qu’ils colonisent encore aujourd’hui (Antilles « françaises », « hollandaises », territoires britanniques d’outremer, Nouvelle Calédonie, Ile de la Réunion…). L’Europe doit rompre les accords de partenariat avec Israël et faire tout ce qui est nécessaire afin que soient respectés les droits du peuple palestinien.

Le capitalisme a plongé l’humanité dans une profonde crise multidimensionnelle : financière, économique, climatique, alimentaire et énergétique, sans oublier les guerres et la course à l’armement. Le patriarcat perpétue un système qui opprime les femmes dans toutes les dimensions de la vie. Comme l’affirme l’assemblée des femmes tenue à Belém lors du Forum social mondial le 1er février 2009 : « Face à ces crises, les réponses palliatives basées encore dans la logique du marché ne nous intéressent pas. Ceci ne peut seulement mener qu’à une survie du même système. Nous avons besoin d’avancer dans la construction d’alternatives pour nous opposer au système patriarcal et capitaliste qui nous opprime et nous exploite |1| » .

Nous soutenons également la déclaration des peuples indigènes adoptée elle aussi à Belém : « La crise du modèle de développement capitaliste, eurocentrique, machiste et raciste est totale et nous conduit à la plus grande crise sociale et environnementale de l’histoire de l’humanité. La crise financière, économique, énergétique, productive aggrave le chômage structurel, l’exclusion sociale, la violence raciste, machiste et le fanatisme religieux. De si nombreuses et si profondes crises en même temps configurent une véritable crise de la civilisation occidentale, la crise du « développement et de la modernité capitaliste » qui met en danger toutes les formes de vie. Face à cela cependant, il y en a qui rêvent encore d’améliorer ce modèle et qui ne veulent pas reconnaître que ce qui est en crise, c’est le capitalisme, l’eurocentrisme avec son modèle d’Etat destiné à une nationalité, d’homogénéité culturelle, de droit positif occidental et de marchandisation de la vie |2|. »

Le capitalisme, le patriarcat et toutes les formes d’oppression ne disparaîtront pas d’eux-mêmes : seule l’action consciente des femmes et des hommes peut déboucher sur la création d’un autre système qui aura pour objectifs la satisfaction des droits humains indivisibles et la protection de la nature. En rupture avec la tragique caricature stalinienne, il s’agit d’en finir avec le capitalisme et de réinventer un projet écologiste, socialiste et féministe, ancré dans la réalité du 21e siècle.

mardi 16 juin 2009

UNEDIC : je coûte cher, mais combien je rapporte ?


2 ans de chômage et d’"accompagnement vers l’emploi" un bilan

Navigation rapide

* à qui profite le chômage ?, p1
* Non, Pôle emploi sait ce qui est bon pour vous., p1
* Ci-dessous, un rapide aperçu des ateliers auxquels j’ai participé (volontaire ou non)., p1
* Et plutôt que de m’encourager à reprendre le travail, ça m’a fait l’effet inverse., p1
* En fait, je devrais toucher un pourcentage sur l’argent que je fais gagner aux boites privées qui me font perdre mon temps., p1

« J’coûte cher ! » disait le titre d’une chanson. A part que dans la chanson, la femme profite au moins des fruits de ces dépenses. C’est aussi ce que beaucoup de jaloux reprochent aux chômeurs, même si ceux-ci ne voient pas ce que ces dépenses leur apportent. En quoi coûtent-ils cher à l’Unédic ? Serait-ce cette mirobolante allocation chômage que tant de gens nous envient ? Ou plutôt le prix de chaque prestation où Pôle emploi et autres envoient le chômeur ?

Et pourquoi ces organismes tiennent-ils tant à dépenser des millions pour leurs demandeurs d’emploi chéris ? Pour les réinsérer ? Faire croire aux gens qu’on s’occupe des chômeurs au même titre qu’on donnait un petit coup d’éventail pour aider nos vieux - comme dirait l’autre - lors de la canicule ?

Ou juste casser le service public qu’est Pôle emploi et le remplacer à terme par des boites de placements privées ? Ça ramène à la question :
à qui profite le chômage ?

La misère et le chômage sont des marchés juteux pour les associations et entreprises de tous poils spécialisées dans la réinsertion (exemple : Ingeus) et subventionnées par Pôle Emploi, la Région, la Mairie de Paris. ...

Leur but :
- Ils occupent les chômeurs et leur donnent l’impression de les aider.
- Pôle emploi ne les a pas pendant quelques temps sur les bras, les portefeuilles de chaque agent ANPE étant très chargés.
- S’enrichir sur le dos des précaires ; ça engraisse les boites privées qui se chargent de faire pression sur les chômeurs.

Imaginez un super plan pour trouver un boulot : monter sa propre association de réinsertion, demander une subvention à la mairie de Paris afin d’aider ses semblables à ne plus rester oisifs.

Aah, heureusement que les chômeurs existent ! Ils permettent à d’autres de jouer les bons samaritains en leur collant des boulots pourris et/ou se retrouvent en contrat d’avenir dans ces mêmes associations.



Dernièrement, ma conseillère de Pôle emploi m’a trouvée affreusement négative. Je suis pourtant allée à tous les ateliers qu’elle et les précédentes m’avaient imposés. Oh, ma langue a encore fourché… je voulais dire « proposés ». Ils n’ont que ça à proposer, accompagnés de contrats d’avenir et pour les stakhanovistes, un supplément EMT pour travailler gratuitement et montrer à quel point on veut faire preuve de bonne volonté.

En revanche, demandez une formation à votre conseiller(e) ; même pas en rêve ! (Ou alors, c’est un miracle) Ils préfèrent engraisser des sociétés privées et des associations, plutôt que de permettre au chômeur de se réinsérer réellement. De Cap Vers l’Entreprise à Ingéus, ils n’ont qu’un but : pousser le demandeur d’emploi à prendre le premier boulot de merde venu, quelqu’en soit le prix. Ses projets, il peut se les garder pour une prochaine vie.

Les miens, je les ai un peu abandonnés. Mais pas question de glander chez Pôle emploi ! Même si vous vous occupez déjà dans votre coin ou que vous êtes autonome.
Non, Pôle emploi sait ce qui est bon pour vous.

Ci-dessous, un rapide aperçu des ateliers auxquels j’ai participé (volontaire ou non).

2005 à 2007 :
- Bilan de compétence : on passe une matinée ou 2 par semaine pour faire des tests, parler à une personne qui n’y connaît rien, et pour savoir qu’il n’y a aucun débouché dans le métier que l’on souhaite faire. En règle générale, le chômeur s’en était aperçu avant. Bref, on n’a plus qu’à se recycler dans un boulot alimentaire.

- Validation des compétences : pour se rassurer et éventuellement rassurer le conseiller qui se demande pourquoi diable on n’a pas encore trouvé de travail. On y apprend parfois des comportements à éviter lors d’entretiens d’embauche (on ne se fait pas un rail sur le bureau de la DRH, par exemple)

- Chéquier langues : c’est encore ce que j’ai vu de plus utile. Ceux-là, je les avais demandés, donc, jusque là, pas de problème, sauf pour le 1er, où le rapport qualité n’était pas au rendez-vous.

2007 à 2009 :
- Cap vers l’entreprise : un accompagnement à l’emploi hardcore fait par Pôle emploi (But du jeu : ne pas se suicider avant qu’ils vous dénichent un job, même si c’est tentant)

- Atelier préparation à l’entretien d’embauche : On écrit les réponses aux questions sur un joli cahier made in Pôle emploi. Ça peut devenir amusant si on répond réellement ce qu’on veut sans se prendre à leur jeu débile.

- Atelier vidéo (couplé avec celui du dessus) : les autres participants pointent du doigt toutes les raisons qui font de vous un looser. Mais c’est pour nous faire progresser, hein !

- Cible emploi : une prestation de 3 mois à l’AFEC pour un accompagnement à l’emploi : ça se résume à vous diriger vers les maisons de l’emploi de Borloo où ne sont proposés que des jobs de misère. Après, si on a de la chance, la personne qui vous accompagne tentera de vous caresser dans le sens du poil pour vous motiver. Parce que beaucoup de chômeurs manquent de confiance en eux ; ils ne savent pas toujours que leur poil est brillant et soyeux. Pour ceux qui ont le poil rêche, ne comptez pas sur un produit miracle. Il n’y a que la méthode coué : « Je suis génial, je suis beau, je suis l’employé de vos rêves, je suis hyper rapide, j’adore travailler et je suis méga motivé ! (Oh, j’ai la nausée !) » À répéter 50 fois par jour devant son miroir.

- Encore une validation des compétences, au cas où je serais devenue totalement nulle. Ça peut arriver.

Cela m’apporte t-il quelque chose ? Ben comme les tests psy qu’on fait dans les magazines féminins, non. Ou bien, ça va me conforter dans l’idée que je m’étais faite sur le métier que je voulais exercer. Malheureusement, le monde du travail ne laisse pas de place au rêve et beaucoup de vocations s’en trouvent contrariées. (Snif !)

Et plutôt que de m’encourager à reprendre le travail, ça m’a fait l’effet inverse.

Quand un vendeur insiste beaucoup pour vous vendre un produit à un tarif très bas, demandez-vous ce que ça cache. Ces ateliers qu’on nous force parfois à faire, me donnent cette impression. Dans la majorité des cas, ça n’amène rien au chômeur, mais les boites privées ont la joie de palper les pépettes. Quant aux associations, elles se donneront bonne conscience en embauchant des gens en contrat avenir, après avoir eu leurs subventions : « Ouais, on a casé un chômeur ! On a résorbé le chômage ! »

En fait, je devrais toucher un pourcentage sur l’argent que je fais gagner aux boites privées qui me font perdre mon temps.

Et comme je suis toujours au chômage, j’ai des chances pour qu’on m’en propose d’autres que je refuserai sûrement, à moins de vouloir semer le désordre dans lesdits ateliers. Quand on pense que certains chômeurs se battent pour y participer… cherchez l’erreur ! A nouveau, tout se jouera sur le rapport de force que j’entretiendrai avec ma conseillère et ma résistance à la pression. Le jour où ils comprendront que le formatage ne fonctionne pas sur moi, peut-être me lâcheront-ils. Qu’ils réservent leurs ateliers à ceux qui le souhaitent vraiment ! Ils feront des économies et des heureux.

Parce qu’ils n’ont pas à nous imposer des ateliers et des accompagnements à l’emploi, parce que nous n’avons pas à être radiés pour avoir refusé leurs prestations, ne nous laissons pas faire. Seul, c’est très difficile de résister à la pression. Plus nous serons nombreux à leur dire non, moins ils nous obligeront à assister à leurs prestations sans intérêt. Oublions nos différences et regroupons-nous pour nous opposer à ce harcèlement organisé. Beaucoup savent se retrouver devant un match de foot. Alors pourquoi pas pour défendre nos droits ?

PS : J’aimerais aussi proposer des nouvelles sortes d’ateliers, parce que tant qu’à perdre son temps, autant le perdre en s’amusant. Atelier théâtre, chant, dessin, danse, écriture pour les artistes. Pour les ludiques : ateliers cartes, jeux de société, tir à l’arc, etc… Le genre « cours de la mairie de Paris » en gratuit, quoi. Oui, je sais, on est à pôle emploi, pas pôle vacances !

lundi 15 juin 2009

Google Street View : appropriation privée du domaine public

par Cauvin (son site)

Le service « Street View » n’est pas illégal, mais illégitime, et la protection de la vie privée n’a rien à voir dans cette affaire. Il ne s’agit pas de défendre l’individu mais la cible même de Google, la rue, car la rue appartient au domaine public, c’est-à-dire à la collectivité. Vous, moi, nous, Nous.
La création du service Street View (ou "Vue sur la Rue") par la société Google a suscité diverses réactions hostiles. Pourquoi cette hostilité ? Qu’y a-t-il de choquant dans le fait de photographier les rues et d’afficher les photos ? Violation de la vie privée ?

D’un point de vue factuel ce service offre la possibilité de visualiser un paysage terrestre à 360°, c’est-à-dire comme si on y était. Il s’agit donc d’une sorte de copier/coller de notre croute terrestre dans la nouvelle dimension, la nouvelle dimension qui se développe à une vitesse hallucinante derrière les écrans (1). Nous avons là une vaste reproduction, par l’image, de notre décor quotidien ; notre environnement naturel bascule dans les nouvelles terres numériques. Street View est une sorte de décalque de notre milieu naturel dans le nouveau milieu lumineux, plein et virevoltant que nous avons créé ces dernières années. La Grande Gueule de Goo, qui a déjà avalé des kilomètres de livres et de journaux, avance maintenant à travers nos rues et les digère une à une. La conséquence est évidente : nous avons la possibilité de voir les rues sans bouger de chez nous. Chaque lieu géographique se change en un décor numérique, accessible d’un simple clic. Les villes, toutes les villes deviennent "accessibles" en même temps : l’espace se réduit comme une peau de chagrin. Les espaces urbains sont comme passés à la moulinette puis débités à volonté. Tout cela est un peu effrayant... mais pourquoi ? Pourquoi ressentons-nous une certaine méfiance, voire une sourde hostilité vis-à-vis de ce projet ? Par son côté systématique, Street View se présente comme une mainmise, une sorte de mise en fiche, une forme d’invasion ! Nous nous contentons, en tant qu’internautes, de saisir quelques petits textes, des bribes d’images ou de musique dans nos blogs et nos sites... La Grande Gueule de Goo saisit les villes ! Quelle démonstration de puissance ! Street View effectue un copier/coller de quelque chose qui existe déjà, il n’invente rien, et ce quelque chose n’est pas une invention, comme dans Second Life, ce n’est pas un univers artificiel, c’est Notre monde.

Voyons maintenant les choses d’un point de vue juridique. Mais d’abord écartons le reproche de violation de la vie privée. La CNIL a fait son travail : les visages sont floutés, ainsi que les plaques d’immatriculation (2). Non, ce qui nous heurte de manière plus ou moins instinctive, en particulier en France, est qu’il s’agit d’une appropriation privée du domaine public. Les rues font partie, juridiquement, du domaine public, ou, pour employer le vocabulaire policier, de la voie publique. Juridiquement cette notion est lourde de sens. Le domaine public comprend les forêts dites "domaniales", les fleuves, les bords de mer, les routes et ces espaces urbains que nous partageons tous et qui constituent notre monde commun. Le domaine public se distingue des domiciles privés, des commerces, des entreprises, qui ne sont pas accessibles librement car ils constituent des propriétés privées. Le service Street View n’est rien d’autre qu’une mainmise, non pas sur notre vie privée, mais sur notre espace public, lequel est en principe inaliénable. Le problème ne vient pas des utilisateurs ou des personnes qui pourraient être photographiées à leur insu, tout cela est secondaire, purement accidentel, le problème vient de Google lui-même et du sens même de ce projet, c’est-à-dire de cette sorte d’absorption systématique. Street View n’est pas illégal, mais illégitime. L’espace public ne saurait se retrouver entièrement en la possession d’une entreprise privée. Cette situation nous heurte car elle va à l’encontre des règles de base de notre société. Street View est une intolérable démonstration de puissance politique, venant d’une compagnie de négoce international. L’espace commun, ou sa régénération de l’autre côté des écrans, ne doit pas être soumis à la puissance de l’argent. Le domaine public doit être protégé, au même titre que les créations couvertes par le droit d’auteur. Mais à la différence de la propriété intellectuelle qui protège des intérêts particuliers, en l’occurrence ceux des artistes, la protection du domaine public a pour fondement l’intérêt général. La démocratie est en jeu derrière les sourires sympas des écrans de Google. Street View est une violation de nos droits de citoyen, une atteinte à notre souveraineté. Ce territoire nous appartient. Nous disposons, collectivement, d’un droit de propriété sur nos rues et ce droit est violé par Google. Il ne s’agit pas de protéger l’individu, le passant, l’automobiliste, mais le lieu, car ce lieu n’est pas privatisable, jamais, sous aucune forme, en aucune façon.

Street View doit donc être nationalisé. Ceux qui sourient à cet énoncé devraient imaginer qu’elle eût été leur réaction il y a moins d’un an à l’idée d’une nationalisation des banques. Pour le reste, certains considèreront qu’après tout il ne s’agit pas de l’espace public lui-même mais d’une reproduction, que tout cela n’a pas vraiment d’importance et que ce qui se passe derrière les écrans n’est pas un élément vraiment fondateur des évolutions à venir : libre à eux. Les autres, tous les autres doivent se demander par quelle aberration on a laissé une compagnie privée s’approprier l’espace public, le faire sien.

Le problème est à la vérité plus général : les nouvelles terres numériques sont entièrement sous la coupe d’intérêts privés. Il faudra tôt ou tard mettre un terme à cette situation (3).

Notre monde, c’est Notre monde.

Google ? TaGueuleGoo !

vendredi 12 juin 2009

L’Italie légalise les milices, une dérive fascisante ?




Dans une loi qui est en cours de vote en Italie « Disposizioni in materia di sicurezza pubblica », le gouvernement italien légalise purement et simplement les milices. Des « rondes de citoyens » vont pouvoir patrouiller afin de signaler aux forces de l’ordre « traditionnelles » des « situations à risques ».

Un symptôme de la dérive fascisante de l’Italie

Cette loi institutionnalise un pouvoir de coercition relevant de la sphère privée. C’est une dérive dangereuse pour une société dite « démocratique » car la seule garantie d’un ordre juste, c’est le fait que cet ordre relève du domaine public, donc sous la responsabilité collective et avec la légitimité du peuple.

Lien avec la vidéo du ministre de l’intérieur Roberto Maroni, qui explique sa loi


Le fait de faire reposer sur des groupements privés – qui n’ont de légitimité que leur caractère volontaire – donc des groupements autoproclamés ayant pour objectif une certaine forme de contrôle social, ramène l’Italie au temps des ligues qui dictaient « leur » loi dans la « jungle » de la rue. L’opposition italienne stigmatise ainsi les défaillances d’un Etat qui abandonne officiellement une parcelle de la force publique, un abandon qui ne fait aucun doute lorsqu’on sait que le gouvernement diminue les crédits des forces de l’ordre italiennes, comme s’en offusquent les syndicats de Police italiens. En clair, l’Italie externalise sa sécurité en opérant ce transfert du public au privé.

Des milices au service de la criminalisation des immigrés

La perplexité est de mise enfin, quand on apprend que ces rondes, dixit le Vatican, se font un point d’honneur à dénoncer « des étrangers suspects »… Une dénonciation des sans-papiers désormais obligatoire dans un autre article de cette même loi, sous peine d’amende. Un vaste mélange donc, qui assimile sans-papiers, immigrés et délinquants.

Les Italiens n’ont manifestement pas besoin d’un ministère de l’Identité nationale pour concurrencer l’esprit d’initiative français en la matière. A bon entendeur.

jeudi 11 juin 2009

Le grand absent du scrutin : le bulletin de vote

par Monolecte (son site)

Pendant que le petit landernau politico-médiatique piaille autour des résultats de l’élection européenne de dimanche dernier, chacun cherchant à tirer la couverture à soi par une interprétation plus ou moins capillotractée des pourcentages microscopiques récoltés, la question, pourtant centrale, de la légitimité démocratique de ce scrutin est gentiment poussée du bout de l’escarpin sous le tapis élimé des vieilles habitudes qui ronronnent sans fin.
Comme à chaque fois après un petit tour d’urnes, ça négocie sec dans les coulisses de la démocratie bon teint, tout le monde déjà braqué vers la prochaine échéance. Se faire élire est tellement un boulot à plein temps, qu’on se demande qui peut bien s’occuper de faire bouillir la marmite entre deux coups de bourre. Quoi qu’il en soit, la guerre des chefs est largement reprise et commentée de toute part — il paraît que ça s’appelle la politique — et du coup, il ne reste plus grand monde pour se poser la question de ce qui a bien pu se passer dimanche dernier dans l’intimité moite des isoloirs. C’est aussi ce qui fait que je ne regrette pas d’y être allée : avoir pu constater de mes yeux que toutes les listes engagées dans la course à l’échalote n’avaient pas de bulletin de vote disponible.

Quand bien même cela ne serait arrivé que chez moi, dans mon microbled, pour la liste obscure et anecdotique des amateurs de peau de saucisson d’âne, le simple fait qu’il ne soit pas matériellement possible de voter pour un candidat me fait littéralement sortir les yeux de la tête. Mais apprendre, de-ci, de-là, que la sublimation de bulletins de vote n’a pas été l’exception qui confirme la règle, mais la règle, que c’est même d’une telle banalité que nul n’a songé à relevé cette aberration, me laisse KO debout.
Je n’étais pas dans un bureau de vote, mais dans un self-service électoral, à espérer que le gars devant moi ne va pas se goinfrer la dernière portion de tarte au citron, parce qu’il n’est pas question que je mange un yaourt 0%, le dernier truc pas bon qui reste, une fois que tout le monde s’est servi. J’avais commencé par prendre un exemplaire de chaque bulletin, dans le louable effort de ne pas afficher mes opinions. Mais arrivée aux tas du fond, j’ai bien dû renoncer à prendre le dernier LO. Lutte Ouvrière, merde ! Ce n’est quand même pas le parti des Escargots rouges à réaction ! 8 bulletins reçus pour une grosse centaine d’électeurs !
On me dira : c’est de la faute à LO. Trop radins. Pas assez riches.

Mais quand on repense à l’histoire racontée par SuperNo :

Je suis allé voter vers 16h00. Avec SuperNonotte. Stupeur en arrivant dans le bureau de vote par ailleurs quasi désert : la moitié des piles de bulletin étaient vides ! Et pas seulement celles des “petites listes” comme Europe-Décroissance et quelques autres qui n’avaient pas les moyens d’imprimer leur bulletin, car en France, contrairement à ce qui se passe en Allemagne, l’État ne paie pas l’impression des bulletins de vote ou des professions de foi ! Honte et déni de démocratie !

Mais là, il n’y avait pas non plus de Europe-Écologie, par exemple ! SuperNonotte m’a retenu pour que je ne fasse pas un scandale ! Car évidemment les bulletins de l’UMP étaient présents, tout comme ceux des zécolos de droite de Waechter, qui ont dû gagner quelques voix par ce procédé peu reluisant. A quand la méthode nord-coréenne, avec seulement des bulletins UMP ?

On nous a expliqué que des bulletins n’étaient pas arrivés. Quant à ceux d’Europe-Écologie, il a fallu que Madame le maire daigne aller en chercher une pile dans son armoire !

Qu’est-ce qui nous arrive ? Comment en est-on arrivé à trouver ça normal, juste à côté des machines à voter que personne ne peut contrôler ou des élus à chaussettes très très montantes... ça, et puis le reste, les électeurs fantômes, ceux qui sortent de leur tombe ou ceux qui ne crachent pas sur une juste rétribution de leur effort démocratique. Du coup, j’ai un peu l’air d’une hystérique avec mes histoires de bulletins de vote manquants, au gré du vent, des livraisons, de l’humeur du maire... ou quand je m’insurge sur notre démocratie canada dry. C’est sûr, comparé à l’œuvre civilisatrice du tellement regrettable Omar Bongo, il nous reste encore quelques belles volées de marches à dégringoler sur les fesses, mais quand même, un peu de vigilance citoyenne ne nous ferait pas de mal, par les temps qui courent.

Parce que c’est quand même grave, non, de ne pouvoir voter pour la liste de son choix ? Imaginez deux secondes tante Agathe, dans son sprint final vers l’isoloir, en train de se démêler les pinceaux de son déambulateur et qui échoue sur une table à moitié dévastée :

* "Mais où qu’il est le bulletin d’Arlette ? Et l’Escargot rigolo ? Comment que je fais, moi, pour voter pour eux ?"
* "Ben, c’est qu’on n’en a plus en stock. Manière, c’est plus Arlette non plus, ma bonne dame. Et pour l’Escargot, faut rentrer chez vous, aller le chercher sur Internet, l’imprimer et revenir voter".
* "Inter quoi ?"

Manière, on s’en fout, tante Agathe ne sait même pas que l’escargot rigolo existe, vu qu’il n’avait pas assez de sous non plus pour la profession de foi et que personne n’a tenté de faire un semblant de couverture médiatique de cette fichue campagne.

Si on a l’esprit joueur ou un peu pervers (voire les deux !), on peut même imaginer les prochaines élections :

* "Bonjour, ils sont où les bulletins de Gauche ?"
* "Ha ben, vous savez, maintenant, faut les télécharger sur Internet et les imprimer vous-même avant de venir voter."
* "C’est con, ça, j’ai plus de connexion depuis qu’Hadopi m’a coupé le kiki !"
* "Ha ouais, c’est con. Mais j’ai encore plein de bulletins UMP, si vous voulez... Ça peut toujours dépanner. Vous savez ce qu’on dit : l’essentiel, c’est de voter, hein !"

Dilution démocratique dans un gâchis apocalyptique de papier...

Ne pourrait-on imaginer le retour de l’Imprimerie Nationale pour les élections ? Une feuille A4 recto/verso en niveaux de gris pour la profession de foi et un bulletin de vote unique avec case à cocher pour choisir son parti ou son élu, plus les cases vote blanc et rien à foutre de ces élections, vu le choix qu’il y a. Égalité des candidats, démocratie améliorée et réduction drastique du papier gâché.

mardi 9 juin 2009

La face cachée du projet de loi Création & Internet, dite « HADOPI »

C’est le feuilleton législatif, tant au niveau national qu’européen, de l’hiver et du printemps 2009. Le projet de loi Création & Internet n’en finit pas d’être ridiculisé, par l’assemblée nationale, par l’assemblée européenne, par les acteurs du net et, de manière générale, par tous ceux qui ne fricotent pas, de près ou de loin, avec les industries musicales et du cinéma ou le gouvernement. Mais là n’est pas le sujet.http://www.le-gouter.com/blog/images/denoncer.jpg

Que cette loi soit inapplicable, que l’autorité qui l’accompagne ne voit jamais le jour ou s’avère incapable de répondre aux objectifs fixés (faire baisser le téléchargement illégal et, mécaniquement, relancer la vente de musique et de vidéos), que le financement pour sa mise en œuvre ne soit jamais trouvé ou que les sanctions soient particulièrement impopulaires, le gouvernement n’en a cure. Car, contrairement à la DADVSI qui avait pour seul but de protéger (maladroitement, certes) le droit d’auteur dans un environnement nouveau (internet), le projet de loi HADOPI se fiche bien des intérêts des artistes et autres créateurs ou de priver un internaute de sa connexion. Ca, ce n’est que la partie immergée, celle destinée à faire passer le reste, en catimini.
L’HADOPI n’est liée qu’indirectement au droit d’auteur. Les sanctions encourues ne punissent pas le fait de télécharger illégalement un fichier soumis au droit d’auteur ou la possession d’œuvres contrefaites mais la non sécurisation par l’abonné de sa connexion internet, ayant entrainé une utilisation (ou une présomption d’utilisation) délictueuse de cette dernière. Même si la nuance peut paraître légère, elle est néanmoins très importante. Tout simplement par le fait que ce n’est pas le téléchargeur qui est visé, mais le titulaire de la connexion internet qui a permis le téléchargement. A l’heure du WIFI, de la 3G, du BLUETOOTH et de tous les protocoles sans fil plus ou moins bien sécurisés/sécurisables cette distinction est majeure. D’autant plus que ce projet de loi propose d’ériger en tant que preuve irréfutable d’identification de la l’abonné la seule adresse IP, malgré les risques de fraudes et d’usurpation maintes fois soulevés. Il devient alors facile de pointer du doigt un coupable idéal en cas d’infraction (ou de simple présomption) et, surtout, il va devenir très simple de lui imposer (pour se protéger juridiquement de problèmes inévitables) l’installation de logiciels destinés à contrôler l’activité de sa ligne ADSL. Logiciels qui, pour être efficaces, devront être de type « propriétaires » et donc forcément incompatibles avec les OS « libres », tel Linux. et, le plus souvent, payants On entre là dans le vif du sujet, avec un texte qui ne fait rien d’autre que de légaliser le filtrage de l’accès à internet depuis le poste de l’internaute, à des fins autres que sécuritaires, et par des organismes privés.
Contrôler la connexion internet des citoyens peut être acceptable en soi. S’il s’agit de sécurité intérieure (terrorisme) ou de protection de l’enfance. Sauf que là, ce n’est pas le cas. Il s’agit de contrôler l’activité de l’internaute dans un domaine directement lié à une activité lucrative privée. Excusez du peu. Et ce n’est pas tout. Le contrôle et la répression éventuelle de l’activité de l’internaute sort de la seule compétence d’un juge pour entrer dans celle (pour la surveillance) de sociétés privées, et (pour la répression) d’une autorité administrative dont la composition est déterminée par le gouvernement. Si l’on ajoute à ça que la CNIL ou l’ARCEP n’ont pas leur mot à dire dans ce système, on voit rapidement ce qu’il sera possible au gouvernement ou aux multinationales de retirer de cette loi ou de ses probables extensions futures à d’autres domaines. Sans parler de la gestion et de l’utilisation des données personnelles non encadrée. Voilà pour la partie filtrage.
Mais d’autres cavaliers sont insérés. L’un d’eux est particulièrement instructif. Toujours sous couvert de protection du droit d’auteur et de relance des marchés de la musique et du cinéma, la nouvelle autorité aura le pouvoir de labelliser des sites commerciaux privés et d’imposer aux moteurs de recherche le sur-référencement de ces sites labellisés. Après la mise en œuvre d’un filtrage voilà que l’on s’attaque à la neutralité du net en imposant une mise en avant systématique d’acteurs privés sélectionnés, certes indirectement, par le gouvernement. Imaginons un instant une extension (très simple une fois le principe admis) de cette logique législative aux sites d’information ou aux blogs, … et on se rend compte que l’on est bien loin de la problématique du droit d’auteur, mais plutôt dans celle de la liberté de choix du citoyen.
DADVSI était une loi mal ficelée, incohérente, inapplicable et sans les fondements technologiques nécessaires. Mais, au moins, elle disait ce qu’elle était et sa destinée de loi mort-née n’a pas modifié en profondeur notre vie en tant qu’internaute. HADOPI sera, peut-être elle aussi, une loi mort-née, mais nul doute que les brèches qu’elle va ouvrir dans la protection de nos libertés individuelles sur internet se feront ressentir très au-delà de sa simple (non) application. Et tout ça, sans proposer la moindre réflexion sur l’évolution de la méthode de rémunération des artistes dans un environnement totalement dématérialisé. Belle prouesse politique.

lundi 8 juin 2009

France : quelle est la nature du Nouveau Parti anticapitaliste formé par la LCR ?

La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) tiendra un congrès extraordinaire du 5 au 8 février pour se dissoudre et, à la place, fonder le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA). Selon les propres documents de la LCR, le NPA renoncera à une orientation socialiste en direction de la classe ouvrière et à la lutte révolutionnaire pour un gouvernement ouvrier, pour s’orienter vers un milieu politique plus large comprenant des tendances qui s’opposent ouvertement à la révolution.

Jeudi 05 Février 2009

France : quelle est la nature du Nouveau Parti anticapitaliste formé par la LCR ?

Par Alex Lantier


La plateforme politique proposée au congrès par la majorité du comité politique de la LCR explique : « Le NPA ne revendique pas de filiation spécifique avec le Trotskysme, mais une continuité avec celles et ceux qui ont affronté jusqu'au bout le système depuis deux siècles. Le NPA est un parti pluraliste et démocratique. Le processus constituant a commencé "par en bas", puis il y a eu un réel élargissement politique avec la participation de camarades venant de diverses composantes du mouvement social, de la gauche antilibérale, de l'écologie politique, de camarades issus du PS, du PCF, du mouvement libertaire, de la gauche révolutionnaire. Sans s'affadir, le NPA a tout à gagner en s'ouvrant plus encore. »

L’explosion, cet automne, d’une crise mondiale du capitalisme, qui pose une fois de plus la question de la révolution sociale, a pris la LCR au dépourvu. Comme toujours, la réponse de la LCR obéit cependant à une logique : l’évolution d’une organisation non marxiste est à la croisée des besoins changeants de la politique bourgeoise.

Des voix qui font autorité s’élèvent dans la bourgeoisie européenne pour appeler à une réorganisation de la gauche. Dans un article du 5 janvier, « Réinventer la gauche européenne », le Financial Times affirmait : « Les partis de gauche européens restent prisonniers de leur passé, obsédés par une idéologie anachronique… » L’article appelle ces partis de gauche à lancer de nouveaux appels politiques à la population, puis se termine par : « Il est possible qu’une partie de ce nouvel ordre du jour n’ait qu’un lien ténu avec le socialisme de la vieille école. Et c’est tant mieux. »

Particulièrement avec le développement de la crise économique et l’explosion de manifestations populaires massives à travers l’Europe contre la politique d’austérité sociale et la criminalité financière, le projet de trouver de nouvelles barrières politiques contre la mobilisation de la classe ouvrière devient vraiment urgent. Le chroniqueur français de droite Guy Sorman a écrit dans un éditorial du quotidien britannique Guardian que « Vider le socialisme de son contenu a une conséquence. Pour paraphraser Marx, un spectre hante l’Europe – le spectre du chaos. »

Pour faire partie du réarrangement de la gauche par la bourgeoisie, la LCR doit montrer clairement qu’elle rompt tous les liens, aussi ténus soient-ils, qu’elle a pu avoir avec une politique révolutionnaire. Dans la mesure où la LCR est associée au Trotskisme dans l’esprit du public, cela constitue un obstacle au fort virage à droite qu’elle prévoit d’effectuer en collaboration avec les syndicats, le Parti socialiste (PS), et les autres forces de l’establishment politique français.

L’objectif réel de la LCR en se liquidant, est en fait de liquider l’héritage politique de Trotsky, c’est-à-dire l’insistance sur l’indépendance politique complète de la classe ouvrière, l’internationalisme révolutionnaire, et une opposition indiscutable à la collaboration avec l’Etat bourgeois, les bureaucraties stalinienne et social-démocrate ainsi que toutes les variantes du nationalisme bourgeois et du radicalisme petit-bourgeois.

Le choix par la LCR de l’anticapitalisme comme guide idéologique constitue, dans le contexte politique européen et, à plus forte raison, français, un pas en arrière colossal et vers la droite, vers le plus petit dénominateur commun. Politiquement vague, ce terme englobe toutes sortes de mécontentements sociaux, indépendamment de leur base sociale ou de leur orientation. Il peut être adopté par de larges sections de la petite bourgeoisie, de droite comme de gauche — il recouvre tout ce qui se trouve entre l’anarchisme proposé par Pierre-Joseph Proudhon au milieu du dix-neuvième siècle et le violent mouvement protestataire populiste de droite de Pierre Poujade au milieu du vingtième siècle.

Avec les appels du président Nicolas Sarkozy à un « nouveau monde, nouveau capitalisme », dénigrant une « crise du capitalisme financier » et cherchant à « refonder » le capitalisme, il semblerait que parmi les sympathisants secrets de l’anticapitalisme il y aurait le Président lui-même !

L’abandon politique par la LCR de la « relation avec Trotsky » marque un tournant politique, mais il émane naturellement de l’histoire politique de la LCR. Examinée à la lumière des principes développés par Trotsky durant la lutte contre le stalinisme et pour fonder la Quatrième Internationale, la LCR n’a jamais été un parti trotskyste. En fait, la LCR est le résultat d’une scission de la Quatrième Internationale en 1953.

Le prédécesseur de la LCR, une minorité au sein du Parti communiste internationaliste (PCI) sous la direction politique de Michel Pablo, Ernest Mandel et Pierre Frank, avait rompu avec le trotskysme sur la base d’une orientation en direction des partis staliniens. Ils rejetaient l’analyse que faisait Trotsky de la bureaucratie soviétique comme force contre-révolutionnaire : ils affirmaient que la bureaucratie soviétique pouvait être poussée vers la gauche. En conséquence de cet abandon international de la lutte pour construire des partis révolutionnaires indépendants, et définissant la Quatrième Internationale comme un groupe de pression sur les partis de masses existants, le PCI s’orienta principalement vers le PCF.

La politique opportuniste du PCI – ses méthodes consistant à s’adapter sans question à l’état d’esprit dominant dans les mouvements de masse existants – avait préparé l’adaptation au radicalisme petit-bourgeois et aux mouvements étudiants protestataires tels qu’ils avaient émergé dans les années 60. Ceci permit au PCI de fusionner avec des groupes ayant fait scission d’avec la politiquement hétérogène UEC (Union des étudiants communistes, un mouvement de jeunesse stalinien, dont certaines sections étaient également attirées par les politiques de Mao ou de Che Guevara). Le futur dirigeant de la LCR, Alain Krivine avait été expulsé de l'UEC en 1965 et avait fondé les JCR (Jeunesses communistes révolutionnaires) l'année suivante. Après quelques changements de noms, l'organisation qui émana de la fusion du PCI et de cette fraction de l'UEC s’appelle la LCR depuis les années 1970.

Cependant, l’essentiel de son programme divergeait et même répudiait les conceptions de Trotsky, la LCR prenait soin néanmoins de conserver une certaine association avec l’image du grand dirigeant révolutionnaire. Cela donnait du prestige à la LCR et l’aidait à maintenir son autorité parmi certaines sections d’ouvriers ou d’étudiants radicalisés pour qui Trotsky représentait, au contraire du PCF, un idéal et un programme authentiquement révolutionnaires. Cette association avec Trotsky avait cependant un caractère tout à fait superficiel.

La LCR est restée une organisation petite-bourgeoise — de par sa composition, son orientation sociale, et son programme politique. Le PCI, tout comme l’UEC, était fortement orienté vers le nationalisme bourgeois, et Pablo lui-même devint conseiller du Front de libération national algérien et du PASOK bourgeois en Grèce. Le « trotsko-guévarisme » de la LCR comme on l’appelait couramment, les conduisit à soutenir toutes sortes de politiques identitaires et environnementalistes des classes moyennes.

La direction de la LCR elle-même admet que sa dernière mutation est la conséquence d’une orientation petite-bourgeoise bien établie. Dans une déclaration de décembre 2008, « De la LCR au NPA » ses dirigeants principaux (dont Alain Krivine, François Sabado, le philosophe Daniel Bensaïd, et sa porte-parole Roselyne Vachetta) écrivaient : « Ce n'est pas par hasard si, dans la gauche révolutionnaire française et même internationale, c'est la LCR qui a pris une telle initiative. C'est que nous sommes le produit d'une certaine histoire du mouvement révolutionnaire, d'une fusion entre un courant du trotskysme et la radicalisation de la jeunesse dans les années 60. »

Ils ajoutaient « A la différence d'autres courants, nous nous sommes efforcés d'incorporer à notre héritage politique, les changements du capitalisme de l'après-guerre, une solidarité forte avec les révolutions coloniales et les mouvements anti-bureaucratiques à l'Est, l'analyse de nouveaux mouvements sociaux comme le mouvement des femmes, aujourd'hui la prise de conscience écosocialiste face à la crise écologique, et surtout une réflexion et un enrichissement d'un des points clé de notre programme : la démocratie socialiste. »

Un autre élément important dans le virage de la LCR vers « l’anticapitalisme » tient à l’important réseau de contacts aux plus hauts niveaux des médias et de l’appareil politique bourgeois français qu’ils ont développés durant les années 1980 et 1990. La présidence de Mitterrand de 1981 à 1995 a marqué un net changement de climat politique par rapport aux années 1970. Les immenses espoirs que les masses plaçaient dans l’élection de Mitterrand ont été trahis lorsqu’il s’est lancé en 1983 dans une politique d’austérité pour limiter les augmentations de salaire. À cette période, la LCR commença à évoluer, comme d’autres groupes d’anciens étudiants radicaux, pour devenir une organisation hermaphrodite ayant à la fois les aspects d’un groupe protestataire et ceux d’un parti de l’establishment.

De nombreux membres de la LCR allèrent rejoindre le PS, où ils occupent maintenant des postes importants : Henri Weber, aujourd’hui un allié de l’ex-premier ministre Laurent Fabius ; Julien Dray, l’ex dirigeant de l’organisation de jeunesse de la LCR, le Mouvement d’action syndicale (MAS), et maintenant l’un des principaux conseillers de la candidate PS à la présidentielle, Ségolène Royal ; Gérard Filoche, qui a quitté la LCR au début des années 1990 et qui joue maintenant un rôle important dans les contacts du PS avec les dirigeants syndicaux. Un autre membre de la LCR, Edwy Plenel, qui l’a quitté au début des années 1980, est devenu l’éditeur du quotidien français de référence Le Monde.

Le tournant à gauche du climat politique après les grèves massives des cheminots de novembre-décembre 1995 a amené la LCR à collaborer directement avec les principaux partis bourgeois français. Une indication de la duplicité fondamentale de la LCR est qu’elle ne discute jamais dans sa presse ou devant sa base de ses arrangements avec les partis bourgeois, mais par contre affiche souvent une opposition intransigeante envers le PS. Ces relations sont rarement mentionnées dans les médias bourgeois français, mais sont très bien détaillées dans des livres sur la LCR, y compris ceux qui sont vendus dans la propre librairie de la LCR.

Le gouvernement du Premier ministre socialiste Lionel Jospin de 1997 à 2002 s’étant discrédité par ses programmes d’austérité et de privatisation, il entama des négociations avec la LCR. Il faut noter que Jospin lui-même était parvenu au poste de Premier ministre après avoir débuté sa carrière politique au sein d’un autre parti révisionniste, anciennement trotskyste, l’Organisation communiste internationaliste (OCI) dirigée par Pierre Lambert – aujourd’hui le Parti ouvrier indépendant (POI).

Lors de négociations secrètes précédant les élections présidentielles de 2002, la LCR avait adopté le rôle de couverture politique du PS. Le PS avait accepté d’aider le candidat de la LCR, Olivier Besancenot, à obtenir les 500 signatures requises et à organiser une couverture médiatique en sa faveur si en échange la LCR promettait d’entretenir l’image de Jospin auprès des électeurs de gauche dans ses déclarations en vue du second tour des élections. Dans les faits, le PS et la LCR avaient mal calculé leur opération et l’impopulaire Jospin avait été éliminé au premier tour, entraînant un second tour entre le conservateur Chirac et le néo-fasciste Le Pen.

Au lieu d’appeler à un boycott au moment où le système électoral était discrédité aux yeux d’une grande partie de la population, la LCR s’était alignée sur la bourgeoisie en appelant à voter Chirac.

Après l’élection de Chirac, la LCR trahit les mouvements de grève de masse contre la politique sociale du gouvernement de Chirac. Bien qu’elle fût considérée comme une voix politique importante à « l’extrême gauche », elle s’abstint prudemment de lutter pour arracher la direction des luttes des mains de la bureaucratie syndicale qui très vite trahit les grèves. Pendant ce temps, Besancenot bénéficiait d’une couverture médiatique non-stop aux informations et même dans les émissions de « chat show people » à la télévision et dans d’autres médias de masse.

Comme l’expliquait François Sabado, de la LCR, dans un article publié en novembre 2004 et intitulé « Situation politique, parti anticapitaliste et parti révolutionnaire en Europe », la LCR insistait pour dire que sa tâche principale était d’organiser une stratégie commune avec les syndicats et la gauche bourgeoise française. Tout en étant disposée à émettre quelques critiques limitées sur ce qu’elle appelait l’inaction des syndicats et du PS, qui étaient tous deux fondamentalement hostiles aux grèves des travailleurs contre Chirac, elle refusait d’entreprendre une quelconque action qui puisse entraîner une rupture définitive avec les uns comme les autres.

Bien sûr, Sabado sait parfaitement que le PS est un parti bourgeois discrédité devant les masses. En adoptant le style cynique de l’obscurcissement, élaboré par des professeurs d’université abreuvés de Foucault et de Derrida et adoptée tout entier par la LCR, il écrivait : « Ce que nous avons expliqué, et que nous maintenons, c’est que sous la pression de la mondialisation capitaliste libérale, la social-démocratie connaît un processus de "social-libéralisation", de "droitisation" de sa politique, d’une interpénétration sociale poussée de sa direction avec la haute administration et les sommets capitalistes. Nous avons constaté, avec des développements inégaux, que ce processus provoque le décrochage de secteurs importants des classes populaires vis-à-vis des organisations de la gauche traditionnelle. »

Toute l’histoire, ainsi que la perspective de la LCR, sont toutefois construites sur une collaboration complexe avec les partis bourgeois et qui figure également au cœur du projet du NPA. Dans une partie intitulée « Politique anticapitaliste », Sabado écrivait que les révolutionnaires « doivent réaffirmer une politique d'unité et d'indépendance de classe... Notre politique contre le gouvernité d'action de toute la gauche sociale, syndicale et politique — s'est d'abord concrétisée, dans les luttes ». Au cas où certains n’auraient pas compris que ceci signifiait l’unité avec le PS aussi, Sabado avait ajouté, « Nous ne pensons pas que les partis socialistes [d’Europe] sont devenus des partis bourgeois. »

C’est tout simplement une déclaration absurde. Les vieux partis socialistes, comme le soulignaient les révolutionnaires de l’époque, avaient irrévocablement prouvé leur caractère bourgeois en 1914 en votant les crédits de guerre au début de la Première Guerre mondiale. Toutefois, par rapport à ces vieux partis de masse, le PS d’aujourd’hui marque un virage décisif à droite : il fut fondé en 1971 au Congrès d’Epinay pour devenir l’appareil électoral personnel d’un politicien bourgeois, François Mitterrand dont la carrière politique douteuse avait débuté dans des organisations antisémites de droite et incluait un passage, en tant que fonctionnaire de second rang, dans le régime collaborationniste de Vichy pendant l’Occupation.

Le contexte plus immédiat au lancement du projet du NPA a été un alignement temporaire sur la droite bourgeoise, à savoir, la collaboration politique de la LCR avec le ministre de l’Intérieur d’alors (le président d’aujourd’hui), Nicolas Sarkozy. En 2006, tous deux cherchaient à obliger le premier ministre Dominique de Villepin, principal rival politique de Sarkozy dans la droite française, à retirer le projet de loi instaurant le Contrat Première Embauche (CPE). Villepin fut finalement obligé de retirer la réforme en pleine vague de grèves et sous la pression de Sarkozy qui avait lancé un appel à négocier avec syndicats ; ce dernier en était sorti considérablement renforcé politiquement.

Bien que Sarkozy projetât clairement de s’allier aux syndicats dans le but de poursuivre un programme encore plus droitier que Villepin, la LCR proclama que la lutte contre le CPE avait été une grande victoire. En contrepartie, dans la période précédant les élections présidentielles de 2007, Sarkozy lança un appel public aux élus locaux pour qu’ils donnent leurs signatures et permettent ainsi à Besancenot de se présenter à nouveau aux élections.

La LCR lança le projet du NPA aussitôt après que Sarkozy eut battu la candidate du PS, Ségolène Royal, lors du deuxième tour des élections présidentielles en mai 2007. La presse bourgeoise parlait joyeusement de « rupture » dans le modèle social que Sarkozy comptait organiser. Le projet du NPA ne se fondait pas clairement sur une opposition de principe de la LCR ni contre Sarkozy ni contre le PS avec lequel elle avait collaboré. Au contraire, ils sentaient que le gouvernement Sarkozy révèlerait de manière encore plus nette qu’avant le vide existant à gauche et ils cherchèrent, au moyen du NPA, à opérer un certain regroupement au sein de l’establishment de gauche français.

Les références répétées au gouvernement de Front populaire de 1936-1938 et favorables à son égard, faites par la direction de la LCR, sont une indication de ce qu’ils escomptent d’un tel rassemblement. Le Front populaire était en fait l’un des chapitres les plus tragiques et les plus honteux de l’histoire de la classe ouvrière. Selon la stratégie du Front populaire, défendue par la bureaucratie stalinienne et adoptée par les politiciens bourgeois d’Europe de l’Ouest, les partis de masse de la classe ouvrière devaient s’allier à la gauche bourgeoise, ostensiblement pour faire obstacle au fascisme. En France, le Parti socialiste (avec la collaboration tacite du PCF) rejoignit au gouvernement le Parti radical bourgeois en 1936. Avec l’aide du PCF, il fit cesser une grève générale en forçant les travailleurs à reprendre le travail, en échange de concessions sociales officialisées dans les accords de Matignon.

Cette défaite engendra une atmosphère d’intense démoralisation dans la population et un regain de sentiments ouvertement fascistes au sein du corps des officiers français et de la bourgeoisie en général qui parlaient de « tuer la gueuse », autrement dit, la République qui, contrairement au régime nazi, avait été incapable d’empêcher et d’étouffer complètement l’ensemble des mouvements de la classe ouvrière. En Espagne, le Front populaire avait lié les travailleurs révolutionnaires au gouvernement bourgeois de la République espagnole et les avait conduits à la défaite dans la guerre civile. En retirant de l’ordre du jour politique immédiat la révolution en Europe, ces événements avaient grandement stabilisé le régime nazi d’Hitler et ouvert la voie à la Deuxième guerre mondiale, à la capitulation de la bourgeoisie française aux nazis et à sa collaboration durant l’Occupation.

Les formulations ambiguës et évasives de la LCR quant au Front populaire et au pouvoir ne peuvent toutefois dissimuler leurs préparatifs d’entrée dans des gouvernements bourgeois.

En juin 2008, lors d’une interview avec le porte-parole du PCF Olivier Dartigolles, Sabado disait : « Il ne s’agit pas de refuser toute participation gouvernementale, nous nous situons clairement dans une optique de gouvernement, mais un gouvernement qui soit le produit des mouvements sociaux, des rapports de forces politiques. » Et Sabado d’ajouter, « Les principales conquêtes dans le pays ont parfois été enregistrées par tel ou tel gouvernement, mais elles sont le produit de grèves générales, de situations révolutionnaires ou prérévolutionnaires. » Il a donné l’exemple des « congés payés, la semaine de 40 heures ou les nationalisations » accordés par le Front populaire.

Lors d’une table ronde en décembre 2007 avec plusieurs politiciens PS, y compris l’ancien membre de la LCR, Henri Weber, Krivine avait formulé, avec un mélange de malhonnêteté et de cynisme dont il est passé maître, la même perspective : « La première question que je pose : peut-on résorber [l'inégalité sociale] par des mesures concrètes qui impliquent une nouvelle répartition des richesses ? La deuxième question est celle des moyens : toutes les grandes réformes en France, celles du Front populaire, celles de la Libération, celle de 68, la victoire sur le CPE, ne sont jamais venues directement des parlementaires. C’est parce que des millions de gens sont descendus dans la rue, ont fait la grève générale, vous ont botté les fesses. »

Toutes ces déclarations démagogiques omettent de dire que la grève générale de 1936 fut trahie par le stalinisme et la CGT, que la bourgeoisie se maintint au pouvoir et que la voie fut ouverte aux défaites ultérieures. De par ces déclarations, la LCR montre qu’elle se trouve de l’autre côté des barricades. Trotsky avait dénoncé le Front populaire comme une alliance contre-révolutionnaire du libéralisme bourgeois avec la GPU, la police secrète stalinienne. Il avait implacablement critiqué sa politique pour être une trahison des intérêts historiques et révolutionnaires de la classe ouvrière et la forme la plus complexe et la plus dangereuse de la stratégie contre-révolutionnaire.

La déclaration la plus complète concernant les projets de la LCR fut donnée peu après le lancement du projet du NPA, dans une déclaration publiée en mars 2006 et intitulée « Quelques éléments clés sur la stratégie révolutionnaire dans les pays capitalistes avancés. »

Cette déclaration commence par nier la probabilité d’une crise mondiale du capitalisme, en citant Ernest Mandel : « Lorsqu’on évoque l’époque des révolutions, cela ne signifie pas du tout qu'aucun développement ultérieur des forces productives ne serait plus possible sans la chute de ce mode de production. Cela signifie seulement que, de ce point de vue, les forces productives qui continuent à se développer entrent en rébellion de plus en plus ouverte avec le mode de production existant et concourent à sa perte. » Il ajoute : « Mandel rejette toute interprétation mécanique et catastrophiste des formules de Marx. »

Ayant prématurément rejeté la probabilité d’une crise capitaliste, la déclaration enchaîne sur la nécessité d’une alliance politique avec la bourgeoisie « sociale libérale ». « La question du front unique est une question centrale dans un pays comme la France de 2006, mais elle ne se pose pas dans les mêmes termes avant 68, après 68 ou aujourd’hui avec l’évolution sociale libérale du mouvement ouvrier, la crise des PC et les nouveaux espaces pour une politique anticapitaliste. » En dépit du caractère « social-libéral », autrement dit bourgeois, de ces forces, ajoute la déclaration, « la recherche de l’unité des travailleurs et de leurs organisations est une donnée permanente de la politique des révolutionnaires ».

La déclaration décrit ensuite longuement sa conception théorique de la manière de mener une lutte politique. Elle commence par la grève générale qu’elle décrit comme « une figure centrale dans notre stratégie ». Bien que la France eût connu à cette époque deux mouvements de grève ayant mobilisé des millions de personnes au cours des cinq dernières années, et que des grèves de grande envergure allaient se produire durant chacune des trois années suivantes, la déclaration affirme carrément : « Aujourd’hui, les rapports de forces entre les classes en Europe ne mettent pas à l’ordre du jour l’éclatement de telles grèves générales. »

Elle fait remarquer que la grève générale soulève immédiatement la question d’une « perspective de pouvoir gouvernemental ». Toutefois, ne voulant pas détruire trop d’illusions concernant la politique de protestation, elle ajoute : « Bien entendu, dans toute l'histoire des luttes sociales, nombre de réformes, de nouveaux droits, de conquêtes sociales ont été obtenues sous la pression de rapports de forces et de mobilisations sociales... sans prendre le pouvoir ! »

Cette perspective consistant à ne pas défier la bourgeoisie se révèle le plus clairement dans la définition que donne la LCR d’un gouvernement ouvrier.

Dans le vocabulaire marxiste, la signification d’un gouvernement ouvrier est tout à fait claire : il s’agit d’un Etat fondé sur des organes populaires créés par la classe ouvrière au cours des luttes de masse contre le capitalisme. La LCR, bien évidemment, a une interprétation différente : « Le gouvernement ouvrier est une formule transitoire de gouvernement, dans une situation de crise où les institutions du vieil appareil d’Etat ne sont pas encore détruites. Ce n’est pas encore le pouvoir des organismes populaires ou de la "dictature du prolétariat", mais ce n’est plus le fonctionnement normal des institutions bourgeoises. [...] C’est une possibilité de gouvernement intermédiaire vers la conquête du pouvoir par les travailleurs. »

Trotsky avait été confronté à ce genre d’affirmation il y a bien longtemps. Il avait intégré la revendication pour un gouvernement ouvrier dans le Programme de transition, le document fondateur de la Quatrième Internationale, dans le but de populariser la notion de la lutte du prolétariat pour le pouvoir. Il avait explicitement rejeté l’affirmation qu’un gouvernement ouvrier représentait un compromis liant la classe ouvrière à l’Etat bourgeois.

Ne pouvant passer sous silence le fait qu’une alliance avec les partis dirigeants de la bourgeoisie française constituait une rupture totale avec le marxisme révolutionnaire, la déclaration de la LCR affirme que les expériences révolutionnaires faites dans le passé sont sans rapport avec la période actuelle : « C’est, en faisant référence à la Russie de février à octobre 17, et l’Allemagne en 18 et 23, que Trotsky utilise ses formulations "exigeant des partis ouvriers la rupture avec la bourgeoisie". Mais ces formules sont aujourd’hui frappées de relativité historique. »

Ce programme réactionnaire expose les grandes lignes de la volonté de la LCR de jouer un rôle ouvertement contre-révolutionnaire conjointement avec le PS, le PCF et d’autres organisations de l’establishment de gauche français, à l’encontre d’une population de plus en plus radicalisée. Dans les luttes de masse qui vont inévitablement arriver en France, le NPA se révèlera être un défenseur résolu de l’Etat bourgeois et un ennemi implacable de la classe ouvrière.
http://www.wsws.org http://www.wsws.org

vendredi 5 juin 2009

L'Etat veut Fermer les Centres de Planning Familiaux

Il semble officiel que le gouvernement veut la mort du service public: Les planning familiaux , lieux de prévention et d'informations sur la sexualité la contraception et donc des maladies sexuellement transmissibles, par exemple, sont maintenant en sursis. L'Etat revoit très fortement à la baisse les aides financières pour ces structures pour 2009.

A quoi servent les impôts, et à quoi sert l'Etat, voilà visiblement une question que ne s'est pas posé ce gouvernement, qui petit à petit transforme les entreprises publiques en entreprises privées, qui n'hésite pas à payer des loyers exorbitants pour des logements de fonction avec nos impôts et qui maintenant s'en prend au Planning Familial dont veut supprimer les subventions en 2010 :

"Le Planning familial est en danger. Une pétition a été mise en ligne le 29 janvier pour "défendre le droit à l'information, à l'éducation à la sexualité pour tous", réaffirmant une mission de service public que l'on connait depuis plus de cinquante ans. Fin janvier, un tiers de ses associations est menacée de fermeture: le gouvernement a réduit de 42% en 2009 le montant affecté au conseil conjugal et familial. En 2010, l'enveloppe budgétaire sera purement et simplement supprimée"

jeudi 4 juin 2009

70 000 Africains ont tenté la traversée en 2008



Deux routes principales pour rallier l'Europe : en Méditerranée, à destination du sud de l'Espagne, Malte ou Lampedusa; par l'Atlantique, vers les Canaries. Difficile de chiffrer le nombre de morts.

Ce n'est qu'une estimation approximative mais, selon le HCR (le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations unies), environ 70 000 personnes auraient tenté la traversée entre l'Afrique et l'Europe, en 2008. Les candidats à l'immigration empruntent deux routes principales. L'une en Méditerranée, à partir des côtes libyennes, vers le sud de l'Espagne, Malte ou Lampedusa. L'autre dans l'océan Atlantique, des côtes marocaine, sénégalaise et mauritanienne vers les Canaries.

Durant cette même année, l'Europe a renforcé son dispositif législatif pour contenir, à ses frontières, ce flux croissant, notamment à travers l'adoption du Pacte européen sur l'immigration et l'asile. L'objectif est de mieux encadrer l'immigration légale et de mieux combattre les réseaux de clandestins. Le HCR, toutefois, lance l'alarme. « Aucun mécanisme approprié n'existe pour assurer que les demandeurs d'asile ne soient refoulés dans des pays tiers sans que leur besoin de protection ne soit correctement examiné. » De nombreux témoignages, recueillis par des associations et des ONG, confirment ces craintes.

Khadafi serre la vis

En 2007, en recoupant les chiffres des polices des frontières, le HCR évalue à mille le nombre de morts, sur la route des Canaries, et à 500, en Méditerranée. Une estimation par défaut de ce qui ressemble fort à un drame silencieux. Les échos des avis de disparition, publiés dans la presse locale des pays d'origine, ne traversent pas les mers aussi facilement que les hors-bords des trafiquants.

En outre, la situation des droits de l'homme en Libye soulève de multiples interrogations. La fin de l'isolement diplomatique de Tripoli ne s'est pas accompagnée d'un relèvement du standard de ses prisons. Pressé de mieux contrôler les réseaux de clandestins, le colonel Khadafi serre la vis. Si la situation sanitaire des centres de rétention est souvent dénoncée sur le territoire européen, celle des geôles libyennes est effroyable : surpopulation, torture, viols... Avec, en prime, des mesures d'expulsion immédiates de la police de Tripoli vers... le désert. Sans eau ni vivres.

mercredi 3 juin 2009

Jusqu'à 12% d'augmentation pour les cotisations mutuelles complémentaires.

par DEALMANTIS -

mdicaments.jpgC'est un sujet qui concerne tout le monde puisque 90% de la population française dispose d'une mutuelle.Si l'on prend l'exemple d'une famille de 2 enfants,cela représente environ 1500 euros soit l'équivalent d'un 13ème mois pour un salaire moyen.

Un tel pourcentage de Français disposant d'une mutuelle démontre leurs déterminations à faire des efforts pour leur santé.Ils ne le font pas par luxe mais ils n'ont pu le choix car les mutuelles sont au cœur de la consommation médicale de la médecine spécialisée en générale.

Plus de 20% de nos dépenses médicales ne sont pas remboursées;c'est un chiffre englobant des pratiques courantes comme aller chez le dentiste ou l'ophtalmologiste ...etc et ces mêmes actes sont les plus couteuses avec des remboursements les plus faibles: "Les pères de famille ayant un enfant portant des lunettes et ayant un problème d'orthodontie doivent me comprendre!".

Jusqu'ici les augmentations de ces tarifs sont restées acceptables mais pour 2009:les hausses seront de 5 à 8% selon les compagnies et cela sera le 1er choc d'une longue série à venir d'augmentation. En effet,à partir de 2010,les tarifs vont augmenter de 10 à 12% .

Le ministre du Budget affirme que les mutuelles ont"les moyens pour ne pas augmenter les cotisations".Visiblement Monsieur le Ministre ne connait pas son sujet puisque :

-Techniquement les mutuelles doivent prendre en compte la hausse de cout de la santé :environ 4%. -Une nouvelle taxe de 3,4% pour alimenter la C.M.U (environ 1 milliard d'euros):Pour les récolter,le ministre a choisi de ponctionner sur les surplus des mutuelles plutôt que sur le budget de la sécurité sociale.

Concrètement nous allons payer nos cotisations mutuelles de plus en plus chères pour des remboursements de moins en moins intéressants.

mardi 2 juin 2009

Les chèques mystérieux de Julien Dray


Crédits photo : Le Figaro

Les enquêteurs cherchent à comprendre les circuits financiers qui mènent au député de l'Essonne.

Dans l'affaire Julien Dray, les investigations avancent autour des circuits financiers menant au député de l'Essonne. Les policiers de la brigade financière vérifient actuellement, opération par opération, les sommes apparaissant comme des revenus du député de l'Essonne. Selon le quotidien Le Parisien, les enquêteurs ont par exemple mis en évidence des cheminements atypiques de quelque 15 410 euros émis par chèque depuis le Var et les Alpes-Maritimes. Selon la brigade financière, ces chèques proviendraient de simples particuliers, notamment une femme qui se souvient d'avoir payé avec ce chèque… un jean et un sweat-shirt ! Le chèque, dressé par la cliente sans le nom du bénéficiaire, aurait été en réalité versé à un commerçant proche de Julien Dray, puis au député lui-même. Les enquêteurs cherchent à comprendre pourquoi des circuits si sophistiqués étaient en place. Pour sa défense, le député de l'Essonne a pour sa part chargé un cabinet d'experts-comptables d'étudier ses comptes.

En plein débat sur la suppression du juge d'instruction, «l'affaire Julien Dray» révèle les défauts des enquêtes préliminaires menées exclusivement par le parquet et sans la présence d'un avocat. Ce diagnostic a été délivré par… le procureur de la République de Paris.

«Un certain nombre de défauts»

Invité la semaine dernière de RTL, Jean-Claude Marin a estimé que la révélation publique d'éléments tirés de l'enquête visant le député de l'Essonne est «pire qu'un échec : c'est un scandale». Directeur des investigations menées sur soupçon de recel d'abus de confiance visant Dray, le procureur estime que «la procédure d'enquête préliminaire présente un certain nombre de garanties, mais un certain nombre de défauts auxquels il faudra remédier». Lui-même précise être favorable aux échanges de pièces entre accusation et avocats de la défense au stade de l'enquête préliminaire. Aujourd'hui, cette phase contradictoire n'est possible que si une information judiciaire est ouverte.

Depuis sa révélation, le 19 décembre, cette enquête est critiquée pour des raisons politiques. Menée par des magistrats soumis à l'autorité de leur ministère, elle vise un élu de l'opposition. L'impartialité des investigations est impossible sans l'indépendance du parquet, ont déjà souligné plusieurs parlementaires de l'opposition. Cette réforme-là n'est pas d'actualité.

lundi 1 juin 2009

Un préfet muté après une visite présidentielle agitée

Le préfet de la Manche a été muté un peu plus de six mois après sa nomination. Lors de sa visite dans le département, à Saint-Lô, le 12 janvier, Nicolas Sarkozy avait été chahuté par des manifestants.

69 réactions

Jean Charbonniaud, préfet de la Manche, a été muté un peu plus de six mois après sa nomination, en juillet 2008, indique mercredi le compte-rendu du conseil des ministres.

Jean-Karl Deschamps, vice-président socialiste du conseil régional de Basse-Normandie, a estimé sur le site internet du quotidien Ouest France que cette mutation était un "caprice d'Etat."

Une interprétation contestée par l'Elysée. "Si c'était une sanction, il aurait simplement été placé hors cadre", a-t-on déclaré.

Nicolas Sarkozy avait été chahuté par des manifestants à Saint-Lô le 12 janvier dernier. Le chef de l'Etat avait souhaité un bain de foule mais seule une vingtaine de ses sympathisants avaient pu franchir le cordon de CRS.

"Nicolas Sarkozy est venu présenter ses voeux à Saint-Lô. Les élus UMP ont appelé la population à venir applaudir le président, mais il y a eu des manifestants", a expliqué Jean-Karl Deschamps.

"Il faut un responsable: on déplace le préfet. Je ne comprends pas qu'on utilise l'appareil de l'Etat et de la République pour passer ses caprices", a-t-il ajouté.

Jean Charbonniaud doit prendre la fonction de préfet hors cadre pour siéger comme "membre du Conseil supérieur de l'administration territoriale de l'État."

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