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jeudi 29 janvier 2009

Trainée au tribunal pour refus de fichage génétique.


Le lundi 1 décembre à 14h, aura lieu au tribunal correctionnel d’Angers, un rassemblement de soutien lors du procès de Maud Bourgeais. Elle est poursuivie pour avoir commis le délit de « refus de se soumettre par personne condamnée pour délit, au prélèvement biologique destiné à l’identification de son empreinte génétique. » Rappelons que le délit qui lui vaut sa première condamnation n’est autre que ce même refus un an plus tôt.

Elle risque 2 ans de prison et 30000 € d’amende.

En effet, « Chacun a droit au respect de son corps, le corps humain est inviolable » ART 16.1 du code civil, mais le refus de se soumettre au prélèvement d’ADN est un délit… Dans la loi « Sarkozy » dite de sécurité intérieure, les infractions les plus banales (137 infractions, dont arrachage d’OGM, tags, dégradations, vols, …) donnent lieu à un prélèvement ADN. Bien entendu, les délits financiers, les abus de biens sociaux et les délits d’initié, sont par essence exclus de ce fichage…

A ce jour environ 717000 individus sont dans le fichier FNAEG (fichier central des prélèvements ADN).

L’ambition non avouée de cette loi est de ficher tous ceux qui dérangent l’Etat : militants, syndicalistes, jeunes… et tous ceux qui auront à faire aux forces de l’ordre. En effet, quoi de plus simple que de mettre hors d’état de nuire des personnes plus dérangeantes que dangereuses (vis-à-vis de leurs congénères s’entend) en les inculpant sous un motif plus que tendancieux ?! De plus si la personne s’obstine dans ses principes et refuse de nouveau de donner son ADN, elle se retrouve alors dans une situation de récidive légale et risque donc la révocation du sursis si sursis il y avait et donc la prison, comme c’est le cas aujourd’hui pour Maud.

Parce que finalement, accepter le fichage biométrique, c’est rentrer dans la gestion automatisée du vivant, réduit à son expression organique, qui ne laisse aucune place à nos revendications politiques ou personnelles. Parce que la saturation des tribunaux s’envisage avec seulement 10% de refus de prélèvement suivis de poursuites.

NON A LA SOCIETE BIG BROTHER ! NON AU FICHAGE ADN !

Appel en solidarité à signer ici

mercredi 28 janvier 2009

Fiction Démocratique

La machine infernale…
ou l’art de diriger sans gouverner !
mardi 18 novembre 2008
par Makhlouq
popularité : 1%
La démocratie ? C’est seulement un mirage que l’on fait miroiter aux peuples, le plus souvent naïfs, afin de leur faire croire qu’il sont tout-puissants. Mais lorsqu’on sait que les affaires de la planète se règlent d’une autre façon, invisible, mais tristement efficace... il y a de quoi avoir des sueurs froides ! Et ce texte vous y convaincra !

Imaginons-nous dans le sud de la Bavière plus exactement à Rottach Egern.
Nous sommes au bord du lac Tegernsee à l’Hotel Dorint Sofitel Seehotel Überfahrt.
Le calendrier indique le 5 mai 2005... il est important de s’en souvenir.

Dans ce cadre paradisiaque vont s’introduire des personnages célèbres influents dans le monde de la politique, de la banque, des armes, de la monarchie.

Après le balai des hélicoptères ce sont des voitures noires discrètes qui s’arrêtent les unes après les autres à quelques minutes d’intervalle.

Les invités sont à l’heure.
De la première voiture sortent trois individus dont le plus connu et le plus important est l’artisan de la guerre en Irak : Richard Pearl.

Des autres voitures descendent, en smoking à queue de pie, les altesses sérénissimes des familles royales hollandaise, belge et espagnole mais aussi Jaap Hoop de Scheffer, le secrétaire général de l’OTAN.

De la dernière enfin s’extrait Henry Kissinger toussotant précédé par Rockefeller et Rothschild... tous deux fort discrets malgré leur incommensurable fortune.
En dernière minute arrive une voiture légèrement en retard. Anders Eldrup, président de DONG (Danish Oil and Natural Gas) en sort.

Son épouse, se faisant discrète ne l’accompagne pas car, moteur de ce qui va advenir, elle préfère ne pas apparaître au grand jour.

Merete Eldrup n’est pas connue du public et ne le sera probablement jamais... pour des raisons évidentes... mais elle a une fonction importante qui servira les desseins des conspirateurs car elle est Président directeur général de Politiken Hus un groupe de la presse danoise... duquel dépend... le Jyllands Posten.

Cette mystérieuse réunion est en fait une rencontre entre deux sociétés secrètes : les néo conservateurs américains dont fait partie le tristement célèbre Wolfowitz et les Bilderbergers, association fondée par les princes Philip de Grande Bretagne et l’ancien Nazi, Bernhard, des Pays Bas.

On remarquera pour les besoins de la cause que les uns sont Européens et les autres Américains mais que tous sont conservateurs... tout comme le gouvernement danois lequel a envoyé des troupes en Irak.

On remarquera aussi la présence, pour les besoins de la cause, du Secrétaire Général de l’OTAN.

Voilà que les choses se précisent.
La réunion a été organisée afin de traiter l’affaire d’un pays qui renie le dollar comme moyen de paiement et se tourne vers l’euro.

Ce pays, l’Iran en l’occurrence, est en outre gênant pour l’expansion d’Israël.
Donc deux raisons pour le détruire... car c’est de destruction que l’on va parler.

Le reniement du dollar pour les paiements avait été une carte utilisée par Saddam Hussein. On sait ce qu’il est advenu de lui et de son pays.
Ainsi, Bilderbergers et Néo conservateurs se liguent en ce jour du 5 mai 2005 afin de régler son compte à l’Iran.

Ils ont déjà réglé ceux de l’Irak en fabriquant le mythe des armes de destruction massive et de l’Afghanistan afin que passe le pipe-line en créant tout d’abord les Talibans pour liquider l’URSS. Lorsque ces derniers ne leur furent plus utiles ils les éliminèrent. Ils fabriquèrent alors une entité, Al Qaida, et un personnage, Ben Laden, liquidèrent le Colonel Massoud appelé à s’opposer à eux, quelques jours, par un hasard qui n’en est pas un, avant l’affaire du 11 septembre qu’ils organisèrent en faisant imploser les deux tours du World Trade Center.

Que faire pour détruire l’Iran sans faire de vagues se demandent les invités ?
Les Néo conservateurs américains proposent un plan en trois étapes à l’instar de celui utilisé pour déstabiliser l’Irak.

Désinformer, diaboliser, détruire.
La désinformation se fera par les organes de presse, moyen totalement acquis... dans tous les pays européens au moins.

La diabolisation s’obtiendra non par la création du mythe des armes de destruction massive, les gens ne seront pas dupes deux fois, mais par celui de la possession d’une arme encore plus redoutable : la bombe atomique.

Après ces premières opérations l’opinion mondiale sera acquise et c’est elle-même qui demandera la destruction d’un pays qui peut faire exploser la planète... parce qu’on lui aura fait croire cela !

Les « glorieux G.I. », mercenaires, choisis comme chair à canon parmi les noirs et les hispaniques qui crèvent de faim aux États-Unis feront le reste.

Comment organiser la désinformation ?

Les États-Unis ne pourront le faire parce que trop visibles.
Il faut qu’elle soit pratiquée par un pays d’Europe afin que l’alliance entre les deux continents soit scellée.
Quel est le pays d’Europe dont le gouvernement est néo conservateur, xénophobe et antimusulman ?

— Tiens... le Danemark répond à tous les critères ! dira l’un des invités.
— En effet ! répondra un autre. L’Iran est musulman. Il suffira de le faire passer pour intégriste et l’histoire sera réglée ! Pour cela il sera nécessaire de provoquer une affaire internationale.
— Tiens ! Et si nous touchions au sacré des Musulmans ? s’écria un troisième larron.
— Qu’ont-ils de sacré ces pouilleux rétorquera l’autre !
— Leur cochon de Prophète pardi !
— Oui... très bonne idée ! Ces imbéciles tomberont dans le piège la tête la première et l’on pourra provoquer des manifestations avec quelques individus à l’allure arabe, ou avec des Arabes puisqu’ils se vendent bien et on peut les acheter ! Nous leur demanderons d’organiser des manifestations et d’attaquer des ambassades par exemple au nom d’Allah ! (Rire général)
— Oui... il sera alors facile de parler de « manipulation » par les islamistes et de diaboliser l’Iran.
— En effet, il ne faut pas arrêter de diaboliser l’Iran. Il faut en parler matin, midi et soir afin que le monde considère que c’est lui qui déséquilibre la planète... si l’on veut que notre affaire soit dans le sac !
— Parfait... Anders Elrep c’est à vous de jouer. Il vous faudra breafer Merete votre épouse ! Quant à vous, Monsieur Jaap Hoop de Scheffer, en votre qualité de Secrétaire général de l’OTAN il faudra que vous entrepreniez d’ores et déjà la mise en place de structures capables de recevoir toute la logistique en Europe sinon il nous sera difficile de manœuvrer.... Vous comprenez pourquoi l’Europe doit être partie prenante dans notre affaire. Nous avons besoin d’elle et notamment de la France. Mais de ce côté... pas de problème... puisque les élections présidentielles se préparent et l’atlantiste convaincu, pour lequel nous avons conditionné la population par une médiatisation accrue, sera en poste. Nous attendons d’ailleurs qu’il soit en place pour réaliser l’opération.

Nous étions le 5 mai 2005.

Le 30 septembre furent publiées les caricatures déclenchant ainsi la première phase du plan « delenda irano » (il faut détruire l’Iran !)

La dernière réunion de la « crème » mondiale s’est déroulée cette année... à Chantilly, bien sûr... mais aux USA. Y ont été conviés la mousseuse Christine Ockrent et le glaçon Emmanuel Valles. Attendons-nous à leur ascension... quelque part dans le monde !

vendredi 23 janvier 2009

Pesticides et Cancers


Par Cécile Cassier

Nourrissant une polémique toujours plus virulente, les pesticides sont reconnus pour être hautement néfastes tant à l’environnement qu’à la santé humaine. Ce dont il est encore peu fait mention, c’est le rôle que ces substances chimiques pourraient jouer dans la prévalence des différentes formes de cancers.

Bien qu’à l’heure d’aujourd’hui la question fasse toujours débat, de plus en plus de points de vue convergent vers une possible responsabilité des pesticides dans la recrudescence du cancer. Selon l’Alliance Santé Environnement (HEAL), basée à Bruxelles, chaque année en Europe, au minimum un cancer diagnostiqué sur 100 serait imputable à l’exposition à divers pesticides. Une estimation qui pourrait s’avérer bien plus élevée dans les cas de cancer du sein, de la prostate ou des testicules, des leucémies et des lymphomes.

Selon une étude nord-américaine, récemment reprise dans un rapport commandité par le Parlement européen, 30 000 cancers sur les 3 millions de cas recensés chaque année en Europe seraient dus à l’exposition aux substances nocives contenues dans les insecticides, fongicides et autres herbicides. Plus inquiétant encore, on observe une progression à la hausse des cancers touchant les enfants.

Pour faire la lumière sur la validité de ce lien de cause à effet, les organisations de santé et d’environnement que sont l’Alliance Santé Environnement et le MDRGF (Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures) ont donné le coup d’envoi à une campagne européenne (1), fruit de leur association. L’objectif de cette campagne « Pesticides et Cancer » est double. D’une part, il s’agit d’apporter des données scientifiques rigoureuses sur lesquelles les autorités dirigeantes pourront s’appuyer. Mais l’enjeu central est de fournir des informations concrètes et sûres aux personnes exposées, principales concernées par cette problématique sanitaire.

En constituant un dossier solide, les deux organismes visent notamment l’interdiction des pesticides reconnus ou suspectés d’être néfastes, la réduction de l’utilisation des pesticides afin d’atténuer et, dans la mesure du possible, d’éliminer l’exposition, ou encore d’adopter une réglementation stricte sur le recours aux pesticides dans des zones fortement fréquentées par des enfants. Pour y parvenir, seront nécessaires des stratégies de santé publique et des plans cancers nationaux, plaçant la réduction de l’exposition aux pesticides au rang de mesure préventive.

Loin d’être un hasard, la campagne débutera en France, reconnue comme étant la plus grande consommatrice de pesticides à l’échelle européenne.

mercredi 21 janvier 2009

Comprendre la crise

Mis à Jour le : 2 octobre 2008 13:13
Comprendre la crise, par Paul Jorion
2 octobre 2008

Pourquoi donc la plupart des gouvernements de la planète s’apprêtent-t-ils à renflouer leurs banques -même si « leurs caisses étaient vides » lorsqu’il s’agissait de financer d’autres dépenses pourtant tout aussi justifiables ? Tout simplement parce que l’ensemble des activités humaines en dépend. Sans circulation monétaire, l’économie s’arrête, la dépression dévaste tout. La finance est en position de prendre les sociétés en otage. Sa capacité de nuisance est incomparable. Cette dangerosité est connue et comprise depuis la crise des années trente. On avait alors décidé de mettre la bête en cage pour l’empêcher de nuire. Durant les trente glorieuses, le système du crédit, la circulation des capitaux, étaient largement encadrés par l’état. La « révolution libérale » a détricoté peu à peu toutes les règles, fait sauter tous les garde-fous. Non seulement l’animal allait jouir d’une liberté retrouvée, mais il allait également bénéficier d’un régime hautement calorique : l’accroissement des inégalités et la masse des capitaux circulants. Un niveau de chômage élevé et persistant - désormais considéré comme naturel ou frictionnel - la menace des délocalisations, la concurrence des pays à bas salaires ont eu pour effet de limer les griffes d’une grande majorité des salariés désormais privés de leur propre capacité de « nuire », c’est-à-dire de défendre leurs intérêts et de préserver l’équilibre indispensable entre les forces sociales. Dans le même temps, l’affaiblissement de la base productive a fait exploser les déficits extérieurs. Résultat ? Moins d’argent d’un côté, de colossales fortunes de l’autre, et entre les deux plateaux de la balance, la finance, chargée de faire prospérer les bas de laines. Il n’a pas fallu bien longtemps pour que la différence de potentiel trouve à s’exprimer. Endettement des ménages d’un coté, rentiers milliardaires de l’autre, mis en relation par l’ingénierie financière dopée par une insatiable demande de placements, encore accrue par les capitaux étrangers. Nous venons d’assister à une expérimentation de physique sociale de gigantesque dimension. Jusqu’où pouvait-on comprimer les revenus du travail et soutenir la demande grâce au crédit tout en dilatant les revenus du capital ? Nous avons la réponse. Jusqu’au jour où la bulle immobilière US a éclaté. Paul Jorion propose ici sa lecture de cette séquence en pointant les similitudes de la situation actuelle avec les années trente et propose de constitutionaliser les principes qui interdiraient le retour de telles crises.

Par Paul Jorion, Savoir/Agir, juin 2008

Science et intérêts

Toute science associée à un savoir appliqué a son destin lié aux enjeux financiers que ce dernier suscite. Les profits générés par ce savoir appliqué peuvent être mobilisés pour orienter les développements futurs de cette science en promouvant les vues qui lui sont favorables et en dénigrant ou en négligeant délibérément celles qui lui feraient obstacle. L’économie et la finance n’échappent pas à ce principe général.

L’économie et la finance sont des activités serties dans le fonctionnement des sociétés humaines et sont déterminées par les rapports de forces qui caractérisent celles-ci. La description scientifique de l’économie et de la finance met en évidence le mécanisme de ces rapports de forces, et souligne l’arbitraire qui préside au fait qu’ils bénéficient à certains individus plutôt qu’à d’autres. Il n’est pas surprenant dès lors que ces bénéficiaires entreprennent une promotion systématique des théories de ces deux champs qui les représentent comme déterminés par d’autres principes que les simples rapports de forces entre parties impliquées, voire qui représentent ces deux champs comme n’étant pas même sertis dans le fonctionnement des sociétés humaines, et font croire, par exemple, que leur mécanisme est autonome et est soumis, non pas à des règles juridiques et éthiques, mais à des forces du même type que celles qui président aux mouvements d’astres lointains.

L’économie politique qui proposa la description scientifique de l’économie et de la finance jusqu’à la fin du XIXe siècle et qui était produite au sein des milieux scientifiques classiques, situait les rapports de forces au cœur des activités économiques et financières et décrivait le processus de la formation du prix comme un phénomène de frontière entre une population de vendeurs et une population d’acheteurs, le prix se constituant sur le fil de leur confrontation : il se maintient avec de faibles variations lorsque ces deux populations sont sensiblement égales, il baisse lorsque les vendeurs sont en surnombre, il monte lorsque ce sont au contraire les acheteurs qui sont les plus nombreux ; un bas prix attire de nouveaux acheteurs, alors qu’un haut prix attire de nouveaux vendeurs, ce qui conduit à des oscillations qui peuvent le cas échéant déboucher sur une quasi-extinction des acheteurs (krach) ou une quasi-extinction des vendeurs (bulle financière sur le point d’éclater). De telles oscillations se rencontrent déjà dans la nature, lorsque deux populations sont en concurrence.

La « science » économique, produite par les milieux d’affaires en leur sein même ou dans leurs antennes au sein du milieu universitaire, présenta au contraire la formation du prix comme un processus abstrait, né au point de rencontre de quantités représentant d’une part l’offre et d’autre part la demande. Dans la perspective adoptée par l’économie politique, l’identité des acheteurs et des vendeurs est essentielle à la compréhension de la formation du prix. Dans celle adoptée par la « science » économique, elle est bien entendu indifférente, ce qui assure à ceux qui commanditent cette approche l’anonymat qu’ils recherchent.

De même, pour l’économie politique, le rapport de forces entre trois populations, les salariés qui apportent au processus de production leur travail, les investisseurs qui font les avances en moyens de production (équipement, matières premières) et les dirigeants d’entreprises qui contractent avec les investisseurs, organisent et supervisent le processus de production, préside à la distribution du surplus généré par l’activité humaine. Tout comme la formation du prix est un phénomène de frontière où le prix se constitue sur le fil de la confrontation entre acheteurs et vendeurs, l’intérêt est lui un phénomène de frontière entre investisseurs et dirigeants d’entreprise où le taux d’intérêt se constitue sur le fil de leur confrontation, et l’inflation est un phénomène de frontière entre dirigeants d’entreprises et salariés où son taux se constitue sur le fil de leur confrontation.

Pour la « science » économique, le surplus n’existe cependant pas et n’existant pas, la question de sa distribution ne se pose pas non plus, ni a fortiori celle de la confrontation entre les parties impliquées dans le processus de sa création. Là où elle aurait dû parler du surplus, elle parle à la place de masse monétaire et là où elle aurait dû évoquer la part du surplus revenant aux salariés, elle met en avant les revendications salariales comme la principale cause de déséquilibre des systèmes économique et financier car source d’inflation, cette dernière étant présentée comme un phénomène de nature monétaire pouvant être combattu en manipulant les taux d’intérêt, en raison de l’impact de ceux-ci sur la masse monétaire. [1]

Dans les périodes qui précèdent les crises, celles où la spéculation bat son plein, les bénéficiaires des rapports de forces prévalant ont l’occasion de se constituer des fortunes personnelles considérables qui leur permettent d’investir dans la production de la « science » économique véhiculant une représentation de l’économie et de la finance où leur mécanisme réel est caché. Ils consacrent une partie des fonds auxquels ils ont accès à la fondation et au financement d’établissements de recherche, de chaires, de think tanks, de « boîtes à idées », ayant à leur tête des hommes à eux. Comme l’écrit Susan George : « L’argent permet ainsi d’organiser la notoriété et le "champ" dans lequel se dérouleront des "débats" créés de toutes pièces » [2].

Une dialectique s’établit au fil des ans entre les théoriciens qui, dans une perspective scientifique, s’efforcent de représenter l’économie et la finance telles qu’elles sont, et ceux qui, cooptés et promus par les bénéficiaires des savoirs appliqués économiques et financiers, s’efforcent de les représenter de la manière la plus favorable à la reproduction de ces bénéfices.

Les causes de la Grande Crise selon Bernanke

L’actuel président de la Federal Reserve Bank (FED), Ben S. Bernanke, est l’un des bénéficiaires en vue du savoir appliqué économique et financier ; il offre aussi un excellent exemple de la manière dont est produite la « science » économique. Bernanke est aujourd’hui reconnu comme l’un des principaux experts des événements de 1929 et des années de crise qui s’ensuivirent. Son livre Essays on the Great Depression [3] fait, nous dit-on, autorité sur la question. Qu’a-t-il apporté à notre compréhension de la Grande Crise ? Son approche est, comme il fallait s’y attendre, monétariste, et pour lui la cause majeure des événements de 1929 se situe dans la décision de la FED de maintenir la parité du dollar avec l’or, parité à laquelle le Président Nixon renoncera en 1971. Bernanke met en avant, comme facteur aggravant, la résistance des employeurs à utiliser l’arme du licenciement pour recourir de préférence à la réduction du temps de travail journalier des salariés.

Dans la recension qu’il a consacrée aux Essays on the Great Depression, en réalité un recueil d’articles, Robert Margo, professeur d’économie à Vanderbilt University, souligne le glissement qui s’opère au fil des années sous la plume de Bernanke quand il évoque la décision des patrons de réduire le temps de travail journalier plutôt que de recourir à la suppression de postes : présentée initialement comme non significative d’un point de vue statistique, elle finit par devenir cause déterminante [4]. Le président de la FED propose une interprétation de « science » économique de la Grande Crise, monétariste dans sa formulation, et mettant en avant la combativité des salariés comme le principal obstacle à l’atteinte d’un équilibre économique. On verra, quand j’aurai examiné ci-dessous les vraies causes de la Grande Crise, pourquoi il est possible d’appliquer aux analyses de Bernanke l’expression qu’utilisa Galbraith pour caractériser la politique du Président Hoover en 1929 : « Le triomphe du dogme sur la pensée » [5].

Les causes de la Grande Crise selon Galbraith

Dans son livre intitulé The Great Crash - 1929, publié en 1954, John Kenneth Galbraith avait lui offert un tout autre portrait de la Grande Crise et avait analysé les raisons qui devaient, selon lui, empêcher son renouvellement. Il envisageait aussi les rares circonstances qui pourraient permettre à une crise similaire de se reproduire.

Au moment où la crise éclata en 1929, la disparité des revenus s’était dramatiquement creusée aux États-Unis. Galbraith expliquait pourquoi une catastrophe du même ordre ne pouvait plus, selon lui, se reproduire en 1954, l’année de publication de son livre : « La répartition des revenus n’est plus aussi déséquilibrée. Entre 1929 et 1948, la part des revenus attribuée aux 5 % de la population aux revenus les plus élevés, qui était de près d’un tiers, est tombée à moins d’un cinquième du total » [6]. Les choses évoluèrent cependant rapidement dans les années qui suivirent : la part attribuée aux 5 % de la population américaine la plus riche grimperait régulièrement pour atteindre 54,42 % en 1989 puis 57,70 % en 2000, date du recensement le plus récent. La finance a joué un rôle déterminant dans la disparité croissante des revenus aux États-Unis : en 1980, les salariés du monde financier touchaient en moyenne 10% de plus que ceux des autres secteurs ; en 2007, l’écart était passé à 50%. Les profits du secteur financier américain représentaient 13% du total en 1980 ; en 2007, la proportion avait plus que doublé avec 27%. La part de la croissance consacrée aux salaires représentait aux États-Unis 56,5% en 1981 ; en 2006, elle était tombée à 51,7%. Au premier rang des facteurs déclencheurs des deux crises donc : la part croissante du surplus économique aboutissant entre les mains des dirigeants d’entreprises et des investisseurs, au détriment bien entendu des salariés.

En plus de la disparité des revenus, Galbraith mentionnait parmi les autres facteurs à l’origine de la crise de 1929 : le déficit de la balance commerciale des États-Unis, un allégement de la fiscalité pour les plus nantis et l’indifférence envers la spéculation - et en particulier l’absence de mesures qui auraient pu maîtriser celle-ci en augmentant les marges exigées des spéculateurs lors de leurs opérations. Tous ces facteurs jouèrent bien entendu un rôle similaire en 2007.

Parmi les circonstances qui pouvaient empêcher, selon Galbraith, que les mesures nécessaires ne soient envisagées, malgré la prise de conscience de l’imminence d’une crise du même ordre que celle de 1929 : le fait que les difficultés apparaissent en période pré-électorale, interdisant de ce fait la prise de mesures impopulaires. Convaincu que le souvenir des événements de 1929 constituerait un puissant repoussoir, Galbraith imaginait la FED faisant preuve d’une bien plus grande détermination qu’elle n’en fit preuve durant les six premières années des deux administrations George W. Bush. Il écrivait en effet : « Les pouvoirs du Conseil de la Federal Reserve - que l’on appelle aujourd’hui le Conseil des gouverneurs, le Système de la réserve fédérale - ont été renforcés sous les deux aspects de la relation aux banques de Réserve et des banques membres » [7]. Allant plus loin, il n’hésitait pas à imaginer que Wall Street aurait à cœur d’étouffer dans l’œuf une crise imminente. Il écrivait à ce propos que « Puisqu’un effondrement spéculatif succède nécessairement à un boom spéculatif, on peut espérer que Wall Street exercerait un contrôle strict en cas de résurgence de la spéculation. Les banquiers et les courtiers exigeraient que l’on relève jusqu’à leur limite les marges ; on demanderait à Wall Street d’exercer cette exigence avec rigueur contre ceux qui tenteraient d’emprunter en mettant en gage leur propres actions et obligations afin d’en acheter davantage. On rappellerait avec force au public les risques inhérents au fait d’acheter des actions en visant leur plus-value » [8]. Faut-il préciser qu’il n’en a rien été ? La présence d’Alan Greenspan à la tête de la FED, de 1987 à 2006, signifierait au contraire vingt années sous la bannière d’une version extrémiste du laissez-faire, inspirée du « libertarisme » [9] militant d’Ayn Rand, son mentor.

La prévention des bulles financières

Comme la bulle boursière des start-up le démontrerait au tournant du millénaire, dans une bulle financière, le cours des actions s’envole sans le moindre effort de la part des dirigeants d’entreprises et des investisseurs qui en bénéficient, directement pour les investisseurs, et indirectement par l’intermédiaire des stock options pour les patrons. Il n’existe donc pour eux aucune incitation - bien au contraire - à décourager le développement d’un tel phénomène. De même, lors d’une bulle immobilière, si les propriétaires trouvent leur profit dans le fait que le prix de leur logement s’envole, les bailleurs de fonds y découvrent aussi l’occasion de prêter davantage, et les promoteurs de construire davantage. Alors à qui revient la responsabilité d’empêcher une bulle financière d’apparaître et d’enfler par la suite ?

En fait, selon Alan Greenspan, aucune instance n’en a la responsabilité. Interrogé à ce sujet, il déclarait en décembre 2007 : « Après avoir observé durant un demi-siècle de nombreuses bulles de prix se développer et éclater, je suis arrivé à regret à la conclusion que les bulles ne peuvent être désamorcées sans danger par une politique monétaire ou par d’autres initiatives avant que la fièvre spéculative ne s’éteigne d’elle-même. Il est clair qu’il y avait très peu que les banques centrales des différents pays auraient pu faire pour tempérer la manifestation la plus récente de cette disposition humaine à l’euphorie, rappelant d’ailleurs par certains aspects la tulipomanie [10] en Hollande au XVIIe siècle ou la bulle des Mers du Sud [11] au XVIIIe en Angleterre » [12].

À partir des années 1970, la situation des salariés américains se dégrada lentement et si les effets de leur perte effective de pouvoir d’achat furent partiellement masqués, c’est uniquement du fait qu’un système complexe de crédit à la consommation se mit en place, où l’endettement personnel compensait la perte de pouvoir d’achat fondé sur les revenus, la bulle de l’immobilier offrant, pour ceux d’entre eux qui étaient propriétaires, la plus-value sans cesse croissante de leur logement comme collatéral aux emprunts qu’ils contractaient. Cette classe salariale, où l’endettement des ménages atteignait en 2004, 120% de leurs revenus annuels bruts, devenait, au fil des années, de plus en plus vulnérable aux fluctuations de la conjoncture dans un pays à la couverture sociale extrêmement ténue.

En 2004, le budget des ménages américains entra en régime de « cavalerie », dépendant chaque jour davantage pour les dépenses de consommation, de la persistance de la bulle de l’immobilier où seule l’arrivée constante de nouvelles recrues permettait à ceux qui étaient déjà propriétaires de maintenir leur présence. [13] Tout ralentissement dans ce recrutement provoquerait une stagnation du prix de l’immobilier qui conduirait l’édifice à s’effondrer dans son ensemble. Lorsque ce ralentissement intervint, furent tout d’abord entraînés dans la chute les ménages dont la capacité à payer leurs mensualités reposait sur le prix sans cesse croissant des maisons, des emprunts successifs leur permettant seuls de faire face à leurs engagements. Furent ensuite atteints les ménages qui avaient spéculé sur le gonflement de la bulle en s’achetant plusieurs habitations ou en s’étant acheté un logement trop vaste en vue de maximiser l’effet de levier qu’autorise l’emprunt. L’immobilier résidentiel, ébranlé par la remise sur le marché d’un nombre d’habitations en hausse croissante, entraîna enfin dans sa plongée les ménages qui avaient conçu leur logement comme la tirelire qui leur permettrait de jouir un jour d’une retraite confortable.

Le retour du même

Le rapprochement spontanément fait par les commentateurs entre 2007 et 1929 est donc amplement justifié : les manifestations des deux crises sont les mêmes et leurs causes sont pratiquement identiques. Même origine en effet dans une spéculation immobilière débutant dans les deux cas en Floride. La spéculation dans l’immobilier et sur les marchés boursiers résultait déjà en 1929 d’une disparité croissante des revenus et d’une concentration de la richesse entre quelques mains. Les grandes fortunes étaient à la recherche de rendements élevés pour leurs placements et déléguaient leurs efforts à des établissements financiers dont le nom a simplement changé : appelés à l’époque investment trusts et hedge funds aujourd’hui. Ces officines avaient alors trouvé le moyen de découpler leurs opérations de leur responsabilité financière et utilisaient massivement l’effet de levier pour multiplier leurs chances de gain. Rien de nouveau donc sous le soleil : les mêmes causes engendrèrent les mêmes effets.

Si le portrait dressé par Galbraith en 1954 avait prévalu, il aurait été clair que les mêmes conditions étaient réunies en 2007 qui avaient existé en 1929 et qu’une crise similaire était donc sur le point d’éclater. La substitution de théories fausses aux théories vraies n’est pas innocente puisqu’elle autorise le retour de crises qu’une prise de conscience du fait qu’une configuration familière, prélude à un désastre, s’est reconstituée, permettrait au contraire d’éviter.

S’il a été possible à la crise qui éclata en 2007 de reproduire celle de 1929, c’est parce que la compréhension de cette dernière s’est perdue à l’occasion d’un processus de sélection entre les différentes explications qui en ont été offertes et où la fausse a éliminé la vraie grâce à l’investissement massif consenti dans l’enseignement et dans la production de la « science » économique par ceux dont l’intérêt est que ces théories fausses prévalent. Avec le retour de la crise, la réalité réaffirme bien entendu ses droits. La crise offre à la théorie vraie de son origine, l’occasion pour elle aussi d’un retour. Lorsque la stabilité se réinstaure provisoirement, les conditions se reconstituent cependant également qui conduiront tendanciellement au même glissement progressif vers une représentation fausse mais plus favorable aux intérêts des bénéficiaires des rapports de force existant au sein de l’économie et de la finance. Une telle alternance dialectique est inévitable tant que le cadre demeure identique. Des tentatives radicales de rebâtir l’économie et la finance sur des bases entièrement neuves ont eu lieu, il s’est agi chaque fois de paris coûteux, prompts à l’aveuglement à d’éventuelles conséquences négatives, et pouvant par conséquent - et comme l’a tristement confirmé l’histoire - se révéler désastreux. Un autre moyen de prévenir le retour des crises - moins coûteux et mieux à même de se prêter à des rectifications de tir - consisterait à tenir pleinement compte du fait que l’économie et la finance sont serties dans le fonctionnement des sociétés, et à leur faire dépasser leur stade présent, où leurs dispositions à l’autorégulation et à l’auto-adaptation ne dépassent pas celles d’un processus naturel laissé à lui-même. Il convient de les faire bénéficier d’un progrès similaire à celui qu’a connu le politique avec l’avènement de la démocratie qui constitue elle une institution que les hommes se sont offerte à eux-mêmes grâce à leur réflexion propre et qu’ils ont mise en œuvre par leur industrie, en remplacement du processus naturel spontané qui la précédait : celui qui aboutit inéluctablement à l’écrasement des plus faibles par les plus forts.

Si l’on tire les leçons de la crise actuelle, comme de toutes les précédentes, les mesures qu’il conviendrait de prendre pour empêcher leur retour peuvent être élevées au niveau de principes, et inscrites à ce titre au sein d’une constitution. Le seul obstacle à procéder de cette manière est l’absence de volonté : les causes de la crise actuelle sont connues, elles sont identiques à celles de la crise précédente, dont les causes étaient déjà connues en son temps - même si l’oubli a été imposé à ce savoir.

lundi 19 janvier 2009

La délation devient du bénévolat.


La délation, une nouvelle forme de bénévolat

mercredi 19 novembre 2008 par Réseau Solidaire d’Allocataires

Madame A. est salariée. Elle vit dans une grande maison avec un homme, avec lequel elle n’est ni mariée, ni pacsée, ni en concubinage. Précisons que l’appartement compte trois chambres.Elle ne touche personnellement aucune allocation de la CAF, et n’a pas de rapports avec cette administration.

Pourtant, sa déclaration d’impôts s’est retrouvée dans les mains de la CAF, sans qu’elle n’ait donné mon autorisation, ni même été informée, dans la cadre d’une procédure pour « fraude » engagée contre la personne qui vit dans son logement.

Ce logement est à son nom, de même que l’intégralité des factures d’EDF et de téléphone. Elle assure seule le paiement du loyer, comme en attestent ses relevés de compte.

L’homme qu’elle héberge est allocataire du RMI, la seule source de revenu qui lui est accessible, après la faillite de son entreprise d’artisanat.

Le Rmi lui a été accordé alors que la CAF connaissait son adresse.

Mais il y a quelque temps, il a fait l’objet d’un contrôle CAF.

Au départ ni Madame A,, ni monsieur ne s’inquiètent, n’ayant aucune raison de se sentir « en faute ».

Mais voilà, la conclusion du contrôle est tombée : suspicion de "fraude" du fait de la cohabitation de l’allocataire avec une femme, dans le même logement, bref soupçon de « vie maritale ».

Madame A. décide immédiatement de contester cette décision, puisqu’elle est de fait incluse dans la suspicion de « fraude ». Elle s’informe auprès de nous sur les droits des allocataires, et apprend que ceux-ci ont le droit d’avoir accès au rapport de contrôle.

Ils se rendent donc à la CAF, pour consulter ce fameux rapport. Et c’est là qu’ils découvrent avec stupéfaction que figure dans ce rapport une copie de la déclaration d’impôts de Mme A., chose déjà surprenante puisqu’elle n’est pas allocataire de la CAF. Même sur la base des derniers textes, notamment le décret train de vie, on voit mal sur quelle base, la CAF aurait le droit d’avoir accès à des documents administratifs concernant des personnes qui n’ont aucun rapport légal avec elle. Et surtout sans en informer la personne concernée, ni avant, ni après.

Mais ce n’est pas tout : son avis d’imposition n’avait pas été obtenu en sollicitant les services fiscaux.

Une de ses voisines, agente des services fiscaux se l’’est procuré en profitant des facilités offertes par son activité professionnelle.

Avant de tranquillement le transmettre à la CAF, en exigeant bien entendu que son anonymat soit respecté. Et c’est sur cette base que le contrôle a été déclenché et la décision de suspension prise.

Si la CAF a écarté la suspicion de fraude, suite à la visite et aux protestations de Mme A., et si le RMI devrait être rétabli pour l’allocataire hébergé, la CAF a bien évidemment refusé de communiquer l’identité de l’informatrice bénévole. Même si Mme A l’a reconnu facilement grâce aux indications contenues dans le rapport de contrôle, il sera plus difficile de faire quelque chose.

Au delà de la confirmation qu’il existe dans ce pays un certain nombre de gens qui pratiquent allègrement la délation, cette affaire, assez ordinaire montre ou aboutissent l’inflation de textes autorisant la dénonciation anonyme mais aussi et surtout le fichage informatisé et généralisé au nom de la lutte contre la prétendue « fraude ».

Beaucoup de gens, notamment salari(é)es ne se sentent absolument pas concerné par toutes les dispositions qui permettent d’avoir accès à toutes les données concernant les Rmistes ou les allocataires de la CAF. Le croisement des fichiers, le contrôle permanent, l’intrusion dans la vie privée, on pense souvent que c’est pour les autres, les « assisté€s », « ceux qui abusent ».

On est en tout cas toujours persuadé que ceci ne nous concerne pas si l’on ne touche soi même aucune prestation sociale.

Mais cet exemple montre bien que l’on peut retrouver des informations personnelles sur ses ressources ou autres dans un dossier de la CAF, alors même qu’on n’a jamais eu de contacts avec elle. Et même à son insu. Et se retrouver fiché comme « complice de fraude », ce qui pourra avoir une incidence le jour ou pour une raison ou pour une autre, on se retrouvera à demander une prestation quelconque.

De fait, on est en plein dans la théorie policière des « mauvaises fréquentations », dans un cadre ou l’allocataire de la CAF est toujours présumé coupable, et donc soumis à des procédures spécifiques qui ne laissent plus aucune place au respect du droit à la vie privée. De fait l’entourage de la « mauvaise fréquentation » , qu’il s’agisse des proches, de l’hébergeant ou des colocataires se retrouve soumis au même régime de contrôle, de harcèlement et de stigmatisation.

Et cet exemple bat aussi en brèche un argument souvent utilisé par les partisans du fichage et de l’informatisation des fichiers : il est souvent rétorqué que seules les « personnes habilitées « peuvent avoir accès aux dossiers, que tout est sécurisé et qu’en aucun cas, des salari(é)s ne pourraient s’en servir à des fins personnelles.

On voit bien qu’il n’en est rien, qu’il est extrêmement simple d’une part d’avoir accès aux informations « confidentielles ».

Il n’y a même pas besoin d’avoir directement en main la gestion d’un dossier, il suffit de demander à un collègue ou tout simplement de se procurer les codes d’accès adéquats.

Et si dans le cas précis, la personne « dénoncée » a pu avoir connaissance de la délation, dans combien d’autres dossiers, celle-ci passera-t-elle inaperçue ?

Dans combien de vies peut s’introduire une seule personne , et combien d’utilisations différentes des informations obtenues peuvent-elles être faites ?

Allocataires, ne restons pas seuls face aux contrôles, au fichage, aux suspensions de revenu, à la criminalisation !

- Informons nous ! Lire ici le numéro de notre journal consacré aux contrôles CAF, ou ici, un article consacré aux conséquences du décret sur le train de vie des allocataires de minima sociaux et les moyens d’y faire face

- Soyons solidaires face aux contrôles Permanences du Réseau Solidaire d’Allocataires :

Nos permanences hebdomadaires en 2009 :
A Paris : tous les mercredis de 13h à 14h devant la CAF Jaurès, Paris 19eme, 67 avenue Jaurès, métros Jaurès ou Laumière

Contacts : Tel : 09 54 70 66 22 Mail : ctc.rsa@gmail.com

samedi 17 janvier 2009


Prisons françaises : extraits du rapport du Conseil de l'Europe

NOUVELOBS.COM | 24.11.2008 | 08:52
Voici les principaux extraits du rapport de Thomas Hammarberg, commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, rendu public jeudi 20 novembre :


Surpopulation carcérale
Au 1er mai 2008 la suroccupation des maisons d’arrêt était de plus de 140 % soit près de 14.000 personnes en surnombre alors qu’il n’y avait que 313 cellules non occupées.
En raison de la surpopulation quasi-généralisée des maisons d’arrêts, le prévenu demandant à bénéficier d’un encellulement individuel risque de se voir proposer une place dans un établissement fort éloigné de son lieu de résidence habituelle. Il sera contraint de choisir entre bénéficier de conditions d’incarcération dignes d’une part et maintenir des liens familiaux ou des contacts directs avec son avocat d’autre part."
Les causes de ce surpeuplement sont multiples (…) Les raisons de cet accroissement résident principalement dans le durcissement des peines prononcées par les juridictions pénales et par un recours accru à la mise en détention. En effet, depuis 2002, une série de lois a modifié la politique pénale en accentuant sa dimension répressive.
Cette tendance risque de s’accentuer avec la mise en place de la nouvelle loi du 10 août 2007 qui institue des peines minimales dites « planchers » pour les délinquants récidivistes. Les juges peuvent écarter ces peines minimales, mais sont contraints de motiver spécialement leur décision. De plus, cette loi consacre l’impossibilité de prononcer une peine autre que l’emprisonnement à la deuxième récidive pour un grand nombre de délits.
L’inflation carcérale constatée depuis 2000 s’est poursuivie. Ainsi, au 1er juin 2008, 63.838 personnes étaient incarcérées soit environ 3.000 personnes de plus que l’année précédente à la même date. En conséquent, plus de 13.000 détenus étaient en surnombre par rapport aux places disponibles soit un taux d’occupation moyen de près de 125 %. La plupart des établissements pour peines – réservés aux condamnés à de longues peines – dépassent rarement leur taux d’occupation maximal. Il en est tout autre pour les maisons d’arrêts qui ont un taux d’occupation moyen de 140%.
Dans 13 maisons d’arrêts, ce taux dépasse les 200% et certaines dépassent même le seuil des 220% comme à Béthune, Chambéry ou la Roche-sur-Yon. On estime que sept détenus sur dix sont écroués dans des établissements surpeuplés.

Manque de personnel
Le personnel pénitentiaire étant déterminé pour chaque établissement en fonction de sa capacité maximale théorique, toute surpopulation engendre automatiquement une carence en terme de surveillants, de travailleurs sociaux ou de personnel administratif. Ceci a pour conséquence une promiscuité subie accrue, une détérioration des conditions d’hygiène en raison d’un accès réduit aux douches, des délais rallongés pour l'obtention d'une consultation médicale ou des difficultés dans la gestion des parloirs. Les tensions et des violences entre surveillants et détenus mais aussi entre détenus sont également plus fréquentes. De telles conditions sont intolérables pour les détenus mais aussi pour le personnel de l’administration pénitentiaire qui subissent tous les dysfonctionnements de la gestion pénitentiaire française."

Les cellules individuelles
Le Commissaire invite les autorités françaises à reconnaître de nouveau l’encellulement individuel comme un droit pour tous les prévenus, à garantir sa mise en oeuvre et à assurer la séparation entre prévenus et condamnés.

Prise en charge psychiatrique
Concernant la prise en charge psychiatrique des délinquants sexuels, la législation semble s’orienter vers les impératifs de sécurité pour prévenir les récidives, plus que sur les soins à apporter à ces personnes durant leur détention. Quelques établissements, comme la prison de Melun, se distinguent par la création de parcours de soins thérapeutiques pour les délinquants sexuels, mais ils constituent des exceptions non encore accessibles à l’ensemble des détenus qui devraient en bénéficier. Le Commissaire invite les autorités françaises à développer de telles pratiques et à permettre aux détenus nécessitant une prise en charge particulière d’en bénéficier.

Rétention de sureté
Le Commissaire est préoccupé par le fait que la loi ne distingue pas parmi les criminels concernés par la rétention de sûreté qui s’applique aussi aux mineurs ayant commis des crimes graves. Cette disposition va à l’encontre de la prise en compte de la responsabilité spécifique des mineurs.
A la lumière de ces observations, le Commissaire invite à une extrême précaution dans l’application de la rétention de sûreté qui devrait constituer une mesure de dernier ressort.

Justice des mineurs et réforme de l'ordonnance de 1945
Le Commissaire estime que le problème des jeunes délinquants ne sera pas résolu par des peines plus dures. Une politique réussie sur la délinquance juvénile devrait impliquer au contraire des mesures facilitant la prévention, la réadaptation et l’intégration sociale des jeunes en difficulté. Comme l’indique le Comité des droits de l’enfant, « les États parties devraient intégrer dans leur système de justice pour mineurs des mesures pour traiter les enfants en conflit avec la loi sans recourir à la
procédure judiciaire ». L’incarcération des mineurs doit rester le dernier recours."
Au contraire de certains arguments entendus, il considère aussi que l’âge auquel des sanctions pénales peuvent être prises devrait être augmenté pour se rapprocher de l’âge de la majorité.

Rétention administrative des étrangers
Les conditions de vie dans certains centres de rétention demeurent difficiles. Le centre de Vincennes semblait cristalliser un grand nombre de récriminations. Il apparaît en effet que des pétitions, tentatives de suicide, automutilations et grèves de la faim étaient malheureusement fréquentes dans ce centre. Elles pouvaient s’expliquer pour partie comme une protestation contre leur arrestation. Toutefois, il apparaît également que les étrangers contestaient les conditions d’hébergement et l’aspect déshumanisé du centre qui avait une capacité d’accueil totale de 280 personnes. Enfin, il avait été fait état au Commissaire de tensions entre les étrangers retenus et les forces de police en charge de la gestion du centre et du dépôt d’au moins 13 plaintes pénales par les étrangers concernant l’usage des méthodes inappropriées voire violentes. L’incendie volontaire qui a ravagé les locaux du centre de rétention en juin 2008 a été le point culminant de ces tensions. Le Commissaire ne peut que souhaiter que ces incidents inciteront les autorités françaises à revoir de façon critique l’ensemble des conditions prévalant dans les centres de rétention et à les humaniser en concertation avec le nouveau Contrôleur Général des lieux de privation de liberté.
"Le Commissaire appelle les autorités françaises à ce que les droits de l’homme et la dignité humaine soient respectés dans l’ensemble des centres de rétention administratifs et que les conditions de vie offertes aux étrangers retenus à Mayotte soient immédiatement améliorées.

Interpellations près des écoles
Plusieurs cas récents, dont un vérifié par la Défenseure des enfants, où des policiers ont réalisé des arrestations d’enfants dans l’enceinte même d’écoles primaires ont été rapportés. Une telle pratique est intolérable tant elle est traumatisante pour les enfants. Les écoles doivent rester des lieux d’enseignement et d’éducation et non des zones d’interpellations. Le Commissaire appelle les autorités françaises à garantir qu’aucune arrestation d’enfants ou de parents ne soit faite dans ou autour des écoles.

Interpellations à la préfecture
Des interpellations ont également eu lieu dans l’enceinte même des préfectures. Il semble que certains services administratifs avaient mis en place des stratagèmes pour inciter les étrangers irréguliers à venir se présenter à la préfecture et les interpeller sur place. Si les convocations trompeuses à venir se présenter à la préfecture ont depuis été interdites par les juridictions françaises, les préfectures continuent de refuser de communiquer des informations par téléphone et requièrent la présentation des étrangers en préfecture. Dès lors, des étrangers continuent de se présenter au guichet en toute bonne foi pour déposer des demandes de régularisation ou s’enquérir de l’avancement de leur demande d’asile. En 2007, près de 600 étrangers ont ainsi été arrêtés et placés en rétention58. La préfecture devient le lieu de tous les espoirs mais aussi de toutes les peurs entre possibilité de régularisation et risque d’arrestation. Comme les écoles, le Commissaire considère que les préfectures devraient être des lieux protégés où aucun étranger ne devrait pouvoir être interpellé.

Incidents lors d'expulsions sur des vols commerciaux
Lors de retours forcés d’étrangers irréguliers sur des vols commerciaux, il arrive que les passagers s’insurgent contre cette expulsion auprès du personnel navigant. (…) Il arrive que la police interpelle, en représailles, un petit nombre de passagers ayant protesté pacifiquement ou filmé la scène. Ils sont ensuite poursuivis pour « entrave à la circulation d’un aéronef », « outrage à agent » ou « incitation à la rébellion », placés en garde à vue pendant plusieurs heures et poursuivis pénalement pour les faits incriminés. Certains passagers ont même subi l’humiliation de fouilles à corps intrusives. De plus, ils perdent en général le bénéfice de leur billet d’avion et sont parfois mis sur une liste noire de la compagnie aérienne qui les empêche de voler sur cette même compagnie pendant six mois. (…) Le Commissaire invite les autorités françaises à mettre un terme à ces pratiques sans délai."

Régularisations de travailleurs sans papiers : une application arbitraire
De nombreux observateurs ainsi que les médias ont indiqué que le nombre de régularisations avaient été prédéterminé par les autorités ministérielles compétentes avant même l’examen individuel des dossiers ; ce nombre étant, dans les deux cas, bien inférieur au nombre d’étrangers susceptible de remplir l’ensemble des conditions requises. Cette prédétermination a engendré une application subjective et inégalitaire voire arbitraire des critères de régularisation.
Ces régularisations collectives ont par ailleurs permis de constater que de nombreux étrangers irréguliers étaient pleinement intégrés dans la société française et, bien que sans papier, ils disposaient pour la plupart d’un logement, d’un travail et contribuaient à la croissance du pays par le paiement des impôts. Lors de sa visite au centre de rétention du Mesnil-Amelot, le Commissaire a d’ailleurs pu confirmer cette impression en discutant avec les retenus qui pour beaucoup avaient été interpellés alors qu’ils se rendaient à leur travail.

Gens du voyage et Roms
De nombreux voyageurs sont donc contraints, faute d’alternatives, à vivre en stationnement irrégulier. Ce non respect de la loi Besson contribue à créer des tensions, puisque les Gens du voyage ne sont pas autorisés à s’installer sur les terrains de campings. De plus, les sanctions sont particulièrement sévères en cas de stationnement sur des terrains non autorisés. (…)
On constate que les Gens du voyage, de nationalité française, sont soumis à un droit dérogatoire qui ne s’applique pas aux autres citoyens français. En vertu de la loi du 3 janvier 1969, les personnes de plus de 16 ans qui n’ont pas de domicile fixe doivent être en possession soit d’un carnet de circulation, si elles n’ont pas de ressources régulières, soit d’un livret de circulation, si elles ont une activité professionnelle. Ce carnet de circulation doit être visé par une autorité administrative tous les trois mois. (…)
Le droit de vote est accordé aux Gens du voyage seulement trois ans après leur rattachement administratif à une commune, alors que ce délai est de six mois pour tous les autres citoyens. (…)
Le Commissaire estime que ces différentes mesures dérogatoires instaurent un régime discriminatoire à l’encontre des Gens du voyage. La plupart de ces recommandations ayant déjà été formulées par le rapport de 2006, il appelle les autorités françaises à mettre fin, sans délai, à ce traitement spécifique via l’élaboration de politiques adaptées telles que recommandées par le Conseil de l'Europe.


Extraits du Mémorandum faisant suite à la visite des zones d’attentes de l’aéroport de Roissy et du centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot

Les étrangers arrivant en France et n’ayant pas de documents requis pour entrer sur le territoire français font l’objet de placement dans des zones d’attentes en attendant que leur situation personnelle soit examinée par les autorités compétentes. A l’aéroport de Roissy, il s’agit de manière générale de la ZAPI 3, un centre d’hébergement remplissant les conditions nécessaires pour accueillir les étrangers en question. Durant la période citée, qui correspondait de surcroît aux fêtes de fin d’année, un nombre très élevé d’étrangers est arrivé à Roissy en l’espace de plusieurs jours. La grande majorité d’entre eux était des ressortissants somaliens ou russes d’origine tchétchène cherchant à rester en France. Très rapidement, la ZAPI 3 a atteint son taux d’occupation maximal. Les autorités françaises ont donc décidé de maintenir ces étrangers d’abord dans les différents postes de police de l’aérogare, puis dans la salle d’embarquement B33. Ni les postes de police, ni la salle d’embarquement B33 n’étaient conçues pour héberger d’individus. Ils ne contenaient aucune installation nécessaire pour permettre une vie décente de plusieurs dizaines de personnes pendant plus de quelques heures. Ni les lits, ni la nourriture chaude, ni les douches n’y étaient disponibles. Malheureusement, dans un premier temps, un certain nombre de personnes a été obligé d’y rester durant plusieurs jours, ce qui est inacceptable."

Le Commissaire a pu constater que l’exercice effectif de droits essentiels tels que celui à s’entretenir avec un avocat, à la visite des familles et proches, voire celui de déposer une demande d’asile, était dans la pratique très largement limité.

Les lieux d’attentes utilisés pour retenir les étrangers à la frontière, autres que la ZAPI 3, ne possédaient pas les conditions requises pour un exercice normal de ces droits. Ainsi, aucun local isolé ayant un accès libre pour les avocats et associations n’était disponible.
A l’évidence, une réflexion quant au renforcement de la présence d’associations tout au long de la procédure devrait être engagée.

jeudi 15 janvier 2009

Viande Avariée


Un employé de Soviba travaille le 31 octobre 2005 à la découpe des carcasses de boeuf, à l'usine de Lion-d'Angers



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Viande avariée: cinq sociétés agroalimentaires poursuivies

PARIS (AFP) — Cinq sociétés du secteur agroalimentaire, dont les groupes Charal et Soviba, ont été récemment mises en examen pour "tromperie aggravée" dans le cadre d'une enquête sur un trafic présumé de viandes avariées avec un fabriquant de corned-beef de Cholet (Maine-et-Loire).

Parmi les mis en examen figurent la société Covi de Cholet, spécialisée dans la transformation des produits carnés, en tant que personne morale et son directeur, Patrice Bourigault.

Quatre de ses fournisseurs, les sociétés Charal, Soviba, Arcadie, et Desial sont également poursuivis en tant que personnes morales.

Soviba a démenti jeudi avoir livré à cette dernière des lots de viande "non conformes". "La mise en cause de lots non conformes de la société Charal chez Covi ne concerne en aucun cas la Soviba. Nous réaffirmons qu'à aucun moment Soviba n'a livré de lots non conformes à Covi", a dit l'entreprise à l'AFP.

Tous ont été mis en examen pour "tromperie aggravée, mise sur le marché de produits corrompus et mise sur le marché de denrées préjudiciables à la santé" par la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy du pôle de santé publique de Paris, a précisé une source judiciaire.

La magistrate reproche à la société Covi d'avoir mis sur le marché des boites de corned-beef confectionnées à partir de chutes de viande avariées achetées, en connaissance de cause, à quatre fournisseurs qui auraient ainsi espéré pouvoir les écouler sur un "second marché", selon une source judiciaire.

Des perquisitions effectuées lors de l'enquête chez ces fournisseurs, notamment chez Charal, ont permis de retrouver des lots de viande avariée prêts à être livrés chez Covi pour la confection de corned-beef, a-t-on ajouté de même source.

"Il ne s'agit pas de viande avariée ou corrompue, mais de viande qui ne correspondait pas à leur destination", avait dit en janvier 2007 le directeur général de Charal, Jean Chavel, en précisant qu'il y avait eu "un défaut de composition concernant quelques produits" livrés à Covi.

Dans un communiqué, la Société Charal a précisé jeudi qu'elle manifestait depuis toujours "un engagement fort pour la qualité" en effectuant chaque année "200.000 contrôles bactériologiques et chimiques, ainsi que 2.500 audits externes et internes".

L'affaire avait débuté en 2006 par un contrôle vétérinaire chez Soviba où des stocks de steaks hachés avariés, à l'origine de l'intoxication de consommateurs, ont été découverts.

Cette première affaire, également instruite à Paris par la juge Bertella-Geffroy, avait entraîné à l'époque une série de contrôles vétérinaires annexes.

Lors de l'un de ces contrôles, réalisé le 22 novembre 2006 à la société Covi, les services vétérinaires ont découvert un important stock de lot de viandes congelées impropres à la consommation humaine.

Selon une source judiciaire, le directeur de Covi avait déjà été rappelé à l'ordre deux mois auparavant lors d'une précédente inspection vétérinaire.

Par mesure de précaution, environ 650.000 boîtes de corned-beef de cette société ont été rappelées en France en décembre et 550.O00 autres consignées en France et dans quatre autres pays européens (Grèce, Grande-Bretagne, Belgique, Irlande) à la suite du contrôle.

"La viande ne présente pas de danger pour la consommation humaine. Les risques biologiques sont très faibles parce que le processus de fabrication a stérilisé la viande", avait alors précisé le procureur de la République d'Angers, Brigitte Angibaud.

La juge Bertella-Geffroy a toutefois demandé une expertise judiciaire pour déterminer l'éventuelle dangerosité de la viande pour la santé humaine, selon une source judiciaire.

mardi 13 janvier 2009

L'Afrique ciselée par les diamants

La Mort pour des Diamants : Soros pousse à l’apocalypse en Afrique

Pillage minier


La Mort pour des Diamants : Soros pousse à l’apocalypse en Afrique

Après son indépendance de façade vis-à-vis des empires européens, l’Afrique a été pillée et dévastée pendant des décennies par les cartels anglo-néerlandais du pétrole, des minerais stratégiques et des diamants. Ces cartels se sont servis des changements de régimes ; ils ont élaboré des guerres dans lesquelles leurs armées privées, ainsi que les forces spéciales britanniques et autres "irréguliers" criminels furent impliqués.

Executive Intelligence Review, publié le 11 novembre 2008
article original : "Death by Diamonds: Soros Pushes Africa's Apocalypse"



Ces dernières années, sous la couverture d’un mouvement de réforme guidé par cette même force impériale, dont l’objectif est de mettre fin aux souverainetés nationales et, finalement, d’effacer tous les gouvernements africains rétifs, la destruction s’est intensifiée. Mené dans une collaboration ouverte avec les cartels eux-mêmes par le spéculateur milliardaire, George Soros, accessoirement promoteur de la drogue[1], ce mouvement conduit le continent africain au chaos, à la guerre perpétuelle, à l’arriération forcée, aux pandémies incontrôlées et à la famine.

L’Open Society Institute[2] et les entreprises de Soros qui lui sont liées financent et rassemblent un nombre incalculable de groupes privés et d’agences mondialistes, qui cherchent, au nom du combat contre la tyrannie et la corruption, à renverser les gouvernements africains et à mettre la main sur les ressources naturelles [de ce continent].

L’Extractive Industries Transparency Initiative (EITI)[3] est une face de ce cauchemar. Elle a commencé lorsque l’organisation de George Soros connue sous le nom de Publish What You Pay, soutenue par une propagande de la part de Global Witness, une organisation financé par Soros, a exigé des nations disposant de ressources naturelles précieuses qu’elles remettent aux cartels multinationaux et au gouvernement britannique toutes les archives de leurs transactions sur ces ressources – et ceci, en vue de mettre fin aux pots-de-vin !

En 2002, à Johannesburg, le Premier Ministre Tony Blair a annoncé qu’il avait accepté cette proposition de Soros. En 2003, Blair a créé l’EITI, en tant qu’agence mondiale basée à Londres, qui chercherait à attirer les Etats-Unis et tenterait d’imposer une domination ouverte sur les ressources mondiales. Menées au départ par Anglo-Dutch Shell Oil, DeBeers et Anglo American, les sociétés participant à l’EITI incluent désormais des sociétés minières comme AngloGold Ashanti, Barrick Gold, BHP Billiton, DeBeers, Freeport-McMoRan Copper & Gold, Gold Fields, Katanga Mining Limited, Newmont, Rio Tinto et des compagnies pétrolières comme Chevron, ConocoPhilips, Eni, ExxonMobil, Hess, Pemex et Petrobras.

En 2006, le secrétariat directeur de l’EITI a été établi en Norvège et placé sous la gestion de Soros, avec de l’argent de l’Open Society Institute et des administrateurs de l’EITI provenant des agences de Soros Publish What You Pay, Revenue Watch Institute et Global Witness. Pour lancer l’EITI en tant que filiale de Soros, le président de la Banque Mondiale d’alors, Paul Wolfowitz (l’un des architectes de la catastrophe irakienne) s’est rendu en Norvège et a donné une conférence de presse sur la nécessité de diriger le "flux des revenus des industries d’extraction" à l’intérieur des "pays en développement". [Conférence de presse de l’EITI, 16 octobre 2006, Oslo]

"Les diamants du conflit" ont apporté la puissance de propagande derrière l’initiative de Soros.

Au fur et mesure que l’opinion mondiale était révulsée par les comptes-rendus sur les guerres de génocide pour les diamants africains, pierres précieuses utilisées comme devise par les mafias, les mercenaires, les milices, le groupe de Soros, Global Witness, a modelé la question des "diamants du sang" en faveur des objectifs de Londres, en tandem avec les sociétés diamantaires les plus importantes.

En 2000, le World Diamond Council était établi à Bruxelles et dirigé par DeBeers (historiquement Cecil Rhodes/Rothschild), de Londres et d’Afrique du Sud, par son agent Maurice Tempelsman, patron de la société diamantaire Lazare Kaplan basée à New York, et par le milliardaire israélien du diamant Dan Gertler et sa famille. Les "réformes" du Conseil Mondial du Diamant sur le pillage par l’industrie sont approuvées par Global Witness et font partie intégrante du programme de l’EITI.

Maurice Tempelsman, qui est né en Belgique, a fait ses débuts au Congo-Belge. Après le meurtre en 1961 du Premier Ministre nationaliste, Patrice Lumumba, Tempelsman a embauché comme officier de liaison auprès du gouvernement intérimaire l’ancien chef de station de la CIA au Congo, Larry Devlin, qui avait reçu l’ordre d’assassiner Lumumba – celui-ci soutient que se sont d’autres qui l’ont fait. Depuis sa base au Congo, Tempelsman a participé à la préparation du coup d’Etat britannique contre le président national du Ghana, Kwami Nkruma. Tempelsman est devenu le numéro un de la filiale américaine de DeBeers, le cartel mondial du diamant à Londres. Templesman a vécu avec la veuve du Président John Kennedy, Jacqueline Kennedy Onassis, depuis le milieu des années 70 jusqu’à la mort de celle-ci, en 1994. Puissance du Parti démocrate post-Kennedy en compagnie de Félix Rohatyn et de George Soros, Templesman est directeur au National Democratic Institute, un composant du National Endowment for Democracy qui finance Global Witness et beaucoup d’autres façades de Soros.

Israélien d’extrême droite, Dan Gertler est le petit-fils de Moshé Schnitzer, le fondateur de l’industrie diamantaire israélienne, et il est le neveu de Samuel [Schmuel] Schnitzer, vice-président du Conseil Mondial du Diamant, en charge de la liaison entre le Conseil et les gouvernements et l’ONU. Durant l’ère Bush-Cheney, Gertler a repris le rôle qu’endossait Maurice Templesman, de représentant officieux du gouvernement américain au Congo. En association avec d’autres milliardaires israéliens et avec des politiciens d’extrême droite, comme Avigdor Lieberman, Gertler s’est mis d’accord avec l’ancien président congolais Laurent-Désiré Kabila pour établir un monopole du diamant en échange d’armes israéliennes et de formation militaire. En 2006, Gertler a remis 60 millions de dollars [env. 80 millions d’€] au trafiquant d’armes londonien/zimbabwéen/sud-africain John Bredenkamp en échange de propriétés minières au Congo, peu de temps avant que la police n’investisse par la force le logement et le bureau de Bredenkamp en Angleterre, à l’occasion de l’enquête (rapidement interrompue) pour corruption en Afrique du Sud sur le contrat d’armement passé par BAE Systems. Le contrat Bredemkamp permettait à Gertler de devenir le premier actionnaire de la Camec de Londres, géant minier du cuivre et du cobalt au Congo.

Avec cet appareil derrière lui, George Soros fait en Afrique ce qu’il a fait dans sa Hongrie natale en 1944, lorsqu’il aida l’occupant nazi dans l’extermination des Juifs.
Traduit de l'anglais par [JFG-QuestionsCritiques]

Notes du traducteur :
______________________________

[1] Lire : Brésil : George Soros veut légaliser la drogue, 16 août 2008.

[2] L’Open Society Institute (OSI) a été fondé en 1993 par le spéculateur George Soros, afin de soutenir ses fondations établies en Europe centrale et orientale et dans l’ancienne Union Soviétique. Ces fondations, dont l’établissement à commencé en 1984, avaient pour but affiché d’aider les pays à faire la transition après le communisme. Par la suite, l’OSI a étendu les activités du réseau de fondations Soros [Soros Fondations Network] à d’autres régions du monde, où la transition vers la démocratie revêt une préoccupation particulière. Le réseau que constituent les fondations de Soros englobe plus de 60 pays, dont les Etats-Unis. Parmi les projets controversés de l’OSI, celui du Lindesmith Center et d’autres, qui s’occupent de réformes relatives à la drogue. Officiellement, l’OSI, une fondation privée qui accorde des subventions, a pour but de modeler la politique publique, en vue de promouvoir la gouvernance démocratique, les droits de l’homme et les réformes économiques, juridiques et sociales. Au niveau local, l’OSI met en place une gamme d’initiatives pour soutenir l’état de droit, l’éducation, la santé publique et les médias indépendants. En même temps, l’OSI travaille à construire des alliances transfrontalières et transcontinentales sur des questions telles que la lutte contre la corruption et les atteintes aux droits de l’homme. L’un des objectifs de l’OSI est le développement d’organisations de la société civile (associations caritatives, groupes communautaires et syndicats) pour encourager la participation dans la démocratie et dans la société.

[3] Officiellement, l’EITI a pour vocation d’établir une norme mondiale pour que les sociétés qui exploitent des gisements ou des mines publient le montant que ce qu’elles versent et que les gouvernements révèlent ce qu’ils perçoivent. Selon l’EITI, 3,5 milliards d’êtres humains vivent dans des pays riches en pétrole, en gaz et en minerais. Avec une bonne gouvernance, l’exploitation de ces ressources pourrait générer des revenus importants pour alimenter la croissance et réduire la pauvreté. Toutefois, lorsque la gouvernance est mauvaise, cela peut avoir pour conséquence la pauvreté, la corruption et les conflits. L’Initiative de Transparence des Industries Extractives a pour objectif de renforcer la gouvernance en améliorant la transparence et la responsabilité dans le secteur extractif.

Voici ce que l’EITI déclare à propos de la République Démocratique du Congo (candidate au programme de l’EITI) : 16 % de la population congolaise (10 millions de personnes) sont directement ou indirectement dépendants de l’exploitation minière à petite échelle. Dans les années 80, le secteur minier contribuait à 25% des recettes fiscales totales, à 75% des exportations totales et à 25% du PIB. En 2005, le gouvernement congolais a fait état de recettes fiscales auprès du secteur minier pour un montant de 27 millions de dollars (2,4% des recettes fiscales totales). Qui plus est, ce secteur a contribué pour [seulement] 0,24% du PIB. La RDC est souvent citée en exemple de ce que l’on appelle le "paradoxe de l’opulence". Extrêmement riche en ressources naturelles (80% des ressources mondiales de colombo-tantale, 10% des réserves mondiales de cuivre), la population souffre d’extrême pauvreté (80% de la population congolaise vit avec moins de 0,20 dollar par jour).

La République Démocratique du Congo a été acceptée comme pays candidat à l’EITI lors de la réunion du conseil d’administration qui s’est tenue à Accra le 22 février 2008. Le pays a désormais jusqu’au 9 mars 2010 pour entreprendre sa validation.

A l’occasion du 2ème symposium qui s'est tenu à Londres en mars 2005, le Vice-Président de la République Jean Pierre BEMBA avait exprimé, au nom du Gouvernement congolais, la volonté de la RDC de souscrire aux principes et critères de l’EITI. A la suite de cet engagement, il a été décidé d’organiser à Kinshasa en mai 2005, un forum international ayant pour mission de réfléchir aux modalités d’application des principes et critères de l’EITI en République Démocratique du Congo. A l’issue de ce forum, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment, la mise sur pied d’un groupe de travail. Après les élections nationales de 2006 et la formation d’un gouvernement en février 2007, le Président Joseph Kabila a signé l’Ordonnance No 07/065 du 3 septembre 2007, relative à la création, à l’organisation et l’opération du comité national de l’EITI, suivi, les 12 octobre et 10 décembre 2007, de deux décrets ministériels, désignant les membres de la commission politique et technique et du secrétariat permanent. Le 12 décembre a été publié un programme de travail et en janvier 2008, la Commission Nationale a organisé un forum international de l’EITI à Kinshasa.

Cependant, la RDC risque d’être écartée du processus de l’Initiative pour la transparence de l’industrie extractive, le pays n’ayant fourni aucun rapport sur la transparence dans l’industrie extractive en trois ans. C’est ce que Jean-Pierre Muteba, le président du comité consultatif de cette structure en RDC, a fait savoir le 14 octobre 2008, à l’occasion d’une journée portes ouvertes.


Mardi 11 Novembre 2008

jeudi 8 janvier 2009

Dérives Financières

"Donnez tout pouvoir à l'homme le plus vertueux qui soit, vous le verrez bientôt changer d'attitude" prédisait déjà Hérodote. Entre autres dérives, les dérives financières sont donc presque vieilles comme le monde, elles n'en demeurent pas moins révoltantes surtout quand le climat économique vire à la crise.
La France ne manque pas d'exemples éloquents qui se multiplient ces dernières semaines presqu' avec la même vigueur que les fermetures d'entreprises.
Tout avait commencé prestement puisque notre Président s'était auto-proclamé une augmentation de derrière les fagots, 140% s'il vous plait, de celles que vous pouvez toujours rêver même en travaillant jusqu'à 70 ans. Avec le cadeau fiscal fait au copain pas dans le besoin, il y avait comme une orientation qui aurait pu être plus discrète si le contexte économique avait permis quelques menues compensations pour les autres. Pas de bol, ou manque de clairvoyance, pire de vision politique, c'est tout le contraire qui s'est passé rendant bien indélicat et impopulaire ces premières mesures. Pour autant, le fonctionnement quotidien des institutions ne s'en est pas trouvé plus perturbé que cela, l'Assemblée Nationale, très étroitement associée aux travaux présidentiels, s'accorde de similaires largesses.

La Cour des Comptes se devait au moins de le signaler à défaut de pouvoir le sanctionner. +47% d'augmentation budgétaire en à peine 10 ans, c'est une décennie glorieuse d'abus en tous genres entre travaux pharaoniques, prolifération de collaborateurs et frais de réception et de déplacements exponentiels.

A l'heure où le gouvernement s'engage à ne pas remplacer les fonctionnaires partant à la retraîte par souci d'économie, il est tout de même surprenant d'apprendre que les 24 hauts fonctionnaires les mieux rémunérés de l'Assemblée preçoivent annuellement quelques 213 000 euros chacun...
Superbes et... pris sur le fait, nos chers voire trés chers députés l'ont promis, ils n'augmenteront pas leur budget l'an prochain. Fichtre !


Et les ministères jouent collectifs puisqu'ils ont embauché pas loin de 400 petits nouveaux affectés aux si secrets cabinets ministériels distribuant au passage de conséquentes primes atteignant les 5 millions d'euros.


Des chiffres contestés comme il se doit mais qui viennent à la suite de l'implantation des bureaux des ministères sociaux par exemple, décidée en... 1992 et qui verra le jour au mieux en 2011 ; ou la restructuration des locaux du Ministère de la Culture qui aura nécessité de ne pas les occuper... 15 ans ! Sans compter les nombreuses suites plus ou moins avouées dans chaque région.
On comprend peut être mieux pourquoi une vaste réforme des départements et régions est aujourd'hui lancée. Car face à ces dénonciations, le politique de droite comme de gauche réagit non pas pour corriger ses erreurs mais surtout pour mieux se protéger.


Déjà le régime spécial des députés faisaient saliver, pourquoi ne pas l'étendre et l'institutionnaliser ? Les futurs conseillers généraux et/ou régionaux comme leurs homologues consulaires devraient être significativement rémunérés quitte à faire des économies tout de même mais via les salaires des anciens salariés. Moins d'emplois publics pour plus de politiques, tel sera demain le slogan porteur de lendemains qui chantent. Libéraliser le service public pour qu'il soit accessible à ceux qui pourront se l'offrir, fonctionnariser les élus pour que ce ne soit accessible qu'à ceux qui pourront se l'offrir. Imparable. Ne cherchez plus Monsieur Balladur !

Leur petite entreprise ne connait pas la crise, au contraire, en temps de crise, la fonction politique devient encore plus attractive. C'est pourquoi il conviendra de la préserver de trop de convoitise et d'envies révolutionnaires. L'instabilité, le risque, la peur, des termes barbares qu'ils ne veulent pas entendre et encore moins subir comme le commun des français. Alors place à la continuité, la sécurité, la sérénité dans l'opulence tant qu'à faire.
Herodote voyait Cresus comme l'homme aveuglé par la richesse qui, après l'épreuve, apprend à mépriser les biens, on peut toujours y croire....

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